La Bible en ses Traditions

Psaumes 93,2

M
G S
V

ton trône était établi dès l’origine

tu es dès l’éternité.

...

— Ton trône fut établi depuis lors : depuis les siècles tu es !

2 Dieu, depuis toujours Ps 90,2

Contexte

Milieux de vie

2 ton trône RELIGION Représentation céleste Le ciel est le palais où Dieu a son trône (Ps 8,3).

Réception

Comparaison des versions

2 V—IUXTA HEBR.

  • Ferme est ton trône dès lors depuis l'éternité tu es.

Liturgie

1–5 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Ce psaume se dit dans la partie conclusive de l'office journalier du matin, le vendredi, en souvenir du fait que les Lévites chanteaient ce psaume au temple en ce jour. Il se dit également à la fin de l'office de l'après-midi du vendredi à la place du psaume ordinaire (Ps 67). Il se chante aussi le vendredi soir dans l'office d'entrée du sabbat, après le Ps 92 et sur un mode mélodique particulièrement orné. Enfin, il est récité dans l'office des Zemirot du samedi matin après le Ps 92.

1c.2 il stabilisa l’orbe de la terre CHANT GRÉGORIEN  Offertoire « Deus enim » de la messe de l’aurore de Noël : paradoxe d'un ephémère-éternel Le texte souligne la toute-puissance de cet enfant d’un jour qui n’en règne pas moins depuis l’éternité.

Traditionnel, Offertoire Deus enim firmavit (Grad. 46-47)

Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

© Abbaye du Barroux→, Ps 93,1c.2

Texte

  • Deus enim firmavit orbem terrae, qui non commovebitur | parata sedes tua, Deus, ex tunc a saeculo tu es. (« Dieu en effet a affermi l’orbe de la terre qui ne sera pas ébranlé. |Ton trône, Dieu, a été préparé depuis lors, depuis les siècles tu es ! »)

Le texte présente de minimes différences. Au v.1c Deus est ajouté, enim remplace etenim. Au v.2 Deus est ajouté après sedes tua.

Interprétation musicale

  • Mélodie puissante et large malgré un ambitus restreint du Sol au Do : le Ré n’est touché qu’une fois à parata ; le Fa est généralement note de passage ou de soutien comme préparation à la tonique Sol, sauf lors de la demi-cadence en suspens de terrae et à la toute fin où ce même Fa joue un rôle plus accusé. De longues tenues sur la dominante Do aboutissent toutes à la tonique Sol. Malgré ce dépouillement mélodique, le grand rythme qui opère une synthèse des neumes insuffle partout la vie et une grande force d’affirmation. Chaque cadence est retenue quelque peu, mais après on repart avec élan dans un crescendo qui suit la ligne mélodique pour atteindre en douceur les strophicus sur Do. Parata est attaqué vigoureusement, sedes est bien affirmé. Bonne respiration à la cadence de Deus, et repartir avec élan à ex tunc qu’il faut lier à ce qui suit. Cette dernière phrase se chante avec grande fermeté et puissance, les Si bécarre qui se répètent en contact avec les Fa accusent la plénitude lumineuse du mode de Sol.

Tradition chrétienne

1–5 Allégorie Ce Ps est appliqué allégoriquement au Christ.

Arts visuels

1–5 Le Seigneur est roi : la royauté du Christ

16e s.

Matthias Grünewald (ca. 1475-1528), La Résurrection du Christ (aile droite du retable d'Issenheim), (huile sur panneau de bois, ca. 1515), 269 x 141 cm

musée Unterlinden, Colmar, Domaine public © Wikimedia commons→