Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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3 Je rends grâce à mon Dieu à chaque fois que je fais mémoire de vous
4 toujours
et en chacune de mes prières pour vous tous
faisant cette supplication dans la joie
4
car en toutes mes prières pour vous
et dans la joie, j'intercède
5 en raison de votre communion dans l’Évangile, depuis le premier jour jusqu’à présent,
6 ayant cette confiance
que celui qui a commencé en vous une œuvre bonne
la parachèvera jusqu’au jour du Christ Jésus.
TRde Jésus Christ.
Sde notre Seigneur Jésus Christ.
7 De même il est juste pour moi de penser cela au sujet de vous tous
parce que je vous porte dans mon cœur, vous, qui dans mes liens
ainsi que Byz V Nesdans la défense et l'affermissement de l’Évangile,
êtes tous associés à ma grâce.
Vjoie.
7 De même il est juste pour moi de penser au sujet de vous tous
parce que dans mon cœur vous êtes établis vous qui, dans mes liens
ainsi que dans ma défense de la vérité de l’Évangile,
êtes associés à ma grâce.
8 Car Dieu m’est témoin
comme je languis après vous tous dans les entrailles du Christ Jésus !
9 Voici donc ce que je demande dans ma prière :
que votre amour
Vcharité surabonde toujours plus en connaissance
Vscience et en toute espèce d'acuité
Stout discernement spirituel
10 pour mettre à l'épreuve les choses qui diffèrent
Vapprécier ce qui est le meilleur
afin d’être purs et irréprochables pour le jour du Christ
11 comblés des fruits
V Nesdu fruit de la justice par Jésus Christ
VJésus-Christ pour la gloire et la louange de Dieu.
12 Or je veux que vous sachiez, frères
que ce qui m’est arrivé a tourné plutôt au progrès de l’Évangile.
12 ...
13 En sorte que mes liens sont devenus manifestes par le Christ dans tout le prétoire et partout ailleurs
13 ...
14 et la plupart des frères, ayant dans le
Snotre Seigneur pris confiance par le fait même de mes chaînes,
ont beaucoup plus d’audace pour dire sans peur la parole V Sde Dieu.
15 Certains, il est vrai, c'est par envie et querelle
Vpar esprit de contention
mais d’autres, c'est par bonne volonté Set par amour qu'ils prêchent le Christ.
16 Ceux-ci
VCertains agissent par
querelle annoncent le Christ sans pureté [d'intention], pensant susciter de l’affliction dans mes liens
V Nescharité sachant que j'ai été préposé pour la défense de l’Évangile ;
16 ...
17 tandis que les autres [agissant] par charité sachant que j'ai été préposé pour la défense de l’évangile
Nesquerelle annoncent le Christ sans pureté [d'intention] pensant susciter de l'affliction dans mes liens.
17 tandis que les autres annoncent le Christ par esprit de contention et non sincèrement,
en prétendant susciter l'affliction dans mes rangs.
18 Quoi donc ? De toute manière
soit prétexte soit vérité le Christ est annoncé
et de cela je me réjouis et je m'en réjouirai encore.
18 ...
19 Car je sais que cela aboutira
Vtournera à mon salut
par votre prière et l’assistance de l’Esprit de Jésus Christ
19 ...
20 selon ma vive
Vmon attente et mon espérance
que je ne serai confondu en rien
mais qu'en toute assurance maintenant comme toujours le Christ sera magnifié dans mon corps
soit par ma vie soit par ma mort.
20 ...
21 Car pour moi vivre c'est le Christ et mourir, un gain.
21 ...
22 Mais
VQue si vivre dans la chair c'est pour moi un fruit du labeur
je ne sais que choisir.
22 ...
23 De fait
Byz V NesOr je suis pressé des deux côtés
ayant le désir de partir
Vd'être séparé et d’être avec le Christ
ce qui est Nes| en effet | [en effet ] | de beaucoup le meilleur
23 ...
24 mais que je demeure dans la chair est plus nécessaire
Smon corps me presse pour vous.
25 Et étant persuadé de ceci, je le sais, je resterai et je demeurerai avec vous tous
pour votre progrès et pour la joie de votre foi
25 ...
26 afin que votre fierté
Vvotre action de grâces abonde dans le Christ Jésus en moi
par ma présence auprès de vous.
26 ...
27 Seulement vivez en citoyens
Vconduisez-vous d’une manière digne de l’Évangile du Christ
afin que soit que je vienne et que je vous voie
soit qu'absent, j'entende dire de vous
que vous tenez bon dans un seul Esprit
d’une seule âme
luttant
Byz TR Nestravaillant ensemble pour la foi de l’Évangile
27 ...
28 n’étant nullement effrayés par les
Snos adversaires :
ce qui pour eux est
V Nesest pour eux une démonstration
Vcause de la perte
et pour vous du
Nesde votre
Sde notre salut
Byz V TR Neset cela est de Dieu.
29 Car il vous a été fait la grâce
Vdonné à l'égard du Christ
non seulement de croire en lui
mais aussi de souffrir pour lui
29 et ceci vous a été donné par Dieu,
que non seulement et vraiment vous croyiez en Christ,
mais aussi que pour lui vous souffriez
30 ayant
Sendurant le même combat que vous avez vu en moi,
et dont vous entendez maintenant parler en moi
V Sà mon sujet.
2,1 S’il est donc une consolation dans le Christ
s’il est un encouragement de l’amour
Vla charité
s’il est une communion de l’Esprit
s’il est des entrailles de commisération,
2,2 comblez ma joie, en ayant une même pensée,
ayant le même amour
Vla même charité
unis d’âme
aspirant à une seule chose
2,3 rien par esprit de contention ou
V Nesni par vaine gloire
mais dans l'humilité que chacun estime les autres comme supérieurs à lui-même
Vsoi
3 ...
2,4 chacun ayant égard, non à ses propres intérêts,
mais à ceux des autres.
4 ...
2,5 Byz S TREn effet, qu'il y ait NesAyez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus :
5 En effet ressentez en vous ce qui est aussi dans le Christ Jésus :
2,6 lui ayant de fait
Valors qu'il était en forme de Dieu
il n’a pas considéré comme une usurpation d'être égal à Dieu
6 ...
2,7 mais il se vida de soi
Vs’anéantit lui-même prenant une forme d'esclave
s'étant rendu
Vdevenu semblable aux hommes
et reconnu à sa figure comme un homme
7 ...
2,8 il s’abaissa
Vs'humilia lui-même devenant obéissant jusqu’à la mort,
mais la mort de la croix.
8 ...
2,9 Voilà pourquoi Dieu l’a exalté
et lui a donné un
Nesle nom qui est au-dessus de tout nom
2,10 afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse
aux cieux, sur terre et dans les profondeurs,
Venfers,
2,11 et que toute langue confesse
que le Seigneur c’est Jésus Christ
VJésus-Christ pour
Vdans la gloire de Dieu le
Sson Père.
2,12 Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi
non seulement en ma présence
Slorsque je suis proche
mais bien plus maintenant en mon absence,
Sque je suis loin,
avec crainte et tremblement, œuvrez à votre salut
2,13 car c’est Dieu qui opère en vous
à la fois le vouloir et le faire selon sa bonne volonté.
13 ...
2,14 Et faites toutes choses sans murmures ni hésitations
14 ...
2,15 afin que vous soyez irréprochables et intègres,
enfants de Dieu irrépréhensibles
au milieu d'
Shabitant dans une génération tortueuse et pervertie
parmi laquelle vous brillez
Sapparaissez comme des flambeaux dans le monde,
2,16 étant attentifs à la parole de vie
pour ma fierté
Vgloire au jour du Christ
car je n’aurai pas couru en vain
ni peiné en vain.
16 Que je sois pour eux un lieu de vie
pour ma fierté en vue du jour du Christ
car je n’aurai pas couru en vain
ni peiné en vain.
2,17 Et même si je sers de libation
Vje suis immolé pour le sacrifice et le service de votre foi
je m’en réjouis et vous félicite tous
17 ...
2,18 de même, vous aussi, soyez joyeux et réjouissez-vous avec moi.
2,19 J’espère dans le Seigneur Jésus vous envoyer bientôt Timothée
afin que moi aussi je sois réconforté en apprenant ce qui vous concerne,
2,20 car je n’ai personne d'autre de même sentiment : lui se préoccupera sincèrement de ce qui vous concerne.
20 Car je n'en ai pas d'autres ici comme moi, qui se préoccupera sincèrement de ce qui vous concerne.
2,21 Tous en effet cherchent leur propre intérêt non ceux de Jésus Christ
VJésus-Christ.
2,22 Mais vous connaissez sa valeur éprouvée
car comme un enfant envers son père, avec moi, il s'est mis au service de l’Évangile.
2,23 J’espère donc l’envoyer
Vque je l’enverrai dès que j’aurai aperçu
Vvu ce qu'il en est de moi
23 ...
2,24 et j’ai confiance dans le Seigneur que moi
Vmoi-même aussi j'irai bientôt.
Vje viendrai vers vous bientôt.
24 ...
2,25 J’ai estimé nécessaire vous envoyer Épaphrodite, mon frère, collaborateur et compagnon d’armes
mais aussi votre apôtre et ministre en ma nécessité,
25 J’ai estimé nécessaire vous envoyer Épaphrodite, mon frère, assistant et collaborateur
mais [aussi] votre apôtre et ministre en ma nécessité,
2,26 puisqu’il désirait vous voir tous et était anxieux
car Sil savait que vous aviez entendu qu'il était malade.
2,27 Et de fait, il a été malade, bien près de la mort
mais Dieu lui a fait miséricorde
non pas seulement à lui, mais à moi aussi,
afin que je n’aie pas tristesse sur tristesse.
2,28 Avec plus d'empressement donc je l'ai envoyé
afin que l'ayant vu vous vous réjouissiez encore
et que moi, je sois sans tristesse.
28 ...
2,29 Recevez-le donc dans le Seigneur avec toute joie
et tenez de tels hommes en honneur.
29 ...
2,30 Car à cause de l’œuvre du Christ il a approché la mort,
livrant son âme
Nesayant risqué sa vie
Byz TRsans aucune considération pour sa vie
Sayant méprisé sa vie,
afin de compenser l'insuffisance de votre service à mon égard.
1,1–30 Communion entre l'Apôtre et les fidèles dans la nouvelle cité
Ce ch. introduit deux traits caractéristiques de l'épître :
2,1–30 Présentation générale
Paul propose aux Philippiens un itinéraire fondé sur l’exemple du Christ.
2,7 La « kénose » : aux origines d'un thème théologique majeur Il ne faut peut-être pas chercher dans ce texte poétique un exposé théologique rigoureux ni préciser excessivement le sens de la « kénose » à partir du contexte. L’« anéantissement » désigne avant tout l’incarnation : c’est le Seigneur préexistant qui, en assumant la nature humaine, « se réduit à rien ». Une fois devenu homme, le Christ est soumis à la mort, même si celle de la croix est particulièrement cruelle.
Le sujet de ekenôsen n'est pas le Christ incarné, mais le Seigneur préexistant que l'assomption de la nature humaine ''réduit à rien'' ; expression légitime à une époque où l'on n'avait pas encore défini qu' ''Il'' avait une seule Personne et deux natures. Le meilleur parallèle est 2Co 8,9 : 'eptôcheusen plousios ôn. Il se fit pauvre, quoiqu'il fût riche » ( →, 402s).
1,8b languis Traduction littérale « désirer », « regretter l’absence de quelqu’un ou quelque chose ».
1,10b irréprochables Traduction littérale « qui ne fait pas trébucher », « qui ne provoque pas de scandale ».
1,11 louange Variantes
1,16s Ordre inversé des versets Certains manuscrits, à l'image de ceux du texte byzantin et du Textus Receptus que nous suivons ici, donnent un ordre des versets inverse par rapport à la Vulgate et Nestle Aland (ainsi que la plupart des manuscrits les plus anciens tels que P46, א, A, B, D et la tradition latine) et non attesté avant le VIe siècle.
1,22a fruit du labeur Littéralement « fruit d’œuvre » (Ps 104,13 [Ps-G 103,13]). Paul considère la fécondité d’un apostolat futur et non le désir de voir le fruit de son apostolat passé.
2,5 en effet Omission dans א A B D Y 33 81. Sa présence attestée chez de nombreux témoins souligne le lien entre cette exhortation et ce qui précède. Ce pourrait être donc un ajout ultérieur (lectio facilior).
2,7b hommes Variante P46 : homme (au sg.).
2,7c reconnu Traduction littérale « trouvé ».
2,9b un Ou « le » ? (Variantes) L’art. devant onoma spécifie qu’il s’agit du nom divin.
2,11a confesse Conjecture
2,12a comme Omission dans B 33 1241, dans quelques manuscrits de V et dans l’Ambrosiaster.
2,13a Dieu L’article est présent uniquement en D Ψ Byz et TR.
2,15a afin que vous soyez Ou « soyez ! » (Conjecture) P46 A D* F G et des manuscrits latins lisent un impératif.
2,19a Seigneur Jésus Addition C D* F G 630 1739 1881 et quelques manuscrits coptes ajoutent : Christ.
2,30a Christ Variante א A P Ψ 33 81 104 365 1241 et quelques manuscrits syriaques et coptes lisent Seigneur.
2,30b sans aucune considération : Byz TR (parabouleusamenos) | Nes : ayant risqué (paraboleusamenos) L'option de Nes se trouve dans P46 א A B D F G 365 1175 et quelques manuscrits coptes.
2,30c compenser Traduction littérale (anapleroô) « compléter », « mener à son terme ».
1,6c parachèvera Connotation Le verbe epiteleô signifie litt. « accomplir », « mener à son but (epi-telos), à son accomplissement ».
1,7a penser Terme favori de Paul Le verbe phroneô, employé fréquemment par Paul dans Ph (Ph 1,7 ; 2,2[x2].5 ; 3,15[x2].16.19 ; 4,2.10[x2]), désigne la faculté de juger et de sentir, mais renvoie aussi à la volonté, à l’opinion, aux dispositions intérieures. Les parallèles sémantiques existant entre v.3-5 et v.7 montrent que le verbe intègre la prière, la mémoire, les souffrances, les finances et la communion à la mission.
V traduit tantôt par sapere (« goûter », « apprécier »), tantôt par sentire (« éprouver », « juger », « avoir telle intention »), y compris en cas de double occurrence dans le même verset (Ph 2,2 ; 3,15).
1,7c l'affermissement Connotations Le mot bebaiôsis évoque consolidation, garantie, authentification, ...
1,9b acuité Hapax NT Gr : aisthêsei, litt. « perception » ; la capacité à percevoir et estimer une situation précise, le tact. Cf. G-Pr 5,2 ; 14,7 ; 15,7.
1,9b connaissance spirituelle Le substantif epignôsis signifie « connaissance » spirituelle : capacité à reconnaître le bien, à discerner. C’est un fruit de l’action de l’Esprit dans le croyant. V traduit par scientia, notitia, cognitio, agnitio, etc.
1,11 comblés Registre comptable L’acception comptable de peplêrômai se retrouve en Ph 4,18. Procédés littéraires Ph 2,5.7d
1,11 des fruits Nuance financière Le nom karpos (« fruit », « profit ») revêt ici une acception nouvelle (« dividendes » ou « profit financier ») qu’attestent certains dérivés (karpeia, karpizomai). La conclusion de l’épître vient d’ailleurs l’appuyer : Ph 4,17 « je recherche les dividendes (karpon) qui débordent sur votre compte (eis logon humôn) ». →Vocabulaire financier
1,12b progrès Sens concret, puis moral Prokopê terme rare dans G (2M 8,8; Si 51,17) et le NT (Ph 1,12.25; 1Tm 4,15), du grec tardif, décrivant au sens propre le travail des pionniers dégageant la route devant l’armée et préparant ainsi son avancée d’où le sens figuré d’avancement, de progrès. C’est un concept central du stoïcisme décrivant le progrès moral de l’individu dans la vertu. Textes anciens
1,14b dire + la parole — Expression unique chez Paul lalein ton logon (présente en Ac 4,25 ; 8,29 ; etc.), comprise selon le contexte des v. suivants, elle exprime ici la proclamation de l’Évangile.
1,15b bonne volonté Substantif spécifiquement biblique eudokia est formé sur le verbe eudokeô, « éprouver du plaisir, se complaire, choisir, décider ». Dans G, il traduit le plus souvent rāçôn, exprimant la eudokia de Dieu. Dans un sens personnel comme ici, il exprime la bonne volonté, l'élan du coeur (Rm 10,1; 2Th 1,11). Dans un contexte théologique, ce terme exprime la volonté divine de salut pour l'humanité (Lc 2,14; 10,21; Ep 1,5.9; Ph 2,13). Le verbe décrit l'amour du Père pour le Fils (Mt 3,17; 12,18; 17,5; Mc 1,11; Lc 3,22).
1,19a salut Sens eschatologique Constant chez Paul. La reprise de G-Jb 13,16 évoquant le jugement devant le tribunal divin confirme cela.
1,20a vive attente Grec chrétien, terme rare dans le NT Apokaradokia (ici et Rm 8,19), non attesté en dehors de la littérature chrétienne. La majorité des Pères l'interprète comme une forme intensive de karadokia, une expression forte de l'attente. Il exprime une attente dans un contexte angoissant ou difficile. Ce pourrait être l'expression de la connotation émotionnelle de l'espérance.
1,20c assurance Parrêsia est formé par l'association de pan et rêma, « toute parole », d'où le sens de tout dire sans crainte. Ce mot connote la confiance. Paul traduit ainsi l'absence de peur, la liberté de parole dans l’annonce de l’Évangile (2Co 3,12; 7,4; Ep 3,12; 6,19; Phm 1,8).
1,21 gain Kerdos : le Christ est le gain qui se substitue à tous les autres gains qui faisaient la fierté de Paul (Ph 3,7). L'Apôtre fait ici écho à un lieu commun de la culture hellénistique (Textes anciens Ph 2,21).
1,22a chair Sens double chez Paul Sarx peut désigner :
1,23a pressé Terme rare Sunechomai est peu fréquent chez Paul (2Co 5,14). Forme moyenne de sunechô, « tenir ensemble » d'où « serrer, comprimer ». Il traduit l'oppression subie par l'Apôtre confronté au dilemme.
1,27 luttant ensemble Connotation athlétique ou militaire Sunathlountes formé de athlein, « lutter, prendre de la peine » et sun, « ensemble ». Paul peut faire référence soit aux combats de l'arène, soit, plus vraisemblablement, au contexte militaire. Il évoque ici la communion entre les Philippiens dans l'adversité. En Ph 4,3, ce verbe traduira la collaboration entre Paul, Évodie et Syntychè.
1,27a en citoyens Terme rare Dans tout le NT, politeuesthai est employé seulement ici et en Ac 23,1. Procédés littéraires Ph 2,27a
1,27d Esprit Sens double Pneuma peut renvoyer à l'esprit humain ou à l’Esprit Saint.
1,28a effrayés Hapax biblique Pturomenoi.
1,28b démonstration Terme rare Endeixis figure peu dans le NT (Rm 3,25s; 2Co 8,24). Le mot désigne l'action de montrer, la démonstration, la preuve. Ce terme peut avoir un sens juridique, mais c'est peu vraisemblable ici. Textes anciens Ph 2,28 Tradition chrétienne Ph 2,28
2,1a consolation divine ou humaine ? C'est habituellement un acte divin, mais pouvant ici se manifester par les relations fraternelles. Comprise en un sens interpersonnel, elle est alors traduite par « exhortation », autre sens possible (Rm 12,1; 15,30; 16,17; 1Co 1,10; 4,16; 16,15; 2Co 10,1; Ph 4,2; 1Th 4,1; 5,14).
2,1b encouragement Hapax NT
2,1d entrailles de commisération divine ou humaine ?
Cette expression renvoie habituellement à une attitude divine dans le NT (Rm 12,1; 2Co 1,3). Elle peut aussi qualifier les relations au sein de la communauté. Les deux sens ne s’opposent pas nécessairement, la charité intra-communautaire étant le fruit de l’action de Dieu.
2,2c unis d’âme Hapax G et NT Sumpsuchoi, adj. exprimant l’unité dans la pensée.
2,3a vaine gloire Hapax NT Kenodoxia : la vaine gloire, s’oppose à la gloire de Dieu, dont le Christ hérite (v.11).
2,6a ayant de fait (Gr) Connotation Huparchô, dans le NT, indique une situation de fait, naturelle ou acquise (Ph 3,20 ; Rm 4,19 ; 1Co 11,7.18 ; 12,22 ; 13,3 ; 2Co 8,17 ; 12,16).
2,6a forme Ambivalence sémantique : apparence ou essence ?
Le terme morphê se rencontre dans le grec classique pour évoquer le corps humain et sa beauté. Dans le domaine des artefacts, il s'applique aux statues, pas aux images.
Le recours au vocabulaire renvoyant à la perception extérieure du comportement du Christ (Vocabulaire Ph 2,7bc) va dans le sens de la fonction d’exemple de ces v. bien mis en valeur par la tradition chrétienne (Tradition chrétienne Ph 2,1–11).
Si morphê (V : forma ; S : dmwt’ , litt. « ressemblance ») dénote l’extériorité, le modelé, il renvoie aussi à la réalité sous-tendue par cette dimension apparente. C'est d'autant plus possible si l'on admet sous le terme grec un substrat hébreu ou araméen tel que dmwt ou çelem (cf. Gn 1,26).
La signification de ce mot est presque identique à celle d' « image » (eikôn) et les deux termes sont utilisés dans G de manière interchangeable ; la « forme de Dieu » est donc synonyme d' « image de Dieu », qui est le qualificatif attribué à Adam (Gn 1,27 ; 1Co 11,7) et au Christ (2Co 4,4).
Morphê ressortit de fait au vocabulaire de l'apparition divine dans le judaïsme du second Temple (Littérature péritestamentaire Ph 2,6a). Cela préparait l’interprétation dogmatique (christologique) qu’en ferait la tradition chrétienne (Tradition chrétienne Ph 2,6a).
2,6b égal De condition ou de traitement ?
2,7a esclave Ou « serviteur » ? Cette autre traduction, tout aussi légitime, renverrait plus explicitement à la figure du serviteur d’Isaïe (Intertextualité biblique Ph 2,7b).
2,7c figure Connotation « Figure » traduit schêma qui désigne l’apparence extérieure (Vocabulaire Ph 2,6a) ; cf. 1Co 7,31. V lit habitu inventus ut homo.
2,9a exalté Connotation divine Huperupsoô, utilisé dans G presque toujours pour Dieu (Ps-G 96,9 ; Dn 3), exprime l’attribution au Christ par Dieu de la seigneurie universelle sur l’univers.
2,9b donné Connotation de gratuité Echarisato, litt. « faire grâce, donner gratuitement ».
2,9b nom Bien plus qu’un appellatif le →Nom participe, de quelque manière, de la réalité qu'il vise. On touche ici à l'un des fondements juifs (Littérature péritestamentaire Ph 2,9b) les plus anciens de la christologie (Tradition chrétienne Ph 2,9b).
2,10b dans les profondeurs Hapax biblique
La triade désigne tout le créé : les êtres angéliques, le monde terrestre, les défunts et les puissances souterraines.
2,11a confesse Connotation scripturaire Ce verbe traduit une profession de foi publique, cohérente avec Is 45,23. Autre traduction possible « reconnaître, admettre ».
2,12c absence Hapax biblique apousia.
2,15a intègres Connotation de pureté akeraioi exprime l’absence de mélange, l’intégrité intérieure de la personne. Autre traduction possible : « pur ».
2,16a étant attentifs Connotation intensive epechô traduit une attention soutenue.
2,17a service Connotation ? Leitourgia renvoie à tout type de service. Le vocabulaire sacrificiel lui donne une connotation cultuelle (Procédés littéraires Ph 2,15.17).
2,19b réconforté Hapax biblique eupsychô.
2,20 de même sentiment Hapax NT isopsuchos, litt. « d’âme égale », présent en Ps 55,14 (Ps-G 54,14). L’adjectif peut se référer à Timothée (« semblable à lui »), à Paul (« comme moi » ; cf. 1Co 16,10) ou aux Philippiens. Les deux premières solutions sont possibles, la troisième serait pléonastique.
2,20 sincèrement Hapax traduisant la sincérité de l’intention de Timothée.
2,27a bien près Hapax biblique paraplêsion, adv. ; les tournures de V et S sont courantes.
1,3 mémoire Construction inhabituelle Litt. « pour toute la mémoire de vous », tous les souvenirs au sujet des Philippiens. Cette construction rare chez Paul est généralement comprise « en toute occasion où je fais mémoire de vous » (gén. objectif).
1,14a dans le Seigneur Construction ambivalente L'expression peut aussi être attachée à « frères », mais cela serait redondant.
1,18a Quoi donc ? Question elliptique Ti gar indique une cause ou une raison. Ici, cette expression a la valeur d'une interjection en réaction à ce qui précède. Paul considère sans importance l'intention perverse et se concentre sur le résultat positif : l'Évangile est annoncé.
1,21 vivre ...mourir — Zeugme Phrases nominales.
1,27 foi de l’Évangile Construction ambiguë Pistis tou euaggeliou peut signifier, suivant la valeur que l'on donne au gén. :
1,28b ce Antécédents divers Hêtis au féminin peut renvoyer à différents antécédents : la foi (v.27), la persécution dont les chrétiens sont l’objet (v.28ss), l’unité des croyants dans l’adversité (v.27-28a).
1,28b pour eux Construction ambiguë pouvant dépendre de « démonstration » (signe pour eux de perdition) ou de perte, la résistance des chrétiens étant le signe de la destruction à venir des persécuteurs.
1,28d cela est de Dieu Ellipse du verbe. Le « salut » et la « perte » sont le résultat de l'action divine.
2,1c de l’Esprit Génitif polysémique L'expression peut avoir trois sens en fonction de l’interprétation du cas génitif :
2,5 entre vous Ou « en vous » (ambiguïté)
2,7a prenant Fonction explicative : « pour prendre » ? Ce part. aoriste explicite ce que signifie « se vider », tout comme les deux aoristes successifs « étant rendu » et « reconnu ».
2,7b étant Ambiguïté à fort contenu théologique Le part. de ginomai (« devenir ») pourrait aussi se traduire « devenant ».
2,8b mais L’adverbe est mis pour de, qui renforce le mot précédent.
2,10a de Jésus = gén. possessif.
2,12d L’impératif en fin de phrase commande les propositions (12cd) qui le précèdent et le préparent.
2,16a de vie = gén. objectif, la parole donne la vie.
2,17a de votre foi = gén. épexégétique.
2,28a envoyé = aoriste épistolaire.
1,1–11 Inclusion avec Ph 4,10-20 Le thème de la communion/collaboration et le →vocabulaire financier ouvrent et terminent la lettre. Les Philippiens ont investi dans les souffrances de Paul et dans ses activités missionnaires : ils sont donc associés dans ses « affaires » !
1,4c joie Thème récurrent La joie est une des notes caractéristiques de cette épître : Ph 1,18.25 ; 2,2.17-18.28-29 ; 3,1 ; 4,1.4.10.
1,5.7d communion + associés — Isotopie du thème financier Le double sens du mot koinônia (« partenariat » et « communion ») ouvre une isotopie du thème des « finances », développée tout au long de la lettre (cf. Ph 4,14-19).
1,5 dans l’Évangile Synecdoque désignant toutes les activités et les fruits liés à l’évangélisation.
1,5 depuis + jusqu’à — Mérisme qui met en valeur la qualité de la communion.
1,8a témoin Appel à témoin C'est la figure la plus efficace en faveur de la bonne foi de l’auteur.
1,11 ; 4,19a comblés + comblera — Ironie et inversion des rôles
Paul se présente ici d’abord en débiteur qui règle ses dettes (Ph 1,11 litt. « afin que vous soyez pleinement remboursés [peplêrômenoi] »). Les Philippiens ont en effet subvenu aux besoins de l’Apôtre en vertu des bons offices d’Épaphrodite (Ph 2,25 litt. « [que vous avez] délégué pour venir en aide [leitourgon] à mes besoins » ; cf. Ph 4,16).
Mais dans la suite de l’épître, à travers l’image du compte courant ici amorcée, dettes et créances vont mystérieusement changer de bénéficiaire (Ph 4,15 « aucune autre Église que vous n’a pris part au partenariat spirituel de ce compte de débit et de crédit [logon doseôs kai lêmpseôs] »). Paul recherche au fond la richesse spirituelle des habitants de Philippes, eux qui sont en fait ses débiteurs (Ph 4,17). Si l’Apôtre se déclare finalement comblé par leurs contributions pécuniaires (Ph 4,18 peplêrômai), ceux-ci seront à leur tour remboursés par Dieu (Ph 4,19 « Mon Dieu règlera la facture [plêrôsei] de tout ce qui vous manque, selon sa richesse, dans la gloire, dans le Christ Jésus »).
1,12b.25b progrès Inclusion Même terme, même construction eis prokopên. Tout ce que Paul a subi dans le passé contribue au progrès de l’Évangile, tout ce qu’il fera contribuera au bien des Philippiens.
1,20c corps Métonymie Sômati (« corps ») renvoie à toute la vie de Paul.
1,20d vie + mort — Énumération complexe Relevant à la fois du mérisme énumératif, de l'hyperbole et de l'épiphore, elle précise la métonymie précédente et introduit les v.21-24 par une symploque (x...y / x...y : vie...mort / vivre...mourir).
1,21–24 Reversio Paul place en début et fin de la dubitatio (Procédés littéraires Ph 2,23) le bien des croyants, « fruit du labeur » et « nécessaire pour vous », et au milieu son hésitation personnelle : « Que choisir ? » et « je suis pressé des deux côtés ». Ce procédé met en valeur le critère ultime : le bien des Philippiens.
1,21 mourir, un gain Conclusion en forme d’oxymore La formule procède de la dramatisation caractéristique de ces v., qu'elle conclut avec une formule puissante.
1,21 vivre Synecdoque Zên : le verbe renvoie à plus que la vie biologique ou l'ensemble des événements et attitudes constituant une vie humaine.
1,23b partir Métaphore nautique Litt. « larguer les amarres, lever l’ancre, lever le camp (délier les tentes) », métaphore qui évoque la mort paisible, désirée (2Tm 4,6). Théologie Ph 2,23b
1,27bc soit + soit — Parallélisme inégal Le balancement construit par la reprise de eite, « soit », est déséquilibré puisque à venir et voir ne répond que rester absent. Paul introduit ensuite une proposition qui met l'accent sur l'objet de son écoute et de son attention, soulignant ainsi le contenu de la proposition introduite par hoti, « que », qui explicite le v. de la principale, politeuesthe, « vivez [...] en citoyens ».
1,28bc perte + salut — Antithèse C'est l'opposition avec le salut qui définit l'acceptation eschatologique de la perte. Il s'agit de la perte de la vie éternelle auprès de Dieu. Les opposants aux Philippiens combattent Dieu et ne peuvent que connaître la défaite.
1,28d–30 Expolitio explicitant ce qui précède immédiatement. Ce qui vient de Dieu est de croire au Christ et de souffrir pour lui.
2,1 S’il est Anaphore quadruple conférant une tonalité solennelle à l’invitation qui suit et se déploie dans les v.6-11.
2,1d entrailles de commisération Hendiadys et synecdoque déjà évoquées en Ph 1,8.
2,2 Accumulation soulignant l’unité de l’élan des croyants. Cette figure invite à lire « unis d’esprits » avec le colon suivant.
2,6 Reversio Les v.6-7a et 7b-8 forment un parallèle strict. L’abaissement procède en deux étapes : renoncement à l’égalité de traitement, assimilation à la condition humaine jusqu’à l’extrême.
2,6a forme Diaphore Le même mot grec morphê est utilisé au v.7.
2,7a se vida Métaphore énigmatique car rien ne spécifie de quoi le Christ s’est vidé. De nombreuses interprétations furent proposées (Tradition chrétienne Ph 2,7a Théologie Ph 2,7a).
2,7a esclave Caractérisation ambivalente de Jésus Noter le contraste avec le « Seigneur » du v.11.
2,8b mais la mort de la croix Soulignement
Ce bref développement souligne le caractère extrême de l’obéissance du Christ par la manière dont il meurt : sur la croix, supplice le plus abject dans la mentalité d’alors (Milieux de vie Textes anciens).
2,9a exalté Écho Huperupsoô rappelle hupo de hupêkoos (v.8) soulignant ainsi le lien entre l’obéissance du Christ et la réponse du Père.
2,9b un nom qui est au-dessus de tout nom Insistance
(reprise d’un terme en début et en fin d’une proposition). Cette figure répond à l’abaissement des v.7s.
Ce nom est celui de « Seigneur », comme le révèle le v.11.
2,10a.11a tout genou + toute langue — Synecdoque La génuflexion indique l’adoration (Esd 9,5.15 ; Ps 95,6), la langue la confession (Liturgie Ph 2,10). Est ainsi exprimée la totale soumission du créé au Christ.
2,10a Jésus Souffrant « Jésus » seul est utilisé délibérément, en contraste avec le v.11, pour évoquer la figure souffrante et humiliée des v.6-8.
2,10b cieux Métonymie pour leurs « habitants » = puissances angéliques (Col 1,16). Littérature péritestamentaire Ph 2,9b
2,10b aux cieux, sur terre et dans les profondeurs Métonymie La triade désigne les êtres par leur lieu d’habitation. L’esprit de l’auditeur est entraîné au-delà des êtres vivants. C’est toute la création, animée et non animée, qui est embrassée.
2,11b le Seigneur c’est Jésus Christ Anastrophe avec kurios placé devant Iêsous Christos. Elle met en valeur le titre divin. Le retard dans l’identification du nom crée un suspens.
2,15a.17a Métaphore cultuelle
C’est toute la vie des Philippiens qui devient un sacrifice offert à Dieu (Ph 3,3 ; 4,18 ; Rm 12,1 ; He 13,15-16).
2,16c couru Métaphore sportive à laquelle Paul recourt fréquemment pour décrire sa mission apostolique (Ph 3,12-14).
2,21s Comparaison et antithèse entre Timothée et tous.
2,22b un enfant Métaphore de la filiation fréquente chez Paul pour décrire ses rapports d'engendrement dans la foi en l'Évangile avec certains collaborateurs ou certaines communautés (1Co 4,15.17 ; Ga 4,19 ; 2Tm 1,2.18 ; 2,1 ; Phm 10).
2,22b servit Isotopie du service L’emploi de ce verbe fait de Timothée l’illustration du modèle du Christ « serviteur » présenté aux Philippiens en Ph 2,6-11.
2,25a compagnon d’armes Métaphore qui fait allusion aux combats et difficultés rencontrées par l’Apôtre dans sa mission. C’est une métaphore fréquente chez Paul (1Co 9,7; 2Co 10,3s), parlante pour les anciens vétérans habitant Philippes (Procédés littéraires Ph 1,27d).
1,3 L’action de grâces est habituelle au début des épîtres protopauliniennes (Rm 1,8 ; 1Co 1,4 ; 1Th 1,2 ; Phm 4). Elle est une reconnaissance des bienfaits reçus et du bienfaiteur qui en est l’origine. Attitude fondamentale de la vie chrétienne, elle fonde l’espérance pour l’avenir. →Vocabulaire de la grâce et du bienfait dans la Bible
1,9ss Prière Fréquentes, ces mentions de la prière de Paul font entrer son lecteur dans le cœur de l’Apôtre (Rm 1,10 ; Ep 1,16 ; Col 1,9).
2,6–11 Éloge (encomium) ou hymne ?
2,20–30 Lettre de recommandation Paul recommande ses collaborateurs en recourant au genre littéraire, classique dans l’épistolaire, du tupos sustatikos (1Co 16,15s pour Stéphanas, 2Co 3,1). Cette recommandation met inhabituellement en valeur non des personnages célèbres, mais d’humbles serviteurs de l’Évangile, témoignant ainsi du renversement des valeurs opéré par le Christ humble et obéissant. Pourrait être présent aussi le genre des nouvelles épistolaires ou celui de la parousie épistolaire.
1,5 premier jour Vie des communautés : construction de la mémoire collective Paul fait ici allusion au « jour » de la conversion des Philippiens (Repères historiques et géographiques Ph 2,1b), moment à partir duquel ils ont eu le souci de soutenir matériellement l’action de Paul (Ph 4,15-16).
1,13 prétoire Calque de praetorium. Originellement, ce terme renvoie à la garde prétorienne ou à son siège. Ce terme pouvait aussi désigner le quartier général d’un gouverneur de province.
1,28a adversaires Identification ? Les Philippiens sont confrontés au même combat que Paul. Ces adversaires sont donc probablement des païens.
1,8b entrailles Anthropologie antique Organe de perception des sentiments, spécialement de la compassion.
1,27a citoyens romains ? De nombreux habitants de Philippes étaient citoyens romains. La ville bénéficiait du jus italicum et dépendait directement de l’empereur.
1,27a Vivez seulement en citoyens selon l’Évangile Liberté religieuse et empire
2,3b humilité Qualité ou défaut ?
2,8b la croix Pire supplice de l’Antiquité La crucifixion était un mode d'exécution très répandu dans l'Antiquité pour des peines politiques ou militaires : elle assouvissait les instincts de vengeance des puissants et constituait une force de disuasion sans égale. Considérée comme le supplice le plus cruel, elle était en outre précédée de la flagellation. Plutôt destinée aux esclaves, aux criminels et aux ennemis militaires, elle ne devait normalement pas être appliquée aux citoyens romains, sauf en cas de rébellion contre Rome (→ B.J. 2,75.241.253.306 ; 3,321 ; 5,449 ; →A.J. 20,102). Textes anciens Ph 2,8b ; →La crucifixion et les Juifs au 1ers.
2,11b le Seigneur c’est Jésus Christ pour la gloire de Dieu le Père VIE DES COMMUNAUTÉS C'est la profession de →foi essentielle au christianisme (Rm 10,9 ; 1Co 12,3 ; Col 2,6).
2,25a Épaphrodite Origine ? Son prénom, dérivé de celui de la déesse Aphrodite, indique l’origine païenne de ce disciple.
1,4c joie Thème important du stoïcisme, courant philosophique dominant à Philippes La joie est le signe de la sagesse du stoïcien :
1,5 communion dans la cité
1,7b je vous porte dans mon cœur L’amitié, lieu commun antique
1,12b progrès Dans le système stoïcien le processus de transformation qui fait passer de l’homme commun à celui de sage se réalise à travers un processus composé de trois étapes.
1,21 gain Le topos de la mort comme gain
Socrate présente la mort comme un sommeil sans rêve et y voit un gain :
1,22 La mort chez les stoïciens du temps de Paul La mort peut être considérée comme le fruit d’un choix par les auteurs stoïciens contemporains :
1,28b démonstration Sens rhétorique
2,6–11 Des connotations subversives dans le contexte ancien ?
Un mythe ancien de rébellion cosmique, dont il reste des vestiges dans les textes d'Ougarit, est p.ê. à l'origine de plusieurs textes bibliques (Intertextualité biblique Ph 2,6–11 Inversion) auxquels ce passage fait allusion : un souverain a le projet de s'élever par-delà les étoiles du ciel pour devenir comme un dieu, mais il se retrouve précipité plus bas que terre.
Plutarque décrit l'entreprise de domination d'Alexandre le Grand en une longue période structurée en ouk... alla, et usant du symbolisme de l'habit (à propos de sa coutume de s'habiller en Asiate pour gagner la sympathie des peuples conquis) :
2,8b la croix Supplice ultime Ce supplice, considéré comme étant réservé aux esclaves, est indigne des citoyens romains, d’où la cruauté de Scipion l’Ancien :
Quoique très répandue, la crucifixion était d'une horreur telle qu'elle est très rarement mentionnée dans la littérature gréco-romaine : le plus souvent pour fustiger des atrocités barbares ou dans le contexte de récits sur des personnages de basse extraction.
La crucifixion est quasi absente des récits mythologiques et n'a guère d'application métaphorique dans le discours moral. Sénèque fait exception, lui qui l'évoque en termes réalistes pour mieux frapper l'imagination des correspondants qu'il cherche à persuader dans ses enseignements moraux :
La crucifixion fut abolie par Constantin dans les dernières années de son règne, sous l’influence du christianisme.
1,11 fruits de la justice Expression biblique figée qui indique l’engagement de l’homme pour une vie juste et sage, ou la récompense correspondante de la part de Dieu (Pr 13,2 ; Am 6,12).
1,23 Immortalité de l’âme Dans l'AT, le juste ne peut être gardé prisonnier de la mort (Ps 17). Dieu rachète son âme (Ps 49,16 ; 72,14). Ps 73,25 rend compte d'une communion avec Dieu au delà de la mort physique. Sg exprime cela dans une terminologie hellénistique (Sg 3,1 ; 4,14). Les auteurs perçoivent une communion de l'âme avec Dieu dans l'éternité, et semblent même envisager parfois une résurrection pour la chair : cf. Ps 1,5 et Dn 12,2s.
2,6–11 Récapitulation poétique et narrative des Écritures ? Cet « hymne » condense des schémas prégnants de l'Ancien Testament dans une poétique de l’exemplum du Christ adressée aux disciples.
Textes anciens Ph 2,6–11 Inversion ; Tradition chrétienne Ph 2,6b
Une lecture de cet éloge du Christ à la lumière de He 5,8 (« tout Fils qu'il était, il apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance » ; cf. Références en marge passim) souligne, non la condition filiale en elle-même, mais la manière dont le Fils est en relation avec le Père.
La kénose, dans le contexte d’abaissement de Ph 2,7 et He 5,8, renvoie à la signification intrinsèque de la mort du Christ et à ses implications comme paradigme éthique.
2,7a se vida + esclave — ALLUSION TYPOLOGIQUE au Serviteur souffrant d'Is 53
2,7c ALLUSION à Dn ? Litt. « trouvé, quant à l'aspect, comme un homme » (schêmati heuretheis hôs anthrôpos plutôt que l'expression usuelle heuretheis hôs...) pourrait être un calque grec de l'expression kbr-'nš (« comme un fils d'homme ») et ainsi faire allusion au « fils de l'homme » de Dn 7,13.
2,10a tout genou fléchisse CARACTÉRISATION divine du Christ ? Paul fait allusion à Isaïe et attribue au Christ ce qui est propre à Dieu.
L’oracle prophétique annonce la fin de l’exil et la ruine de Babylone, témoignage de la seigneurie de Dieu sur le monde. En Ph 2,10, le futur est devenu présent, les païens reconnaissent la seigneurie de Dieu sur le monde réalisée en Jésus (cf. Rm 14,11). Cette inclusion de Jésus dans l'adoration due à l'Unique semble bien accomplir l'attente eschatologique monothéiste du judaïsme du second Temple. Littérature péritestamentaire Ph 2,6a
2,12d crainte et tremblement Expression vétérotestamentaire figée Cf. Ex 15,16; Dt 2,25; Jdt 2,28; 15,2; 1M 7,18 : ce syntagme dénote soit une peur paroxystique, soit la crainte en présence de l’action de Dieu.
2,14 murmures Allusion à l’Exode goggusmos, dans G, décrit l’attitude rebelle du peuple d’Israël durant sa marche dans le désert contre Moïse et Aaron, et contre Dieu (Ex 16,7ss.12; Nb 17,20.25; Si 46,7).
2,15c génération tortueuse et pervertie Allusion à Israël infidèle L'expression renvoie indirectement à G-Dt 32,5, passage caractérisant Israël comme peuple corrompu ayant oublié son Dieu.
1,7s La compassion demeure dans le cœur miséricordieux :
2,9b nom Spéculations juives sur le n/Nom La réflexion sur le Christ s'est faite dans le contexte d'intenses spéculations juives sur le →Nom :
1,11 comblés des fruits : Byz TR V | Nes : sens métaphorique ou sens propre ?
1,16s Byz et TR : inversion de l’ordre des versets Byz et TR ont inversé l'ordre des v.16 et 17 pour reproduire l'ordre du v.15.
2,5 ressentez (V) Connotation Les traductions anciennes de la Vetus Latina ont essayé existimate, sapite et sentite, retenu par V. Elles apportaient par là une dimension sensorielle à la description de la vie en Christ : Tradition chrétienne Ph 2,5a.
2,11b dans la gloire (V)
La gloire du Christ s’inscrit ici dans la gloire divine et la révèle comme gloire du Père. La gloire du Christ est à l’avantage du Père parce qu’il n’y a pas rivalité entre eux.
1,1–11 Texte
= Paul prie que l’amour des chrétiens de Philippes « surabonde toujours plus en clairvoyance » ; Jésus guérit un hydropique.
1,4ss.8–11 Texte
= Paul prépare le jour du Christ, comme Jean le Baptiste préparait le chemin du Seigneur.
1,4c dans la joie MYSTAGOGIE Ph et le temps de l’Avent Comme Ph (Théologie Ph 2,4c), la liturgie de →l’Avent est un grand invitatoire à la →joie. À la suite de Paul et en s’inspirant de ses formulations tout au long de ce temps liturgique, l’Église exprime son allégresse en des prières remplies d’espérance. Ph 3,20 « Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux, d’où nous attendons ardemment, comme sauveur, le Seigneur Jésus-Christ » ; Ph 4,5 « Le Seigneur est proche. »
1,6c jusqu’au jour du Christ Jésus Objet de désir
Pour Paul et les premiers chrétiens, le jour du Seigneur n’est pas un « jour de colère », mais un jour d’attente joyeuse. Ils aimaient la formule araméenne « Maranatha ! » (1Co 16,22 ; Genres littéraires Ph 4,5b) qu’on peut interpréter dans le sens d’un souhait : Marana tha « Ô notre Seigneur, viens ! »
1,18b–26 Texte
= Paul se donne en exemple à travers ses tribulations ; Jésus invite à prendre la dernière place.
1,20c–24.27a Texte
= Paul hésite face à la mort et choisit de rester par charité ; la parabole du maître de la vigne montre que les premiers et les derniers bénéficient également de la bonté de Dieu.
1,20c–24 Texte
1,27–30 Texte
= Paul exhorte les Philippiens à lutter ensemble pour la foi de l'Évangile comme il le fait lui-même.
2,1–13 Usage dans les lectionnaires chrétiens La section la plus christologique de Ph apparaît, selon des divisions diverses, dans toutes les grandes liturgies chrétiennes.
(→, 44).
= Paul fonde son exhortation à l'humilité sur l'exemple du Christ, Fils de Dieu.
= appel à se convertir au quotidien.
= À l'orée de la semaine sainte, invitation à communier aux sentiments du Christ en sa Passion.
= Paul demande que l'on recherche l'unité en ayant les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments...
2,1–4 TEXTE Dans la liturgie romaine contemporaine
= Paul exhorte à rechercher l'unité.
= Paul invite à vivre l'humilité et l'unité dans la charité du Christ afin que sa joie soit complète.
2,5–11 PARALITURGIE Adaptation au chemin de croix Dans la volonté contemporaine de refonder les dévotions populaires dans leurs substrats bibliques, ces v. sont parfois proposés durant le chemin de croix, comme pour donner le sens le plus profond de la passion de Jésus, où le dépouillement des vêtements dit quelque chose de la kénose transcendante de Dieu même.
Jerzy (1941-2004), 10 — Jésus est dépouillé de ses vêtements, (huile sur toile, 2000-2001), 185 x 117 cm
Chemin de croix ex voto de l'artiste, narthex, galerie haute du sanctuaire de l'icône miraculeuse, Sanctuaire de Czestochowa, Jasna Gora (Pologne)
© D.R. Jerzy Duda-Gracz Estate→ ; photo : J.-M. N. , Ph 2,5-11 ; Mt 27,35-36 ; Mc 15,24 ; Lc 23,34 ; Jn 19,23-24
Une station absolument remarquable, qui remet dans un sens véritable l’adoration du Saint Sacrement : Jésus est dépouillé de ses vêtements, totalement. Le corps du Christ est associé au dépouillement total, de toute vie. Le Christ, lorsqu’il a été crucifié, était totalement nu. C’est la pudeur qui l’a fait représenter à travers les âges, avec ce qu’on appelle le perizonium, le pagne. Mais tous ceux qui étaient crucifiés étaient totalement nus. Il n’était pas question de pudeur. Cette nudité veut dire qu’il porte toutes les nudités des hommes, il porte toute la réalité de notre humanité. S’il est corps, il est corps dénudé, c’est-à-dire il est corps enfanté, il est corps de Dieu : un corps qui se présente à nous. Et le rapport entre l’hostie, le corps blanc, de cet ostensoir doré, ce qui est vénéré à travers le Corps du Christ, c’est sa Passion et le don de sa vie. De ce corps qui fut bafoué, au coeur de cette Fête-Dieu représentée sous le dais, l’artiste a associé à la fois la Passion et le Corps glorieux. Le Corps de Lumière, ce rayonnement qui préfigure déjà la résurrection, le soleil du petit matin du corps nu enseveli dans le tombeau. C’est le corps dénudé où s’accomplit l’enfantement de toute l’humanité ; c’est le corps dénudé du Christ. Comme le disait le cardinal Wojtyla devant le pape Paul VI lors de la retraite de 1976, « le Corps du Christ révèle la souffrance, il nous met face à nos douleurs et à nos souffrances pour participer pleinement et totalement à sa résurrection ». Effectivement, Jésus passe dans les processions de la Pologne, au milieu de ces bannières, pour qu’on n’oublie pas Celui qui a donné sa vie. (J.-M. N.)
2,6–11 Métamorphoses liturgiques de l'« hymne »
= Le titre exact de la fête est celui d'Exaltation de la sainte Croix. C'est pourquoi on lit l'évangile où Jésus annonce qu'« il faut que le Fils de l'homme soit élevé » (Jn 3,14), comparant la croix au poteau sur lequel Moïse éleva le serpent de bronze (Nb 21,4-9), tandis que Paul rappelle que le Christ s'étant abaissé jusqu'à la mort sur une croix, « Dieu l'a élevé plus haut que tout. »
Les liturgistes qui modifièrent et enrichirent le bréviaire à la suite du second concile du Vatican y ont enrichi systématiquement de nouveaux « cantiques de l’Ancien Testament » et « cantiques du Nouveau Testament » les grandes heures :
L’office romain classe les textes par intensité croissante de révélation christique :
La liturgie romaine, selon le rite ordinaire, le fait chanter aux premières vêpres du dimanche (chaque samedi soir) : il condense tout le mystère pascal dont chaque dimanche est la réactualisation.
2,8.10s Qu'au nom du Seigneur
, Introït - In nomine Domini
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
, Introït - In nomine Jesu
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
Introït chanté pour la fête de Saint Ignace de Loyola le 31 juillet et pour la fête du Saint Nom de Jésus.
2,8ss Versets de l’annonce pascale par excellence Mémorial et kérygme, chez Paul, l'humiliation et l'exaltation du Christ constituent un Leitmotiv des célébrations pascales, particulièrement les vendredi et samedi saints.
Christus factus est pro nobis obediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus exaltavit illum et dedit illi nomen quod est super omne nomen.
Dans le bréviaire du rite tridentin le jeudi saint, le vendredi saint et le samedi saint, elle est dite à la fin de chaque heure.
Un usage analogue perdure dans le bréviaire latin d’après Vatican II :
Avec la seconde partie du répons graduel Propter quod et Deus…, le samedi saint, la pensée latente au cours de tout l’office se concrétise et achève la liturgie douloureuse de la semaine sainte : la résurrection est virtuellement commencée, le deuil de l’Église achevé, les cœurs rassérénés.
2,8s Christus factus est
Ténèbres de Gethsémani - Laudes: Répons "Christus factus est", (CD, 2005)
Dom Jean Claire, Choeurs Des Moines de L'Abbaye De Solesmes
Le Graduel Christus factus est (5e mode) constitue le leitmotiv de la Semaine Sainte, dont il termine chaque jour l’Office des Ténèbres, et même, sans chant, chacune des Heures. Simple adaptation, sans doute, à un type mélodique antérieur, mais merveilleusement réussie, tant elle souligne l’opposition entre l’humiliation de la croix (1re partie), et l’exaltation triomphale dont la croix fut la condition et la rançon (verset).
2,8b la mort de la croix
Hypatios d’Éphèse, lettre pastorale organisant un service de sépulture gratuit (années 530), inscrite dans l’atrium de la cathédrale Sainte-Marie : « Jésus-Christ, notre Dieu, après s’être totalement dépouillé pour nous, volontairement et sans changement, s’est humilié lui-même, comme le dit le divin Apôtre, jusqu’à la mort, à la mort de la croix. Et après sa crucifixion vivifiante et sa mort, ainsi que l’indique la tradition des évangiles, à cause de son indicible amour des hommes, il est jeté nu et sans sépulture, reçoit les soins de Joseph [d’Arimathie], et est placé dans le tombeau de ce dernier : c’est jusque-là qu’il s’identifia en tous points aux humbles que nous sommes, à l’exception du péché (He 4,15). Si donc quelqu’un rend ce saint service et honneur [des funérailles] à nos frères qui nous ont précédés dans le repos, qu’il sache qu’il le rend au Seigneur » (→SEG 32,1133 cité sur →, 73).
2,9b le nom qui est au-dessus de tout nom TEXTE, RITE Exorcisme Cette formule est récurrente dans la prière initiale précédant les exorcismes.
2,10s La fête du Saint Nom de Jésus dans la liturgie romaine
Au 16e s. (1530), les franciscains ont institué le fête du Nom de Jésus, qui avait lieu chaque deuxième dimanche après l’Épiphanie, ce qui a reçu la force légale avec Innocent XIII (1721), mais qui a disparu après 1969 avant d’être restaurée comme mémoire facultative le 3 janvier par Jean-Paul II en 2002.
Ce passage est lu ou chanté au début de la messe de la mémoire (et de la messe votive) du Saint Nom de Jésus (3 janvier).
Il est également utilisé pour la mémoire de saint Ignace (31 juillet) ; et pour la messe du Mercredi saint.
2,10a qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse RITE L'agenouillement
La tradition chrétienne occidentale adopte l'agenouillement comme une posture médiane, entre inclination et prosternation, pour exprimer l'adoration (→Attitudes corporelles d’adoration ; Procédés littéraires Ph 2,10s ; Littérature Ph 2,10). La génuflexion au nom de Jésus appartient à l’Église anglicane depuis l’époque d'Élisabeth Ire et a été réaffirmée par le canon 18 de 1604.
Dès l’Antiquité, un philosophe comme Celse raille l’attitude déshonorante des fidèles chrétiens qui s’agenouillent précipitamment et se couvrent la tête, comparée à la dignité philosophique. Origène lui répond en rappelant la vraie doctrine de l’humilité :
Une interprétation polémique, cette fois entre chrétiens et non plus entre païens et chrétiens, renaît au temps de la Réforme :
2,10b aux cieux, sur terre et dans les profondeurs TEXTE, MUSIQUE Motif hymnique de l’Avent L’hymne Conditor alme siderum, sur une mélodie extraordinairement sereine, reprend ces mots pour invoquer Celui dont l’Avent célèbre le retour à venir comme juge. (Cf. →L’Avent 3. Anticipation de la venue du Seigneur.)
2,12–18 Texte
= Paul invite ses destinataires à travailler à leur salut par une vie exemplaire. Ils désirent qu'ils brillent comme des lumières au milieu des ténèbres de ce monde.
1,4c joie Sobria ebrietas rabbinique La joie est le signe de celui qui est habité par l’Esprit de Dieu, qui se manifeste dans la joie qu’on trouve à vivre les commandements divins :
1,23b être avec le Christ La foi en l’immortalité de l’âme est présente aussi dans le judaïsme contemporain de Paul, en particulier chez les →Pharisiens, dont Flavius Josèphe se réclame.
2,6–11 La prière ‘Aléynû : précédent de cet éloge du Christ ou réaction à lui ? L'ouverture eschatologique, la thématique, la triade cieux-terre-sous la terre, communes à la seconde partie de la très célèbre prière ‘Aléynû et à Ph 2,9-11, pourraient signaler une relation intertextuelle entre Ph et cette antique prière.
Aléynû est une prière très ancienne qui célèbre le Créateur pour le privilège donné à Israël, entre toutes les nations, de pouvoir le servir, et confesse en écho à Is 45,23 l'espérance de voir un jour toutes les nations reconnaître sa royauté et glorifier son Nom. Elle se récite : à la fin de chacun des trois services synagogaux quotidiens ; après la bénédiction de la nouvelle lune ; après la célébration d'une circoncision ; à la fin de tout office public quel qu'il soit.
(Abba Arikha, † 247 ?), ‘Aleynû עלינו, Période dite « du Second Temple » (?)
chant : Hazzan Brian Shamash, Jewish Learning and Prayer→, 2014 ; images : TEFILLAH TRAINER™ SOFTWARE. www.kinnor.com
© Licence Youtube Standard, Is 45,23
Cette prière se retrouve à la première personne du singulier dans la littérature mystique dite des « Palais célestes » (cf. Hékalôt).
Les autorités chrétiennes virent une possible allusion polémique au Christ au coeur de la prière (« ils s'inclinent devant souffle et vanité, et prient un dieu qui ne sauve pas » ; cf. Is 30,7 ; 45,20).
En conséquence, on a proposé que les rabbins aient inséré la prière ‘Aléynû dans le rituel de Rosh Hashana pour souligner l'exclusivité de Dieu créateur et sauveur contre l'usage christologique que Paul en aurait fait dans ce passage.
La suite de l’histoire de cette prière est intéressante, qui l'oriente dans un sens spirituel et universel :
C'est ce type de lecture qui prévaut dans les traductions et interprétations en usage dans les synagogues libérales et réformées et « conservative » aujourd’hui. Leurs livres de prière omettent « qui se prosternent vers la vanité et le vide, et qui prient un dieu qui ne sauve pas ». Même certains livres de prière orthodoxes placent ce v. entre parenthèses (→Artscroll Siddur, 158-160).
2,6ss L'énigme de l'humilité dans le Dieu biblique
2,7a se vida de soi Thèmes kénotiques dans la tradition juive ?
Les Écritures évoquent à plusieurs reprises l’humilité de Dieu (Ps 12,6 ; 113 ; 147,3 ; Is 57,15) : Celui qui habite dans les hauteurs des cieux se tient aussi tout proche du cœur humble et abattu.
Dans diverses élaborations sur la shekina (« résidence, inhabitation » divine), la tradition rabbinique contemple la proximité de Dieu dans le monde et auprès des hommes, allant jusqu’à penser une sorte de servitude volontaire du Saint auprès du peuple qu’il a choisi (déjà suggérée par les Écritures ; cf. Is 43,24 « par tes péchés tu m’as fait esclave ») :
La pensée juive comme les autres monothéismes se pose la question de l’un et du multiple : si Dieu est absolument un, comment le monde vient-il à être ? Imaginant ce qui précède la création du monde, les penseurs de la kabbale comme Isaac Louria (dit Arizal) ou Moïse Cordovero (dit Ramaq ; les deux à Safed, 16e s.) évoquent une sorte d’auto-contraction divine par laquelle Dieu, retirant sa lumière originelle, fait place à une réalité autre que lui : un « vide », d’abord, qui cependant garde son empreinte (rešîmû), dans lequel il émet un rayon de lumière (qab). Ce rayon subit maintes contractions (ṣimṣûmîm) atténuant par degrés la lumière jusqu’à l’adapter aux créatures.
La lumière émanée et les récipients qui la reçoivent (kēlîm) constituent d’abord les dix cercles concentriques des sepîrôt ; elle rayonne de deux manières : dans le monde de l’intériorité, celui de l’âme et du divin, et dans le monde extérieur, celui de la « séparation ». La lumière vitale est donc à la fois voilée et manifestée par les récipients où elle se contracte. Le ṣimṣûm désigne cette dissimulation de la lumière.
2,10s Hommage universel à Dieu et prière La prière Nišmat kol ḥay (« L'âme de tout être vivant »), une des plus célèbres de la liturgie synagogale, célèbre l'unicité de Dieu. Elle se récite : le sabbat, pendant la prière du matin ; le dimanche ; durant le sēder de Pâque dans certaines traditions.
, Nichmat Kol Haï, chanté par Laurent Nakache→ © Licence Youtube Standard
Le texte complet, tel qu'on le récite aujourd'hui le matin du Shabbat et des fêtes ainsi que dans la Haggada de Pesah, apparaît pour la première fois dans →b. Pesaḥ. 118a et dans le Seder Rav Amram Ga’on, compilé en Babylonie vers 860-870.
1,3 mémoire de vous Philologie ?
1,5 en raison de votre communion dans l’Évangile
1,5 depuis le premier jour jusqu’à présent La persévérance comme appel et effet de la grâce
1,6bc celui qui a commencé en vous une œuvre bonne la parachèvera Tout est grâce
Pélage, moine irlandais du 5e s., niait qu’un péché originel altérant les potentialités de leur nature fût transmis à tous les hommes. Du coup, il minimisait l’importance de la grâce divine, la réduisant à une lumière sur la fin à poursuivre et un couronnement des efforts entrepris pour l’atteindre. Bien que cette doctrine fût condamnée par les conciles de Carthage de 418 et d’Orange de 529, et par une lettre du pape Célestin Ier en 431, elle continua à faire débat à travers les siècles.
1,8b dans les entrailles du Christ Jésus Expression d’un amour
1,9b amour surabonde
Thomas d'Aquin formalise la prière conclusive de Paul en trois « biens » demandés par l'Apôtre à Dieu en faveur de ses destinataires. La charité est le premier.
1,9b toujours plus + en toute espèce d’acuité
1,10b afin d’être purs et irréprochables
1,11 pour la gloire et la louange de Dieu
1,11 comblés des fruits de la justice Distinction entre la justice et ses œuvres
1,14b confiance par le fait même de mes chaînes L’Apôtre plus redoutable qu’un engin de guerre
1,19a je sais que cela aboutira à mon salut La certitude d’être sauvé ?
1,20ac vive attente + espérance + en toute assurance — Sauvés en espérance
1,21 vivre c’est le Christ et mourir, un gain
Calvin comprend Christ comme sujet des deux membres de la phrase, ce qui conduit à traduire : « Pour moi le Christ est un gain dans la vie et dans la mort. »
→ Comm. NT « Paul proteste que ce lui est tout un de vivre ou de mourir, pour autant qu'ayant Christ en soi, il estime et l'un et l'autre à gain. Et certes, il n'y a que le Christ qui nous fasse bienheureux tant en la mort qu'en la vie. Autrement, si la mort est misérable, la vie n'est de rien plus heureuse, en sorte qu'il est bien difficile de résoudre lequel est le plus utile de vivre ou de mourir hors Jésus-Christ. Au contraire, que Christ soit avec nous, il bénira tant notre vie que notre mort, en sorte que l'une et l'autre nous seront désirables. »
1,22ss Expression de la tendresse pastorale de Paul
1,23a je suis pressé des deux côtés Alternative entre :
1,25b progrès
→ Ant. exsil. 1 « Les menaces du monde, je les méprise ; ses faveurs, je m’en moque. Je ne crains pas la pauvreté, je ne désire pas la richesse ; je ne crains pas la mort, je ne désire pas vivre, sinon pour vous faire progresser. C’est à cause de cela que je vous avertis de ce qui se passe, et j’exhorte votre charité à la confiance. »
1,26a dans le Christ Jésus en moi Paul est-il trop audacieux ?
1,29bc non seulement de croire + mais aussi de souffrir — La foi et/ou les œuvres ?
2,1–11 Interprétation morale
La vertu exemplaire de ces v. encourageant à la communion (Tradition chrétienne Ph 2,1c) dans l'humilité (Tradition chrétienne Ph 2,3c) est reprise par les Pères et les commentateurs anciens :
Les écrivains antiques n'ont pas opposé la lecture éthique et la lecture dogmatique (christologique) de cette péricope : c'est dans la méditation sur l'identité divine du Christ (Tradition chrétienne Ph 2,6a) qu'ils enracinent leurs exhortations :
Les réformés insistèrent aussi sur l'efficacité particulière de l'exemple du Christ :
2,1c communion de l’Esprit Camarades d’armes pour le « bon combat »
2,1d commisération = la concorde entre les disciples
2,7a se vida de soi
En-deçà ou au-delà des définitions dogmatiques (Tradition chrétienne Ph 2,6a), les commentateurs inventent des images pour comprendre en quoi consiste cette « kénose ».
Certains auteurs vont jusqu’à imaginer une sorte d’éclipse de la divinité derrière l’humanité, préfigurant par leur expression poétique les modernes théologies de la kénose (Théologie Ph 2,7a) :
Thomas d’Aquin fait remarquer combien le mot exinanitio est adapté, car il connote le « néant » de la nature humaine, non seulement par opposition avec la plénitude absolue de la divinité, mais encore en elle-même, en tant que tabula rasa destinée à être remplie :
Tout en faisant sa part à la puissance expressive et poétique de la métaphore (Procédés littéraires Ph 2,7a), Thomas d’Aquin l’interprète donc sagement comme le synonyme expressif de l'assomption d'une humanité : c'est un mouvement vers l'humanité sans être une dépossession de la divinité. Théologie Ph 2,7a
2,7b prenant une forme d'esclave
Références en marge Intertextualité biblique Ph 2,7a Intertextualité biblique Ph 2,7b
Ad Phil. traite ici une quaestio « Pourquoi parle-t-on de façon plus convenable de forme de serviteur que de serviteur tout simplement ? Parce que serviteur est un nom d’hypostase ou de suppôt, qui n’est pas assumé, mais par nature : en effet, ce qui est reçu se distingue de ce qui reçoit. Le Fils de Dieu n’a donc pas assumé un homme ; parce que cela donnerait à entendre que l’homme serait autre que le Fils de Dieu, alors pourtant que le Fils de Dieu s’est fait homme. C’est pourquoi, il a pris une nature dans sa propre personne, de sorte que fût identique en sa personne le Fils de Dieu et le fils de l’homme » (101,58).
2,7cd à la ressemblance des hommes.reconnu à sa figure comme un homme Lectures orthodoxes et hérétiques
Au moyen âge, un seul auteur, curieusement, cite Ba 3,38 (« Après cela il a été vu sur la terre, et il s’est entretenu avec les hommes ») pour commenter ce v. C'est étonnant, puisque ce passage est l'un des testimonia les plus courants pour l’incarnation :
Plusieurs auteurs latins ont amplifié la métaphore qu'ils percevaient dans le mot habitus offert par leur version :
Le même symbolisme du vêtement est repris et amplifié dans une parabole sur la rédemption de l’humanité souillée, attribuée au martyr Tranquillinus dans la première moitié du 5e s. dans la Passio Sebastiani 44 (AASS Ian. II, 629-642). C’est p.ê. l’œuvre d’Arnobe :
Augustin lui-même ne s'était pas contenté de la métaphore de l'habit et s’était efforcé de faire des distinctions :
( = ; ; Med. gloss.; , etc. : 2013, 89).
1,8b je languis après vous tous dans les entrailles du Christ Jésus
1,29bc non seulement de croire en lui mais aussi de souffrir pour lui
2,5–11 Un exemple à imiter
2,6s Lui qui avait la physionomie de Dieu… mais il se vida de soi… Le glorieux abaissement d’une humanité exceptionnelle
2,7a se vida de soi La kénose, thème mystique par excellence
Si, pour Paul, la kénose est liée principalement à la crucifixion, de nombreux auteurs spirituels du début du 17e s. la repensent à partir de l’incarnation :
Concept théologique, la kénose est aussi un moteur de pratiques, au premier rang desquelles figure l’agenouillement indiqué par Paul (Ph 2,10) (Liturgie Ph 2,10 Mystique Ph 2,10). Les gestes d’inclinaison et de prosternation répondent directement à l’abaissement extrême dont parle ce dernier. Gestes d’adoration des mages, des bergers et des anges lors de la nativité, gestes du croyant ordinaire, p.ex. la génuflexion à la messe aux mots « Et incarnatus est... et homo factus est » du Credo (Ordo missae 1570). Au début du 17e s., Bérulle, parmi d’autres, défend l’importance de tels gestes d’adoration contestés par les réformés.
La méditation sur la kénose entraîne également les inclinations naturelles des hommes :
2,7b prenant une forme d'esclave Comment ?
1,4c dans la joie MYSTIQUE Joie surnaturelle La →joie imprègne Ph (Ph 1,4.18.25 ; 2,2.17-18.28-29 ; 3,1 ; 4,1.10). C’est la joie particulière d’un homme privé de sa liberté élémentaire. Elle n’est pas puisée à des sources naturelles ; elle prend sa source en Dieu. Pour Paul la source de toutes les joies, la raison la plus profonde de son allégresse spirituelle est le Seigneur. C’est pourquoi il peut dire : « Pour moi vivre c’est le Christ » (Ph 1,21). Juste avant de terminer sa lettre, Paul adresse à ses chers Philippiens un ultime appel à la joie (Ph 4,4).
1,6c.10b jour du Christ ESCHATOLOGIE C’est la venue du Christ en gloire (cf. 1Th 2,19 ; 3,13 ; 4,15 ; 5,2-4). C’est aussi le jour du jugement divin : Am 5,18-20 ; So 1,14-18 ; Mt 25,31-46.
1,21 gain ANTHROPOLOGIE La nouveauté de la mort chrétienne est l’union au Christ dans sa mort par le baptême pour vivre d’une vie nouvelle. Le chrétien, dans l’attente de la résurrection de la chair, est uni au Christ (2Co 5,1-2.8).
1,23b partir ANTHROPOLOGIE Métaphore pour la mort qui est la séparation de l’âme et du corps, qui seront unis à nouveau lors de la résurrection des morts. Procédés littéraires Ph 2,23b
1,27 ensemble pour la foi La communion, sacrement de présence divine
1,29a la grâce Et la foi
2,7s CHRISTOLOGIE Nature humaine du Christ Ces v. appuient fréquemment la profession de foi en l’incarnation :
Une lettre de Léon le Grand, dite « Tome à Flavien », joua un rôle clé dans l’élaboration du dogme christologique :
La « condition » d’esclave implique pour le Christ l’apprentissage d’une connaissance humaine de manière expérimentale.
2,7a se vida de soi CHRISTOLOGIE La kénose comme autolimitation de la divinité ? Prenant Ph 2,6-11 pour principal appui, la théorie dite « kénotique » voit dans l’abaissement du Christ une auto-limitation de la divinité. Selon cette théorie, soutenue à divers degrés, ce n'est pas le Verbe incarné, mais le Verbe préexistant qui est ici visé par Paul. Le Verbe, en s’incarnant, se serait dépouillé de ses attributs divins (toute-puissance, omniscience, omniprésence), ou en aurait limité l’usage. Le « kénotisme » dans sa forme élaborée fleurit au 19e s., dans les milieux protestants et anglicans, où elle prit des tournures christologiques radicales. Cependant, certaines expressions des Pères de l’Église en suggéraient déjà l’idée.
Chez les Pères de l’Église, la kénose (du Logos préexistant ou du sujet théandrique) est généralement liée à l’incarnation. S’inspirant du somptueux éloge du Christ en Ph 2,6-11 dans leurs développements sur l’incarnation, les Pères ont recours à différents synonymes de la kénose : l’exinanitio, l’évidement, le voilement, le dépouillement et l’anéantissement du verbe divin (Tradition chrétienne Ph 2,7a). Cependant, il ne s'agit pas d'une « théorie kénotique » stricto sensu (Théologie Ph 2,7s).
La métaphysique élaborée par Luther et les théologiens de la Réforme donne une nouvelle ampleur à la théorie de la kénose. Luther en particulier distingue en Jésus le status exinanitionis (dépouillement) et le status exaltationis (gloire). Le Christ n’a pas utilisé dans sa carrière terrestre les attributs divins que son humanité possédait de droit ; il les a laissés par un renoncement volontaire. C’est ce que dit Paul en Ph 2,6-11, texte où, selon Luther, l'on ne doit pas faire d'équivalence entre « forme de Dieu/forme d'esclave » et « nature divine /nature humaine ». Immuable, le Verbe n’a pas pu se dépouiller lui-même, tant qu'il ne s'est pas incarné. C’est la nature humaine du Verbe incarné en Christ qui renonce à faire éclater la gloire qu'elle a pourtant de droit ( De lib. 65).
Les débats théologiques sur la kénose opposent les deux écoles luthériennes de Giessen et de Tübingen (cf. Bonhoeffer, 2011).
L’adaptation philosophique qu’en fit Hegel en termes de « kénose ontologique » (Philosophie Ph 2,7aa) lui donna une grande influence, non seulement en milieu luthérien allemand (Sartorius, Thomasius, von Hofmann), mais aussi chez des calvinistes (Gess), des anglicans (Weston) et des orthodoxes (Tareev, Boulgakov).
Grâce à ses points d’appui patristiques et médiévaux (Tradition chrétienne Ph 2,7a), à la fascination qu’exerce son orchestration spéculative hégélienne et à sa charge d’ironie critique déployée par (Philosophie Ph 2,7a), la théologie kénotiste a trouvé sa voie jusque dans les œuvres de plusieurs théologiens majeurs du 20e s., tels Karl Barth, Paul Althaus, Dietrich Bonhoeffer, Rudolf Bultmann, Emil Brunner, Jürgen Moltmann, Eberhard Jüngel.
Au-delà de la christologie, la théologie contemporaine étend volontiers le kénotisme, dans la direction de l’ecclésiologie.
Pour plusieurs auteurs contemporains, la kénose de l’individu apparaît comme la condition de possibilité du don et de l’échange, fondateur de communauté. La communion serait constituée moins par le sentiment d’adhésion personnelle à une identité faite de plénitude, que par l’expérience individuelle d’un vide fondamental, qui invite chacun à entrer dans un circuit d’extranéations et de donations réciproques. La religion elle-même serait la diffraction de la kénose divine jusque dans la communauté. Dans la perspective hégélienne, la kénose de Dieu s’incarnant, redoublée et prolongée par la kénose du Christ souffrant et mourant, instaure le Dieu-Esprit universel au cœur de la communauté en tant que contenu représentatif de sa religion, recueilli et actualisé négativement dans le culte.
Outre le fait que plusieurs théologiens catholiques (Balthasar, Rahner, Küng) ont décliné le thème, le glissement progressif vers l’éloge de la sécularisation jusque chez des auteurs s’affirmant catholiques (Philosophie Ph 2,7a : Vattimo) explique que le magistère recherche une juste mesure.
Dans ses allocutions prononcées lors des audiences publiques, Benoît XVI revient, à plusieurs reprises, sur : « la paradoxale ‘spoliation' du Verbe divin, qui dépose sa gloire et assume la condition humaine. »
2,7b esclave Par obéissance et non de nature
2,8 la mort de la croix CHRISTOLOGIE Convenait-il que le Christ souffre sur la croix ?
La responsio développe sept raisons de convenance : (1) donner un exemple de vertu, en nous montrant que la mort n'est pas à craindre pour qui mène une vie droite ; (2) nous racheter du péché originel — Adam a péché en mangeant du fruit de l'arbre, le Christ nous rachète en étant attaché au bois de la croix ; (3) sanctifier l'air - selon Jean Chrysostome - après avoir sanctifié la terre en y marchant durant sa vie terrestre ; (4) préparer notre ascension au ciel - toujours selon Jean Chrysostome ; racheter l'ensemble des hommes (Grégoire de Nysse) les quatre branches pouvant signifier les points cardinaux, et les bras étendus les juifs d'un côté, les païens de l'autre ; (6) par la forme de la croix, symboliser des vertus comme la persistance et la persévérance par la position débout, l'espérance ou encore la gratuité de la croix ; (7) répondre à des préfigurations — Augustin voit ainsi dans l'arche en bois de Noé, dans le bâton de Moïse ou encore l'arche d'alliance, des préfigurations de la croix du Christ.
2,7a se vida de soi La kénose et les philosophes : entre rejet et fascination L’attitude des philosophes face à l’idée d’un Dieu qui s’humilie lui-même jusqu’à s’incarner a oscillé entre le refus de ce qui leur semble une absurdité et une appropriation existentielle, en passant par la fascination au point d’en faire la matrice de tout le pensable, quitte à la réduire à un processus dialectique universel…
Dès l’Antiquité, Celse s’oppose vigoureusement à l’idée de kénose divine au nom de la stabilité de l’ordre du monde et d’une conception rationnelle de la perfection divine.
Cette critique philosophique de l’absurdité de l’incarnation et d’une humiliation consentie de Dieu continue à travers les siècles, p.ex. au 17e s., avant d’être développée en sarcasmes par les « Lumières » rationalistes.
La Bible de Luther traduit le verbe kenoô en Ph 2,7 par entäussern. L’image d'une extériorisation ou aliénation, à propos d'un Dieu qui emplit le monde ou l’enveloppe de son Verbe, frappe l’esprit de Hegel. Par un déplacement progressif de la théologie vers la phénoménologie, en multipliant les figures de la sortie de Dieu hors de lui, Hegel enrôle philosophiquement la kénose, pour en faire un modèle de l’activité connaissante du sujet.
Avec Äusserung (« extériorisation ») et Entfremdung (« aliénation »), Entäusserung constitue une triade récurrente dans la Phén. de l’esprit. Diverses nuances sémantiques les distinguent. L’Äusserung apparaît au moins une douzaine de fois (sans compter ses dérivés äusser, äusserlich et Äusserlichkeit). Le mot désigne la manifestation extérieure, expression ou extériorisation de ce qui est propre ou intérieur. L’Entäusserung, accentue le mouvement centrifuge de l’agir qui caractérise l’action de se vider de soi-même. Dans l’Entäusserung, l’« extériorisation » est entendue comme « extranéation » (du latin extraneus) : il s’agit d’un dédoublement et d’un congédiement originaires du Soi (aliénation) dans le devenir-étranger-à-Soi-même.
Phén. de la rel. Le Christ est une représentation de la « vérité absolue ». Il est essentiel de tenir qu’il est Dieu : si le Christ n’était qu'un individu exceptionnel, il ne pourrait représenter l'idée spéculative de la vérité absolue. Le Christ est appelé le Dieu-Homme : cette combinaison étrange contredit directement l’entendement ; mais l’unité des natures humaine et divine a ainsi été portée à la conscience humaine et est devenue une certitude pour elle ( Phil. de la rel. 3,76s). Loin de tout docétisme, il applique donc la kénose (Entäusserung) au Christ préexistant auprès de Dieu, s’incarnant. Par l’incarnation, l’Essence divine s’objective et se désapproprie en une existence charnelle réelle. La mort est la meilleure preuve d’humanité et de finitude absolue. Qui plus est, en mourant de la mort avilissante d’un malfrat, le Christ pousse l’humanité à son point le plus extrême (3,89). Toute la finitude humaine est accomplie en cette kénose.
Phil. de la rel. La mort de Dieu s’avère inhérente à l’être divin : Dieu est passé par la mort, Dieu est mort. C’est la pensée la plus terrible qui soit : tout ce qu’il y a d’éternel, tout ce qu’il y a de vrai n’est pas ; il y a de la négation jusqu’en Dieu même ; le chagrin le plus profond, le sentiment d’une perte absolument irrémédiable, le renoncement à toute élévation sont liés à une telle pensée. Et cependant le processus de la pensée ne s’arrête pas là, loin s’en faut : la pensée commence à revenir sur ses pas – autant dire que Dieu reste présent à ce processus, ce qui signifie la mort de la mort. Dieu revient à la vie, et ainsi tout est inversé. À la résurrection succède la glorification du Christ ; le triomphe de son exaltation à la droite de Dieu met un terme à cette partie de son histoire – laquelle, ainsi entendue, par la conscience croyante, n’est rien moins que le développement de la nature divine elle-même (Hegel Phil. de la rel. 3,91ss). La mort du Christ est à la fois mort du Dieu-homme et mort de l’abstraction première de l’essence divine avant qu’elle ne se pose comme « soi ».
Ainsi donc, la religion révélée, à la différence de toutes les autres, poserait-elle en Dieu même la nécessité du devenir pour que la conscience puisse devenir conscience de soi et, partant, « esprit ».
Phil. de la rel. La réflexion se prolonge sur la kénose du Verbe incarné en une conception dialectique de la Trinité même. Le Christ est l'antithèse de Dieu le Père qui se nie par « extranéation » [Entäusserung] en entrant dans le monde comme Verbe incarné pour « s’accomplir » [Aufhebung] dans le Saint-Esprit. Le Fils est autre que le Père et cet Être-autre est de la différence, sinon il ne serait pas Esprit. Mais l’autre est Dieu et possède la totalité de l’essence divine en soi-même. Cette altérité ou Être-autre est Être qui s’annule soi-même éternellement, qui éternellement se pose et éternellement s’annule : cette autoposition et auto-annulation de l’Être-autre est Amour, ou Esprit ( Phil. de la rel. 3,70s).
Ce modèle divin est répercuté dans les consciences personnelles par le culte, lui-même assimilable à une kénose de l’intelligence individuelle par la religion. Par le culte, les consciences finies individuelles vivent l’Entäusserung de l’Esprit : l’Esprit n’accède à soi-même qu’en renonçant à son immédiateté et devient soi-même sujet seulement par la médiation de son Être-autre.
Dans ce « devenir » divino-humain, Hegel semble voir une sorte de modèle de la vie de l'esprit.
Dans un tel système, la foi laisse peu à peu la place à un « savoir » : la transposition philosophique de Ph 2,7 conduit à découvrir une kénose ontologique omniprésente, comme dimension dans laquelle se déploie effectivement et intelligiblement le réel. La vacuité transcendantale dans le processus rationnel ferait écho à la kénose divine. La kénose trouverait ainsi son ultime accomplissement dans le passage de la foi religieuse au savoir philosophique.
La trajectoire philosophique de la kénose aboutit à diverses appréciations de la sécularisation :
2,7b prendre la physionomie d’un esclave Inversion coranique ?
Ce verset de la sourate 4 An-Nisa (« Les femmes ») semble une réminiscence de Ph 2,7 si on le glose ainsi : le messie ne pense pas devoir retenir son statut de Fils comme un privilège, être serviteur de Dieu ne lui répugne aucunement. Bien mieux, pour les chrétiens cette absolue soumission volontaire est un signe de la filialité suprahumaine du messie (cf. en Tradition chrétienne Ph 2,8b Tradition chrétienne Ph 2,8c). Au contraire, pour la polémique musulmane anti-chrétienne, ce verset signifie que jamais le messie, content de son statut de serviteur, n’aurait l’arrogance de se prétendre fils.
2,1d commisération FRANÇAIS BIBLIQUE Ce nom, calque du terme retenu par V, dérivé du verbe commisérer, bien attesté en français moderne : Littérature Ps 145,8, désigne la pitié compatissante, le sentiment qui fait prendre part ou intérêt à la misère, aux malheurs d'autrui.
Drapeau de la francophonie→ © Domaine public,
1,1–30 Bénédiction
Johann Christoph (1654-1725), L'Épître de saint Paul aux Philippiens (gravure, 1695)
in Der Heiligen Apostel Geschichte und Episteln, letzlichen auch Die Hohe Offenbahrung S. Joannis : Nach anleitung Heyl. Schrifft in Bildnussen vorgestellt, éd. : Augsburg
À terre, les chaînes de saint Paul, prisonnier pour l'évangile. Dans le ciel, la bénédiction de la croix du Christ, qui rappelle les adresses pleines de souhaits de grâces de saint Paul à ses destinaires.
2,9ss aux cieux, sur terre et dans les enfers Christogramme
Domínikos Theotokópoulos, dit (1541-1614), L'Adoration du nom de Jésus (peinture sur toile, 1579), 55,1 x 33,8 cm
The National Gallery, Londres (Angleterre, Royaume-Uni) © Domaine Public→
offre à ce verset de Paul une parfaite illustration. Dans la partie supérieure du tableau, le nom de Jésus figure, auréolé de lumière et surmonté d'une croix, adoré par des myriades d'anges en prière dans le ciel. Ce nom n'est ni un sigle, ni un acronyme, comme on le croit trop souvent dans le monde latin, en interprétant les trois lettres comme indiquant « Iesus, Hominum Salvator ». Il s'agit plutôt des trois premières lettres grecques du nom de Jésus (« Ιησους », ou « IHΣOYΣ » en majuscules), translittérées imparfaitement mais néanmoins traditionnellement : iota, êta, sigma. C'est le nom de Jésus qui sauve, comme cela foisonne dans les Actes des apôtres. En bas à gauche, des hommes se prosternent devant le nom de Jésus. Parmi eux, on reconnait le roi d'Espagne Philippe II (au centre, vêtu de noir), le Doge Alvise Mocenigo vêtu d'une chape doré et le pape Pie V qui leur fait face. La présence de ces trois personnages suggère la Sainte Ligue, alliance ayant pour objectif de contrer la progression turque durant la guerre entre Venise et la puissance ottomane au début des années 1570. En bas à droite, la gueule béante d'un monstre laisse entrevoir les damnés gisant dans les feux de l'enfer.
1,21 Obsèques musicales
Heinrich (1585-1672), Musikalische Exequien SWV 279/281, 1635
Sir John Eliot Gardiner, English Baroque Soloists, Monteverdi Choir
© Licence YouTube standard→, Jb 1,21.19,25s Ph 1,21 Jn 1,29.3,16 Is 26,19 Ps 73,25s Lc 2,29-32 Ap 14,13 Sg 3,1
Musikalische Exequien est un ensemble de motets en trois parties, tout d'abord en forme de messe de funérailles allemande luthérienne. Ce premier épisode précède un autre air spirituel extrait du psaume 73. Il est suivi à son tour d'une troisième partie, le Cantique de Siméon (connu dans la liturgie catholique sous le nom de Nunc dimittis). L'ensemble a été composé en 1635 pour les funérailles de Heinrich Posthumus von Reuss, seigneur de Gera, Schleiz et Lobenstein en Thuringe, mort le 16 décembre 1635.
Partie I : Concert in Form einer teutschen Begräbnis-Messe SWV 279 6vv SSATTB — Intonatio: Nacket bin ich von Mutterleibe kommen — Soli: Nacket werde ich wiederum dahinfahren Herr Gott, Vater im Himmel — Soli: Christus ist mein Leben, Sterben ist mein Gewinn Jesu Christe, Gottes Sohn — Soli: Leben wir, so leben wir dem Herren Herr Gott, Heiliger Geist — Intonatio: Also hat Gott die Welt geliebet, daß er seinen eingebornen Sohn gab — Soli: Auf daß alle, die an ihn gläuben, nicht verloren werden Er sprach zu seinem lieben Sohn — Soli: Das Blut Jesu Christi Durch ihn ist uns vergeben — Soli: Unser Wandel ist im Himmel Es ist allhier ein Jammertal — Soli: Wenn eure Sünde gleich blutrot wäre, Sein Wort, sein Tauf, sein Nachtmahl — Solo (Altus): Gehe hin mein Volk Soli: Der Gerechten Seelen sind in Gottes Hand — Solo (Tenor): Herr, wenn ich nur dich habe — Soli: Wenn mir gleich Leib vnd Seele verschmacht Er ist das Heil und selig Licht — Soli: Vnser Leben währet siebenzig Jahr Ach, wie elend ist unser Zeit — Solo (Tenor): Ich weiß, daß mein Erlöser lebt Weil du vom Tod erstanden bist Soli: Herr ich lasse dich nicht du segnest mich denn Er sprach zu mir.
Partie II : Motette Herr, wenn ich nur dich habe, SWV 280 8vv double choir SATB.SATB
Partie III : Canticum B. Simeonis Herr, nun lässest du deinen Diener in Frieden fahren, SWV 281 8vv double choir SATTB.SSB
2,6–11 Fortune musicale de l'« hymne » Ces v. si profonds et émouvants n'ont cessé d'inspirer les compositeurs, spécialement en musique vocale, en particulier :
Guillaume (1300-1377) Obediens usque ad mortem (motet n° 10) fait entendre un v. latin citant quelques mots de Ph 2,8 sous les trois voix qui chantent des vers d’amour courtois évoquant le feu du désir d’amour d’un homme pour une femme, qui le pousserait à désirer la mort. Vers la fin du moyen âge, un chanoine, musicien et poète, met ainsi audacieusement en série amour humain et geste pascale du Christ ;
Giovanni Pierluigi (1534-1594) Christus factus est (date et attribution incertaines), motet à quatre voix a cappella, fait entendre, tranchant sur des harmonies sobres, une ornementation mélodique de crucis et de nomen ;
Pierre (1555-1617) In nomine Jesu, motet à huit voix (Melodiae sacrae, 1603) fait majestueusement éclater la gloire finale ;
J.-S. (1685-1750) Himmelskönig, sei willkommen ("Roi du Ciel, sois bienvenu"), cantate pour le dimanche des Rameaux, BWV 182, sur un texte de Salomon (1714). Le quatrième mouvement reprend Ph : « Puissant amour, grand fils de Dieu qui t'a conduit depuis le trône de ta gloire, de sorte que, pour le salut du monde, tu puisses être offert en sacrifice, que tu as prescrit avec ton sang » ;
Charles (1870-1939) « Prélude à l’introït de la fête du saint Nom de Jésus » (L’orgue mystique, cycle de Noël, n° 6, op. 55, 1929), reprend au clavier manuel toute la mélodie grégorienne sur Ph 2,10s. Il souligne le Dei Patris de la formule doxologique avec des aigus surprenants.
Anton (1883-1945) Christus factus est pro nobis (op. 16, 1928), premier canon (sur cinq) traitant des textes latins, pour soprano aiguë (utilisée comme un instrument), clarinette et clarinette basse. En vingt-deux secondes d’une rigueur totale, la voix imitant l’instrument chante les v.8s ;
Aujourd’hui encore, divers compositeurs sont inspirés par les v. de Paul pour des compositions instrumentales ou vocales, dans des compositions pour orgue (Daniel , 1942-), pour ensemble instrumental (Jean-Étienne 1917-1989, Usque ad mortem,1966; Rolande , 1920-2006, Kénose, 1983) ou vocal (André , 1943-).
Voici deux compositions récentes, offertes aux lecteurs de cette bible par leur compositeur :
Kris , OCSO (1972-), Ignatius Cantata op.34, 2014
Joris Derder (bariton), Nico Couck (guitare), I Solisti del Vento (ensemble)→, Musa Horti (choeur)
© Kris Oelbrandt→, Ps 123,2.148,1-4.51,19.69,8-10 Lc 1,38.9,57-61.2,48s Jn 6,68.21,15ss Ph 2,6-11
Cette cantate est une synthèse musicale des exercices spirituels d'Ignace de Loyola. Les mouvements I, II, III et IV parcourent les quatre phases des exercices: émerveillement sur la création, suivre le Christ, s'adonner à la croix, ressusciter avec Lui. Ces quatre idées centrales sont explicitées par des citations des exercices (chantées en Sprechstimme par le bariton), qui sont commentés par des versets bibliques illustratifs, chantés par le chœur. Le premier mouvement est précédé par un prologue (la fameuse prière de Thérèse d'Avila), le dernier est suivi par un épilogue qui donne une dernière synthèse.
Dans le premier mouvement, le retraitant s'apprête pour l'émerveillement en se rendant compte de sa propre humilité et de la grandeur de Dieu. Le psaume 123, notamment par l'image de la servante qui regarde la main de sa maîtresse, décrit cette idée. Voir aussi Ps 51,19.
Au milieu de la première phase des exercices, le retraitant éclate en émerveillement et joie sur la création. La musique monte pas à pas, le chœur monte dans des progressions harmoniques qui ouvrent chaque fois un nouveau monde (un nouvel élément énuméré dans le psaume 148), le bariton parle à travers en énumérant plus ou moins les mêmes éléments comme ils apparaissent dans le texte ignacien.
Retour vers la conscience de sa propre humilité. Le verset du psaume 51 (l'offre de mon cœur broyé) rappelle le psaume 123. La mélodie reprend celle du ps 123 en mouvement miroir rétrograde.
La deuxième phase des exercices ignaciennes se concentre sur la volonté de suivre le Christ. Ce concept est illustré musicalement par un basson seul qui joue une mélodie légère, sautante, quasi improvisée, en croches constantes - décrivant quelqu'un qui se met en route. Sur cette mélodie apparaissent de courts fragments avec des citations bibliques sur ce thème. La première expression de la volonté de suivre le Christ, chantée en forme de chorale, est celle de l'Annonciation, où Marie se confie à la promesse de l'ange Gabriel. Voir aussi Lc 9,57-61 et Jn 6,68.
La deuxième expression de la volonté de suivre le Christ est la promesse - pourtant conditionnelle - de divers gens de suivre le Christ. Celui-ci répond en Espagnol (rappellant les exercices ignaciennes) "Sigue me", "Suis-moi". Voir aussi Lc 1,38 et Jn 6,68.
La troisième expression de la volonté de suivre le Christ, citation de l'évangile selon St Jean, est mise de nouveau (comme la première, Lc 1,38) en forme de chorale. Voir aussi Lc 1,38 et Lc 9,57-61.
Dans la troisième phase des exercices ignaciennes, le retraitant réalise que la croix est inévitable en suivant le Christ. Après la citation de la phrase centrale des exercices par le bariton, le début du prologue revient, maintenant joué par la guitare. De cette manière l'auditeur se souvient de la prière de Thérèse d'Avila: "Je suis à vous". La tête de la mélodie de la prière est maintenant jouée par les instruments à vent et tenue longue en point d'orgue. Les versets du psaume 68 (69) sont superposés sur ce tapis harmonique, mêlant ainsi la notion de l'abandon et la notion de la croix. Le bariton chante régulièrement, comme troisième couche, "Sigue me", "Suis-moi", ce qui rappelle le deuxième mouvement, notamment Lc 9,57-61.
La conviction que le Christ ressuscité est apparu tout d'abord à Marie, sa mère, est typiquement jésuite. L'histoire du jeune Jésus qui est retrouvé après trois jours dans le temple, peut être vu comme une justification biblique de ce passage des exercices ignaciens. Deux motifs musicaux sont repris et superposés: la mélodie continue du basson (voir la deuxième phase dans Lc 1,38, Lc 9,57-61 et Jn 6,68) - maintenant jouée par le hautbois - et le chant de l'humble servante (voir ps 123, 2). L'humble servante est comparée à Marie qui s'écrie en retrouvant Jésus.
La quatrième et dernière phase des exercices conclut par une réconciliation: le retraitant se réconcilie avec Jésus et ses émotions ou conflits intérieurs en déclarant son amour pour le Christ ressuscité, illustré par Jn 21,15-17. La mélodie du prologue, où le chœur chantait la prière de Thérèse d'Avila, notamment "Que mandais hacer de mi?" ("Que veux-tu que je fasse?"), sonne maintenant dans les instruments à vent comme une formule répétée pp. C'est sur cette couche que les confessions de Pierre à Jésus sont chantées, en alternance entre ténors (Jésus) et le reste du chœur.
Kris , OCSO (1972-), A Dieu (Oratorio du printemps op.23), 2011
Aldo Platteau (bar); Ensemble Sturm und Klang (dir. Thomas van Haeperen)
© Kris Oelbrandt→, Mc 8,34-35.9,2 Mt 16,24-25.17,2 Lc 9,23-24.29 Ph 2,6-11 Ex 33,21-23
Cette Cantate est composée pour le cinquième Dimanche du carême sur la transfiguration. Sept scènes méditent sur les paradoxes qui sont au cœur des évangiles: Jésus homme divin; se perdre pour se retrouver; Dieu visible-invisible. Un soliste présente une mélodie dodécaphonique qui revient légèrement transformée dans chaque scène, rendant la transfiguration audible.
Scène 1: paradoxe de celui qui sauve son être en le perdant à cause de Jésus et l'Annonce.
Scène 2: le récit de la transfiguration au mont Tabor.
Scène 3: La kénose de Dieu donne lieu à la naissance de Jésus qui, à son tour, s'humilie jusqu'à la croix.
Scène 4: méditation poétique de Rutger Kopland (« De grazige weiden » dans « Al die mooie beloften ») sur le Christ crucifié.
Scène 5: jubilation sur le Christ ressuscité.
Scène 6: L'histoire de Dieu que nous ne voyons que de dos illustre le paradoxe de Celui qui nous est tellement proche, mais dont nous ne voyons jamais le visage. Le verset de Paul Éluard, « Il fallait bien qu'un visage réponde à tous les noms du monde », sert d'illustration.
2,8s Le Christ s'est fait obéissant
Anton (1824-1896), Christus factus est, 1884
Cantando
Anton est un compositeur autrichien et organiste.
Felice (1560-1614), Christus factus est
The Cambridge Singers
© Licence YouTube standard, Ph 2,8s
Christus factus est pro nobis obediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus exaltavit illum et dedit illi nomen, quod est super omne nomen.
Le Christ s'est fait pour nous obéissant jusqu'à la mort, et la mort sur la croix. C'est pourquoi aussi Dieu l'a élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom.
Compositeur italien de la fin de la Renaissance et du début de la période dite baroque, Felice appartient à l'École romaine des compositeurs. Il est le frère aîné d'un autre compositeur important et légèrement plus moderniste, de la même période, Giovanni Francesco .