Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 Et Joseph
Sil ordonna à celui qui [est établi] sur sa maison
Sl'intendant de sa maison en disant :
— Remplis
GRemplissez les besaces
Schargements des hommes de nourriture
Sgrain autant qu'ils peuvent porter
et mets
Gmettez l'argent de chacun dans l'ouverture de sa besace.
Gde son sac.
Sde son chargement.
1 Et Joseph donna ces instructions à l'intendant de sa maison :
— Remplis leurs sacs de blé autant qu'ils peuvent prendre
et mets l'argent de chacun sur le haut de son sac.
2 Et ma coupe M Samla coupe d'argent tu [la] mettras
Gmettez-[la] dans l'ouverture
de la besace du plus petit
G jeune
et l'argent
Gle prix de son blé.
Et il fit selon la parole de Joseph qu'il avait prononcée.
2 Quant à ma coupe d'argent et au prix du froment qu'il a donné, mets[-les] dans l'ouverture du sac du plus jeune. Et il fut fait ainsi.
2 Et prends ma coupe d'argent et mets-[la] dans l'ouverture du chargement du plus petit et l'argent de son achat.
Et le serviteur fit selon la parole de Joseph.
3 Le matin s'illumina
Gcommença à briller et les hommes furent renvoyés eux et leurs ânes.
3 Et une fois le matin levé ils furent renvoyés avec leurs ânes.
3 Et lorsque ce fut l'aube les hommes commencèrent à s'en aller ceux-ci et leurs ânes.
4 Eux, ils
SCeux-ci sortirent de la ville. Ils n'étaient pas loin
lorsque Joseph dit à celui qui [est établi] sur
Sl'intendant de sa maison :
— Lève-toi cours après les hommes et tu les rattraperas et tu leur diras :
Srattrape-les et dis-leur :
— Pourquoi avez-vous rendu le mal pour le bien ?
4 Et eux étant sortis de la ville n'étaient pas loin.
Alors Joseph dit à celui qui [est établi] sur sa maison qui s'était levé :
— Cours après les hommes et tu les retiendras et tu leur diras :
— Pourquoi avez-vous rendu le mal pour le bien ?
4 Et ils étaient sortis de la ville à l'instant et avaient très peu avancé.
A ce moment là Joseph ayant fait venir l'intendant de la maison :
— Lève-toi, dit-il, poursuis les hommes et une fois appréhendés dis-leur :
— Pourquoi avez-vous rendu le mal pour le bien ?
5 N'est ce pas dans ceci que boit mon seigneur et avec ceci que lui-même pratique vraiment la divination ?
Vous avez mal agi en ce que vous avez fait.
5 Pourquoi avez-vous dérobé ma coupe d'argent ? N'est-elle pas celle dans laquelle boit mon seigneur lui-même et avec laquelle il pratique la divination ?
Vous avez atteint le comble du mal en ce que vous avez fait.
5 SC'est la coupe Vque vous avez dérobée c'est celle dans laquelle boit mon seigneur et dans laquelle il a l'habitude de faire des présages.
Saussi il pratique la divination.
Vous avez commis le pire des actes.
Smal agi en ce que vous avez fait.
6 Et il les rattrapa
GEt les ayant trouvés
et leur parla G Sselon ces paroles.
6 Il fit ce qu'il [lui] avait ordonné
et une fois appréhendés il parla selon cet ordre.
7 Et ils M G Slui dirent : — Pourquoi mon
G— Pourquoi le
S— Que notre seigneur parlerait selon
Gparle selon
Sne dise pas ces paroles ? Loin de
G? Puissent
S! Loin de tes serviteurs de faire une telle chose.
Gna pas avoir agi selon cette parole.
7 Ceux-ci répondirent : — Pourquoi notre seigneur parle-t-il comme si tes serviteurs commettaient une telle abomination.
8 Voici
GSi l'argent que nous avons trouvé dans l'ouverture de
Gdans
Vau sommet de M Sam G Snos besaces
Vsacs
Schargements
nous te [l']avons rapporté du pays
Vla terre de Canaan
M Sam G Vet comment aurions-nous
Vs'ensuit-il que nous ayons dérobé de la maison de ton seigneur argent ou or ?
Vor ou argent ?
9 Celui de tes serviteurs qui sera trouvé avec ceci, il mourra
Gen possession de la coupe, qu'il meure
et nous-mêmes nous serons pour mon seigneur des esclaves
G Sdes esclaves pour notre seigneur
9 Quiconque de tes serviteurs chez qui aura été trouvé ce que tu cherches, qu'il meure
et nous, nous serons les esclaves de notre seigneur.
10 M Sam GMais il Sleur dit : — Aussi maintenant selon vos paroles :
Gil en sera donc comme vous le dites :
ainsi celui
Gl'homme qui sera trouvé avec ceci
Gen possession de la coupe sera pour moi un esclave et vous, vous serez quittes.
10 Il dit : — qu'il en soit selon votre avis :
celui chez qui aura été trouvé cela-même, sera mon esclave et vous, vous serez sans reproche.
11 Alors ils se dépêchèrent et déposèrent chacun sa besace
Gson sac
Sson chargement à terre et ils ouvrirent chacun sa besace.
Gson sac.
Sson chargement
11 Et ainsi déposant à la hâte leurs sacs à terre, ils [les] ouvrirent chacun séparément.
12 Et il fouilla, il commença
Sils fouillèrent en commençant
par le grand et finit
Sen finissant par le plus petit. La coupe fut trouvée dans la besace
Sle chargement de Benjamin.
12 Et il chercha en commençant à partir du plus âgé jusqu'à ce qu'il arrivât au plus jeune
et il trouva la coupe dans la besace de Benjamin.
12 Il les fouilla en commençant par le plus grand jusqu'au plus petit.
Il trouva la coupe dans le sac de Benjamin.
13 Alors ils déchirèrent leurs vêtements et chacun chargea son âne
Set ils chargèrent chacun son âne et ils retournèrent à la ville.
13 Aussi ils déchirèrent leurs vêtements et ils posèrent chacun sa besace sur son âne et ils retournèrent dans la ville.
13 Mais eux, ayant déchiré leurs vêtements et chargé à nouveau leurs ânes, retournèrent à la ville.
14 Et Juda vint
G Sentra ainsi que ses frères à la maison de
G Schez Joseph
et lui
Gqui était encore là
et ils tombèrent à terre devant lui.
14 Et Juda le premier entra avec ses frères chez Joseph
et il n'était pas encore parti du lieu
et tous devant lui tombèrent ensemble à terre.
15 M Sam GAlors Joseph leur dit : — Quelle est cette action que vous avez faite ?
Ne saviez-vous pas qu'un homme comme moi saurait vraiment deviner ?
15 Il leur dit : — Pourquoi avez-voulu agir ainsi ?
Ignorez-vous qu'il n'y en a pas semblable à moi dans l'art de lire les présages ?
16 Et Juda dit :
— Que dirions-nous à mon seigneur ? SEt comment parlerons-nous ?
Et comment nous justifierons-nous ?
Sen quoi serons-nous innocents devant Dieu ?
Dieu a trouvé l'iniquité de
Sle péché a été découvert chez
tes serviteurs.
Nous voici
SVoici nous sommes des esclaves pour mon seigneur et nous et celui dans la main duquel a été trouvée la coupe.
16 Et Juda dit :
— Que répliquerons-nous au seigneur ? Ou que dirons-nous ?
Ou comment serons-nous justifiés ?
Et Dieu a découvert l'injustice de tes serviteurs
nous voici esclaves de notre seigneur et nous et celui en possession duquel a été trouvée la coupe.
16 Juda lui dit :
— Que répondrons-nous à mon seigneur ? Ou comment parlerons-nous
et pourrons-nous nous opposer à la justice ?
Dieu a découvert l'iniquité de tes serviteurs
nous voilà tous serviteurs de mon seigneur et nous et celui sur qui on a trouvé la coupe.
17 M SamMais il Sleur dit : — Loin de moi
SQue Dieu m'empêche de faire cela !
L'homme dans la main duquel a été trouvée
Ssur qui a été trouvée la coupe, lui, sera pour moi un esclave
et vous, montez en paix vers votre père.
17 Mais Joseph dit : — Puissé-je ne pas faire cette chose !
L'homme en possession duquel a été trouvée la coupe sera pour moi un esclave
et vous, montez en toute tranquilitié vers votre père.
17 Joseph répondit : — Loin de moi de faire cela !
Celui qui a dérobé la coupe, celui-là qu'il soit mon esclave
et vous, partez libres vers votre père.
37,2–50,26
Ici commence l'histoire de Joseph, d'un caractère nettement distinct du cycle de Jacob. Alors que ce dernier se termine au ch.35 avec l'achèvement de l'ensemble des institutions nécesssaires à la vie des tribus établies en →Terre promise, l'histoire de Joseph annonce l'Exode et le thème du Retour.
Au contraire des précédentes, cette histoire se déroule sans intervention visible de Dieu, sans révélation nouvelle, mais elle est tout entière un enseignement, exprimé en clair à la fin (Gn 50,20 et déjà Gn 45,5-8) :
De nombreux traits du récit témoignent d'une certaine connaissance des choses et des usages de l'ancienne Égypte, tels que les documents égyptiens nous les révèlent. Cependant,
37,2–50,26 Jacob préférait Joseph Joseph et ses frères - Oratorio Le cycle de Joseph occupe les quatorze derniers chapitres de la Genèse. Vendu par ses frères, esclave puis prisonnier en Égypte, il devient le second du royaume ; la famine conduit ses frères devant lui, qui ne le reconnaissent pas. Il les éprouve, les retient, les renvoie, puis se fait reconnaître. Le récit se conclut sur une parole adressée aux frères : « Vous aviez voulu me faire du mal, Dieu l’a changé en bien » (Gn 50,20).
Joseph pleure huit fois dans ce récit, souvent en cachette. Hændel puis Méhul ont écrit sur cette histoire deux œuvres qui s’attachent moins aux événements qu’aux sentiments éprouvés par les personnages.
L’opéra-comique de Méhul, sur un livret d’Alexandre Duval, est créé à Paris en février 1807. C’est l’œuvre la plus célèbre du compositeur, longtemps jouée en France et en Allemagne.
Méhul choisit la sobriété.
Aucune intrigue amoureuse, aucune épouse égyptienne : le seul rôle aigu est celui de Benjamin, chanté par une soprano. Le drame se resserre sur le père, les fils et le frère perdu.
Joseph, devenu ministre de Pharaon sous un nom égyptien, y chante le souvenir de la vallée d’Hébron et de la maison paternelle. Sa romance « À peine au sortir de l’enfance » raconte sa propre histoire à ceux qui ne le reconnaissent pas.
Siméon porte le poids de la faute. C’est lui que le remords ronge, jusqu’à l’aveu devant son père.
Étienne Nicolas (1763-1817), La légende de Joseph en Égypte, 1807
Claude Bardon (dir.), Ensemble Choral Intermezzo, Orchestre régional de Picardie: Le Sinfonietta
L’oratorio est achevé à l’été 1743 et créé à Covent Garden le 2 mars 1744, après Messiah, Samson et Semele. Le livret est de James Miller, pasteur et auteur de comédies, mort quelques semaines après la création ; il adapte en partie un drame d’Apostolo Zeno (1722).
L’œuvre ne commence pas au puits de Gn 37. Au lever du rideau, Joseph est en prison, « dans une attitude mélancolique » ; l’acte I le conduit de l’interprétation des songes de Pharaon à son mariage avec Asenath (Gn 41,45). La trahison des frères n’est jamais montrée : elle n’existe que dans les remords.
Ces remords ont un visage, celui de Siméon, rôle créé par le ténor favori de Haendel, John Beard. Dans la Genèse, Joseph le garde en otage (Gn 42,24) ; Siméon est aussi l’un des deux frères qui avaient pris l’épée à Sichem. L’acte II s’ouvre sur lui en prison, en miroir de Joseph à l’acte I, et Haendel en fait le personnage le plus tourmenté de l’œuvre. C’est la parole des frères en Gn 42,21 : « Vraiment, nous sommes coupables envers notre frère. »
Benjamin est confié à une voix d’enfant, créée par le jeune Samuel Champness. Ses airs, délicats, sont entrecoupés de nombreux silences. Dans la scène centrale, il chante sa pitié pour son père tandis que Joseph, sans se faire connaître, exprime son angoisse en apartés : un duo dont les deux voix ne se répondent pas. Ce sont les larmes de Gn 43,30, quand Joseph, bouleversé à la vue de son frère, sort en hâte pour pleurer à l’écart.
Quand les frères refusent de repartir sans Benjamin, Joseph se fait reconnaître, et l’oratorio s’achève dans la réconciliation.
Georg Friederich (1685-1759), Joseph and his brethren HWV 59, 1744
Nicholas McGegan (dir.), Philharmonia Baroque Orchestra & Chorale
1–34 Quant à ma coupe d'argent Un calypso pour sauver Benjamin Joseph, devenu maître de l'Égypte, fait cacher sa coupe d'argent dans le sac de Benjamin, puis fait rattraper ses frères. La coupe est trouvée, et Joseph annonce qu'il gardera le coupable comme esclave ; les autres peuvent repartir libres (Gn 44,17). Mais Juda s'avance et se propose à la place de Benjamin : « Que ton serviteur reste esclave de mon seigneur à la place de l'enfant, et que l'enfant remonte avec ses frères » (Gn 44,33). Joseph ne peut plus se contenir et se fait reconnaître (Gn 45,1).
Lloyd Webber et Rice ont mis cette scène en musique sur un rythme inattendu : celui du « calypso ».
Joseph and the Amazing Technicolor Dreamcoat est né en 1968 comme une courte cantate écrite par Andrew Lloyd Webber et Tim Rice pour une école de garçons de Londres, avant de devenir une comédie musicale jouée dans le monde entier. Chaque chanson y emprunte un style différent : country, rock'n'roll, chanson française...
Pour la scène de la coupe, les auteurs choisissent le calypso, genre venu de Trinidad et popularisé par Harry Belafonte dans les années cinquante. Conduits par Juda, les frères protestent de l'innocence de Benjamin et offrent d'être pris à sa place. Le rythme est dansant, les chœurs répondent au soliste, le ton est joyeux.
Le choix paraît léger pour un moment aussi grave. Il ne l'est pas tant : en Gn 37, les frères s'accordaient pour vendre Joseph ; ici, ils chantent d'une seule voix pour sauver Benjamin. Le calypso, chant collectif à refrain, fait entendre cette unanimité retournée.
Andrew Lloyd (1948-...) & Tim (1944-...), Benjamin Calypso (Joseph And The Amazing Technicolor Dreamcoat), 1991
Johnny Amobi, London Cast © Licence YouTube Standard→, Gn 44