La Bible en ses Traditions

Philippiens 3,2

Byz V S TR Nes

2 gardez-vous des chiens

gardez-vous des mauvais ouvriers

gardez-vous de la mutilation.

2b mauvais ouvriers Ph 1,15-17.28 ; 1M 3,6 ; Lc 13,27 ; 2Co 11,13 2a chiens Ps 22,17.21 ; 59,7.15 ; Mt 15,26-27 ; Mc 7,27-28 ; 2P 2,22 ; Ap 22,15 ; →Chien

Propositions de lecture

3,1–4,1

Structure

  • transition épistolaire (v.1)
  • exhortation négative à se garder des adversaires et sa justification (v.2-4a)
  • éloge de Paul par lui-même (v.4b-14)
  • conclusion exhortative pour une juste attitude de →Communion (v.15-16)
  • exhortation positive à imiter Paul et ses deux justifications (v.17-21)
  • conclusion (4,1)

Thèmes

Texte

Grammaire

2 Gardez vous de Construction elliptique L’impératif plur. de blepein suivi par une particule signifie habituellement dans le NT « gardez vous de », employé sans particule il signifie « regarder ». Ici, même en l’absence de particule, la triple répétition du verbe, les trois épithètes injurieux et l’antithèse avec le v.3 font préférer « gardez vous de ».

Procédés littéraires

2.18s Invective C'est une attaque ad personam afin d’en détruire le crédit auprès des auditeurs. L’apostrophe directe de l’adversaire manque en Ph 3, mais on trouve le même but et certains artifices rhétoriques propres à l’invective.

Genres littéraires

3,1–4,1 Exemplum Tout ce passage oppose le mauvais exemple des adversaires au bon exemple de Paul et des croyants.

Contexte

Milieux de vie

2 Les adversaires pourraient être des judéo-chrétiens, missionnaires itinérants, comme en 2Co 10-13. Ils invitent les chrétiens de Philippes issus du paganisme à se circoncire et à observer la Tora, comme le font les agitateurs de Ga 5,1-3 ; 6,12-13. Procédés littéraires Ph 3,2.18s ; Tradition juive Ph 3,2a ; Tradition chrétienne Ph 3,2

Réception

Tradition juive

2a chiens Insulte topique récurrente dans la polémique anti-païenne des Juifs (cf. Mt 15,26-27 ; Mc 7,27-28). P. ex. :

  • →Josèphe C. Ap. 2,85 « Voilà les témoignages qu’aurait dû considérer Apion s’il n’avait eu plutôt lui-même le cœur de l’âne et l’impudence du chien, qu’on a coutume d’adorer chez eux. »

Tradition chrétienne

2 chiens mauvais ouvriers + mutilation — Adversaires visés

Par Paul

=  les chrétiens judaïsants
  • Jean Chrysostome Hom. Phil. 10,3,1-3.
= les Juifs
  • Marius Victorinus Ad Phil. 3,1-3.

Par les commentateurs de Paul

= les prédicateurs catholiques

Au Moyen Âge, les membres de l'Ordre des prêcheurs affectionnaient le jeu de mot sur leur surnom de « dominicains » : ils étaient les « chiens du Seigneur » (Domini-canes), rassemblant les brebis du bon pasteur, mettant en fuite les loups, soignant les plaies de leur langue (prédication). Certains réformés tournent le jeu de mots en dérision : 

  • →Brenz Expl. Phil. : Les chiens sont aujourd’hui les religieux qui se hâtent vers les cuisines des maisons, pour se remplir la panse. Du reste, leur prédication sonne comme l’aboiement du chien. Ils parlent trop des mérites humains ; ils offrent, par exemple, le pardon de péchés mortels pour sept ans de pénitence, et ils mesurent la quantité des aumônes nécessaire. Ces Mess-Prediger prétendent ainsi décider au nom de Dieu la mesure de la grâce.

2c mutilation Pourquoi ce mot ?

Pour éviter de provoquer ses adversaires ?

  • →Jean Chrysostome Hom. Phil. 10,3,1-3 « [Paul] ne dit pas : la circoncision est mauvaise, la circoncision est superflue, pour ne pas alarmer ces personnes, mais il procède plus sagement, s’écartant de l’affaire, la gratifiant d’un nom plus recherché. »

Pour désigner par métonymie la division, effet de la querelle

  • →Lapide Comm. ep. Pauli : En désignant la circoncision comme une coupure ou une mutilation, Paul veut peut-être signifier le schisme, voire la perdition éternelle (en tant que retranchement du nombre des sauvés).

Arts visuels

1–21 qui transfigurera le corps de notre humiliation Ce que Dieu peut

Ressusciter la chair

Dans une vallée aride et sombre se presse une humanité souffrante : hommes, femmes et enfants, jeunes et vieilards, pauvres, rois et clercs traînent péniblement un « corps de misère » abîmé par la douleur.   

Un chemin escarpé mène au Christ, source de lumière. Vêtu d'une tunique blanche resplendissante, portant sa croix d'une main et appelant à lui l'humanité de l'autre, il apparaît dans un « corps de gloire » vainqueur de la mort. Au-dessus de lui, une arche de lumière le désigne comme médiateur d'une nouvelle alliance entre Dieu et les hommes. 

Gustave Doré (1832-1883), La Vallée de larmes (huile sur toile, 1883), 413,5 x 627 cm

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