La Bible en ses Traditions

Psaumes 118,1–4

M V
G S

 VALLELUIA

 Célébrez YHWH

VConfessez le Seigneur car il est bon

puisque  éternelle

Vpour les siècles est sa miséricorde

...

M
G S
V

Qu’Israël dise :

— Éternelle est sa miséricorde ! 

...

que maintenant le dise Israël : — Il est bon :

pour les siècles est sa miséricorde !

2ss Exhortation à trois classes de personnes Ps 115,9ss ; 135,19s

Que le dise la maison d’Aaron :

— Éternelle est sa miséricorde ! 

...

que maintenant le dise la maison d'Aaron

puisque pour les siècles est sa miséricorde

Que le disent ceux qui craignent YHWH :

— Éternelle est sa miséricorde ! 

...

que maintenant le disent ceux qui craignent le Seigneur

puisque pour les siècles est sa miséricorde :

4 ceux qui craignent YHWH Ps 22,24 ; 103,11 ; Ap 19,5

Réception

Comparaison des versions

1 V—IUXTA HEBR. 

  • ALLELUIA | Confessez le Seigneur car il est bon | puisque pour l'éternité est sa miséricorde !

Liturgie

113,1–118,29 Béni soit le Nom du Seigneur. Le grand Hallel. Ce psaume est le premier du Hallel, suite de psaumes de louange (113-118) chantée les matins des fêtes et des néoménies (Ros ḥōdeš, Liturgie Nb 28,11–15). Le Hallel complet se dit aux Cabanes, les huits jours de Hanoukka (Liturgie 1M 4,36–60), les deux premiers jours de Pâque, les deux jours de Pentecôte. Il est abrégé les six derniers jours de Pâque et les néoménies.

Les flammes qui montent de la hanoukkia (photographie, 2019)

© Domaine public→

1–29 JUDAÏSME Ce chant clôt le Hallel (Liturgie Ps 113,1–9).

Usage durant la fête des Tentes antique

L'ensemble a peut-être été utilisé pour la →fête décrite en Ne 8,13-18 ; cf. Esd 3,4 ; Za 14,16. Cf. aussi Esd 3,11.

Rite sephardi

Ce psaume est le sixième du Hallel, suite de psaumes de louange chantée les matins des fêtes et des néoménies (Ros ḥōdeš) (voir Ps 113). Les quatre premiers versets sont répétés chacun par l'assemblée après le ministre-officiant. 5-29 sont chantés en choeur par l'assemblée sur un air apparenté à celui du Cantique de Moïse.

24.1 Voici le jour + Confessez le Seigneur CHANT GRÉGORIEN Psaume pascal par excellence et leitmotiv du jour de Pâques et de toute l’octave pascale Dès les premiers temps de l’Église, ce psaume 118 (117) a été réservé pour la liturgie de Pâques. En effet pendant toute l’octave de Pâques, les graduels de la messe lui empruntent successivement l’un ou l’autre de ses versets. Les mots Haec dies quam fecit Dominus : exsultemus et laetemur in ea constituent le leitmotiv de toute l’octave, servant de verset et répons à toutes les Heures de l’office et dans les monastères de verset au réfectoire pour le bénédicité et les grâces. Il est même utilisé par l’excitateur pour réveiller les frères tôt le matin. On peut considérer l’expression Haec dies comme le pendant pascal de l’Hodie qui est employé de manière préférentielle dans la liturgie de Noël. 

Le graduel Haec dies comporte en fait 6 versets dont 5 sont tirés du Ps 118 sauf celui qui est attribué au mardi dans l’octave et qui est extrait du Ps 107,2 « Que le disent ceux qui ont été rachetés par le Seigneur, ceux qu’il a rachetés de la main de l’ennemi des régions il les a rassemblés. »

Pâques et les autres jours de l'octave : 

  • Pâques Ps 118,1 : « Confessez le Seigneur car il est bon, puisque pour les siècles est sa miséricorde. » Ce v. 1 sert de verset à l'alleluia de la Vigile pascale et à celui de l'alleluia du vendredi après l'Ascension.
  • Lundi Ps 118,2 « Que maintenant le dise Israël : Il est bon puisque pour l’éternité est sa miséricorde. »
  • Mercredi Ps 118,16 « La droite du Seigneur a déployé sa puissance, la droite du Seigneur m’a exalté. » Ce même verset est utilisé à l'offertoire de la Vigile pascale et de la 3e semaine ordinaire et pour l'alleluia de la 5e semaine du temps pascal (Liturgie Ps 118,116ab–17).
  • Jeudi Ps 118,22-23 « La pierre que réprouvèrent les bâtisseurs la voici devenue tête d’angle : C’est par le Seigneur que ça se fit et c’est une merveille à nos yeux. »
  • Vendredi Ps 118,26a-27a « Béni celui qui vient (venit) au nom du Seigneur ! Dieu [est] Seigneur et il nous a illuminés. »
  • Le v. 26a a donné la 2e partie du Sanctus de la messe « Benedictus qui venit in nomine Domini » et l’autre v. 27a rappelle le Lucernaire de la Vigile pascale en reliant la résurrection du Seigneur au thème de la lumière.

— Graduel « Haec dies... Confitemini » du Jour de Pâques

YouTube - Jour de Pâques - Graduel : Haec Dies - Chœur des moines de l'Abbaye de Solesmes (Grad. 196-197)

 Faisant suite à l’introït qui nous introduit dans l’intime action de grâces du Christ à son Père, le graduel constitue la manifestation grandiose de la joie pascale. C’est « le Jour que fit le Seigneur », signe de l’éternelle béatitude pour tous les croyants, membres du Christ. Ils exultent à cause du vainqueur de la mort qui leur a ouvert l’entrée dans la vie éternelle. « La sainte Église veut que nous nous regardions comme déjà ressuscités avec lui, comme déjà en possession de la vie éternelle. ». (Guéranger L'Année liturgique Temps pascal, 7,18). Après la célébration de la Passion et à la lumière de la grâce pascale, l’Église fait monter une immense action de grâces confitemini Domino quoniam bonus, quoniam in saeculum misericordia eius, « cri du cœur qui monte spontanément aux lèvres », sachant tout ce qu’elle doit à la miséricordieuse bonté de Dieu. On a pu dire avec raison que Pâques est le vrai dimanche de la miséricorde, le 2e dimanche ne l’étant qu’en tant que jour de l’octave.

Texte

Haec dies, quam fecit Dominus | exsultemus | et laetemur in ea | V/ Confitemini Domino | quoniam bonus | quoniam in saeculum | misericordia eius. (« Voici le jour que fit le Seigneur | exultons | et réjouissons-nous en lui | V/ Confessez le Seigneur | car il est bon | puisque pour l’éternité | est sa miséricorde. ») Seule différence : la V ajoute le verbe être entre haec dies. Le verset du graduel « Haec dies » du Jour de Pâques est le même que celui de l’alléluia de la nuit : « Confitemini Domino quoniam bonus : quoniam in saeculum misericordia eius »

Interprétation musicale
  • On retrouve la mélodie type du 2e mode proche des graduels des féries avant Noël. Mais ici comme dans le graduel de la Messe de minuit, l’auteur a composé pour le début un motif original tout à fait adapté à la joie de Pâques. Ce motif va jusqu’à Dominus et se soude ensuite naturellement à une formule commune au 2e et au 5e mode. À partir de la clivis initiale de Haec, le mouvement prend son élan et s’enroule autour du La avec souplesse. Les celeriter des manuscrits indiquent un mouvement alerte. Ensuite il s’appuie sur le podatus qui le lance sur le Do comme pour préparer l’entrée majestueuse de dies. La rencontre des deux consonnes « c » et « d » bien prononcées permet de mettre en valeur l’importance de ce mot qui se trouve enveloppé dans un vibrant enthousiasme et un « souffle d’exaltation qui ne va plus cesser, emportant tout dans un rythme admirable ». On remarque les 2 doubles Do de fecit – l’un est arsique sur l’accent et l’autre thétique sur la finale. L’élan de fe, amené par le podatus de quam, informe toute la vocalise de cit en rythmes binaires très joyeux. Le crescendo ample et enthousiaste de Dominus par le torculus et la tristropha qui élargissent le mouvement, enfin la cadence sur Do, évoquent la vénération émerveillée envers le Seigneur.
  • Les 2 autres phrases sont une invitation à la joie. La mélodie habituelle épouse l’ardeur communicative des mots. Elle exulte vraiment sur le mot exsultemus par son envolée spontanée et la détente de sa thésis en un gracieux balancement. Le motif de et laetemur est original et met en évidence le mot par une délicate nuance de gravité sur sa finale, préparant l’admirable vocalise du dernier membre in ea dans un rallentando progressif.
Le verset
  • Le verset reprend l’allégresse du début. Dès qu’elle aborde le nom divin Domino, avec une grâce légère elle laisse déborder sa reconnaissance. « Elle s’y complait en une vocalise qu’elle retient sur les notes les plus élevées ». On remarque aussi les notes allongées et les climacus très retenus de la fin en des inflexions de tendresse émue.
  • Enfin l’extraordinaire quoniam bonus. La joie attendrie continue d’abord sur les premières notes de quoniam. Mais peu à peu une ardeur unique s’empare de la mélodie qui se livre à une ivresse spirituelle rarement atteinte. Elle prend un accent d’admiration éperdue devant la merveille de l’œuvre rédemptrice, la folie de l’amour divin. Elle est menée dans un crescendo ininterrompu et vibrant, on peut dire unique : après le motif Do-Ré-Mi-Ré-Mi-Do-La répété presqu’à l’identique comme pour insister, le mouvement quelque peu retenu, monte par degrés conjoints en un magnifique crescendo, et soudain il bondit d’une quinte en s’appuyant sur la note pointée pour atteindre sans heurt avec tout le moelleux possible de la voix la double note du sommet. Puis il redescend délicatement sur bonus, mot essentiel, où il s’étend et s’élargit avec naturel dans une chaleur vocale expressive. Cette phrase s’achève comme à regret dans le calme revenu.
  • L’avant dernière phrase quoniam in saeculum est rapide et joyeuse. Elle reprend sur saeculum le motif de exsultemus avec la même joie exultante. Pour la dernière phrase, la mélodie se fait peu à peu recueillie dans la contemplation du mystère de l’éternelle miséricorde.

— Alleluia « Confitemini » de la Vigile pascale

Messe de la Vigile Pascale - Alleluia: Confitemini ... YouTube · Chœur des moines de l'Abbaye de Solesmes - Topic (Grad.. 191-192)

Texte

Alleluia V/ Confitemini Domino, quoniam bonus | quoniam in saeculum misericordia eius. (« Confessez le Seigneur | car il est bon | puisque pour l’éternité est sa miséricorde. »)

Interprétation liturgique et spirituelle
  • Après avoir été banni durant tout le carême, l’alleluia fait une entrée solennelle à la vigile pascale. Cet alleluia est entonné trois fois par le président de l’assemblée en montant graduellement le ton. Ce rite a un lien très fort avec celui de l’office de la Croix, le vendredi Saint, et celui du cierge pascal au début de la vigile pascale. Il exprime l’unité entre Passion et Résurrection qui culmine avec ce triple alleluia, acclamation solennelle de la résurrection du Christ, base de notre foi. Le vendredi saint, tandis qu’on élève la croix que l’on dévoile petit à petit, le célébrant chante 3 fois, en montant de ton chaque fois, l’Ecce lignum crucis in quo salus mundi pependit (Voici le bois de la croix sur lequel est pendu le salut du monde) et l’assemblée répond Venite adoremus (Venez, adorons). Au début de la vigile pascale, la flamme du cierge pascal s’élevant de plus en plus, le prêtre chante 3 fois sur des tonalités de plus en plus hautes le Lumen Christi (Lumière du Christ) et l’assemblée répond Deo gratias (Nous rendons grâces à Dieu) ! De même, après la lecture de l’épître, avant d’entendre l’Évangile de l’événement de la Résurrection, le triple alleluia introduit l’assemblée dans la louange de la liturgie céleste. S’ouvre alors le temps pascal d’action de grâce pour la libération dans un alléluia permanent ! Il est le chant nouveau du peuple des sauvés du ciel et de la terre qui communient à l’Agneau vainqueur et immolé (Ap 5,12). « Il n’y a qu’une liturgie ».
Interprétation musicale
Éveil progressif à la joie pascale
  • La mélodie de l’Alleluia a quelque chose de sobre, presque mystérieux, au début sur les 3 premières syllabes Allelu, mais à partir de ia, abréviation de YHWH, la joie se fait plus décisive sur le motif Sol-Do-La-Si-La-La-Sol, l’un des thèmes pascals. 
  • À la suite du 3e alleluia, « À peine avons-nous été introduits, non sans émotion, dans la joie du Christ ressuscité par le chant d’un triple alleluia que l’Église nous presse résolument de rendre grâces à la miséricorde divine : « Confessez le Seigneur, car il est bon et sa miséricorde est éternelle » (Flicoteaux 1952, 42), le verset, débordant de joie, se fait entendre. Dans un élan irrésistible entretenu jusqu’au bout, il rend grâces à la bonté ineffable du Seigneur. Les nuances demandées par les neumes descendants et les petites cadences élargies ne retiennent le mouvement juste ce qu’il faut, pour reprendre aussitôt avec un élan encore plus joyeux. La cantilène de Domino se remplit d’admiration, c’est le Seigneur ! Sur bonus, la mélodie se hisse par une quarte ascendante au Ré et s’y maintient quelque peu. C’est le sommet de toute la pièce « Car le Seigneur est bon ». Il se chante avec toute la chaleur possible. Une grande tendresse se fait sentir sur sa cadence Do-Si. Pour retrouver le sens fort du mot bonus, une tradition très ancienne transmise de génération en génération dit que saint Bruno aimait méditer sur la bonté de Dieu jusqu’à s’enivrer de joie en répétant : O bonitas !
  • Le 2e quoniam repart sur Si dans une vocalise joyeuse qui s’enroule autour de Si et Sol et qui finit par s’établir sur le Do. Le dernier motif de saeculum Si-Do-Ré-La-La-Sol reprend celui des dernières notes de Domino. Quoniam in saeculum se chantent dans un seul mouvement, un grand phrasé, comme dans un seul souffle. Misericordia repart avec un bel élan, l’intervalle de tierce majeure La-Fa sur la clivis de sa 1re syllabe et son bel accent mis en valeur par le groupe quilismatique et sa cadence en Sol ajoutent une note de tendresse émue, mêlée de sérénité. Eius reprend la clivis La-Fa de misericordia, mais se hisse à deux reprises sur le Do avec décision et termine avec le motif pascal de l’alleluia dans une joie expansive qui invite à reprendre une dernière fois l’alleluia.

— Alleluia Confitemini du vendredi après l’Ascension

(Grad. 239-240)

Même texte que celui de la Vigile pascale.

Interprétation musicale
  •  La mélodie de l’Alleluia et de son jubilus a l’ardeur d’une joie qui s’épanouit plutôt que d’une joie qui exulte. L’arsis du motif des premières notes Fa-Sol-La-Do a une allure vive sans précipitation, les 3 premières notes sont un peu allongées dans les manuscrits. Elle s’épanouit sur la tristropha et se détend en une thésis courte mais gracieuse qui est reliée à ce qui suit, à la fois joyeux et paisible.
  • La mélodie du verset est apparentée à celle de la Vigile. Dans son ensemble elle est moins ardente ou éclatante. Le début est le même, mais à partir de Domino la vocalise sur la finale est supprimée pour ne faire qu’une seule note qui forme une petite cadence. Celle-ci s’enchaîne avec le quoniam qui a perdu son bel élan. Les motifs de quoniam et de bonus sont plus réservés, peut-être plus intimes. La mélodie de quoniam in saeculum de la 2e phrase utilise des motifs habituels du 8e mode. Sur misericordia eius, reviennent les thèmes de la Vigile auxquels vient se greffer habilement celui de l’Alleluia avant la dernière syllabe de eius.

 

Tradition chrétienne

1.19.21.28s Confessez | je confesserai (V) Confitemini | confitebor Saint Augustin explique le véritable sens du terme « confesser » à ses auditeurs qui le plus souvent ne retiennent que le sens d' « aveu » au détriment de la « louange ». Dès qu'ils entendent le mot confiteor, ils se frappent la poitrine.

  • Augustin d’Hippone Enarr. Ps. 117,1-2 « Nous avons entendu, frères, que l'Esprit Saint nous engageait et nous exhortait à offrir à Dieu le sacrifice de la confession sacrificium confessionis. Or la confession est soit louange de Dieu, soit reconnaissance de nos péchés. La confession où nous confessons à Dieu nos péchés, tout le monde la connaît, au point que la multitude peu instruite pense que dans les saintes Écritures il est question de cette seule confession ; quand en effet ce mot sort de la bouche du lecteur, on entend immédiatement les fidèles se frapper pieusement la poitrine. Mais ils devraient remarquer la manière dont il est dit en un autre psaume : ''j'entrerai au lieu du tabernacle admirable jusqu'à la maison de Dieu, aux accents de l'exultation et de la confession, de la musique célébrant la fête'' Ps 41,5. Dans ce passage, il est absolument évident que les accents de la confession et de la musique ont rapport avec la joie d'une fête très solennelle et non avec la tristesse du repentir. Et si après une attestation scripturaire aussi évidente quelqu'un a encore des doutes, que dira-t-il de ce qui est écrit dans l'Ecclésiastique : ''Bénissez le Seigneur, vous, toutes ses oeuvres, magnifiez son nom, confessez-le pour le louer par les cantiques de vos lèvres et vos cithares, et dite dans votre confession que toutes les oeuvres de Dieu sont très bonnes'' Si 39,14-16 (V : Si 39,19-21) ? Assurément, personne, fût-il très borné, ne peut contester qu'ici la confession est rangée dans les louanges de Dieu, à moins peut-être que l'on ne trouve un esprit assez faux pour oser dire que même le Seigneur Jésus Christ a confessé ses péchés au Père ! Et si un impie tentait de présenter cette objection à cause de l'emploi du mot confession à son sujet, le contexte pourrait très facilement le réfuter, car Jésus s'exprime ainsi : ''Je te confesse, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché cela aux sages et aux intelligents et que tu l'as révélé aux tout-petits'' Mt 11,25s ; Lc 10,21. Qui ne comprendrait qu'il dit cela en louant le Père ? Qui ne verrait que cette confession est du côté de la joie et non de la douleur intérieure, d'autant que l'évangéliste l'a fait précéder de ces mots : ''À cette heure même, il exulta dans l'Esprit Saint et dit : Je te confesse, Père'' (Lc 10,21) ? Ainsi, mes bien-aimés, vu le nombre de citations scripturaires qui vont dans le même sens et dont vous pouvez vous mêmes trouver des équivalents dans les Écritures, il est absolument indubitable que les divines lettres utilisent ordinairement le mot de confession à propos non seulement des péchés, mais aussi des louanges de Dieu ; donc, puisque nous chantons dans ce psaume Alleluia — ce qui veut dire ''louez le Seigneur'' —, rien n'est plus naturel que de comprendre les choses ainsi : lorsque nous entendons confesser le Seigneur, nous sommes invités à faire ce que signifie Alleluia, c'est-à-dire louer le Seigneur. ». (66, 389-391)

Littérature

1.19.21.28.29 Confessez | je confesserai (V) FRANÇAIS BIBLIQUE Un terme merveilleusement ambivalent En français courant (comme dans celui de fidèles dès le 4e s. : Tradition chrétienne Ps 118,1.19.21.28s !), les mots « confession » ou « confesser » évoquent surtout le sentiment de culpabilité, l'auto-accusation, ou le ... confessionnal ! Mais ces significations devenus habituelles ne sont que dérivées.  

Dans l'Écriture, et particulièrement dans le psautier latin, le verbe confiteor traduit le verbe grec exomologeô qui signifie « promettre, consentir, avouer, confesser, glorifier, rendre grâce » ; le sens dominant de l'acte de parole désigné par le verbe est celui de la confessio laudis

  • « Confesser » c'est d'abord proclamer la grandeur de Dieu et de ses actes sauveurs. La « confession » est alors profession publique ou cultuelle de foi en Lui. Cette « confession de foi », attitude enracinée dans la nature de l'homme, conduit de la connaissance de Dieu à la reconnaissance envers lui : action de grâces et louange (Ps 22,23). La louange est avant tout confession des grandeurs de Dieu, confessio laudis. Aussi, dans l'AT, la confession, la louange et l'action de grâces s'interpénètrent-elles : elles prennent toutes trois appui sur l'œuvre créatrice de Dieu (Ps 104) et surtout sur son œuvre salvatrice (Ps 105).Le psalmiste, quand il décrit ces œuvres, en fait l'élément central de la confession. Il proclame les perfections de Dieu (Ps 40,10s ; Ps 92,5s ; cf. Jdt 16,13), il affirme la grandeur et la gloire de son nom (Ps 86,9s ; Ps 113,1s, etc. ; cf. Jr 10,6).
  • Même l'aveu des péchés est louange de Dieu, puisque avouer c'est louer la miséricorde de Dieu qui pardonne et guérit ! Quand le psalmiste confesse son injustice Ps 31,5 il le fait toujours dans un acte de foi porté par la grâce divine. Sa confession est alors un témoignage de la misère de l'homme et une louange de la grandeur de la miséricorde de Dieu.

Pour évoquer toute la richesse de ce mouvement de l'âme si profond, la traduction gardera autant que possible les mots « confession » ou « confesser ».

Drapeau de la francophonie→ © Domaine public 

Musique

113,1–118,29 Hallelujah

20e s.

Leonard Cohen (1934-2016), Hallelujah, 1984

archive.org→ 1S16,26 2S11,2.6-17 Ps113,1-118,29 Jg16,1-31

Hallelujah, qui signifie en hébreu Hallelou « Rendez louange » Yah, Yahweh « à Dieu », est une chanson écrite par Leonard Cohen. Elle a été enregistrée pour la première fois sur son album de 1984 intitulé Various Positions. Avec une dramatique ironie, ce psaume des jours modernes pose en contraste d'une part l'adoration des Psaumes de David pour le Seigneur qui s'est plu à écouter son harpe mystique, et d'autre part l'adoration du narrateur pour son amante qui ne s'est jamais plu à écouter sa musique. Il est comme David captivé par la beauté de Bethsabée quand il la voit dans son bain (2S 11,2), mais alors il perd sa puissance comme Samson à cause de Dalila (Jg 16,1-31). L'amour l'a laissé seul sur un chemin de douleurs et de souffrances malgré des moments d'intimité, et dans un verset final faisant allusion à la mort d'Urie (2S 11,6-17), il nous dit qu'il n'a rien appris de l'amour si ce n'est comment se protéger de potentiels rivaux.