Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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16 Va,
GVa donc, rassemble les anciens d’Israël
Gle conseil des anciens des fils d’Israël et tu leur diras :
— YHWH,
G V— Le Seigneur, le Dieu de vos pères, s’est fait voir à moi
Vm'est apparu
M Vle Dieu d’Abraham, GDieu d’Isaac et GDieu de Jacob, M Ven disant :
— Par une visite je vous ai vus,
GPar une visite je vous ai observés,
VEn venant voir je vous ai vus, G Vvous et Gtout ce qu’on vous fait
Gqui vous est advenu en Égypte.
G
16 ...
17 Et
Get j'ai dit : — Je
Vque je vous ferai monter de la misère
Gdu mauvais traitement
Vde l'affliction d’Égypte
Gdes Égyptiens
vers le pays
Vdans la terre du Caananéen, du Hittite, de l'Amorite
Vdu Cananéen, de l'Héttéen, de l'Amorrhéen
du Pérézite, du Hivvite et du Jébusite
Gdu Pérézite, du Hivvite et du Jébusite et du Gergusite
Vdu Phérézéen, de l’Evéen et du Jébuséen
vers un pays
Vdans une terre ruisselant de lait et de miel.
17 ...
18 Ils écouteront ta voix
et tu iras, toi et les anciens
Gle conseil des anciens d’Israël, chez le
Gchez Pharaon,
Vauprès du roi d’Égypte, et vous lui direz :
G Vtu lui diras :
— YHWH le Dieu
GLe Dieu
VLe Seigneur le Dieu des Hébreux, est venu à notre rencontre ;
Gnous a appelés
Vnous a convoqués.
laisse-nous aller
Gà aller
VNous irons à trois jours de marche dans le désert
pour que nous sacrifiions à YHWH
Gpour que nous sacrifiions à
Vpour immoler au Seigneur notre Dieu.
18 ...
19 Mais je sais que GPharaon M Vle roi d’Égypte ne vous laissera pas aller
Vrelâchera pas pour que vous [y] alliez
pas même
G Vsi ce n'est par une main forte.
Vpuissante.
19 ...
20 J’étendrai
GÉtendant ma
Gla main et
G, je frapperai l’Égypte
Gles Égyptiens
par toutes
Vtous mes merveilles
Vprodiges que je ferai au milieu d'
Gchez elle
G Veux
et après cela il vous fera partir.
Vrenverra.
20 ...
1–22 le Seigneur l'appela du buisson Le buisson chante Comment faire chanter un feu qui ne consume pas ? Dans l’Exode, Dieu parle du milieu des flammes ; sur une scène d’opéra, il faut que quelqu’un lui prête sa voix. Rossini la confie à une basse sans nom, et fait du buisson ardent le centre de son premier acte.
Un buisson s’enflamme dans le camp des Hébreux. Du feu sort ce que le livret appelle seulement « une voix mystérieuse ». Elle commence comme en Ex 3,4, en appelant Moïse par son nom : « Moïse, approche-toi. »
L’invitation inverse le texte biblique. À l’Horeb, Dieu dit au contraire : « N’approche pas d’ici, ôte tes sandales, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte » (Ex 3,5). Le buisson de l’Exode tient Moïse à distance ; celui de Rossini l’appelle à venir. La voix annonce que le Seigneur accomplit sa promesse : c’est la mémoire de l’alliance, quand Dieu se souvient d’Abraham, d’Isaac et de Jacob et entend le cri de son peuple (Ex 2,24 ; Ex 3,7). La scène prend alors un caractère d’exaltation.
Puis vient l’envoi : il faut aller vers Pharaon et se préparer à des fureurs nouvelles. C’est le « Va, je t’envoie vers Pharaon » d’Ex 3,10, et ce sont les fléaux qu’Ex 3,20 annonce déjà : « J’étendrai ma main et je frapperai l’Égypte. »
Gioachino (1792-1868), Moïse et Pharaon, Acte I scène 3: Moïse, approche-toi, 1827
Fabrizio Maria Carminati (dir.), Górecki Chamber Choir, Orchestre Virtuosi Brunensis
1–22 Celui qui est Une voix que nul timbre ne peut porter Schönberg refuse de prêter à Dieu une voix humaine unique : celui qui parle du milieu du feu ne peut être ni vu ni représenté, et il faut toute une polyphonie pour le faire entendre.
Schönberg compose les deux premiers actes de son opéra entre 1930 et 1932, sur son propre livret ; le troisième ne sera jamais mis en musique. L’œuvre n’est entendue qu’après sa mort, en concert à Hambourg en 1954, puis sur scène à Zurich en 1957.
La première scène s’intitule « La vocation de Moïse ». Elle s’ouvre sur un accord tenu par six voix solistes, presque sans paroles, puis Moïse invoque Dieu : unique, éternel, présent partout, invisible, irreprésentable. Ce sont les attributs que la Bible fait entendre en Ex 3,14, quand Dieu se nomme « Celui qui est ». La voix du buisson est une invention étrange. Schönberg la confie à six solistes qui chantent, mêlés à un chœur qui parle. Le chant et la parole se superposent sans se confondre : Dieu parle à Moïse d’une voix multiple, qu’aucun timbre ne peut saisir à lui seul.
Moïse, lui, ne chante pas. Son rôle est écrit en Sprechstimme, une parole rythmée, notée, mais sans hauteur fixe. C’est l’homme de la bouche lourde qui, dès Ex 3,11, demande : « Qui suis-je pour aller vers Pharaon ? » Dieu lui donnera Aaron, et Schönberg confie Aaron à un ténor lyrique, aisé, séduisant. Celui qui pense ne sait pas chanter ; celui qui chante risque de trahir la pensée.
Toute la partition repose sur une seule série de douze sons. L’unité de Dieu, que Moïse ne parvient pas à dire, est inscrite dans la construction même de l’œuvre.
Arnold (1874-1951), Moses und Aron, 1954
Georg Solti (dir.), Chicago Symphony Chorus & Orchestra
18 Nous irons à trois jours de marche dans le désert La liberté d'adorer « Laisse-nous aller dans le désert offrir un sacrifice au Seigneur notre Dieu » (Ex 3,18). C’est la première forme de la demande que Moïse répétera devant Pharaon. Les esclaves d’Amérique en ont fait un refrain.
Le spiritual naît au 19e s. parmi les esclaves noirs des États-Unis. Il raconte l’Égypte au présent : « Quand Israël était au pays d’Égypte, opprimé au point de ne plus pouvoir se tenir debout. » Le refrain, Let my people go, est la parole que Dieu met dans la bouche de Moïse devant Pharaon (Ex 5,1).
Louis Armstrong l’enregistre en 1958 dans l’album Louis and the Good Book, consacré aux chants de la Bible. Né à La Nouvelle-Orléans en 1901, petit-fils d’esclaves, il chante un texte qui appartient à sa propre famille.
« Ils écouteront ta voix », dit Dieu à Moïse. La voix d’Armstrong est rocailleuse, lente, sans éclat, et elle n’est jamais seule : un chœur lui répond. Moïse ne va pas seul chez Pharaon, il y va avec les anciens ; le soliste du spiritual ne chante pas seul non plus.
La demande n’est pas d’abord politique. Le peuple veut sortir pour offrir un sacrifice à son Dieu, et le spiritual est lui-même une prière. La liberté réclamée est celle de pouvoir adorer.
Louis (1901-1971), Go Down Moses, 1958
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Go down, Moses, way down in Egypt land, tell old Pharaoh to let my people go. Now when Israel was in Egypt land (Let my people go) oppressed so hard they could not stand (Let my people go), so the Lord said : go down, Moses way down in Egypt land, tell old Pharaoh to let my people go. So Moses went to Egypt land (Let my people go), he made old Pharaoh understand (Let my people go), yes the Lord said : go down, Moses way down in Egypt land, tell old Pharaoh to let my people go. Thus spoke the Lord, bold Moses said, (Let my people go), if not I'll smite your firstborn dead (Let my people go), 'cause the Lord said : go down Moses way down in Egypt land, tell old Pharaoh to let my people go, tell old Pharaoh to let my people go.