La Bible en ses Traditions

Luc 1,28

Byz S TR Nes
V

28 Et, après être entré chez elle, il

Byz S TR l'ange dit :

— Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

Byz S TRtoi, bénie que tu es entre les femmes 

28 Et, après être entré chez elle, l'ange dit : 

— Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi

tu es bénie entre les femmes.

Réception

Comparaison des versions

28 — Salut : V |  Gr : Réjouis-toi ! | S : Paix à toi ! Inépuisable salutation angélique Le premier mot de l'ange a vraisemblablement une valeur emphatique, eschatologique et même lyrique bien différente d'une salutation ordinaire. L'événement qu'il annonce est extraordinaire : la venue du messie sauveur qui n'est autre que le Fils de Dieu.

En guise d'introduction : deux évocations de la richesse sémantique de l'« Ave Maria » latin

En latin, comme on va le voir, la salutation de l'archange Gabriel à la vierge Marie est tout à la fois : la salutation venue d'un autre monde, non plus punique (cf. infra) mais ...divin ; l'Ave rituel d'un subordonné à la Reine qui entre dans l'arène du combat eschatologique récapitulant toute l'histoire sainte depuis Adam et Ève (cf. Ap 12,1-18) ; l'Ave respectueux d'un noble à l'égard de sa souveraine ; et un souhait de bonne santé à celle qui va être mère. 

Jean-Léon Gérôme (1824–1904), Ave Caesar Morituri te Salutant, (huile sur toile, 1859), 93,1 x 145,4 cm

n°1969.85, Yale University Art Gallery, New Haven, États-Unis d'Amérique © Domaine public→

Selon une idée répandue mais fausse, on pense que les gladiateurs saluaient l’empereur avant le combat en disant cette formule.  En réalité, elle vient d’un épisode unique, rapporté par l’historien Suétone dans Vies des douze Césars, et ne concernait pas des gladiateurs : elle aurait été dite une seule fois, par des condamnés à mort forcés de participer à une bataille navale (naumachie) organisée par l’empereur Claude sur le lac Fucin. Plus ICI→ 

Fra Angelico (1395-1455), L'annonciation, (tempera, sur panneau de bois, 1430), couvent San Domenico (Fiesole, Italie)

Musée du Prado, Madrid,, Espagne ©  Photo: M. Amigo CC BY-SA 4.0→,  Lc 1,26-38

S'inspirant des textes de la Légende dorée, Fra Angelico représente l'Annonciation de l'ange Gabriel à Marie avec toute sa symbolique eschatologique : évocation d'Adam et Eve chassés du paradis terrestre, au moment où le nouvel Adam va entrer dans le jardin clos de la nouvelle Ève, le tout consigné dans le livre des Écritures ouvert sur les genoux de Marie.

1. (V) have ou ave LEXICOGRAPHIE latine

La graphie inhabituelle retenue pour V, invite le lecteur habitué à dire « ave Maria », à s'arrêter sur le mot de salutation lui-même.

Graphie et sémantique

Le terme est  pê apparenté à la racine indo-européenne *h₂eu̯- qui exprime le bien-être, la prospérité, la satisfaction

  • avere, désirer fortement, ou bien se sentir bien, être en bonne santé, apparaît à l' époque classique à l'impératif ou à l'infinitif comme une formule de salutation. Cf. la phrase plaisante : ave ave aves esse aves?  [« bonjour grand'père (de avus,i) désires-tu manger des oiseaux ?»].  
  • ave (au sg) et avete (au pluriel), rapproché de salve / salvete (de salvere, être en bonne santé, aboutit à une forme d'équivalence : « Porte-toi bien! », mais ave a une coloration plus solennelle, plus respectueuse, souvent à l’égard de personnages de haut rang.
  • Le terme devient une convention dans la littérature épistolaireVale et ave « —Porte-toi bien et salut à toi. » ; souvent vale = adieu, ave = salut d’accueil) ; c'est également une formule rituelle et militaire, célèbre dans le cri plus ou moins héroïque des condamnés aux jeux, au moment du combat : « Ave, Caesar, morituri te salutant ! » [« Salut à toi, César, ceux qui vont mourir te saluent »] (Suétone Claud., 21).

Une formule d'origine punique ?

On trouve dans Plaute une formule punique de salutation avo / ḥawô « vivez » servant à la fois au singulier et au pluriel ( Plaute Poen. 924.998.1001). Ave n'est pas attesté avant la fin de l'époque républicaine et est sans doute une adaptation du mot punique d'après vale, salve (en effet, ailleurs dans Plaute, ce sont des formes de salvus, salvere qui servent à saluer : Rudens 263 ; Trinummus 48 : Plaute Most. 448 etc.). Ainsi donc les Romains auraient emprunté leur salutation ordinaire aux Cathaginois, un peu comme en France on dit parfois Good-bye, ou adios, ou en Suisse allemande, salut, ou en dialecte alsacien, bonjour (Cf. A. Ernout, et A. Meillet, Dictionnaire étymologique de la langue latine, Paris : Klincksieck, 1959). 

2. (G) chaire LEXICOGRAPHIE grecque 

La formule présente une richesse de significations dont la joie est le sens prédominant.

Les différentes significations de la formule 

Le mot chaire peut exprimer la simple salutation grecque, d'où sa traduction latine par Ave, signifiant « Sois saluée », mais au moins par son étymologie, il revêt aussi une signification forte à la fois de joie et de grâce. 

  • l'origine est le verbe χαίρω (chairō, se réjouir, être dans la joie), à l’impératif, χαῖρε (chaire, réjouis-toi ! ou : salut ! ). Il est employé dans la Septante pour traduire diverses formules hébraïques de salutation, dont shalom (cf.  Za 9,9). Si on entend dans cette salutation la même racine que le substantif χάρις [chárisgrâce, faveur, charme], on peut percevoir le redoublement de grâce apporté par le mot suivant de même racine : kecharitômenê , comblée de grâce.
  • Cependant le sens de joie semble prédominant, parce que le thème traverse toute la section Lc 1-2 et que la formule grecque est utilisée dans G pour exprimer la joie eschatologique et/ou messianique (cf. Intertextualité biblique Lc 1,28b). 

3. (S)  šlomo ou šloma. LEXICOGRAPHIE syriaque 

L'origine du terme syriaque, ܫܠܡܐ ( šlomo ou šloma), signifiant paix, salut, intégrité, est la racine ܫ-ܠ-ܡ (š-l-m) identique à l’hébreu שָׁלוֹם (šalom, de la racine  ש־ל־ם). Il a des connotations

Conclusion : un salut, une joie et une paix venus d'au-delà de ce monde

La même constellation de termes de salutation qu'en Lc 1,28 se retrouvent

  • en S—Jn 20,19 (« Yešua leur dit : La paix soit— avec vous [šlomo ‘amkun, ܫܠܡܐ ܥܡܟܘܢ] » ;  Gr—Jn 20,19 kaì légei autoîs· eirḗnē hymîn ;  et V—Jn 20,19 : Venit Jesus, et stetit in medio, et dixit eis: Pax vobis
  • en S— Mt 28,9 « Comme elles allaient l’annoncer à ses disciples, Jésus vint à leur rencontre et leur dit : —La paix soit avec vous» [šlāmā lekhēn, ܫܠܡܐ ܠܟܝܢ],  G— Mt 28,9, Et voici, Jésus vint à leur rencontre, disant : — Réjouissez-vous [chaírete] ;  V— Mt 28,9 : « Et voici, Jésus vint à leur rencontre, disant :— Salut! [Avete] ! ... Elles s’approchèrent, saisirent ses pieds et l’adorèrent

La joie, la paix, le bien-être, la santé et la sainteté contenus dans la salutation angélique du début de l'Évangile culminent ainsi dans les paroles qui sortent de la bouche du Ressuscité à la fin. 

Frontispice de la bible Polyglotte d’Alcalà (1514-1517), (gravure sur bois), © Domaine public→

Voici la traduction du décryptage allégorique imprimé au-dessus de ce frontispice, un écu à quinze carreaux surmontés de la croix et du chapeau cardinalice : « Les quinze carrés de cet écu représentent les quinze jours que passèrent ensemble à Jérusalem saint Pierre qui prêchait aux juifs ou à ceux de la synagogue et saint Paul, apôtre des nations. Le chiffre 7 (et en conséquence les 7 carrés de couleur de cet écu) signifie la loi antique ou Ancien Testament ; le chiffre 8 (ou les huit carrés de l'autre couleur) signifient la loi de grâce ou le Nouveau Testament. Le nombre 15 (donc les quinze carrés) les contient tous. »

Liturgie

26–38 l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu L'Annonciation comme fondement liturgique

ORAISON Prière à la Vierge mère

L'adjectif almus,a,um en latin poétique signifie : nourrissant, qui donne vie, ou encore (à propos d'une dieu) : bienveillant, indulgent. Or phonétiquement c'est le presque même mot que le substantif hébreu ‘alma, désignant une pucelle (comme saint Jérôme l'a bien compris Texte biblique). Il apparaît dans au moins deux pièces célèbres du patrimoine grégorien.

  • L'hymne Ave Maris Stella salue la Vierge Marie comme Dei mater alma
  • L'antienne Alma Redemptoris mater, pour le Temps de Noël, la célèbre sous le même vocable. 

Traditionnel ou Hermann de Reichenau (1013-1054)Alma Redemptoris Mater (ton simple)

Chœur des Pères du Saint-Esprit de Chevilly, AlbumÉternel Grégorien 

[Merlin] IDOL Distribution (au nom de Studio SM); UMPI et alii © Licence YouTube standard

Partition tirée du Liber Usualis (1961), p.277.

Texte 

Alma Redemptóris Mater, quæ pérvia cœli porta manes, Et stella maris, succúrre cadénti, súrgere qui curat pópulo :Tu quæ genuísti, natúra miránte, tuum sanctum Genitórem : Virgo prius ac postérius, Gabriélis ab ore sumens illud Ave, peccatórum miserére.

Tendre mère du Rédempteur, qui demeures porte ouverte du Ciel, et étoile de la mer, viens en secours au peuple qui succombe et cherche à se relever : Toi qui as engendré, à la surprise de la nature, ton saint Créateur : vierge avant et après [l’enfantement], la bouche de Gabriel, recevant cette salutation, prends pitié de[ nou]s pécheurs !

Palestrina Giovanni Pierluigi da (ca. 1525–1594), Alma Redemptoris Mater, Antiphona cum quatuor vocibus ad Completorium de tempore Nativitatis usque ad secundas Vesperas Purificationis Beatæ Mariæ Virginis inclusive, 1604, in Motectorum quatuor vocibus : Liber Secundus : partim plena vox et partim paribus vocibus / Ioan. Petraloysii Prænestini. Nunc denum in lucem æditus. Venetiis : apud Angelum Gardanum, MDCIV

The King's Singers→ , How Fair Thou Art: Biblical Passions by Giovanni Pierluigi da Palestrina, piste 1, (CD, 2016)

 Signum Classics→ © Licence YouTube standard

Arts visuels

4–38 Des « mots » humains (verba) au Verbe divin  (verbum) et retour : modélisation visuelle de l'Annonciation Cf. Littérature Lc 1,4.20.37s. Luc met fortement en scène l'ordre du langage et de la parole au début de son évangile. 

  • Le prologue distingue l'objet de l'histoire à raconter, matière première de l'évangile (Lc 1,1 : narratio ; sermo rerum), et l'enseignement reçu par Théophile, Évangile à proprement parler (Lc 1,4 : verba), tout en insistant sur l'écriture (Lc 1,3).
  • Les deux Annonciations (à Zacharie puis à Marie) insistent sur les « noms » donnés (Lc 1,26-27 : cui nomen...) ou à donner (Lc 1,31-32 : vocabis nomen ejus ; et vocabitur...). Ils mettent en scène le processus de production de la parole humaine, distinguant entre le silence (imposé à l'incrédulité de Zacharie Lc 1,20), la parole intérieure (première réaction de Marie en Lc 1,29), et la parole extérieure (première réaction de Zacharie en Lc 1,18-19).
  • Au sommet du récit de l'annonciation à Marie, l'unique nom verbum concentre : l'annonce de l'ange évanélisateur (Lc 1,19) des verba divins performatifs (Lc 1,20), les événements qu'elle contient, et leur réalisation  (Lc 1,37 non est impossibile apud Deum omne verbum ; Lc 1,38 fiat mihi secundum verbum tuum).

Les artistes sont parvenus à visualiser ces différents états du Verbe et de ses participations dans les verba humains. 

Le Verbe divin

Ce Verbe s'incarne, il est acte. Le texte ne le dit, mais la Tradition l'affirme : le Verbe féconde miraculeusement le ventre de la Vierge. Il se fait chair. L'énonciation est genèse réelle. Le corps du Christ se forme et s'anime, déjà sanctifié. Il y a là un mystère, analogue à celui de la création : les lois naturelles sont bouleversées.

Une figuration écartée, l'homoncule
  • Certaines représentations byzantines ou russes, par exemple l'Annonciation d'Oustioug→, montrent, dans le corps même de Marie, un Christ enfant déjà tout formé. À partir du 15e s. en Occident, les artistes représentent parfois, dans les rayons divins (ou non), l'Enfant Jésus en homoncule portant la croix (ou non), descendant vers la Vierge à la suite de l'Esprit-Saint.

Barthélemy d'Eyck (fl.1444-1469), Envoi du Fils par le Père : Jésus homuncule dans les rayons, détail du panneau central du Triptyque de l'Annonciation d'Aix, (huile sur panneau de bois, ca 1442-1445)

Aix-en-Provence, église de la Madeleine, en dépôt temporaire au musée du Vieil Aix

D.R. photo Meisterdrücke→ © Domaine public

La doctrine représentée, à savoir que le Christ n'aurait pas été conçu in utero, mais serait entré tout formé dans le sein de Marie, dépendante d'une savante négociation entre motifs antiques, médecine et théologie médiévales, fut plus tard condamnée par le concile de Trente, qui interdit en conséquence les représentations du Christ en homoncule.

Les artistes étaient donc invités à privilégier des représentations plus subtiles, plus fidèles à l'apophatisme que l'Écriture parvient à maintenir au moment même de la cataphase divine. Mystérieux, silencieux mais secrètement résonnant-raisonnant dans l'échange entre l'ange et la femme, il n'est pas thématisé d'emblée, sinon comme l'ensemble de l'annonce et de ce qui est annoncé (Lc 1,34 istud) finalement récapitulé en verbum  (Lc 1,37 : non erit impossibile apud Deum omne verbum).

La lumière et la ténèbre pour figurer l'Infigurable
  • On ne l'entend ni ne le voit : mais il se montre dans la clarté de ce ciel ouvert et des rayons qui en dardent vers la scène. 

Le Titien (1490–1576), L'Annonciation, (huile sur toile, 1520), 207×179 cm

Cathédrale de Trévise, Italie © Domaine public→ 

La où le Titien insistait sur le miracle en montrant Marie se couvrir le ventre de son voile bleu, Nicolas Poussin suggère le mystère en obscurcissant jusqu'au noir le sein de Marie, visuellement obombrée par l'Esprit symbolisé en colombe :

Nicolas Poussin (1594-1665), L' Annonciation, (huile sur panneau de bois, ca. 1635), 45 × 38 cm, Pendant de La Nativité de Münich,

Collection de peintures de l'État de Bavière, Nouveau château de Schleissheim, Oberschleissheim © Domaine public→ 

Le verbe angélique

Le verbe angélique (Lc 1,28-29 : dicere, sermo, salutatio) fait de mots porteurs de véritables verba Lc 1,20.37-38), prend l'aspect corporel de l'humain ailé, pour marquer sa médiation entre terre où l'on marche et ciel où l'on vole. La voix de l'ange est médiation, à la fois annonce et demande, entre l'Énonciateur divin et l'énonciataire humaine.

  • La gestuelle expressive des anges du Titien et de Poussin exprime ce verbe angélique. Dans d'autres œuvres, plus anciennes, Gabriel se multiplie, visuellement :

Anonyme, La double annonciation, (mosaïque, 432-440)

arc de triomphe de Sainte-Marie Majeure, Rome, © Domaine public→, , 

(Marie, assise en train de filer le fil pourpre pour le voile du Temple, selon les écrits apocryphes, est entourée d'anges. L'ange Gabriel est représenté plusieurs fois pour indiquer ses actions successives: il arrive en volant dans le ciel puis, se tenant debout à gauche de la Vierge, il lève la main, signe qu'il prend la parole. Le Saint Esprit sous la forme d'une colombe descend sur Marie. Saint Joseph à droite devant une maison distincte de celle de Marie puisqu'ils n'ont pas encore mené vie commune, tient un bâton à la main. L'ange Gabriel, se tourne vers lui et lui parle.)

  • Parfois, c'est un phylactère qui matérialise le verbe angélique, comme sur ce panneau de triptyque de Lucas van Leyden, qui déploie, autour d'un un sceptre (attribut substitué au bâton du messager, héritage mythologique de Mercure messager des dieux), pointé à la fois vers les sein de Marie et vers le Livre où elle méditait, un philactère où se lisent les mots « Ave Maria gratia plena », presque effacés, et « Dominus tecum » dans la boucle où se fixe le regard de la Vierge : 

Lucas van Leyden (vers 1494-1533), L'Annonciation, (huile sur panneau de bois, 1522), 42,2 x 29,2 cm

Alte Pinakothek, Munich, Allemagne © Domaine Public→  

Le verbe humain

Le verbe de Marie est une simple parole de femme, qui raisonne et demande Quomodo (« Comment cela ? ») puis acquiesce Ecce... (« Voici ! ») et finit par s'ouvrir à la réalisation effective du ... verbe : Fiat mihi secundum verbum tuum (« Qu'il m'advienne selon ton verbe »). Son fiat fait aussi allusion au fiat du Verbe divin créateur de la Genèse (Gn 1,3.6, etc.) : ses verbes humains sont déjà efficaces, de par son accueil actif du Verbe divin. 

  • Les artistes représentent ce verbe de Marie par les gestes, parfois très rhétoriques, qu'elle adresse à l'ange qui lui parle, souvent accompagnés d'un livre ouvert où déjà la Vierge entendait le Verbe incorporé aux Écritures, avant qu'Il ne vienne s'incarner en elle. Outre les peintures ci-dessus, voyez l'admirable Rubens en Arts visuels Ps 103,20.

28 — Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi Ave insulaire

Iconographie contemporaine

Éric Mortreuil (1964—), Ave insulaire, (gouaches sur texte imprimé sur papier végétal, 2025), 21 cm x 29,7 cm, Coll. part., France,

D.R. É. Mortreuil→ © BEST aisbl

Enlumineur depuis 2016, É. M. s’inspire des textes bibliques et chrétiens ainsi que de la spiritualité scoute pour élaborer des compositions dans la tradition de l’enluminure occidentale, avec une préférence pour le style irlandais « insulaire » (Livre de Kells, Évangiles de Lindisfarne) et pour le gothique du XIIIᵉ siècle.

Ce style se caractérise par l’usage de motifs ornementaux variés, parmi lesquels :

  • Les entrelacs (également appelés nœuds celtiques, semblables à des cordes sans extrémité, enchevêtrées et généralement symétriques). Dans cette enluminure, ils apparaissent en bleu au centrale des bordures supérieure et inférieure du cadre de la prière, ainsi qu’en jaune sur fond pourpre aux extrémités supérieures du décor.

  • Les rinceaux (motifs constitués d’une tige végétale à enroulements successifs). Ils sont utilisés ici pour séparer la première partie de la prière, d’origine scripturaire (Lc 1,28 ; Lc 1,42), de la seconde, issue de la tradition ecclésiale ; on les retrouve également accompagnant le « Amen ».

  • Les lettrines (lettre, généralement en majuscule et ornée, de taille supérieure placée au début d’un chapitre ou d’un paragraphe pour en indiquer le commencement). Dans cette enluminure, elles correspondent au A d’« Ave Maria ».

Musique

28.42 Ave Maria, reprise pop contemporaine

Sérieuse

Songeant peut-être à l'analogie entre les épreuves des amoureux d'aujourd'hui et celles que durent traverser Marie et Joseph, une popstar américaine propose une récriture de la célèbre mise en musique de l'Ave Maria par Gounod.

 Beyoncé Knowles Ave Maria, (2008), Paroles : Tor Erik Hermansen, Beyonce Knowles, Amanda Ghost, Ian Dench, Mikkel S. Eriksen, Makeba,

Sony Music Entertainment © Licence YouTube standard

Texte

« She was lost in so many different ways — Out in the darkness with no guide — I know the cost of a losing hand — And what for the grace of God, go high — I found heaven on earth — You are my last, my first — I always hear this voice inside —— Ave Maria —— I've been alone when I'm surrounded by friends — How could the silence be so loud? — But I still go home knowing that I've got you — There's only us when the lights go down — You are my Heaven on earth — You are my hunger, my thirst — I always hear this voice inside Ave Maria —— Sometimes love can come and pass you by — While you're busy making plans — Suddenly hit you, and then you realize — It's out of your hands — Baby, you've got to understand— You are my Heaven on earth — You are my hunger, my thirst — I always hear this voice inside —— Ave Maria — Ave Maria — Ave Maria — Ave Maria »

Burlesque

Il fallait bien la pénétration multiséculaire du christianisme en Italie pour rendre ceci possible : 

Oblivion, Papale e Quale, Tutti cantano cristiano : Disco Rosario (reprise adaptée de Gloria Gaynor « I will survive », Love Tracks, 1978 ; (Patti) LaBelle (texte : Kenny Nolan, Bob Crewe), « Voulez-Vous Coucher Ave­c Moi Ce Soir » (Lady Marmalade), Goud Maar Fout Top 50, 1975 ; Village People, « YMCA », in Cruisin, 1978), 2016

Chanteurs : Lorenzo Scuda, Francesca Folloni, Davide Calabrese, Graziana Borciani, Fabio Vagnarelli.

D.R. Oblivion Canale Ufficiale→ © Licence YouTube standard

Dans cette reprise burlesque mais non irrespectueuse, les brillants interprètes de ce groupe italien reprennent des classiques des années disco, substituant à leurs paroles celles de l’Ave Maria, avec quelques mots en latin.