Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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28 n’étant nullement effrayés par les
Snos adversaires :
ce qui pour eux est
V Nesest pour eux une démonstration
Vcause de la perte
et pour vous du
Nesde votre
Sde notre salut
Byz V TR Neset cela est de Dieu.
29 Car il vous a été fait la grâce
Vdonné à l'égard du Christ
non seulement de croire en lui
mais aussi de souffrir pour lui
29 et ceci vous a été donné par Dieu,
que non seulement et vraiment vous croyiez en Christ,
mais aussi que pour lui vous souffriez
30 ayant
Sendurant le même combat que vous avez vu en moi,
et dont vous entendez maintenant parler en moi
V Sà mon sujet.
2,1 S’il est donc une consolation dans le Christ
s’il est un encouragement de l’amour
Vla charité
s’il est une communion de l’Esprit
s’il est des entrailles de commisération,
2,2 comblez ma joie, en ayant une même pensée,
ayant le même amour
Vla même charité
unis d’âme
aspirant à une seule chose
2,3 rien par esprit de contention ou
V Nesni par vaine gloire
mais dans l'humilité que chacun estime les autres comme supérieurs à lui-même
Vsoi
3 ...
2,4 chacun ayant égard, non à ses propres intérêts,
mais à ceux des autres.
4 ...
2,5 Byz S TREn effet, qu'il y ait NesAyez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus :
5 En effet ressentez en vous ce qui est aussi dans le Christ Jésus :
1,1–30 Communion entre l'Apôtre et les fidèles dans la nouvelle cité
Ce ch. introduit deux traits caractéristiques de l'épître :
2,1–30 Présentation générale
Paul propose aux Philippiens un itinéraire fondé sur l’exemple du Christ.
2,5 en effet Omission dans א A B D Y 33 81. Sa présence attestée chez de nombreux témoins souligne le lien entre cette exhortation et ce qui précède. Ce pourrait être donc un ajout ultérieur (lectio facilior).
1,28a effrayés Hapax biblique Pturomenoi.
1,28b démonstration Terme rare Endeixis figure peu dans le NT (Rm 3,25s; 2Co 8,24). Le mot désigne l'action de montrer, la démonstration, la preuve. Ce terme peut avoir un sens juridique, mais c'est peu vraisemblable ici. Textes anciens Ph 2,28 Tradition chrétienne Ph 2,28
2,1a consolation divine ou humaine ? C'est habituellement un acte divin, mais pouvant ici se manifester par les relations fraternelles. Comprise en un sens interpersonnel, elle est alors traduite par « exhortation », autre sens possible (Rm 12,1; 15,30; 16,17; 1Co 1,10; 4,16; 16,15; 2Co 10,1; Ph 4,2; 1Th 4,1; 5,14).
2,1b encouragement Hapax NT
2,1d entrailles de commisération divine ou humaine ?
Cette expression renvoie habituellement à une attitude divine dans le NT (Rm 12,1; 2Co 1,3). Elle peut aussi qualifier les relations au sein de la communauté. Les deux sens ne s’opposent pas nécessairement, la charité intra-communautaire étant le fruit de l’action de Dieu.
2,2c unis d’âme Hapax G et NT Sumpsuchoi, adj. exprimant l’unité dans la pensée.
2,3a vaine gloire Hapax NT Kenodoxia : la vaine gloire, s’oppose à la gloire de Dieu, dont le Christ hérite (v.11).
1,28b ce Antécédents divers Hêtis au féminin peut renvoyer à différents antécédents : la foi (v.27), la persécution dont les chrétiens sont l’objet (v.28ss), l’unité des croyants dans l’adversité (v.27-28a).
1,28b pour eux Construction ambiguë pouvant dépendre de « démonstration » (signe pour eux de perdition) ou de perte, la résistance des chrétiens étant le signe de la destruction à venir des persécuteurs.
1,28d cela est de Dieu Ellipse du verbe. Le « salut » et la « perte » sont le résultat de l'action divine.
2,1c de l’Esprit Génitif polysémique L'expression peut avoir trois sens en fonction de l’interprétation du cas génitif :
2,5 entre vous Ou « en vous » (ambiguïté)
1,28bc perte + salut — Antithèse C'est l'opposition avec le salut qui définit l'acceptation eschatologique de la perte. Il s'agit de la perte de la vie éternelle auprès de Dieu. Les opposants aux Philippiens combattent Dieu et ne peuvent que connaître la défaite.
1,28d–30 Expolitio explicitant ce qui précède immédiatement. Ce qui vient de Dieu est de croire au Christ et de souffrir pour lui.
2,1 S’il est Anaphore quadruple conférant une tonalité solennelle à l’invitation qui suit et se déploie dans les v.6-11.
2,1d entrailles de commisération Hendiadys et synecdoque déjà évoquées en Ph 1,8.
2,2 Accumulation soulignant l’unité de l’élan des croyants. Cette figure invite à lire « unis d’esprits » avec le colon suivant.
1,28a adversaires Identification ? Les Philippiens sont confrontés au même combat que Paul. Ces adversaires sont donc probablement des païens.
2,3b humilité Qualité ou défaut ?
1,28b démonstration Sens rhétorique
2,5 ressentez (V) Connotation Les traductions anciennes de la Vetus Latina ont essayé existimate, sapite et sentite, retenu par V. Elles apportaient par là une dimension sensorielle à la description de la vie en Christ : Tradition chrétienne Ph 2,5a.
1,27–30 Texte
= Paul exhorte les Philippiens à lutter ensemble pour la foi de l'Évangile comme il le fait lui-même.
2,1–13 Usage dans les lectionnaires chrétiens La section la plus christologique de Ph apparaît, selon des divisions diverses, dans toutes les grandes liturgies chrétiennes.
(→, 44).
= Paul fonde son exhortation à l'humilité sur l'exemple du Christ, Fils de Dieu.
= appel à se convertir au quotidien.
= À l'orée de la semaine sainte, invitation à communier aux sentiments du Christ en sa Passion.
= Paul demande que l'on recherche l'unité en ayant les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments...
2,1–4 TEXTE Dans la liturgie romaine contemporaine
= Paul exhorte à rechercher l'unité.
= Paul invite à vivre l'humilité et l'unité dans la charité du Christ afin que sa joie soit complète.
2,5–11 PARALITURGIE Adaptation au chemin de croix Dans la volonté contemporaine de refonder les dévotions populaires dans leurs substrats bibliques, ces v. sont parfois proposés durant le chemin de croix, comme pour donner le sens le plus profond de la passion de Jésus, où le dépouillement des vêtements dit quelque chose de la kénose transcendante de Dieu même.
Jerzy (1941-2004), 10 — Jésus est dépouillé de ses vêtements, (huile sur toile, 2000-2001), 185 x 117 cm
Chemin de croix ex voto de l'artiste, narthex, galerie haute du sanctuaire de l'icône miraculeuse, Sanctuaire de Czestochowa, Jasna Gora (Pologne)
© D.R. Jerzy Duda-Gracz Estate→ ; photo : J.-M. N. , Ph 2,5-11 ; Mt 27,35-36 ; Mc 15,24 ; Lc 23,34 ; Jn 19,23-24
Une station absolument remarquable, qui remet dans un sens véritable l’adoration du Saint Sacrement : Jésus est dépouillé de ses vêtements, totalement. Le corps du Christ est associé au dépouillement total, de toute vie. Le Christ, lorsqu’il a été crucifié, était totalement nu. C’est la pudeur qui l’a fait représenter à travers les âges, avec ce qu’on appelle le perizonium, le pagne. Mais tous ceux qui étaient crucifiés étaient totalement nus. Il n’était pas question de pudeur. Cette nudité veut dire qu’il porte toutes les nudités des hommes, il porte toute la réalité de notre humanité. S’il est corps, il est corps dénudé, c’est-à-dire il est corps enfanté, il est corps de Dieu : un corps qui se présente à nous. Et le rapport entre l’hostie, le corps blanc, de cet ostensoir doré, ce qui est vénéré à travers le Corps du Christ, c’est sa Passion et le don de sa vie. De ce corps qui fut bafoué, au coeur de cette Fête-Dieu représentée sous le dais, l’artiste a associé à la fois la Passion et le Corps glorieux. Le Corps de Lumière, ce rayonnement qui préfigure déjà la résurrection, le soleil du petit matin du corps nu enseveli dans le tombeau. C’est le corps dénudé où s’accomplit l’enfantement de toute l’humanité ; c’est le corps dénudé du Christ. Comme le disait le cardinal Wojtyla devant le pape Paul VI lors de la retraite de 1976, « le Corps du Christ révèle la souffrance, il nous met face à nos douleurs et à nos souffrances pour participer pleinement et totalement à sa résurrection ». Effectivement, Jésus passe dans les processions de la Pologne, au milieu de ces bannières, pour qu’on n’oublie pas Celui qui a donné sa vie. (J.-M. N.)
1,29bc non seulement de croire + mais aussi de souffrir — La foi et/ou les œuvres ?
2,1–11 Interprétation morale
La vertu exemplaire de ces v. encourageant à la communion (Tradition chrétienne Ph 2,1c) dans l'humilité (Tradition chrétienne Ph 2,3c) est reprise par les Pères et les commentateurs anciens :
Les écrivains antiques n'ont pas opposé la lecture éthique et la lecture dogmatique (christologique) de cette péricope : c'est dans la méditation sur l'identité divine du Christ (Tradition chrétienne Ph 2,6a) qu'ils enracinent leurs exhortations :
Les réformés insistèrent aussi sur l'efficacité particulière de l'exemple du Christ :
2,1c communion de l’Esprit Camarades d’armes pour le « bon combat »
2,1d commisération = la concorde entre les disciples
1,29bc non seulement de croire en lui mais aussi de souffrir pour lui
2,5–11 Un exemple à imiter
2,1d commisération FRANÇAIS BIBLIQUE Ce nom, calque du terme retenu par V, dérivé du verbe commisérer, bien attesté en français moderne : Littérature Ps 145,8, désigne la pitié compatissante, le sentiment qui fait prendre part ou intérêt à la misère, aux malheurs d'autrui.
Drapeau de la francophonie→ © Domaine public,
1,1–30 Bénédiction
Johann Christoph (1654-1725), L'Épître de saint Paul aux Philippiens (gravure, 1695)
in Der Heiligen Apostel Geschichte und Episteln, letzlichen auch Die Hohe Offenbahrung S. Joannis : Nach anleitung Heyl. Schrifft in Bildnussen vorgestellt, éd. : Augsburg
À terre, les chaînes de saint Paul, prisonnier pour l'évangile. Dans le ciel, la bénédiction de la croix du Christ, qui rappelle les adresses pleines de souhaits de grâces de saint Paul à ses destinaires.