Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 Et Joseph fut descendu
VDonc Joseph fut conduit en Égypte
et Potiphar
VPutiphar, eunuque de Pharaon, chef des bourreaux,
Gchef des cuisiniers,
Vchef de l'armée, un homme égyptien, l’acheta
Gl’acquit
de la main des Ismaélites qui l’avaient descendu là-bas.
Gpar lesquels il avait été conduit jusque-là.
Vqui l'avaient fait descendre là-bas.
1 Et en ce qui concerne Joseph, les Madianites le descendirent en Égypte
et Potiphar l'eunnuque chef de la garde de Pharaon, un égyptien, l’acheta
de la main des Arabes qui l'ont descendu là-bas.
2 Et YHWH fut avec Joseph
G Sle Seigneur était avec Joseph
et ce fut un homme qui réussit
Gcet homme réussissait
et M G Samil fut dans la maison de son
Gauprès du maître l'Égyptien
2 Et le Seigneur était avec lui :
c'était un homme qui agissait en tout avec succès
et il habitait dans la maison de son maître
3 Et son maître vit
Gavait appris que YHWH
G Sle Seigneur était avec lui
et [en] tout ce qu'il faisait
Gaussi grand qu'il entreprît YHWH
G Sle Seigneur [le] faisait réussir
Gguidait avec succès par sa main.
3 et il prenait pleinement connaissance que le Seigneur était avec lui
et que tout ce qu'il entreprenait était dirigé par celui-ci conformément à son projet.
4 Et Joseph trouva grâce à ses yeux
G Samaux yeux de son maître et il le servit
Gil lui plaisait et il l’établit
Sil lui donna pouvoir sur sa maison et remit dans sa main
Gdans la main de Joseph tout ce qu'il avait.
4 Et Joseph trouva grâce devant son maître et il le servait
en charge de tout, il gouvernait la maison qui lui avait été confiée et la totalité de ce qui avait été remis en son pouvoir.
5 Et il advint que, depuis qu’il l’eut établi dans
Sdès le moment où il lui donna pouvoir sur sa maison et sur tout ce qu’il avait, YHWH
G Sle Seigneur bénit la maison de l’Égyptien à cause de Joseph
et la bénédiction de YHWH
G Sdu Seigneur fut sur tout ce qu’il avait dans la maison et au champ.
5 Et le Seigneur bénit la maison de l’Égyptien à cause de Joseph
et il multiplia l'ensemble de ses biens, tant dans les demeures qu'aux champs
6 Et il abandonna
Gremit tout ce qui était à lui dans la main de Joseph et il n'eut rien à savoir de Joseph
G Slui excepté le pain qu'il mangeait.
Gmangeait lui-même.
Et Joseph était de belle apparence et beau à voir.
Gtrès beau à voir.
Sson visage était beau.
6 il ne savait rien d'autre que le pain qu'il mangeait.
Or Joseph était [doté] d'un beau visage et d'une jolie apparence.
37,2–50,26
Ici commence l'histoire de Joseph, d'un caractère nettement distinct du cycle de Jacob. Alors que ce dernier se termine au ch.35 avec l'achèvement de l'ensemble des institutions nécesssaires à la vie des tribus établies en →Terre promise, l'histoire de Joseph annonce l'Exode et le thème du Retour.
Au contraire des précédentes, cette histoire se déroule sans intervention visible de Dieu, sans révélation nouvelle, mais elle est tout entière un enseignement, exprimé en clair à la fin (Gn 50,20 et déjà Gn 45,5-8) :
De nombreux traits du récit témoignent d'une certaine connaissance des choses et des usages de l'ancienne Égypte, tels que les documents égyptiens nous les révèlent. Cependant,
37,2–50,26 Jacob préférait Joseph Joseph et ses frères - Oratorio Le cycle de Joseph occupe les quatorze derniers chapitres de la Genèse. Vendu par ses frères, esclave puis prisonnier en Égypte, il devient le second du royaume ; la famine conduit ses frères devant lui, qui ne le reconnaissent pas. Il les éprouve, les retient, les renvoie, puis se fait reconnaître. Le récit se conclut sur une parole adressée aux frères : « Vous aviez voulu me faire du mal, Dieu l’a changé en bien » (Gn 50,20).
Joseph pleure huit fois dans ce récit, souvent en cachette. Hændel puis Méhul ont écrit sur cette histoire deux œuvres qui s’attachent moins aux événements qu’aux sentiments éprouvés par les personnages.
L’opéra-comique de Méhul, sur un livret d’Alexandre Duval, est créé à Paris en février 1807. C’est l’œuvre la plus célèbre du compositeur, longtemps jouée en France et en Allemagne.
Méhul choisit la sobriété.
Aucune intrigue amoureuse, aucune épouse égyptienne : le seul rôle aigu est celui de Benjamin, chanté par une soprano. Le drame se resserre sur le père, les fils et le frère perdu.
Joseph, devenu ministre de Pharaon sous un nom égyptien, y chante le souvenir de la vallée d’Hébron et de la maison paternelle. Sa romance « À peine au sortir de l’enfance » raconte sa propre histoire à ceux qui ne le reconnaissent pas.
Siméon porte le poids de la faute. C’est lui que le remords ronge, jusqu’à l’aveu devant son père.
Étienne Nicolas (1763-1817), La légende de Joseph en Égypte, 1807
Claude Bardon (dir.), Ensemble Choral Intermezzo, Orchestre régional de Picardie: Le Sinfonietta
L’oratorio est achevé à l’été 1743 et créé à Covent Garden le 2 mars 1744, après Messiah, Samson et Semele. Le livret est de James Miller, pasteur et auteur de comédies, mort quelques semaines après la création ; il adapte en partie un drame d’Apostolo Zeno (1722).
L’œuvre ne commence pas au puits de Gn 37. Au lever du rideau, Joseph est en prison, « dans une attitude mélancolique » ; l’acte I le conduit de l’interprétation des songes de Pharaon à son mariage avec Asenath (Gn 41,45). La trahison des frères n’est jamais montrée : elle n’existe que dans les remords.
Ces remords ont un visage, celui de Siméon, rôle créé par le ténor favori de Haendel, John Beard. Dans la Genèse, Joseph le garde en otage (Gn 42,24) ; Siméon est aussi l’un des deux frères qui avaient pris l’épée à Sichem. L’acte II s’ouvre sur lui en prison, en miroir de Joseph à l’acte I, et Haendel en fait le personnage le plus tourmenté de l’œuvre. C’est la parole des frères en Gn 42,21 : « Vraiment, nous sommes coupables envers notre frère. »
Benjamin est confié à une voix d’enfant, créée par le jeune Samuel Champness. Ses airs, délicats, sont entrecoupés de nombreux silences. Dans la scène centrale, il chante sa pitié pour son père tandis que Joseph, sans se faire connaître, exprime son angoisse en apartés : un duo dont les deux voix ne se répondent pas. Ce sont les larmes de Gn 43,30, quand Joseph, bouleversé à la vue de son frère, sort en hâte pour pleurer à l’écart.
Quand les frères refusent de repartir sans Benjamin, Joseph se fait reconnaître, et l’oratorio s’achève dans la réconciliation.
Georg Friederich (1685-1759), Joseph and his brethren HWV 59, 1744
Nicholas McGegan (dir.), Philharmonia Baroque Orchestra & Chorale