Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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15 Et les hommes prirent ce présent et prirent
Gayant pris ces présents prirent aussi le double d'argent dans leur main
G Sleurs mains et Benjamin
S[em]menèrent avec eux Benjamin
et ils se levèrent et descendirent en Égypte et
Gs'étant levés ils descendirent en Égypte et
Sils se tinrent devant Joseph.
15 Les hommes emportèrent donc les présents et le double d'argent et Benjamin
et descendirent en Égypte et se tinrent devant Joseph.
16 Alors Joseph vit Benjamin avec eux
Samles vit ainsi que Benjamin
et il dit à celui qui [est établi] sur sa maison :
Sl'intendant :
— Fais venir ces hommes à la maison et abat une bête et prépare[-la]
car ces hommes mangeront avec moi à midi.
16 Et Joseph les vit ainsi que Benjamin son frère né de la même mère
et il dit à l'[intendant] de sa maison :
— Introduis ces hommes dans la maison et égorge des victimes et prépare[-les]
car ces hommes mangeront des pains avec moi à midi.
16 Quand celui-ci les vit et qui plus est Benjamin avec eux
il donna ces instructions à l'intendant de sa maison :
— Introduis [ces] hommes dans la maison et tue des victimes et apprête un festin
car ils mangeront avec moi à midi.
17 Et l'homme
Vcelui-ci
Sle serviteur fit comme avait dit Joseph
Von lui avait commandé
et l'homme fit venir les
Vil introduisit les
Sil fit venir ces hommes dans la maison de Joseph.
V[dans la] maison.
18 Et les hommes prirent peur parce qu'on les amenait
Gvoyant qu'on les introduisait
Sils prirent peur pendant qu'on les amenait à la maison de Joseph et ils dirent :
— À cause de l’argent qui est revenu
Sama été restitué dans nos besaces
Schargements au début on nous emmène
G Sintroduit
pour se ruer sur nous
Gnous accuser
Sse hausser contre nous
et pour se jeter sur nous
Gnous attaquer
Snous traiter avec perfidie M G Set nous prendre
Sasservir comme esclaves ainsi que nos ânes.
18 Et là, pris de terreur, ils se dirent mutuellement :
— C'est à cause de l'argent que nous avons rapporté avant dans nos sacs que nous sommes introduits
pour qu'on nous précipite dans un piège
et qu'on nous soumette de force à l'esclavage, nous et nos ânes.
19 Et ils s'approchèrent de
Gs'avançant vers l'homme qui est établi sur la maison
Sintendant de Joseph et lui parlèrent [à] l’entrée
Gsous le porche
Sà la porte de la maison,
19 C'est pourquoi sur le seuil même s'avançant vers l'intendant,
20 et ils dirent :
Gen disant :
Set ils lui dirent :
— Pardon mon
G SNous te prions seigneur
nous étions descendus au début pour acheter du blé.
Gacheter de la nourriture.
Spour acheter du grain.
20 ils dirent :
— Nous te prions seigneur d'écouter
nous sommes déjà descendus auparavant pour acheter de la nourriture.
21 Lorsque nous sommes arrivés à l'hôtellerie
nous avons ouvert nos besaces
Schargements et voici l’argent de chacun dans l'ouverture de sa besace
Sson chargement
notre argent selon son poids et nous le restituons de notre main.
21 Et lorsque nous sommes arrivés pour [nous] loger
nous avons ouvert nos sacs et voici l'argent de chacun dans son sac notre argent dans l'étable
maintenant nous [le] rapportons dans nos mains.
21 après l'avoir achetée, lorsque nous arrivâmes à l'hôtellerie
nous ouvrîmes nos bourses et trouvâmes dans l'ouverture des sacs l'argent
que nous rapportons maintenant avec le même poids.
22 Et nous avons fait descendre
Gpris d'autre argent M Sam Sdans notre main pour acheter du blé en nourriture
Gde la nourriture
Sdu grain
nous n'avons pas su qui a mis
Gplacé notre argent dans nos besaces.
Sl'ouverture de nos chargements.
22 Mais nous avons aussi apporté d'autre argent pour acheter ce qui est nécessaire
nous n'avons pas connaissance de qui l'a mis dans nos bourses.
23 Mais il G Sleur dit : — M SamPaix à vous ne craignez pas, votre Dieu et
G[qui vous est] favorable
S∅ le Dieu de votre père
G Svos pères
vous a donné
Sa mis pour vous un trésor
Gdes trésors dans vos besaces
Gsacs
Schargements Get votre argent m'est parvenu
Gqui est de bon aloi je [le] reçois
et il fit sortir vers eux Siméon.
Gconduisit Siméon auprès d'eux.
23 Mais celui-ci répondit : — Paix à vous ne craignez pas
votre Dieu et le Dieu de votre père vous a donné des trésors dans vos bourses
en effet l'argent bienvenu que vous m'avez donné moi je l'ai [avec moi]
et il fit sortir vers eux Siméon.
24 Et l'homme fit venir
Sle serviteur fit entrer les hommes à la maison de Joseph et donna de l'eau et ils se lavèrent les pieds
et il donna
Sjeta du fourrage à leurs ânes.
24 Et il apporta de l'eau pour laver leurs pieds
et donna du fourrage à leurs ânes.
24 Et une fois introduits dans la maison il apporta de l'eau et ils se lavèrent les pieds
et il donna du fourrage à leurs ânes.
25 Et ils préparèrent le présent
Gles présents jusqu'à la venue
Sl'entrée
Gl'arrivée de Joseph à midi
car ils avaient entendu qu’ils mangeraient là leur repas.
Gqu’on allait déjeuner là.
25 Quant à eux ils préparaient les présents jusqu'à ce que Joseph entre à midi
car ils avaient entendu qu’ils mangeraient là le pain.
26 Et Joseph vint
G Sentra à
Gdans la maison
et ils lui apportèrent le présent qui était
Gles présents qu'ils avaient dans leurs mains à
Gdans la maison
et ils se prosternèrent devant lui jusqu'à
Gface contre terre.
26 Joseph entra alors dans sa maison
et ils lui offrirent les présents qu'ils tenaient dans leurs mains
et ils se prosternèrent inclinés jusqu'à terre.
27 Et il M Samles interroga en fait
Sau sujet de Sleur paix et Sleur dit :
— Votre vieux père dont vous Sm'aviez parlé est-il en paix ? Est-il encore en vie ?
27 Et il leur demanda : — Comment vous portez-vous ? Et il leur dit :
— Votre vieux père dont vous aviez parlé est-il en bonne santé ? Vit-il encore ?
27 Mais lui leur rendant leur salut avec indulgence les interrogea en disant :
— Votre vieux père dont vous m'aviez parlé est-il bien portant ? Vit-il encore maintenant ?
28 Et ils dirent : — Paix à ton serviteur à notre père encore en vie
S— Ton serviteur notre père est en paix. Et ils lui dirent : — Il est encore en vie.
Et ils s'inclinèrent et se prosternèrent.
28 Et ils dirent : — Paix à ton serviteur à notre père encore en vie
G— Ton serviteur notre père est en bonne santé il vit encore. Et il dit : — Cet homme est béni de Dieu
Et ils s’inclinèrent et
Gs’inclinant ils se prosternèrent devant lui.
28 Et ils répondirent : — Ton serviteur notre père est sauf il vit encore.
Et s’inclinant ils se prosternèrent devant lui.
29 Et il leva les yeux et vit
GJoseph levant les yeux vit Benjamin son frère le fils de sa mère
Gné de la même mère et Sleur dit :
— Celui-ci est votre frère le plus petit
Gjeune dont vous m'aviez parlé ?
Gaviez parlé de m'amener ?
Et il dit : — Que Dieu te fasse grâce mon fils.
Gaie pitié de toi [mon] enfant.
Saie miséricorde de toi mon fils.
29 Or levant les yeux Joseph vit Benjamin son frère né de la même mère et il dit :
— Celui-ci est votre frère dont vous m’aviez parlé ?
Et de nouveau : — Que Dieu, dit-il, ait pitié de toi, mon fils.
30 Et Joseph se hâta
Ss'agita
Gfut troublé car ses entrailles s'étaient émues
Gs'étaient serrées
Sse retournèrent pour son frère et il chercha à pleurer
et entra dans la chambre et
Galla dans le cellier là il pleura.
30 Et il se hâta car ses entrailles étaient émues pour son frère et les larmes jaillissaient
et entrant dans la chambre il pleura.
31 Et il se lava
Gaprès s'être lavé le visage et sortit et
Gêtre sorti il se contint et dit : — Dressez le repas.
G: — Servez les pains.
Squ'on leur dresse le repas.
31 Et après être sorti de nouveau, le visage lavé, il se contint et dit : — Servez les pains.
32 Ils [le] dressèrent
Gservirent pour lui à part
Gseul et pour eux à part
et à part pour les Égyptiens qui mangeaient avec lui
car les Égyptiens ne pouvaient pas manger du pain
Gles pains avec les Hébreux car c'est une abomination
Ssouillure pour les Égyptiens.
32 Et ils furent servis à part pour Joseph et à part pour ses frères
de même pour les Égyptiens qui mangeaient ensemble à part
car pour les Égyptiens il est interdit de manger avec les Hébreux et ils estiment qu'un repas de ce genre est impie.
33 Et ils s'assirent
Gon les fit asseoir devant lui
l'aîné selon son droit d’aînesse
Gle privilège de son âge
et le plus jeune selon sa jeunesse
et les hommes s'étonnaient l'un l'autre.
Gs'étonnaient chacun devant son frère.
33 Ils étaient assis en face de lui
l'aîné selon son droit d'aînesse
et le plus petit selon son âge
et ils s'étonnaient beaucoup.
34 Et il leur fit porter
G Son leur porta des parts de devant lui
Gde ses propres parts
et la part de Benjamin fut plus grande que les
Gen comparaison des parts d'eux tous
de cinq parts
Gcinq fois plus que ceux-ci
et ils burent et s'enivrèrent avec lui.
34 Une fois les parts attribuées qu'ils avaient reçues de lui,
la plus grande part revint à Benjamin
si bien qu'elle dépassait [les autres] de cinq parts
et ils burent et s'enivrèrent avec lui.
37,2–50,26
Ici commence l'histoire de Joseph, d'un caractère nettement distinct du cycle de Jacob. Alors que ce dernier se termine au ch.35 avec l'achèvement de l'ensemble des institutions nécesssaires à la vie des tribus établies en →Terre promise, l'histoire de Joseph annonce l'Exode et le thème du Retour.
Au contraire des précédentes, cette histoire se déroule sans intervention visible de Dieu, sans révélation nouvelle, mais elle est tout entière un enseignement, exprimé en clair à la fin (Gn 50,20 et déjà Gn 45,5-8) :
De nombreux traits du récit témoignent d'une certaine connaissance des choses et des usages de l'ancienne Égypte, tels que les documents égyptiens nous les révèlent. Cependant,
37,2–50,26 Jacob préférait Joseph Joseph et ses frères - Oratorio Le cycle de Joseph occupe les quatorze derniers chapitres de la Genèse. Vendu par ses frères, esclave puis prisonnier en Égypte, il devient le second du royaume ; la famine conduit ses frères devant lui, qui ne le reconnaissent pas. Il les éprouve, les retient, les renvoie, puis se fait reconnaître. Le récit se conclut sur une parole adressée aux frères : « Vous aviez voulu me faire du mal, Dieu l’a changé en bien » (Gn 50,20).
Joseph pleure huit fois dans ce récit, souvent en cachette. Hændel puis Méhul ont écrit sur cette histoire deux œuvres qui s’attachent moins aux événements qu’aux sentiments éprouvés par les personnages.
L’opéra-comique de Méhul, sur un livret d’Alexandre Duval, est créé à Paris en février 1807. C’est l’œuvre la plus célèbre du compositeur, longtemps jouée en France et en Allemagne.
Méhul choisit la sobriété.
Aucune intrigue amoureuse, aucune épouse égyptienne : le seul rôle aigu est celui de Benjamin, chanté par une soprano. Le drame se resserre sur le père, les fils et le frère perdu.
Joseph, devenu ministre de Pharaon sous un nom égyptien, y chante le souvenir de la vallée d’Hébron et de la maison paternelle. Sa romance « À peine au sortir de l’enfance » raconte sa propre histoire à ceux qui ne le reconnaissent pas.
Siméon porte le poids de la faute. C’est lui que le remords ronge, jusqu’à l’aveu devant son père.
Étienne Nicolas (1763-1817), La légende de Joseph en Égypte, 1807
Claude Bardon (dir.), Ensemble Choral Intermezzo, Orchestre régional de Picardie: Le Sinfonietta
L’oratorio est achevé à l’été 1743 et créé à Covent Garden le 2 mars 1744, après Messiah, Samson et Semele. Le livret est de James Miller, pasteur et auteur de comédies, mort quelques semaines après la création ; il adapte en partie un drame d’Apostolo Zeno (1722).
L’œuvre ne commence pas au puits de Gn 37. Au lever du rideau, Joseph est en prison, « dans une attitude mélancolique » ; l’acte I le conduit de l’interprétation des songes de Pharaon à son mariage avec Asenath (Gn 41,45). La trahison des frères n’est jamais montrée : elle n’existe que dans les remords.
Ces remords ont un visage, celui de Siméon, rôle créé par le ténor favori de Haendel, John Beard. Dans la Genèse, Joseph le garde en otage (Gn 42,24) ; Siméon est aussi l’un des deux frères qui avaient pris l’épée à Sichem. L’acte II s’ouvre sur lui en prison, en miroir de Joseph à l’acte I, et Haendel en fait le personnage le plus tourmenté de l’œuvre. C’est la parole des frères en Gn 42,21 : « Vraiment, nous sommes coupables envers notre frère. »
Benjamin est confié à une voix d’enfant, créée par le jeune Samuel Champness. Ses airs, délicats, sont entrecoupés de nombreux silences. Dans la scène centrale, il chante sa pitié pour son père tandis que Joseph, sans se faire connaître, exprime son angoisse en apartés : un duo dont les deux voix ne se répondent pas. Ce sont les larmes de Gn 43,30, quand Joseph, bouleversé à la vue de son frère, sort en hâte pour pleurer à l’écart.
Quand les frères refusent de repartir sans Benjamin, Joseph se fait reconnaître, et l’oratorio s’achève dans la réconciliation.
Georg Friederich (1685-1759), Joseph and his brethren HWV 59, 1744
Nicholas McGegan (dir.), Philharmonia Baroque Orchestra & Chorale