Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 De David
Béni soit YHWH, mon rocher
qui exerce mes mains au combat
et mes doigts à la guerre
1 ...
1 DAVID CONTRE GOLIAD
Béni soit le Seigneur mon Dieu
qui instruit mes mains au combat
et mes doigts à la guerre,
2 mon amour et ma forteresse
ma citadelle et mon libérateur
mon bouclier en qui je m'abrite
lui qui soumet mon peuple sous moi !
2 ...
2 ma miséricorde et mon refuge
mon soutien et mon libérateur
mon protecteur : c'est en lui que j'espérai !
— Tu soumets mon peuple sous moi
3 — YHWH, qu’est-ce que l’homme pour que tu le connaisses
le fils de l’homme, pour que tu en fasses cas ?
3 ...
3 Seigneur ; qu'est-ce que l'homme, que tu te sois fait connaître de lui,
ou un fils d'homme, que tu le considères :
4 L’homme est semblable à un souffle
ses jours sont comme une ombre qui passe.
4 ...
4 l'homme à la vanité a été fait semblable,
ses jours comme l'ombre passent !
5 YHWH, incline tes cieux et descends
touche les montagnes, et qu’elles fument ;
5 ...
5 Seigneur incline tes cieux et descends
touche les montagnes et elles fumeront
6 fais briller l'éclair et disperse-les
envoie et tes flèches mets-les en déroute.
6 ...
6 fulgure de coruscation et tu les dissiperas
envoie tes flèches et tu les bouleverseras
7 Etends ta main d’en haut
délivre-moi et tire-moi des grandes eaux
de la main des fils d'étrangers
7 ...
7 envoie ta main d'en-haut
arrache-moi et me libère des grandes eaux
de la main des fils d'étrangers
8 dont la bouche profère la vanité
et dont la droite est une droite de mensonge.
8 ...
8 dont la bouche a dit la vanité
et la droite est droite d'iniquité !
9 O Dieu, je te chanterai un cantique nouveau
sur la lyre à dix cordes je jouerai pour toi.
9 ...
9 Dieu, je chanterai pour toi un cantique nouveau
au son du psaltérion à dix cordes je psalmodierai pour toi
10 Toi qui donnes aux rois la victoire
qui sauves du glaive meurtrier David, ton serviteur,
10 ...
10 qui donnes le salut aux rois
(et il rachète David son esclave) !
Du glaive méchant
11 délivre-moi et sauve-moi de la main des fils d'étrangers
dont la bouche profère la vanité
et dont la droite est une droite de mensonge.
11 ...
11 arrache-moi
et arrache-moi de la main des fils d'étrangers
dont la bouche a dit la vanité
et la droite est droite d'iniquité
12 Que nos fils soient comme des plants grandis en leur jeunesse !
nos filles comme les colonnes d'angle sculptées à la manière d'un temple !
12 ...
12 dont les fils sont comme les pousses d'une plantation en sa jeunesse
et les filles apprêtées, accessoirisées comme un temple
13 Que nos greniers soient pleins et débordants de tous biens
nos brebis des milliers et par myriades dans nos campagnes !
13 ...
13 et leurs dépôts sont pleins, vomissant l'un dans l'autre
leurs brebis prolifiques, surabondantes à leurs sorties
14 Que nos bœufs soient pesants
ni brèche, ni fuite
ni cri perçant sur nos places !
14 ...
14 leurs bœufs sont gras
pas de brèches au mur d'enceinte ni de passage,
ni de clameur sur leurs places :
1 V—IUXTA HEBR.
2 V—IUXTA HEBR.
3 V—IUXTA HEBR.
4 V—IUXTA HEBR.
5 V—IUXTA HEBR.
6 V—IUXTA HEBR.
7 V—IUXTA HEBR.
8 V—IUXTA HEBR.
9 V—IUXTA HEBR.
10 V—IUXTA HEBR.
11 V—IUXTA HEBR.
12 V—IUXTA HEBR.
13 V—IUXTA HEBR.
14 V—IUXTA HEBR.
15 V—IUXTA HEBR.
1–15 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Ce psaume se chante en introduction à l'office de sortie de sabbat, le samedi soir. Il est chanté en choeur sur un air rythmé, dont une tradition prétend qu'il remonterait à l'Antiquité. s'est fait l'écho de cette tradition qui existait donc déjà à Venise en son temps.
1 Béni soit le Seigneur - Antienne
, Antienne - Benedictus Dominus
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
Antienne chantée aux Vêpres du vendredi.
10 Tes Saints, Seigneur, te béniront Alleluia
, Alleluia Sancti tui...benedicent
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
15 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Ce verset est inclus dans le centon commençant par Ps 105 qui introduit l'office dit des zemirot, suite de psaumes formant la seconde partie de l'office journalier du matin. Il précède la récitation du psaume 145 dans toutes ses occurrences. Il est également chanté en grande cérémonie au moment de la sortie des rouleaux de la Loi.
15a Heureux le peuple qui jouit de tels biens Invitation à la patience
6 coruscation Un terme-symbole de l'œuvre de Jérôme de Stridon Très oublié pendant longtemps (Littérature Ps 144,6), ce terme symbolise peut-êre à lui seul ce qu'il y a de plus précieux dans les versions latines des Écritures.
Coruscatio est un terme relativement rare, dérivé du verbe corusco — qu'on peut traduire « se mouvoir rapidement, vibrer, trembler, brandir, frémir ». Il désigne plus particulièrement le mouvement tremblé du feu, de l’éclair ou d’autres corps lumineux — une vibration d’une telle intensité qu’elle devient lumière. Coruscatio est récent, à l'époque de Jérôme, alors que le verbe coruscare est attesté dès la littérature archaïque (par exemple chez les poètes de la seconde guerre punique).
le substantif coruscatio est un nom relativement rare et semble appartenir au latin postclassique, donc relativement tardif. Il désigne particulièrement le mouvement tremblant du feu, de l’éclair, ou d’autres corps rayonnants — une vibration si intense qu’elle devient lumière.
Coruscare au sens de bouger rapidement, vibrer, frémir, brandir, étinceler est utilisé dans la littérature archaïque (par exemple IV.A.b), et repris par la suite dans la poésie classique (, ). Cf. →Latin de Jérôme et latin classique : quelle esthétique de la traduction.
Le terme avait été christianisé avant Jérôme, qui le trouva chez Tertullien ou chez Prudence
Chez Tertullien, la racine corusco semble aussi traduire un principe exprimé par , comme en ce passage qui propose une comparaison entre âme, air, et lumière, afin de tenter de définir la substance et la corporéité de l’âme :
Sur Héraclide, la doxographie [étude des opinions des divers courants de pensée] de l'âme rappelle souvent sa définition comme une sorte de lumière :
À la même époque que Jérôme, le poète Prudence (348-408) mobilise coruscare fréquemment, l'irisant de nombreuses connotations analogiques.
à propos du nimbe de l'ange Gabriel, dans le cadre de la naissance de Jésus (lumière du Christ qui rejaillit sur son Annonciateur ?)
à propos de saint Laurent :
à propos de l'innocence d'une victime sacrificielle (faisant, par extension, référence à la gloire du martyre, et bien sûr, à celle de l'agneau pascal) :
à propos de l'homme racheté, le sauvé :
Le terme coruscatio assume de multiples nuances dans l’œuvre de Jérôme.
Du point de vue proprement poétique, en ces usages liés au mystère pascal du Christ, le terme connote aussi l'orage cosmique et eschatologique du fragment apocalyptique iinséré par le premier évangéliste au lieu et au moment de la mort de Jésus : Mt 27,51-54) en pleine obscurité (Mt 27,45).
Pour Jérôme ce n'est pas une affaire d'herméneutique, mais bien un processus historique. Il s'appuie en particulier sur les doctrines des Nazaréens, courant judéo-chrétien distinct des Ébionites, qui semblent avoir continué à observer la Loi mosaïque tout en confessant Jésus comme Messie.
En traduisant à travers la polyphonie complexe des manuscrits et des langues, Jérôme rencontre dans la langue biblique une coruscatio, c’est-à-dire une vibration jusqu’à la lumière, du Verbe même de Dieu dans les mots humains.
Ainsi donc, entre l'archaïque coruscare et la postclassique coruscatio, Jérôme enrichit le « magnifique idiome » de la Bible latine en puisant aux sources mêmes de la langue. Son inventivité contrôlée dans la traduction biblique frappe d'autant plus le lecteur, que dans sa correspondance personnelle, il écrit dans le plus pur style impérial du 1er siècle : cf. Tradition chrétienne Lc 12,43 : Idiome biblique et idiome hiéronymien. ; Tradition chrétienne Ac 26,1ss Idiome biblique et idiome hiéronymien.
Maxim (1957-), Saint Jérôme, (acrylique sur toile, 2020-21), 200x 300 cm,, Panneau et prédelle du Polyptyque de la résurrection en 7 panneaux avec leurs prédelles, 5e panneau en partant de la g., Chapelle de la résurrection, Centre Jean XXII, Grand-Duché du Luxembourg, D.R.M. Kantor / LSRS→ © photo BEST aisbl,
Sur le panneau qu’il consacre au Docteur de l’Église (fort à propos pour la chapelle d’un centre universitaire), Kantor actualise la figure de Jérôme comme savant lettré de la Renaissance : il est dans la tenue banale d’un professeur d’université dans son bureau, chapeau de cardinal pendu à son crochet, lion comme un gros chat vigilant à ses pieds, l’œil ouvert sur le spectateur de la toile et environné de multiples livres ouverts sur sa table ou rangés dans leurs rayonnages. Son regard perdu vers la bibliothèque et le geste de son poing droit le saisissent à un moment où il est en pleine hésitation, dans le labeur surhumain qu’il s’est assigné. La prédelle reprend les symboles des vanités souvent associées au labeur de l’ascète de Bethléem : le crâne, les manuscrits, le sablier, le cierge consumé… et les actualise avec la tasse d’espresso, le cendrier plein de mégots et le chat indispensable à tout intellectuel qui se respecte ! (O.-Th. V.)
6 fulgure de coruscation (V) Postérité littéraire
On traduit très littéralement fulgura coruscationem. Le verbe fulgurer→, comme le nom coruscation→ sont attestés en français.
Drapeau de la francophonie→ © Domaine public
Claudel use du terme pour souligner la continuité, dans la culture occidentale, entre paganisme et christianisme.
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1 et mes doigts à la guerre (V) La vraie guerre de David Le latin présente ici un léger paradoxe sur les termes prœlium (combat particulier) et bellum (guerre en général), manus et digitus. On s'attendrait plus logiquement aux paires : plus générale {main-guerre}, et plus particulière {doigt-combat}.
On pourrait interpréter ainsi : prœlium (combat ponctuel) symbolise les luttes quotidiennes, les épreuves concrètes, tandis que bellum (guerre au sens large) évoque la lutte spirituelle globale, la guerre du bien contre le mal. Une paraphrase possible pourrait être : Dieu m’enseigne à combattre dans les batailles (proelium) de la vie, et à mener la grande guerre (bellum) du salut. Les doigts en question seraient ainsi ceux du roi-psalmiste, qui pincent les cordes du psaltérion au son duquel il invente ce cantique neuf (Ps 144,9) sur la grande guerre du salut !
(ca. 1627 Haarlem-1697, Amsterdam), David jouant de la harpe, (huile sur toile, 1670), 142 x 154 cm
Collection privée, Karlsruhe (Allemagne), © Domaine public→, Ne 12
90,1s.15 ; 144,3s ; 102,12 Seigneur notre refuge
Edward (1874-1946), Lord, Thou Hast Been Our Refuge, 1917
Stephen Cleobury (dir.), Choir of King's College, Cambridge
© License YouTube Standard→, Ps 90,2ss.15.144,3s.102,12
Lord, thou hast been our refuge from one generation to another, Before the mountains were brought forth, or ever the earth and the world were made, thou art God from everlasting, and world without end. Again thou sayest Come again, ye children of men, seeing that is past as a watch in the night. And fade away, way suddenly like the grass. But in the Ev'ning it is cut down, dried up, and withered. Thou hast set our misdeeds before thee and our secret sins in thy light of the countenance. The days of our age are threescore years and ten, and tho' men be so strong that they come to fourscore years, yet is their strength then but labor and sorrow, so soon passeth it away, and we are gone. So teach us to number our days, that we may apply our hearts, unto wisdom. Glory be to the Father, and to the Son, and to the Holy Ghost; As it was in the beginning, is now and ever shall be, world without end, Amen.
Sir Edward Cuthbert est né à Huddersfield le 22 août 1874. Il était organiste et compositeur anglais dans la tradition musicale de l'église anglicane.