Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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44 Il leur dit :
— Telles sont mes paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous :
Il faut
Vest nécessaire que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse et les Prophètes, et les Psaumes.
45 Alors il leur ouvrit l'intelligence pour qu'ils comprissent les Écritures
46 et il leur dit :
— Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait
Byz TRet ainsi fallait-il que le Christ souffrît et ressuscitât
Set ainsi était-il juste que le Christ souffrît et ressuscitât
Vet ainsi était-il opportun que le Christ souffrît et ressuscitât d'entre les morts le troisième jour,
47 et que serait
Byz V S TRfût proclamé en son nom le repentir pour
Vet la rémission des péchés à toutes les nations
à commencer par Jérusalem.
25–44 dans toutes les Écritures ce qui le concernait TEXTE La lecture des Écritures par le Ressuscité, continuée dans la bible latine Le Ressuscité se présente comme la clé des Écritures : nombre d’oracles poétiques ou prophétiques très énigmatiques jusqu’à lui prennent sens pour leurs lecteurs, dont les cœurs s'enflamment quand il les explique sur la route d'Emmaüs (Lc 24,25ss.32) ou plus tard dans l’intimité du Cénacle (Lc 24,44s).
Produite après la diffusion du Nouveau Testament, la bible latine continua ce mouvement de dévoilement christique du sens des Écritures. La génération des Pères apostoliques reçut l’ensemble des Écritures comme l'unique révélation du Dieu trinitaire, créateur et rédempteur de tout. Ils y admirèrent la présence de son Verbe de la première à la dernière feuille de leurs volumina ou de leurs codices. Ce fut en particulier le cas de saint Jérôme de Stridon, passeur des Écritures à l'Occident romain.
Hendrick (1602–ca 1655), Saint Jérôme lisant, (huile sur toile, 1652), 102 × 154 cm, Galleria Nazionale d'Arte Antica di Palazzo Barberini, Rome, Italie © Domaine public→.
La composition insiste sur l'effort de critique textuelle et de méditation chrétienne du prince des traducteurs, il semble y comparer un volumen (rouleau) hébraïque et un codex (livre) en cursive latine ou grecque, méditant, avant de mettre la main à la plume blanche en premier plan, qui attend sa décision.
Saint Jérôme a vive conscience de la nouveauté apportée par le Christ dans la lettre même des Écritures. Dès lors que le Verbe s'était fait chair, il était nécessaire de lire et de citer les Écritures comme Lui-même les avait lues, et non comme elles étaient comprises ou traduites par les Juifs avant sa venue. Jérôme souligne ainsi qu’il lit et traduit dans le temps qui suit le Christ : la prophétie a été dévoilée dans l'histoire.
Jérôme a conscience de vivre dans la continuité historique du temps des Écritures. Dans son →De viris illustribus, il s’inscrit dans la suite de l'histoire sainte récapitulée par le Nouveau Testament, en recensant cent trente-cinq auteurs chrétiens sur une période de trois cent cinquante ans, depuis saint Pierre jusqu’à ... lui-même.
Sa célébrissime formule « l’ignorance des Écritures est ignorance du Christ » (ignoratio scripturarum est ignoratio Christi ; → Comm. Isa. prol., PL 24,17), n'est pas seulement une exhortation morale à lire davantage les Écritures. C'est une proposition ontologique, car pour Jérôme, comme pour son maître Origène, le Christ agit sur les Écritures. Il n'est pas seulement donateur d'une lumière herméneutique permettant de les interpréter a posteriori, il est aussi principe de leur cohérence textuelle :
La confession du Verbe incarné conduit ainsi à une forme de « précipitation » (au sens chimique du terme) d’une christologie textuelle. La recherche du sens, conjuguée à la primauté accordée à l’hébreu sur ses traductions grecques et latines, aboutit à une christologie littérale que nous pourrions appeler « christopgraphie».
La métaphore de la source (du fons, en latin) désigne dans l'œuvre de Jérôme à la fois le texte des versions antérieures aux Vieilles Latines, régulièrement visé dans la notion de « retour à la source » pour corriger les versions bibliques fautives, et ... le Christ, en passant par les lecteurs : Tradition chrétienne Is 12,3. Cf. « clé » en Ap 3,7 ; 5,1 ; « fondation / fondement » → Comm. Isa. prol. « ... quasi sapiens architectus Paulus Apostolus iaciat fundamentum quod non est aliud praeter Christum Iesum » (CCL LXXIII, pars I,2, 1963, p.3)
Pour les traducteurs latins, à la lumière du Nouveau Testament, tout fait sens dans la profusion des Écritures anciennes. D'innombrables passages obscurs sont éclairés par Jésus Christ. Ils décèlent la présence littérale de Jésus-Christ au fil des mots qu’ils traduisent. Quot verba tot sacramenta (« autant de mystères que de mots »), écrit Jérôme de Stridon au moins dix fois dans son œuvre.
En se frayant un chemin dans la polyphonie dense des manuscrits, versions et traductions bibliques, Jérôme découvre que la langue biblique est un idiome poétique autant que descriptif, aussi intransitif que transitif, où le sens est en perpétuel mouvement, du fait de la coruscation (vibration qui va jusqu’à la luminescence ou aux éclairs) de la Parole même de Dieu dans des mots humains. Sur cette admirable métaphore, voir Tradition chrétienne Ps 144,6 ; puis Littérature Ps 144,6.
Sr Marie Reine , Saint Jérôme en chercheur de la BEST, montage photographique numérique d'après anonyme néerlandais, p.ê. , Saint Jérôme, (huile sur bois, ca. 1550), 98 x 127,2 cm, inv. 922.4.1, Musée des Beaux-Arts, Reims (France) © Domaine public→
Dans ce montage humoristique, réalisé en 2023 pour annoncer une conférence sur la bible que vous êtes en train de lire, le moine de Bethléem est placé devant l’écran montrant la plateforme où les chercheurs de l’ère numérique continuent sa quête du Verbe de Dieu dans les modestes traces que constituent les Écritures saintes, transmises avec toute leur fragilité, de siècle en siècle et de version en version…
46–53 il était emporté au ciel FÊTE L'Ascension L’Ascension célèbre le mystère de la montée au ciel corps et âme de Jésus, quarante jours après sa Résurrection. Jésus rejoint son Père en promettant aux Apôtres de leur envoyer l’Esprit-Saint.
, Les Saintes Femmes au tombeau du Christ et l'Ascension (plaque d'ivoire sculptée en bas-relief, ca. 400), 18.7 x 11.5 cm
MA 157, Bayerisches Nationalmuseum München (Allemagne) © Domaine public→
L’Ascension est toujours célébrée un jeudi, le quarantième jour après Pâques, conformément aux Écritures (Ac 1,3).
Quarante siècles avaient attendu le Messie, quarante ans virent le peuple Hébreu traverser le désert vers la Terre promise, quarante jours furent nécessaires aux Apôtres pour s’approprier la vérité de la Résurrection et en témoigner à leur tour : Théologie Ac 1,3.
Si la célébration de ce mystère remonte certainement au temps des Apôtres, les premières traces de l’institution de cette fête remontent au 4e s., soit après l’édit de Constantin.
À partir de 511 la fête de l’Ascension est précédée de trois jours de prières pour les moissons que l’on appelle « Rogations ». Ces prières, souvent accompagnées de processions dans les champs, ont été instituées en Gaule par l'évêque Saint Mamert. Celui-ci christianisa la fête romaine des Robigalia qui adjurait les dieux de favoriser les récoltes.
Jules (1827-1906), La Bénédiction des blés en Artois (huile sur toile, 1857), 128 x 318 cm
RF 67, LUX 34, Musée des Beaux-Arts d'Arras (France) © Domaine public→
De l’an 1177 jusqu’en 1797 à Venise on sortait en parade le Bucentaure pour célébrer le mariage du doge avec la mer. Ce bateau vénitien était une galère très haute, sans mât, d’où le doge jetait un anneau d’or dans la mer en signe d’épousailles.
(1697-1768), Le Bucentaure au Môle le jour de l'Ascension (huile sur toile, ca. 1745), 114.9 x 162.6 cm
E 1924-3-48, Philadelphia Museum of Art (USA) © Domaine public→