La Bible en ses Traditions

Nomina sacra

Une caractéristique assez simple permet de distinguer les manuscrits chrétiens des autres manuscrits dès les premiers siècles de notre ère : la création de monogrammes par ligature de graphèmes grecs intégrés au texte sacré semble être une particularité des scribes chrétiens, pour abréger une quinzaine de noms et concepts précis connus sous l’appellation « nomina sacra ».

C’étaient autant de micro-icônes que même les illettrés pouvaient vénérer à fleur de papyrus ou de parchemin ! Bien avant que commence la grande histoire de l’art chrétien, l’Esprit du Ressuscité inspira aux scribes une belle façon de permettre à ses fidèles, même illettrés, de communiquer avec Lui via la lettre même des manuscrits des évangiles.

Christogramme flanqué de l'alpha et de l'oméga, (mosaïque, ca. 390)

plafond du Baptistère de San Giovanni in Fonte (Naples, Italie), © CC BY 3.0,→ 

Les nomina sacra ne restèrent pas longtemps dans les seuls manuscrits et s'écrivirent jusque dans les édifices.

Liste des principaux nomina sacra

La plupart des termes abrégés renvoient aux déclinaisons du →nom divin, à celui de Jésus Christ et d'entités liées, telles « croix », « pasteur », « sauveur » (→Staurogrammes et christogrammes) :

Origine

Leur usage dans les manuscrits est propre aux scribes chrétiens et leur présence permet souvent de confirmer l’origine chrétienne plutôt que juive d’un papyrus. Cependant, l’invention des caractères eux-mêmes n’appartient pas au christianisme.

Fonctions

La fonction première des nomina sacra est inconnue. Ils apparaissent dans un premier temps comme de simples phénomènes visuels, ne semblant véhiculer aucune information particulière (sur le rythme ou la vocalisation du texte, par exemple).

Conclusion

Ces abréviations, qui font clignoter sur la page des symboles de Dieu, du Christ et de sa croix, n’était-ce pas déjà le « mystère dans les lettres » ou l’« alchimie du Verbe » dont rêveraient, des siècles plus tard, un Stéphane Mallarmé ou un Arthur Rimbaud ?