Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
Pour nous apporter votre aide, cliquer ici
29 Et il leur donna cet ordre en leur disant :
Gdit :
Vdonna des instructions en disant :
Sdonna cet ordre en leur disant, à leurs pères :
— Moi je vais être réuni
Gajouté à mon peuple
ensevelissez-moi auprès de
G Vavec mes pères dans la grotte Vdouble
qui G Vest dans le champ d’Éphrôn
VÉphron le Hittite
Vl'Héttéen,
30 dans la grotte [située] dans le champ de Makpéla
Gdouble
Squi est dans le champ double en face de Mambré au pays de Canaan
qu’Abraham a acquise avec le champ
Gla grotte
Sle champ d'Éphron le Hittite comme possession d'un tombeau.
30 en face de Mambré en terre de Canaan qu’Abraham a achetée avec le champ, à Éphron l'Héthéen comme possession de sépulcre.
31 Là furent ensevelis Abraham et Sara sa femme
là furent ensevelis Isaac et Rébecca sa femme
et là j'ai enseveli Léa
31 Là ils furent ensevelis lui et Sara sa femme
là qu'Isaac est enseveli avec Rébecca [son] épouse
là que Lia ensevelie, gît.
32 M GDans l'acquisition
Sl'achat du champ et de la grotte qui s'y trouve [provenant]
Gacquis auprès des fils de Heth.
32 Après avoir achevé les ordres en vue desquels il informait ses fils
il rassembla ses pieds sur le lit et mourut
et il fut déposé auprès de son peuple.
33 Lorsque
GEt
SEt lorsque Jacob eut achevé
Gcessa de donner ses ordres à ses fils
il réunit
Gleva
Sétendit ses pieds dans
Gsur le lit et expira
Gmourut
Set devint malade et mourut
et fut réuni
Gajouté à son peuple.
33 Ø
37,2–50,26
Ici commence l'histoire de Joseph, d'un caractère nettement distinct du cycle de Jacob. Alors que ce dernier se termine au ch.35 avec l'achèvement de l'ensemble des institutions nécesssaires à la vie des tribus établies en →Terre promise, l'histoire de Joseph annonce l'Exode et le thème du Retour.
Au contraire des précédentes, cette histoire se déroule sans intervention visible de Dieu, sans révélation nouvelle, mais elle est tout entière un enseignement, exprimé en clair à la fin (Gn 50,20 et déjà Gn 45,5-8) :
De nombreux traits du récit témoignent d'une certaine connaissance des choses et des usages de l'ancienne Égypte, tels que les documents égyptiens nous les révèlent. Cependant,
1–33 Jacob fut le père des douze tribus d'Israël Quel est le rapport entre Jacob, Israël et le Judaisme ?
En 2012, lors de leur concert à Paris-Bercy, Kanye West et Jay-Z jouent douze fois leur titre Ni**as in Paris. Oui vous avez bien lu : 12 fois ! Alors pourquoi une telle répétition ? Parce que le public le réclamait bien sûr…
& , Ni**as In Paris, performance à Paris-Bercy, 2012 © Licence YouTube standard
Mais aussi parce que les deux rappeurs sont fascinés par les symboles bibliques : et quoi de plus symbolique, dans les Écritures, que le nombre 12 ?
Jacob est le patriarche à qui Dieu donne son nom d'« Israël » au moment de son fameux combat avec l'Ange, en Gn 32. Ici, nous nous intéressons aux douze fils de Jacob, de qui naquirent les douze tribus d’Israël.
(cercle de Bartolomé Estéban Murillo), Jacob et Rachel au puits, (huile sur toile, 17e s.), 930 x 1492 cm
Dulwich Picture Gallery, Londres © Wikicommons→, Ct 2
Dès le livre de la Genèse, ce nombre 12 détermine la répartition légendaire du territoire d’Israël entre les 12 fils qui formeront autant de tribus.
Partage du pays de Canaan entre les 12 tribus d'Israël, (numérique, 2022), Jérusalem,
M.R. © BEST AISBL, Jos 13-21
Le livre de la Genèse détermine la répartition légendaire des 12 tribus telle qu'elle est décrite par le Jos1,1-24,34. Or, la ville de Bethléem se trouvait dans le territoire de la tribu de Judah. Et ce n'est pas un détail !
Dans le texte de Gn 49, Jacob prononce 12 bénédictions. Nous n’avons retenu qu’un seul des 12 bénédictions que prononce Jacob, celle pour son fils Juda (Gn49,8-12). Pourquoi ? Parce que sa postérité historique est incroyable. Deux exemples :
à la famille !
Le judaïsme et Israël ont donc un lien indissociable dans l'Écriture. Et c'est l'Israélien et le religieux dominicain que fut Marcel Dubois qui offre la conclusion :
1–33 ; 50,15–26 Liturgie catholique latine
37,2–50,26 Jacob préférait Joseph Joseph et ses frères - Oratorio Le cycle de Joseph occupe les quatorze derniers chapitres de la Genèse. Vendu par ses frères, esclave puis prisonnier en Égypte, il devient le second du royaume ; la famine conduit ses frères devant lui, qui ne le reconnaissent pas. Il les éprouve, les retient, les renvoie, puis se fait reconnaître. Le récit se conclut sur une parole adressée aux frères : « Vous aviez voulu me faire du mal, Dieu l’a changé en bien » (Gn 50,20).
Joseph pleure huit fois dans ce récit, souvent en cachette. Hændel puis Méhul ont écrit sur cette histoire deux œuvres qui s’attachent moins aux événements qu’aux sentiments éprouvés par les personnages.
L’opéra-comique de Méhul, sur un livret d’Alexandre Duval, est créé à Paris en février 1807. C’est l’œuvre la plus célèbre du compositeur, longtemps jouée en France et en Allemagne.
Méhul choisit la sobriété.
Aucune intrigue amoureuse, aucune épouse égyptienne : le seul rôle aigu est celui de Benjamin, chanté par une soprano. Le drame se resserre sur le père, les fils et le frère perdu.
Joseph, devenu ministre de Pharaon sous un nom égyptien, y chante le souvenir de la vallée d’Hébron et de la maison paternelle. Sa romance « À peine au sortir de l’enfance » raconte sa propre histoire à ceux qui ne le reconnaissent pas.
Siméon porte le poids de la faute. C’est lui que le remords ronge, jusqu’à l’aveu devant son père.
Étienne Nicolas (1763-1817), La légende de Joseph en Égypte, 1807
Claude Bardon (dir.), Ensemble Choral Intermezzo, Orchestre régional de Picardie: Le Sinfonietta
L’oratorio est achevé à l’été 1743 et créé à Covent Garden le 2 mars 1744, après Messiah, Samson et Semele. Le livret est de James Miller, pasteur et auteur de comédies, mort quelques semaines après la création ; il adapte en partie un drame d’Apostolo Zeno (1722).
L’œuvre ne commence pas au puits de Gn 37. Au lever du rideau, Joseph est en prison, « dans une attitude mélancolique » ; l’acte I le conduit de l’interprétation des songes de Pharaon à son mariage avec Asenath (Gn 41,45). La trahison des frères n’est jamais montrée : elle n’existe que dans les remords.
Ces remords ont un visage, celui de Siméon, rôle créé par le ténor favori de Haendel, John Beard. Dans la Genèse, Joseph le garde en otage (Gn 42,24) ; Siméon est aussi l’un des deux frères qui avaient pris l’épée à Sichem. L’acte II s’ouvre sur lui en prison, en miroir de Joseph à l’acte I, et Haendel en fait le personnage le plus tourmenté de l’œuvre. C’est la parole des frères en Gn 42,21 : « Vraiment, nous sommes coupables envers notre frère. »
Benjamin est confié à une voix d’enfant, créée par le jeune Samuel Champness. Ses airs, délicats, sont entrecoupés de nombreux silences. Dans la scène centrale, il chante sa pitié pour son père tandis que Joseph, sans se faire connaître, exprime son angoisse en apartés : un duo dont les deux voix ne se répondent pas. Ce sont les larmes de Gn 43,30, quand Joseph, bouleversé à la vue de son frère, sort en hâte pour pleurer à l’écart.
Quand les frères refusent de repartir sans Benjamin, Joseph se fait reconnaître, et l’oratorio s’achève dans la réconciliation.
Georg Friederich (1685-1759), Joseph and his brethren HWV 59, 1744
Nicholas McGegan (dir.), Philharmonia Baroque Orchestra & Chorale