La Bible en ses Traditions

Psaumes 83,1–19

M
G S
V

Cantique. Psaume d’Asaph.

...

CANTIQUE DU PSAUME D'ASAPH

O Dieu, pas de répit pour toi

ne te tais pas et ne te repose pas, ô Dieu !

...

Dieu, qui sera semblable à toi ?

Ne va pas te taire ni te retenir, Dieu 

Car voici que tes ennemis s’agitent bruyamment

et ceux qui te haïssent lèvent la tête.

...

maintenant que, voici : tes ennemis ont fait grand bruit

et ceux qui te haïssent ont relevé la tête,

Contre ton peuple ils trament un complot

ils conspirent contre tes protégés

...

ils ont manigancé sur ton peuple,

conspiré contre tes saints,

Ils disent : — Venez et exterminons-les d’entre les nations

et que le nom d'Israël on n'ait plus de souvenir ! 

...

ils ont dit : — Venez, anéantissons-les de la race

et qu'on ne se rappelle plus le nom d'Israël !

Car ensemble ils se concertent d’un seul cœur

contre toi ils concluent une alliance

...

Maintenant qu'il ont conspiré, d'une seule âme, d'un même cœur

qu'ils ont fait alliance contre toi

M V
G S

les tentes d’Edom

Vdes Iduméens et les Ismaélites,

Vde l'Ismaélite,  

Moab et les Agaréniens,

...

Gébal et Ammon et Amalec,

  la Philistie

Vdes étrangers avec les habitants de Tyr ;

...

Assur en plus se joint à

Vest venu avec eux 

et prête son bras aux

Vils ont prêté secours aux fils de Lot !

 - Séla

VDIAPSALMA

...

M
G S
V

10 Traite-les comme Madian et Sisara

comme Yabin au torrent de Cison !

10 ...

10 Fais-leur comme à Madian et Sisara

comme à Jabin au torrent de Quison !

M V
G S

11 Ils furent anéantis

Vfurent mis en lambeaux à Endor

ils devinrent du fumier pour

Vcomme le fumier de la terre.

11 ...

M
G S
V

12 Traite leurs chefs comme Oreb et Zeb 

et tous leurs princes comme Zébée et Salmana.

12 ...

12 Traite leurs princes comme Oreb

et Zeb et Zébée et Salmana 

tous leurs princes 

13 Eux qui disaient :  Emparons-nous des demeures de Dieu ! 

13  

13 qui dirent : — Possédons en héritage le sanctuaire de Dieu !

M V
G S

14 Mon Dieu, rends-les semblables au tourbillon

Vfais-les tourner comme une roue 

à la paille qu’emporte le

Vcomme de la paille devant la face du vent 

14 ...

15 comme le feu brûle

Vqui dévore la forêt

comme la flamme embrase

Vdévorant les montagnes !

15 ...

M
G S
V

16 ainsi poursuis-les par ta tempête

et par ton ouragan frappe-les d'épouvante .

16 ...

16 Ainsi les poursuis-tu de ta tempête

et de ta colère les bouleverseras-tu :

M V
G S

17 couvre leurs faces d’ignominie

afin qu’ils cherchent

Vet ils chercheront ton nom, YHWH.

VSeigneur ;

17 ...

M
G S
V

18 Qu’ils soient à jamais dans la confusion et l’épouvante

dans la honte et dans la ruine !

18 ...

18 qu’ils rougissent et soient bousculés pour les siècles des siècles,

et confondus, qu'ils périssent 

19 et qu’ils sachent que ton nom est YHWH

que seul tu es le Très-Haut sur toute la terre !

19 ...

19 et qu'ils sachent que tu as pour nom « Seigneur »,

toi, seul Très-Haut sur toute la terre !

Texte

Vocabulaire

4 ton trésor V littéralement : secret, mystère. Le mot peut signifier aussi la partie secrète du temple, les richesses cachées dans l'arche, trésor caché, etc. (cf. Blaise)

Réception

Comparaison des versions

2 V— IUXTA HEBR

  • O Dieu, ne te tais pas, ne garde pas silence et ne te repose pas, ô Dieu !

2 V— IUXTA HEBR.

  • O Dieu, ne te tais pas, ne garde pas silence et ne te repose pas, ô Dieu !

3 V— IUXTA HEBR.

  • Car voici que tes ennemis s’agitent bruyamment et ceux qui te haïssent ont levé la tête.

4 V— IUXTA HEBR.

  • Contre ton peuple ils ont délibéré méchamment | ils ont formé un projet contre ton trésor

5 V— IUXTA HEBR.

  • Ils ont dit : — Venez et exterminons-les d’entre les nations | et que le nom d'Israël on n'ait plus de souvenir ! 

6 V— IUXTA HEBR.

Car ils ont délibéré pareillement | contre toi ils ont conclu une alliance

8 V— IUXTA HEBR.

  • Gébal, Ammon et Amalec | la Palestine avec les habitants de Tyr

9 V— IUXTA HEBR.

  • Assur aussi est venu avec eux | et sont devenus le bras des fils de Lot. TOUJOURS

13 V— IUXTA HEBR.

  • Eux qui ont dit : — Emparons-nous de la beauté de Dieu ! 

15 V— IUXTA HEBR.

  • Comme le feu brûle entièrement la forêt | et comme la flamme dévore les montagnes

16 V— IUXTA HEBR.

  • ainsi poursuis-les par ta tempête | et par ton ouragan frappe-les d'épouvante.

18 V— IUXTA HEBR.

  • Qu’ils soient confondus et dans le trouble à jamais | qu'ils rougissent et périssent !

19 V— IUXTA HEBR.

  • et qu'ils sachent que ton nom est « Seigneur » | seul tu es Élevé sur toute la terre.

Liturgie

19.14 Qu'ils sachent que ton nom est Seigneur Graduel

« Sciant gentes »

Traditionnel, Graduel - Sciant gentes

Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

© Abbaye du Barroux→, Ps 83,19.14

Tradition chrétienne

7–12 Moab et les Agaréniens, Gebal et Ammon (V) quot uerba, tot mysteria : autant de mots, autant de mystères ! EXÉGÈSE DES PÈRES   

L'étymologie comme genre littéraire

Alors que la tradition grecque cherche à situer ces versets dans l'histoire de l’Israël ancien, la tradition latine à partir de Jérôme et d'Augustin, cherche dans l'étymologie des noms propres le fondement d'une interprétation allégorique de ces récits de combats antiques comme lutte des hérétiques contre la vraie doctrine, elle-même reproduisant celle des ennemis du Christ en sa passion (CCSL 385-6).

  • Jérôme Tract. Ps.sur Ps 83,7-8 « Chacun de ces noms renferme un mystère particulier : autant de mots, autant de mystères [Moab et Agareni, Gebal et Ammon. Singula nomina habent singula sacramenta : quot enim uerba, tot mysteria], ou encore sur Ps 83,87 « Vous voyez que ce sont des passages très difficiles, vous voyez qu’ils sont obscurs, et que dans chacune des paroles se trouvent de grands mystères sacrés » [In singulis sermonibus magna sunt sacramenta] (CCL 78, 93).

Il affirme la nécessité de recourir à l'hébreu en décrypter un sens profitable aux Églises du Christ :

  • Jérôme Tract. Ps.sur Ps 83,7-8 « La nécessité nous oblige à nous attarder plus longuement sur des mots hébreux, pleins de mystère. Car nous ne sommes pas en train ici d’examiner un passage de rhétorique : nous nous efforçons d’interpréter ce qui a été dit par l’Esprit Saint. En effet, si nous n’interprétons pas ainsi, comme nous l’avons dit, à quoi sert aux Églises du Christ de lire "tabernacles des Iduméens", des "Ismaélites" et tous les autres noms ? »

Il s'applique donc à élucider l'étymologie de chacun des noms à partir de l'hébreu, dans un exposé qui mêle étymologie « scientifique » et rêverie poétique sur les connotations des mots :

  • Iduméens = sanguinaires ou terrestres (dām ou ’ădāmâ « sang, humus »). Ismaélites = qui s'obéissent à eux-mêmes (šm‘ « écouter »), en mettant tout de suite à exécution leur pensée mauvaise. Moab = né du père (m + ’āb), et donc s'écartant de Dieu le Père. Agaréniens = prosélytes (gār « qui séjourne » ?). Gebal (gé’ + bal « vallée de rien ») = vallée vide, puisque, en combattant le peuple de Dieu, ils ne viennent pas de la montagne, symbole d'élévation. Ammon = peuple agité, faisant confiance à la multiplicité plutôt qu'à la simplicité (hāmôn « multitude », mais hébreu ‘ammôn). Amalech (‘am + lḥk « peuple, lécher » ?, mais hébreu ‘mmlq) = qui lèche la terre comme le serpent, au lieu de manger le pain du ciel. Grec et latin, étrangers, mais hébreu Philistins = ceux qui tombent (npl ?) en buvant à la coupe du diable. Tyr = angustia et tribulatio « angoisse et oppression » (māṣôr, de ṣwr « opprimer, assaillir »). Lot = celui qui se détourne (Lôṭ dérive de lwṭ l’ṭ « couvrir », c'est plutôt lwz qui veut dire « se détourner »).
Les mystères dans les mots

À propos de « Oreb et Zeb et Zebee et Salmana » (Ps 83,12), il propose un déchiffrement au terme duquel  les ennemis d’Israël deviennent des figures des ennemis du Christ

  • Jérôme Tract. Ps.sur Ps 83,12 « Qui donc peut penser que dans ces mots se trouvent des mystères du Sauveur ? Les philosophes les lisent et s’en moquent ; les rhéteurs les lisent aussi, et n’y voient plus que des extravagances. Et ce ne sont pas seulement les rhéteurs, mais encore les Juifs : ils ne possèdent pas la clé de la connaissance, car un voile a été posé devant leurs yeux. Oreb signifie trou, où le serpent se glisse ; Zeb signifie loup. Considérez les noms des chefs ennemis du Christ. Zebee, victime, c’est-à-dire ceux que le loup a étouffés ; et Salmana, accomplis dans la malice. Voyez donc les mystères cachés dans les noms, etc. » [Quis putat in istis uerbis esse mysteria Saluatoris ? Legunt hoc philosophi, et inridunt : legunt rhetores, et nunc putant esse deleramenta. Non solum autem rhetores, sed et Iudaei : non habent clauem scientiae, quoniam uelamen positum est ante oculos eorum. Oreb interpretatur foramen, in quo coluber ingreditur ; Zeb interpretatur lupus. Videte nomina principum aduersariorum Xpisti. Zebee, hostia, hoc est, quos lupus suffocauerit ; et Salmana, perfecti in malitia. Videte ergo nominum sacramenta. Qui dixerunt: Hereditate possideamus sanctuarium Dei. Dixerunt, sed non perfecerunt : quia Dominus pugnabat pro populo suo]. (CCSL 94)

Ce passage particulier est l'occasion de souligner un trait important de l'œuvre de Jérôme, son grand respect de la lettre biblique que l'on a parfois négligé en réduisant sa pratique à une recherche « cicéronienne » de clarté.

LE SIGNIFIANT BIBLIQUE COMME VALEUR EN SOI

Du fait de l’autorité divine attachée au texte biblique, Jérôme donne au signifiant des Écritures saintes une valeur supérieure à celle de n’importe quel autre signifiant littéraire.

Un texte plus-que-sublime

Sur les plans poétique et esthétique, les mots de l’Écriture ne sont pas seulement beaux du fait d'une proportion adéquate du signifié et du signifiant, à mi chemin « naturel » entre atticisme et asianisme, selon l'idéal du sublime codifié par Ps.-Longin Subl. Ils constituent un concentré sémantique très dense, comme Jérôme le remarqua à propos de la fin assez désabusée de l'Ecclésiate (Qo 12,12) :

  • Jérôme Comm. Eccl.12,12 « [L'Ecclésiaste] enseigne certes qu’il faut rechercher la brièveté, et que les sens doivent être poursuivis plutôt que les mots, en opposition aux philosophes et aux docteurs de ce siècle, qui s’efforcent de soutenir les faussetés de leurs doctrines par la vanité et la prolixité du discours. À l’inverse, l’Écriture divine est resserrée dans un cercle bref [Scriptura divina brevi circulo coarctata est], et, dans la mesure où elle se déploie d'autant plus dans les pensées [in sententiis], qu'elle se resserre davantage dans l’expression [in sermone]. Car Dieu a accompli sur la terre une parole achevée et abrégée, et son verbe est proche, dans notre bouche et dans notre cœur  Rm 10,8 ; Dt 30,14). Bien que le nombre de mots [sermo] soit limité, la profondeur des significations théologiques et spirituelles [sententiae] est infinie. Dieu ne se perd pas en paroles inutiles. Chaque terme est "comprimé" pour contenir un maximum de vérité » (CCL 72,359 ; PL 23, col.1171). [certe docet brevitati studendum, et sensus magis sectandos esse quam verba, adversus philosophos et seculi hujus doctores, qui suorum dogmatum falsitates conantur asserere vanitate ac [4 multitudine] sermonum. Econtra Scriptura divina brevi circulo coarctata est,et quantum dilatatur in sententiis, tantum in sermone constringitur. Quia consummatum breviatumque sermonem fecit Deus super terram, et verbum ejus juxta est in ore nostro, ein corde nostro (Rom. x, 8; Deut. xxx, 14)].

L’allusion au verbum abreviatium de Paul est doublement christologique : ce « Verbe » n'est plus la Loi et ses 613 commandements,  mais le Verbe de la foi (verbum fidei), « abrégé » en une confession simple : dire de sa bouche Jésus Seigneur et croire en son cœur que Dieu l'a ressuscité des morts.

En liant Rm 9,28 et Rm 10,8, saint Jérôme explique que le Christ est le Verbe abrégé parce qu'il a résumé toute l'immensité de la sagesse divine dans la simplicité de l'Évangile et de l'Incarnation. C'est ce qui permet à l'Écriture d'être « resserrée dans son texte » tout en étant « déployée dans son sens ».

Une réception dialectique : entre laconisme et asianisme

Dans la façon de recevoir le texte biblique, cette conception du texte provoque une véritable dialectique. 

Laconisme dans la traduction

L'incomparabilité du signifiant biblique, la présence du mystère dans la lettre elle-même, invite au plus grand respect des signifiants tels qu’ils se présentent.

Sur le plan syntagmatique

Même l’ordre des mots importe, souligne Jérôme quand il doit justifier sa façon de traduire l’Écriture.

  • Jérôme Ep. 57,5,2 « Car pour moi, non seulement je l’avoue, mais je le professe ouvertement : dans la traduction des textes grecs, à l’exception des saintes Écritures [absque Scripturis sanctis], où l’ordre même des mots est un mystère [ubi et verborum ordo mysterium est], je ne rends pas mot à mot [non verbum e verbo], mais j’exprime le sens à partir du sens [sed sensum exprimere de sensu]. (CSEL 54,508,9). Ego enim non solum fateor, sed libera voce profiteor, me in interpretatione Graecorum, absque Scripturis sanctis, ubi et verborum ordo mysterium est, non verbum e verbo, sed sensum exprimere de sensu.

Contrairement à la tradition cicéronienne qui privilégie le sens en matière de traduction, un autre critère s’applique à l’Écriture sainte où « l’ordre des mots lui-même est un mystère ». Ce mystère littéral, ou sacrement (mysterium, sacramentum) dépend du mystère du Christ.

Sur le plan paradigmatique

Comme Jérôme y insiste dans son commentaire Psaume 83 cité supra, les mots eux-mêmes sont véhicules de mystères. Cette particularité est exprimée à de nombreuses reprises dans les œuvres de Jérôme, en particulier dans ses commentaires sur les Psaumes :

  • « dans chaque mot se trouvent des sens » (in singulis verbis sensus sunt ; Jérôme Tract. Ps.77,154-155, CCL 78,69) ; cf. « dans chaque mot en particulier se trouvent des sens particuliers » [in singulis verbis singuli sensus sunt] (In Esaia paruula adbreuiatio 1,4,101, CCSL 73A,806). « ô combien de mystères, ô combien de fleurs » (O quanta mysteria, o quanti flores ; Jérôme Tract. Ps.77,153, CCL 78,69) ; « chaque nom possède un mystère propre : autant de mots, autant de mystères » (Singula nomina habent singula sacramenta: quot enim verba, tot mysteria ; Jérôme Tract. Ps.82,42-43, CCL 78,386) ; « dans chaque discours se trouvent de grands mystères » (in singulis sermonibus magna sunt sacramenta ; Jérôme Tract. Ps. 82,87, CCL 78,93) ; « l’Écriture sainte est pleine de mystères » (scriptura sancta sacramentis plena est ; Jérôme Tract. Ps. 86,191, CCL 78,115) ; « chaque mot des Écritures est un mystère particulier. Ces paroles simples, que les hommes du siècle tiennent pour rustiques, sont pleines de mystères » (singula verba scripturarum singula sacramenta sunt. Ista rustica verba quae putantur saeculi hominibus, plena sunt sacramentis ; Jérôme Tract. Ps. 90,117-120, CCL 78,130-131) ; « autant de mots, autant de sens ; autant de versets, autant de mystères » (Quot verba, tot sensus: quot versiculi tot sacramenta ; Jérôme Tract. Ps. 92,69, CCL 78,431). 
  • De même, à propos du Livre de l’Apocalypse : « l’Apocalypse de Jean possède autant de mystères que de mots » (Apocalypsis Iohannis tot habet sacramenta, quot verba ; Jérôme Ep. 53,9).
Sur le plan sémantique

Jérôme respecte tellement le signifiant biblique, qu'il recommande un certain sacrificium intellectus en cas de difficulté irréductible. À l'inverse des traductions modernes, il conseille de traduire l'incompréhensible en tant qu'incompréhensible : 

  • Jérôme Comm. Ezech.« Il vaut mieux, en effet, dans les livres divins, traduire ce qui a été dit, même si l’on ne comprend pas pourquoi cela a été dit, que de supprimer ce que l’on ignore. Autrement, bien d’autres choses encore, qui sont ineffables et que l’esprit humain ne peut comprendre, seraient effacées sous ce prétexte. » [Melius est autem in divinis libris transferre quod dictum est, licet non intellegas quare dictum sit, quam auferre quod nescias. Alioquin et multa alia quae ineffabilia sunt et humanus animus non postest comprehendere, hac licentia delebuntur.]  (François Glorie éd., CCSL 75, Turnhout: Brepols, 1964, 17). Cf. aussi Jérôme Ep.. 26.1 (CUF, 2:51-52).
Abondance dans le commentaire

Du fait de la richesse dont ils sont gros, les mots de l'Écriture invitent au commentaire, à la glose à tous les niveaux de la textualité, et donc à une certaine abondance destinée à  en faire sentir oute la profusion sémantique :

Dans l’exégèse biblique, cette mise en valeur du signifiant aboutit chez saint Jérôme à une attention particulière au travail étymologique, qu’il faut comprendre comme un genre littéraire au moins autant que comme la  procédure « scientifique »  (phonético-historico-morphologique) désignée aujourd’hui par ce mot (cf. Dahan 1999, 307-314).

Ce qui évite tout arbitraire à cette abondance du commentaire face à une lettre si sobre, c'est la fidélité au mystères du Christ.

anonyme d'après Georges de La Tour (1593-1652 ), Saint Jérôme lisant, dit aussi Saint Jérôme à l’encrier ou Saint Jérôme Debré, (huile sur toile, 18e s.), 70 x 92 cm,

Inv. MV 2007.1.1, musée Georges de La Tour, Vic-sur-Seille, France © Domaine public→ 

Jérôme en mosette rouge de cardinal tridentin, est assis derrière sa table de travail, la tête penchée pour lire une lettre (peut-être du pape Damase ou d’Augustin d’Hippone, vue sa mine renfrognée!). Les bésicles qu’il retient sur son nez, le livre ouvert, l’encrier évoquent son érudition. Le crâne, un de ses attributs iconographiques, rappelle la sagesse de l’ascète. La lumière de la scène ne provient d’aucune bougie sur la toile, mais une mouchette, instrument en ciseaux servant à couper la mèche brulée d’une chandelle, fait allusion à une Flamme plus intérieure, rayonnant du crâne même du traducteur inspiré, qui éclaire les nocturnes du modèle, comme du peintre.

Arts visuels

1ss Un Dieu qui se repose ? La tempête sur le lac de Tibériade

16e s.

Jan Brueghel l’Ancien (1568-1625), Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée, (huile sur toile, 1596)

Domaine public © Wikimedia commons→, Mc 4