Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
Pour nous apporter votre aide, cliquer ici
21 Et les fils d'Israël firent ainsi
et Joseph leur donna des chariots selon l’ordre de
Gles paroles qui ont été dites par
Ssur la parole de la bouche de Pharaon Gle roi et il leur donna Sà tous des provisions pour la route.
21 Les fils d'Israël firent comme il leur fut mandé,
Joseph leur donna des chariots selon l'ordre de Pharaon et des vivres pour le chemin.
22 À chacun M Sam Gd'eux il donna des
G Sune paire de vêtements M Samde rechange
et à Benjamin il donna trois cents [pièces] d’argent
Gd’or et cinq vêtements de rechange
Spaires de vêtements.
22 Et pour chacun il ordonna que soit offert une paire de robes
quant à Benjamin il [lui] donna trois cents [pièces] d'argent avec cinq des plus belles robes,
23 Et à son père il envoya comme ceci :
Gen même [temps] ceci :
Sde cette manière :
G Set dix ânes portant des
Gemportant de toutes les
Stout aussi chargés des bonnes choses d'Égypte
Sdu pays d'Égypte
et dix ânesses portant du blé et du pain et des vivres
Gmules emportant des pains
Sânesses chargées de grain et de vin et de provisions pour son père pour la route.
23 envoyant autant d'argent et de vêtements à son père
y ajoutant dix ânes qui montaient de toutes les richesses d'Égypte
et autant d'ânesses portant du froment et des pains pour le chemin.
24 Et il envoya Vdonc ses frères et ils partirent et il leur dit
Vcomme ils partaient il dit :
— Ne vous fâchez pas
G Vmettez pas en colère
Squerellez pas en route.
25 Et ils montèrent d'Égypte et vinrent dans le pays de Canaan auprès de Jacob, leur père.
25 En remontant d'Égypte ils vinrent en terre de Canaan chez Jacob, leur père.
26 Et ils lui racontèrent
G Sannoncèrent en disant que
Joseph est encore en vie
Gson fils Joseph vit et qu'il règne sur
Gque lui-même gouverne tout le pays d’Égypte
et son cœur se figea
Gle coeur de Jacob tomba dans l'insensibité
Sil se détourna dans son coeur car il ne les croyait pas.
26 Et ils lui annoncèrent en disant :
— Joseph vit et lui-même domine sur toute la terre d'Égypte.
Lui, ayant entendu comme se réveillant d'un lourd sommeil, cependant ne les croyait pas.
27 Et ils lui parlèrent de
Sannoncèrent toutes les paroles de Joseph qu'il leur avait parlé
Sque Joseph leur avait dites
et il
SJacob vit les chariots que Joseph avait envoyés pour le porter
Sl[y] faire monter alors l'esprit de Jacob leur père reprit vie.
Ss'apaisa.
27 Et ils lui parlèrent de tout ce qui avait été dit par Joseph autant qu'il leur avait dit
et voyant les chariots que Joseph avait envoyés afin de l'[y] faire monter, l'esprit de Jacob leur père se ranima
27 Ceux-ci rapportèrent au contraire l'enchaînement de l'affaire
et lorsqu'il vit les chariots et toutes les choses qu'il avait envoyées, son esprit revint à la vie,
28 Et Israël
Sil dit :
— Assez !
GC'est pour moi immense si
SCela est [très] important pour moi que Joseph mon fils est encore en vie.
Gvit encore.
Ssoit encore en vie.
Que j'aille et que je le voie
GAprès avoir été amené je le verrai
SJ'irai et je le verrai avant que je ne meure.
Gde mourir.
28 et il dit :
— Cela me suffit si Joseph mon fils vit encore.
J’irai et je le verrai avant le jour où je mourai.
37,2–50,26
Ici commence l'histoire de Joseph, d'un caractère nettement distinct du cycle de Jacob. Alors que ce dernier se termine au ch.35 avec l'achèvement de l'ensemble des institutions nécesssaires à la vie des tribus établies en →Terre promise, l'histoire de Joseph annonce l'Exode et le thème du Retour.
Au contraire des précédentes, cette histoire se déroule sans intervention visible de Dieu, sans révélation nouvelle, mais elle est tout entière un enseignement, exprimé en clair à la fin (Gn 50,20 et déjà Gn 45,5-8) :
De nombreux traits du récit témoignent d'une certaine connaissance des choses et des usages de l'ancienne Égypte, tels que les documents égyptiens nous les révèlent. Cependant,
37,2–50,26 Jacob préférait Joseph Joseph et ses frères - Oratorio Le cycle de Joseph occupe les quatorze derniers chapitres de la Genèse. Vendu par ses frères, esclave puis prisonnier en Égypte, il devient le second du royaume ; la famine conduit ses frères devant lui, qui ne le reconnaissent pas. Il les éprouve, les retient, les renvoie, puis se fait reconnaître. Le récit se conclut sur une parole adressée aux frères : « Vous aviez voulu me faire du mal, Dieu l’a changé en bien » (Gn 50,20).
Joseph pleure huit fois dans ce récit, souvent en cachette. Hændel puis Méhul ont écrit sur cette histoire deux œuvres qui s’attachent moins aux événements qu’aux sentiments éprouvés par les personnages.
L’opéra-comique de Méhul, sur un livret d’Alexandre Duval, est créé à Paris en février 1807. C’est l’œuvre la plus célèbre du compositeur, longtemps jouée en France et en Allemagne.
Méhul choisit la sobriété.
Aucune intrigue amoureuse, aucune épouse égyptienne : le seul rôle aigu est celui de Benjamin, chanté par une soprano. Le drame se resserre sur le père, les fils et le frère perdu.
Joseph, devenu ministre de Pharaon sous un nom égyptien, y chante le souvenir de la vallée d’Hébron et de la maison paternelle. Sa romance « À peine au sortir de l’enfance » raconte sa propre histoire à ceux qui ne le reconnaissent pas.
Siméon porte le poids de la faute. C’est lui que le remords ronge, jusqu’à l’aveu devant son père.
Étienne Nicolas (1763-1817), La légende de Joseph en Égypte, 1807
Claude Bardon (dir.), Ensemble Choral Intermezzo, Orchestre régional de Picardie: Le Sinfonietta
L’oratorio est achevé à l’été 1743 et créé à Covent Garden le 2 mars 1744, après Messiah, Samson et Semele. Le livret est de James Miller, pasteur et auteur de comédies, mort quelques semaines après la création ; il adapte en partie un drame d’Apostolo Zeno (1722).
L’œuvre ne commence pas au puits de Gn 37. Au lever du rideau, Joseph est en prison, « dans une attitude mélancolique » ; l’acte I le conduit de l’interprétation des songes de Pharaon à son mariage avec Asenath (Gn 41,45). La trahison des frères n’est jamais montrée : elle n’existe que dans les remords.
Ces remords ont un visage, celui de Siméon, rôle créé par le ténor favori de Haendel, John Beard. Dans la Genèse, Joseph le garde en otage (Gn 42,24) ; Siméon est aussi l’un des deux frères qui avaient pris l’épée à Sichem. L’acte II s’ouvre sur lui en prison, en miroir de Joseph à l’acte I, et Haendel en fait le personnage le plus tourmenté de l’œuvre. C’est la parole des frères en Gn 42,21 : « Vraiment, nous sommes coupables envers notre frère. »
Benjamin est confié à une voix d’enfant, créée par le jeune Samuel Champness. Ses airs, délicats, sont entrecoupés de nombreux silences. Dans la scène centrale, il chante sa pitié pour son père tandis que Joseph, sans se faire connaître, exprime son angoisse en apartés : un duo dont les deux voix ne se répondent pas. Ce sont les larmes de Gn 43,30, quand Joseph, bouleversé à la vue de son frère, sort en hâte pour pleurer à l’écart.
Quand les frères refusent de repartir sans Benjamin, Joseph se fait reconnaître, et l’oratorio s’achève dans la réconciliation.
Georg Friederich (1685-1759), Joseph and his brethren HWV 59, 1744
Nicholas McGegan (dir.), Philharmonia Baroque Orchestra & Chorale