La Bible en ses Traditions

Terre promise

La « terre » évoquée par les écrivains néotestamentaires dans le contexte de leurs Écritures a une forte charge symbolique, morale et mystique, qu’il faut explorer pour comprendre ses enjeux.

Terre, promesse et semence-descendance

L’association de sperma (« semence, descendance ») et de (« terre ») est constante dans l’AT.

Possession de la Terre promise et écoute de la Parole

Si la bonne terre est promise à la descendance, c’est en tant que lieu où la postérité d’Abraham pourra écouter et mettre en pratique la Parole de Dieu. Le peuple d’Israël ne pourra y prospérer qu’à condition d’observer l’alliance et les commandements prescrits par le Seigneur.

Posséder la terre est donc la récompense de celui qui s’abandonne à la providence de Dieu, au lieu de s’indigner contre les méchants.

Abandon de la Parole et expulsion de la Terre promise

Inversement, pratiquer les « abominations » crée une impureté non seulement rituelle mais morale, telle que seul l'exil peut la purifier. Les abominations hâtent l’expulsion du peuple hors de sa Terre promise.

Terre promise, héritage divin donc royaume universel ?

Cette dimension universelle de la Terre promise est préfigurée dès les premiers récits de la conquête.

Jésus et la terre comme « sacrement » du →royaume des cieux

Au temps de Jésus, les Juifs qui vivaient en Palestine sur une partie de la Terre promise avaient des attitudes diverses par rapport à la promesse. On était sous tutelle romaine, et beaucoup jugeaient que les prophéties resteraient inaccomplies tant qu’il y aurait des étrangers en Terre promise. Ce fut l’origine du mouvement des →zélotes, né en Galilée.

De leur côté, les →esséniens se voulaient cultivateurs. Plus tard, la Mishna, recueil fondateur du judaïsme rabbinique, mit en tête les préceptes liés à la terre, avant même ceux qui concernent les fêtes. Jésus lui-même exerce son ministère dans la culture largement agricole de la fertile Galilée, où le rapport à la terre est constant :

En prêchant le « →royaume des cieux », Jésus n’opère pas pour autant une simple transposition « spirituelle » du royaume. Pour Jésus, entrer dans le royaume consiste bien à pénétrer dans un territoire, comme Israël le fit autrefois.

C’est un accomplissement, car la mémoire biblique reste active : dans la prédication chrétienne, l’héritage ou la possession du royaume demeure le principal attrait de la vie de disciple (cf. Mt 25,34 ; 1Co 6,9-10 ; 15,50 ; Ep 5,5 ; Ga 5,21 ; Jc 2,5).