Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
Pour nous apporter votre aide, cliquer ici
14 C'est comme un homme qui, partant en voyage, appela ses serviteurs
et leur remit ses biens.
15 À l’un il donna cinq talents
à l'autre deux
à l'autre un seul
à chacun selon sa propre capacité
et il partit aussitôt.
16 Byz V S TRAlors, celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla
et travailla sur eux et V S Nesen gagna cinq autres talents.
V S Nes ;
17 de même celui des deux
Vqui en avait reçut deux en gagna Byz TRlui aussi deux autres ;
18 celui qui en avait reçu un,
en s'en allant, creusa Byz V TRdans la terre, et cacha l'argent de son seigneur.
19 Après beaucoup de temps le seigneur de ces serviteurs vient
Vvint
et règle
Vrégla ses comptes avec eux.
20 Et s'approchant, celui qui avait reçu cinq talents
présenta cinq autres talents en disant :
— Seigneur tu m'avais remis cinq talents :
en voici cinq autres que j'ai gagnés.
21 Son seigneur lui dit :
— Bien
VBravo serviteur bon et fidèle
Vparce qu'en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établirai;
entre dans la joie de ton seigneur.
22 S'approchant aussi, celui qui avait reçu deux talents dit :
— Seigneur, tu m'avais remis deux talents :
en voici deux autres que j'ai gagnés.
23 Son maître lui dit :
— Bien
VBravo, serviteur bon et fidèle,
Vparce qu' en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établirai;
entre dans la joie de ton seigneur.
24 S'approchant aussi, celui qui avait reçu un talent dit :
— Seigneur, je savais
Vje sais que tu es un homme dur
moissonnant où tu n'as pas semé
ramassant d'où
Vlà où tu n'as pas répandu
25 et ayant peur, je suis parti cacher ton talent dans la terre :
voici, tu as ce qui est tien.
26 Répondant, son seigneur lui dit :
— Serviteur mauvais et paresseux
tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé
Vne sème pas
et que je ramasse d'où
Vlà où je n’ai pas répandu :
27 il te fallait donc mettre mon argent chez les banquiers;
en venant, moi j'aurais reçu ce qui est mien avec un intérêt.
28 Enlevez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents.
29 En effet à tout homme qui
Scelui qui a, il sera donné et il sera dans l'abondance;
mais à celui qui n'a pas, même ce qu'il a
Vsemble avoir lui sera enlevé.
30 Le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres extérieures :
là sera le pleur et le grincement de dents.
14–30 Décryptage allégorique possible Les chrétiens sont les serviteurs auxquels leur maître, Jésus, laisse le soin de faire fructifier ses dons pour le développement de son règne, et qui devront lui rendre compte de leur gestion. Propositions de lecture Mt 24,45–51 ; Procédés littéraires Mt 25,1–13
14 Anacoluthe Le sujet de la phrase n'est pas exprimé. On dira plus tard (vv. 18-19) du seigneur de ces serviteurs.
21c sur beaucoup je t'établirai Sous-entendu = la participation active au règne du Christ.
21d la joie de ton seigneur Ellipse Cette joie est celle du banquet céleste (Intertextualité biblique Mt 8,11).
21.23 en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établirai Parallèle Réécriture :
13,12 ; 25,29 celui qui a, il lui sera donné... Parallèle
24,1–25,46 || Mc 13 ; Lc 21,5-38 Discours apocalyptique avant la Passion Les trois évangiles synoptiques ont un discours apocalyptique qui précède immédiatement la passion. La ruine de Jérusalem marque la fin d'une ère de l'histoire et en inaugure une nouvelle. Le dernier discours de Jésus dans l'évangile de Mt trouve certains parallèles avec les autres évangélistes mais détient également quelques particularités. Le discours eschatologique de Mt combine l'annonce de la ruine de Jérusalem avec celle de la fin de l'âge, tandis que le discours de Mc ne concerne que le premier événement.
Ceux-ci concernent principalement des thèmes de la “Parousie" et plusieurs paraboles sur la vigilance :
14–30 || Lc 11,19-27 ? Lc a une parabole des mines qui connaît la trame générale de la parabole des talents en Mt. Le traitement de la paraboles, le contexte, les effets produits sont cependant très différents dans les deux textes.
29 On donnera à celui qui a. Le sage est rempli de sagesse... Celui qui est sage, désire augmenter son savoir. Celui qui n'a pas commencé le chemin ne peut pas avancer...
14–30 Une parabole à plusieurs niveaux de lectures
En se référant à Gn 6,2, Justin joue sur la signification probable d'Israël : Dieu se montre fort. Dans la citation qui suit, Justin fait allusion à la parabole des talents :
Irénée met en garde ceux qui, après avoir connu le Christ, s'enorgueillissent et méprisent sa venue en se faisant 'esclaves de leurs voluptés':
Parabole appliquée à la nécessité de faire fructifier la connaissance de la Parole donnée par Dieu :
Jérôme synthétise :
14–23 Dieu rassemble les âmes des justes selon la Biblia Pauperum La planche *T* représente, dans l'image centrale, Dieu qui rassemble les âmes des justes ; dans l'image de gauche, le festin des enfants de Job ; et dans l'image de droite, le songe de Jacob : l'échelle dressée jusqu'au ciel.
(continuant ), «Le festin des enfants de Job, Dieu rassemble les âmes des justes, Le songe de Jacob : l'échelle dressée jusqu'au ciel», (impression xylographique, 1460s, Pays-Bas ou Rhin inférieur), 27,5 x 20,5 cm,
Planche *T*, f.38v de la Biblia pauperum seu historiæ Veteris et Novi Testamenti, Bibliothèque nationale de France→,
Les quatre dernières planches de la Biblia Pauperum illustrent la vie après la mort telle qu’elle est vécue par les mortels. Ce groupe comprend également les planches *R* (Arts visuels Jn 5,25–30), *S* (Arts visuels Mt 13,40–43) et *V* (Arts visuels Ap 19,5–9). Après avoir contemplé la résurrection générale des morts et le sort des damnés dans les planches précédentes, nous voici devant le sort des bienheureux.
Contrairement à la planche précédente, qui dépeignait les damnés précipités en enfer (Arts visuels Mt 13,40–43), celle-ci montre Dieu rassemblant les âmes des justes. Les affres de la Géhenne laissent place à l'image du Christ tenant les « nouveau-nés » dans un linge. Apparaissant grand et majestueux, le Christ au nimbe crucifère regarde pour la première fois de la Biblia Pauperum le spectateur dans les yeux. Des rayons de lumière irradient son corps et emplissent l'image. Le linge qu'il tient d'un bout à l'autre couvre les « nouveau-nés » jusqu'aux épaules et descend jusqu'aux pieds de Jésus. Nous ne distinguons de lui, comme des « nouveau-nés », que la tête, les épaules et les mains.