Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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6 Et la femme vit que l’arbre était bon à manger
attrayant aux yeux
et que l'arbre était désirable pour acquérir l’intelligence
et elle prit de son fruit, mangea
et [en] en donna à son mari avec elle
et il [en] mangea.
6 Et la
VLa femme vit Valors que l’arbre était bon à manger
plaisant à voir pour les yeux
Sattrayant aux yeux
Vbeau pour les yeux et beau à considérer
Sque l'arbre était plaisant à regarder
Vdélectable par son aspect
et elle prit de son fruit
Sses fruits et mangea et [en] donna Saussi à son mari avec elle,
lequel mangea.
2,8–3,24 Dieu avait planté un paradis COSMOGRAPHIE Où est le Paradis ? De la terre au Ciel en passant par le texte biblique lui-même... Les avatars du paradis dans les Écritures offrent une saisissante pédagogie de la révélation. Ils font passer le lecteur du monde physique dans lequel il vit, à une représentation toujours plus pure du monde de Dieu, en un parcours qui traverse les civilisations, les langues et les cosmologies, irréductiblement liées au texte biblique lui-même. Les mots mêmes qui servent à dire ce jardin (gan, paradeisos, paradisum et Éden) font remonter le lecteur des langues modernes, au latin, au grec, à l'hébreu et ... au vieux-persan : Vocabulaire Gn 2,8
Comme le racontent Gn 1,11-13 et Gn 2,8, d'où émerge une curieuse image de Dieu jardinier, peut-être en dialogue avec des traditions mythologiques du Proche Orient ancien (Milieux de vie Gn 1,11ss) qu’il démythologise en plaçant des causes secondes, voire l’homme lui-même, entre la Cause première transcendante et le jardin originel. Les artistes ont donné d'admirables variations sur ce Jardinier, à la fois créateur (Arts visuels Gn 1,11ss) et sauveur (Arts visuels Jn 20,15s).
Son toponyme est « Eden » : Vocabulaire Gn 2,8.
« Éden » peut aussi se traduire par « plaisir » (Procédés littéraires Gn 2,8), si bien que ce jardin du principe rappelle les jardins orientaux Milieux de vie Gn 2,15
M.-R. , O.-Th. , Approximation schématique d’une cosmographie biblique : le paradis, (image numérique, 2026), illustration © BEST aisbl
Sur cette approximation de la cosmologie biblique telle qu'on peut se l'imaginer à fleur de texte, le paradis est ... quelque part sur la terre.
L’ambiguïté du texte biblique en Gn 2 eut pour conséquence magnifique que, pendant des siècles, on s’efforça de situer Éden sur la carte du monde. De fait, la Bible décrit l’Éden comme un lieu réel, situé « à l’Est » (Gn 2,8), à la source de quatre fleuves, parmi lesquels le Tigre et l’Euphrate (Gn 2,11-14), bien réels. Le Créateur y avait planté un paradis dont les premiers parents de toute l’humanité avaient été chassés.
Pourquoi ne pas essayer de le retrouver ? Cela revenait à enchanter la géographie en y projetant l’histoire sainte.Repères historiques et géographiques Gn 2,15
Puisqu’il s’agit du jardin suscité ou planté par Dieu (Gn 1,11-13 ; 2,8), il est à la fois en ce monde et hors de ce monde, il participe de la transcendance divine. :
On pourrait aussi interpréter l'hébreu de Gn 2,8 « Dieu planta un jardin avec plaisir », et surtout, en s’appuyant sur une anomalie grammaticale dans la lettre hébraïque elle-même, saisir le fait que le jardin n’est qu’un symbole de la Tora. Le véritable paradis, ou PaRDes c’est non seulement le texte biblique et son étude, mais aussi, son application en pratiquant les commandements, pour devenir soi-même temple de Dieu Tradition juive Gn 2,15
(IA?), PARDES, (Image numérique), © Fair Use→
Durant les premiers siècles de notre ère, alors que se développe la réflexion sur la vie de l'âme dans l'au-delà (eschatologie personnelle), le jardin d’Éden devint symbole de la récompense promise aux justes dans l’au-delà :
Éden et géhenne sont diversement situés :
Voir →Croyances juives sur la vie dans l’au-delà au tournant de l’ère chrétienne
Durant la période hellénistique, les scribes qui transmettent et enrichisent les Écritures vivent dans des cultures où la cosmologie s’est éloignée du vieux fond sémitique. Sous l’influence des spéculations philosophiques païennes, l'univers est perçu comme une structure à plusieurs niveaux. Le Paradis est alors situé dans les niveaux supérieur. Paul identifie le paradis au « troisième ciel » en 2Co 12,1-10.
6e en donna à son mari avec elle FRANÇAIS BIBLIQUE La "pomme d'Adam" Bien des artistes de renom montrent Ève qui tend une pomme à Adam. On le voit par exemple sur les œuvres de Dürer ou de Cranach l’Ancien (Arts visuels)…On appelle « pomme d’Adam » le relief formé par le cartilage thyroïde entourant le larynx, particulièrement visible à la face antérieure du cou chez l’homme : mémorial anatomique, en quelque sorte, du malheureux épisode de la chute originelle.
FRANÇAIS BIBLIQUE
Drapeau de la francophonie→ © Domaine public
2,1–3,24 PERSONNAGE Adam
Adam et Eve (fresque, 300-337), Catacombes de Marcellin et Pierre (Rome)
Cette représentation d’Adam et Ève compte parmi les premières représentations d’Adam et Ève. Placés de chaque côté de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, Adam et Ève cachent leur nudité et se tiennent tête inclinée, yeux baissés, honteux de la faute qu’ils viennent de commettre.
Statue d'Adam (1260), Notre-Dame de Paris, Musée national du Moyen Âge
Photo : Thesupermat © CC-BY-SA-3.0→
Cette statue d'Adam nu est la preuve que les médiévaux connaissaient bien l'anatomie humaine : les muscles, les côtes, correspondent à la réalité.
, La Madone au serpent (ou La Madone des palefreniers), Galerie Borghèse (Rome)
© Domaine public→, Gn 2,16 ; 3,15
Parce qu'Adam a fait entrer le péché dans le monde, l'homme pécheur est assimilé à Adam.
Rapprochement entre Adam et Jésus Christ: