Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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16 Et la rumeur fut entendue [par] la maison de Pharaon disant : — Les frères de Joseph sont venus.
Et cela parut bon
Sla chose plut aux yeux de Pharaon et aux yeux de ses serviteurs.
16 Et la rumeur se répandit dans la maison de Pharaon disant : — Les frères de Joseph sont venus.
Et le Pharaon s'est réjoui ainsi que sa suite.
16 Et fut entendu et divulgué par une rumeur répandue dans le palais du roi : — Les frères de Joseph sont venus.
et Pharaon s'est réjouit ainsi que tous les gens de sa maison.
17 Et Pharaon dit à Joseph :
— Dis à tes frères :
— Faites ceci
Sainsi : Chargez vos bêtes et allez-venez
GRemplissez vos chariots et partez
SChargez vos bêtes de grain et allez, apportez-[le] au pays de Canaan.
17 Et il dit à Joseph
de commander à ses frères en disant :
— Après avoir chargé les bêtes allez en terre de Canaan.
18 Et prenez votre père et vos maisonnées
Sles gens de vos maisons et venez chez
Samenez[-les] auprès de moi
et je vous donnerai les bonnes choses du pays d'Égypte
et mangez la graisse du pays.
18 Et Vlà-bas prenez votre père et vos biens
Vvotre parentèle venez auprès de
Vchez moi
et Vmoi je vous donnerai toutes les bonnes choses d'Égypte
et vous mangerez
Vafin que vous mangiez la moelle du pays.
Vde [cette] terre.
19 Et [à] toi a été ordonné ceci :
Sam[à] toi j'ai ordonné ceci:
Stoi alors, tu as le droit, dis à tes frères : Faites ceci
Sainsi : Prenez pour vous du pays d’Égypte des chariots
pour vos enfants et pour vos femmes
Sfemmes et pour vos êtres chers
et vous [y] ferez
Sfaites [y] monter votre père et vous viendrez
Svenez.
19 Et toi ordonne ceci : Qu'ils prennent pour eux des chariots du pays d'Égypte
pour vos enfants et les femmes
et venez en aide à votre père en [le] faisant monter.
19 Prescris aussi qu'ils prennent des chariots de la terre d’Égypte
pour le transport de leurs tout-petits et épouses et dis :
— Prenez votre père et hâtez-vous en venant au plus vite.
20 Et que votre oeil n'aie
Sam Svos yeux n'aient pas de regret pour vos objets
car les bonnes choses de tout le pays d’Égypte sont à vous.
20 Et épargnez la peine à vos yeux pour vos objets
car toutes les bonnes choses d’Égypte seront à vous.
20 N'abandonnez aucun de vos meubles
car toutes les ressources d’Égypte seront vôtres
37,2–50,26
Ici commence l'histoire de Joseph, d'un caractère nettement distinct du cycle de Jacob. Alors que ce dernier se termine au ch.35 avec l'achèvement de l'ensemble des institutions nécesssaires à la vie des tribus établies en →Terre promise, l'histoire de Joseph annonce l'Exode et le thème du Retour.
Au contraire des précédentes, cette histoire se déroule sans intervention visible de Dieu, sans révélation nouvelle, mais elle est tout entière un enseignement, exprimé en clair à la fin (Gn 50,20 et déjà Gn 45,5-8) :
De nombreux traits du récit témoignent d'une certaine connaissance des choses et des usages de l'ancienne Égypte, tels que les documents égyptiens nous les révèlent. Cependant,
37,2–50,26 Jacob préférait Joseph Joseph et ses frères - Oratorio Le cycle de Joseph occupe les quatorze derniers chapitres de la Genèse. Vendu par ses frères, esclave puis prisonnier en Égypte, il devient le second du royaume ; la famine conduit ses frères devant lui, qui ne le reconnaissent pas. Il les éprouve, les retient, les renvoie, puis se fait reconnaître. Le récit se conclut sur une parole adressée aux frères : « Vous aviez voulu me faire du mal, Dieu l’a changé en bien » (Gn 50,20).
Joseph pleure huit fois dans ce récit, souvent en cachette. Hændel puis Méhul ont écrit sur cette histoire deux œuvres qui s’attachent moins aux événements qu’aux sentiments éprouvés par les personnages.
L’opéra-comique de Méhul, sur un livret d’Alexandre Duval, est créé à Paris en février 1807. C’est l’œuvre la plus célèbre du compositeur, longtemps jouée en France et en Allemagne.
Méhul choisit la sobriété.
Aucune intrigue amoureuse, aucune épouse égyptienne : le seul rôle aigu est celui de Benjamin, chanté par une soprano. Le drame se resserre sur le père, les fils et le frère perdu.
Joseph, devenu ministre de Pharaon sous un nom égyptien, y chante le souvenir de la vallée d’Hébron et de la maison paternelle. Sa romance « À peine au sortir de l’enfance » raconte sa propre histoire à ceux qui ne le reconnaissent pas.
Siméon porte le poids de la faute. C’est lui que le remords ronge, jusqu’à l’aveu devant son père.
Étienne Nicolas (1763-1817), La légende de Joseph en Égypte, 1807
Claude Bardon (dir.), Ensemble Choral Intermezzo, Orchestre régional de Picardie: Le Sinfonietta
L’oratorio est achevé à l’été 1743 et créé à Covent Garden le 2 mars 1744, après Messiah, Samson et Semele. Le livret est de James Miller, pasteur et auteur de comédies, mort quelques semaines après la création ; il adapte en partie un drame d’Apostolo Zeno (1722).
L’œuvre ne commence pas au puits de Gn 37. Au lever du rideau, Joseph est en prison, « dans une attitude mélancolique » ; l’acte I le conduit de l’interprétation des songes de Pharaon à son mariage avec Asenath (Gn 41,45). La trahison des frères n’est jamais montrée : elle n’existe que dans les remords.
Ces remords ont un visage, celui de Siméon, rôle créé par le ténor favori de Haendel, John Beard. Dans la Genèse, Joseph le garde en otage (Gn 42,24) ; Siméon est aussi l’un des deux frères qui avaient pris l’épée à Sichem. L’acte II s’ouvre sur lui en prison, en miroir de Joseph à l’acte I, et Haendel en fait le personnage le plus tourmenté de l’œuvre. C’est la parole des frères en Gn 42,21 : « Vraiment, nous sommes coupables envers notre frère. »
Benjamin est confié à une voix d’enfant, créée par le jeune Samuel Champness. Ses airs, délicats, sont entrecoupés de nombreux silences. Dans la scène centrale, il chante sa pitié pour son père tandis que Joseph, sans se faire connaître, exprime son angoisse en apartés : un duo dont les deux voix ne se répondent pas. Ce sont les larmes de Gn 43,30, quand Joseph, bouleversé à la vue de son frère, sort en hâte pour pleurer à l’écart.
Quand les frères refusent de repartir sans Benjamin, Joseph se fait reconnaître, et l’oratorio s’achève dans la réconciliation.
Georg Friederich (1685-1759), Joseph and his brethren HWV 59, 1744
Nicholas McGegan (dir.), Philharmonia Baroque Orchestra & Chorale