Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 Psaume de David. Pour faire souvenir.
1 ...
1 PSAUME DE DAVID POUR UNE REMÉMORATION AU SUJET DU SABBAT
2 YHWH, ne me reprends pas dans ta colère
et ne me corrige pas dans ta fureur.
2 ...
2 Seigneur, ne me réprimande pas dans ta fureur
ni ne me corrige dans ta colère !
3 Car
VMaintenant que tes flèches ont pénétré en moi
V se sont fichées en moi
et ta main s’est appesantie sur moi,
Vque tu as affermi ta main contre moi,
3 ....
4 il n'y a plus rien d'intact
Vde sain dans ma chair à cause de
Vface à ta colère
rien de sain dans
Vil n'y a plus de paix pour mes os à cause de mon péché ;
Vface à mes péchés ;
4 ...
5 car mes iniquités ont dépassé ma tête
comme un lourd fardeau elles pèsent sur moi.
5 ...
5 maintenant que mes iniquités sont par-dessus ma tête
et pèsent sur moi comme un pesant fardeau,
6 Mes meurtrissures sont infectes et purulentes
à cause de ma folie.
6 ...
6 mes cicatrices se nécrosent et s'atrophient
face à ma folie
7 Je suis voûté, courbé à l’excès
tout le jour je marche assombri.
7 ...
7 (devenu misérable, complètement voûté,
je marchais, accablé, tout le jour ...) ;
8 car mes reins sont remplis de fièvre
et il n’y a rien de sain dans ma chair.
8 ...
8 maintenant que mes reins sont remplis d'illusions
et qu'il n'y a plus de santé dans ma chair,
9 Je suis sans force, brisé à l'excès
je rugis tant gronde mon cœur.
9 ...
9 je fus affligé, humilié à l'excès
(je rugissais du gémissement de mon cœur :
10 — Seigneur, tout mon désir est devant toi
et mon gémissement ne s'est pas caché de toi !V)
10 ...
11 mon cœur palpite, ma force m’abandonne
et la lumière même de mes yeux n’est plus avec moi.
11 ...
11 Mon cœur fut bouleversé,
toute force m'abandonna
(la lumière de mes yeux, même elle, n'est plus avec moi !)
12 Mes amis et mes compagnons s’éloignent de ma plaie
et mes proches se tiennent au loin.
12 ...
12 mes amis et mes proches
s'approchèrent, face à moi, en arrêt,
et ceux qui étaient près de moi se tinrent à distance,
13 Ceux qui en veulent à ma vie tendent des pièges
et ceux qui cherchent mon malheur profèrent des menaces
et tout le jour ils méditent des embûches ;
13 ...
13 ceux qui en voulaient à mon âme allaient donner l'assaut,
ceux qui instruisaient mes malheurs colportèrent des ragots
(ils ourdissaient même des pièges, à longueur de journée !) ;
14 mais moi, comme un sourd, je n’entends
Vn’entendais pas
et comme un muet je
Vj'étais comme le muet qui n'ouvre pas la bouche
14 ...
15 Je suis
Vje devins comme un homme qui n’entend pas
et n'a pas de réplique à la bouche,
15 ...
16 puisque c’est en toi, YHWH,
VSeigneur, que j’espère
Vj’ai espéré,
c'est toi qui répondras
Vm'exauceras, Seigneur, mon Dieu
16 ...
17 Car je dis : — Qu’ils ne se réjouissent pas à mon sujet,
qu’ils ne s’élèvent pas contre moi, si mon pied chancelle.
17 ...
17 parce que j'ai dit : — Que jamais mes ennemis ne se gaussent de moi !
(mais alors que mes pieds sont ébranlés
ils dirent contre moi des exagérations).
18 Car je suis près de tomber
VMaintenant que je me suis préparé aux fouets
et Vque ma douleur est toujours devant moi.
Vsous mon regard
18 ...
19 Car je déclare
Vmaintenant que je vais faire connaître mon iniquité
je m'inquiète
V÷et: méditer au sujet de mon péché,
19 ...
20 Or mes ennemis qui sont pleins de vie se sont fortifiés
Ceux qui me haïssent sans cause se sont multipliés.
20 ...
20 mes ennemis, eux, vivront, et se sont même affermis contre moi :
ils se sont multipliés, ceux qui me haïssent injustement !
21 Et ceux qui me rendent le mal pour le bien
VCeux qui rendent des maux pour des biens
me sont hostiles parce
Vme dénigraient alors que je poursuis
Vpoursuivais le bien ...
21 Ceux qui me rendent le mal pour le bien m'accusaient parce que je poursuivais la justice
et ils m'ont rejeté, le bien-aimé, comme un cadavre horrible.
21 ...
22 Ne m’abandonne pas, YHWH
VSeigneur mon Dieu, ne t’éloigne pas de moi !
22 ...
23 Hâte-toi
VViens à mon secours
Seigneur, toi qui es mon salut
VSeigneur de mon salut !
23 ...
1 V—IUXTA HEBR.
3 V—IUXTA HEBR.
4 V—IUXTA HEBR.
6 V—IUXTA HEBR.
7 V—IUXTA HEBR.
8 V—IUXTA HEBR.
9 V—IUXTA HEBR.
12 V—IUXTA HEBR.
13 V—IUXTA HEBR.
14 V—IUXTA HEBR.
16 V—IUXTA HEBR.
19 V—IUXTA HEBR.
20 V—IUXTA HEBR.
21 V—IUXTA HEBR.
1–23 Ceux qui en veulent à ma vie tendent des pièges Antienne
, Vendredi Saint - 2° Nocturne: Antienne " Vim faciebant'' et Psaume 37
(CD, 2005) Dom Jean Claire, Choeur Des Moines de L'Abbaye De Solesmes
22s.2 Ne m'abandonne pas Seigneur - Introït
, Introït - Ne derelinquas me
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
Introït chanté pendant le temps du Carême.
1–23 Un malade qui reconnaît ses fautes : Antiochus Après sa chute de char, le roi Antiochus tombe gravement malade. Des vers grouillent dans ses plaies, il sent abominablement mauvais, et finit par reconnaître ses torts envers le peuple d'Israël. (2M 9)
Noël (1711-1781), Antiochus tombant de son char, (huile sur toile, ca. 1738), 99,7 x 135,89 cm
Virginia Museum of Fine Arts, Richmond, États-Unis, Domaine public © Wikimedia commons→, 2M 9
Ce tableau est la première œuvre que l'on connaisse de cet artiste, issu d'une famille spécialisé dans la peinture d'histoire. il est typique du style néoclassique promu à l'Académie française de Rome où le peintre se trouvait dans ces années-là.
Gustave (1832-1883), Le châtiment d'Antiochus (gravure sur bois, 1866)
illustration de la → Bible de Tours
Domaine public © Wikimedia Commons→, 2M 9
2–23 Seigneur, ne me réprimande pas La prière de celui qui ne peut que se taire : quand la voix s'agenouille Le Psaume 38 est une longue lamentation : le psalmiste s'humilie devant Dieu, confesse son péché, gémit sous le poids de ses malheurs — « mes cicatrices se nécrosent et s'atrophient face à ma folie » (Ps 38,6), et pourtant il attend, il espère, il ne lâche pas.
La musique chorale de Silvestrov, enregistrée dans la cathédrale de la Dormition de la Laure des Grottes à Kiev, porte cette même pesanteur intérieure. Les voix s'élèvent lentement, comme à genoux, portées par l'acoustique profonde et enveloppante du lieu sacré qui semble absorber chaque note dans sa pierre. Ce n'est pas une musique de triomphe : c'est une musique de seuil, celle de l'homme qui n'a plus rien à offrir que sa propre fragilité. Silvestrov laisse les voix se déposer dans le silence comme on dépose un fardeau — et c'est dans cet effacement consenti que la prière, enfin, devient possible.
Valentin (1937-...), Two Psalms of David: O Lord, rebuke me not, 2006
Mykola Hobdych (dir.), Kiev Chamber Choir, Album: Sacred Works (2009)
Valentin Silvestrov, né à Kiev en 1937, est le plus grand compositeur ukrainien vivant et l'une des figures majeures de la musique contemporaine mondiale. Son œuvre ne se cantonne pas à l'espace du concert : elle est profondément ancrée dans l'histoire et les convulsions de son temps.
Persécuté en URSS pour « formalisme », exclu de l'Union des compositeurs, il a traversé des décennies d'underground avant d'être reconnu sur les plus grandes scènes européennes. Lors de la révolution du Maïdan, en 2013-2014, il descend dans la rue et compose cinq versions successives de l'hymne ukrainien, épousant au plus près le rythme des événements — de la veille silencieuse à la colère, puis à la victoire.
Sa musique fonctionne, selon la formule qu'il reprend à la poétesse Olga Sedakova, comme un « cardiogramme de l'époque » : elle enregistre ce que la société ressent avant même de pouvoir le dire. En 2022, à 84 ans, il quitte l'Ukraine sous les bombes. Toute son existence illustre cette conviction que la beauté et la liberté sont indissociables.
Selon l'un des principaux intellectuels ukainiens, figure majeure de la résistance culturelle et intellectuelle à l'agression russe, sa musique est avant tout un acte de résistance spirituelle :
3 tes flèches se sont fichées en moi La percussion divine en polyphonie vocale Le Psaume 38 s'ouvre sur une image de violence : « Maintenant que tes flèches se sont fichées en moi et que tu as affermi ta main contre moi ». Le psalmiste ne demande pas à être frappé, il constate qu'il l'est, et supplie Dieu de retenir sa colère.
Michel Petrossian met en musique un poème de John Donne qui, au lieu de supplier Dieu, réclame sa violence, l'appelle et l'implore : « Brise, souffle, brûle, et renouvelle-moi ». Le Psaume 38 et le sonnet de Donne montrent le même corps meurtri, la même conscience divisée et captive,mais là où le psalmiste recule devant le coup, Donne se précipite vers lui, convaincu que c'est dans cet écrasement que réside sa seule chance de renaissance.
Petrossian traduit cette tension en une écriture chorale d'une complexité polyphonique délibérément heurtée : la plus énergique et la plus âpre de tout le cycle Chanter l'icône. Les voix ne s'enveloppent pas ici dans la douceur byzantine des autres séquences : elles s'entrechoquent, se superposent en strates serrées, portées par un travail prosodique qui épouse les syllabes anglaises avec une précision presque percussive. Chaque consonne claque, chaque voyelle est tendue comme un arc. La polyphonie ne cherche pas une beauté lisse : elle cherche l'impact, le choc, la secousse.
La musique elle-même semble faire à l'auditeur ce que Donne demande à Dieu de lui faire. Être brisé pour être refait. Être transpercé pour être libéré.
Michel (1973-...), Chanter l'icône: No. 4, Batter my heart, 2018
Roland Hayrabedian (dir.), Musicatreize
Batter my heart, three-person'd God; for you
As yet but knock, breathe, shine, and seek to mend;
That I may rise, and stand, o'erthrow me, and bend
Your force, to break, blow, burn, and make me new.
I, like an usurp'd town, to another due,
Labour to admit you, but O, to no end.
Reason, your viceroy in me, me should defend,
But is captiv'd, and proves weak or untrue.
Yet dearly I love you, and would be loved fain,
But am betroth'd unto your enemy;
Divorce me, untie, or break that knot again;
Take me to you, imprison me, for I,
Except you enthrall me, never shall be free,
Nor ever chaste, except you ravish me.
Chanter l'icône de Petrossian, pour douze voix mixtes et deux sistres éthiopiens, est construite comme une réanimation musicale d'une œuvre qui est à son tour l'interprétation picturale d'un hymne byzantin : l'icône « En Toi se réjouit toute la Création » écrite au 17e s. par Franghias Kavertsas.
Franghias (1590/1600–1648), Ἐπὶ σοὶ χαίρει [Epi soi chairei : « En toi se réjouit »] (tempera et or sur canevas monté sur bois, entre 1601 et 1650), 58 x 55 cm
Petit Palais, PPP04881, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (France) © Domaine public→
Trois couches de création (l'hymne, l'icône, le cycle musical) sont superposées comme si la Sagesse du livre des Proverbes avait traversé les siècles en se réincarnant à chaque fois dans une forme nouvelle. Dans l'œuvre de Petrossian, l'hymne de Jean Damascène se décline en six séquences musicales. Il est d'abord entonné en grec par les seules voix d'hommes, avec un débit vif et cursif, avant d'être repris par le chœur mixte dans un arrangement sensiblement différent ; les cinq autres séquences déploient le même matériau en vieux slave, français, anglais et guèze éthiopien, les langues se croisant comme autant de traditions qui ont cherché, chacune à sa manière, à nommer la même réalité.