Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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20 Et, l'ayant épié, ils lui envoyèrent des espions qui jouèrent les justes
pour surprendre de lui une parole
afin de pouvoir le livrer à l’autorité et au pouvoir du gouverneur.
21 Et ils l’interrogèrent en disant :
— Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture
et que tu ne fais acception de personne mais que selon la vérité tu enseignes la voie de Dieu.
Vmais tu enseignes la voie de Dieu en toute vérité.
22 Nous est-il permis de donner un tribut à César ou non ?
23 Pénétrant leur astuce
VConsidérant leur ruse, il leur dit :
Byz V S TR— Pourquoi me tentez-vous ?
24 Montrez-moi un denier.
De qui porte-t-il l'effigie et l'inscription ?
Ils dirent
VRépondant, ils dirent : — De César.
25 Et il leur dit :
— Ainsi donc, rendez
V— Rendez donc ce qui est à César, à César
et ce qui est à Dieu, à Dieu !
26 Et ils ne parvinrent pas à le surprendre sur un mot devant le peuple
et, étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.
26 Et ils ne purent surprendre sa parole devant le peuple
et, étonnés de sa réponse, ils se turent.
4,16–24,52 an de grâce NARRATION Chronologie symbolique du ministère public du Christ comme année jubilaire Luc ne rapportant qu'une seule Pâque durant l'âge adulte de Jésus, il sous-entend que son ministère public correspond exactement à l'année jubilaire, depuis le discours dans la synagogue de Nazareth jusqu'à l'Ascension.
20–26 Le tribut dû à César Le sujet fut rare jusqu’à la Renaissance. On le croise dans quelques cycles de la vie du Christ, mais sans iconographie fixe : cet épisode de dialogue, sans miracle ni action, reste difficile à rerésenter visuellement. Le Paiement du tribut de Masaccio, parfois cité, représente un autre passage : Arts visuels Mt 17,24–27.
La première représentation claire est due au , avec Le Denier de César de Dresde (vers 1516), peint pour Alphonse d’Este à Ferrare. Sa formule fit école : deux figures à mi-corps, serrées dans un cadrage étroit, le visage idéal du Christ face au profil rugueux du pharisien, et entre eux la pièce tenue du bout des doigts. Tout le sens passe par les mains et les regards. Titien reprit sujet à la fin de sa vie, vers 1560-8, dans une composition plus peuplée :
Tiziano Vecellio , dit (ca 1506-1576), L'argent du tribut, (Huile sur toile, Vers 1560-1568), 12,2 × 103,2 cm, National Gallery, Londres, Royaume-Uni © CC→
Pendant deux cents ans, le tableau fut accroché dans la sacristie de la résidence royale de Philippe et au monastère de l'Escurial.
Le thème plut aussi à l'époque pour ses implications politiques : dans une Europe déchirée par la question des rapports entre pouvoir religieux et pouvoir civil, le partage entre Dieu et César devient une image commode, que des princes pouvaient lire à leur avantage.
Peinture hollandaise du 17e s.
Cette mise en scène à mi-corps convient parfaitement aux peintres caravagesques, qui aiment les confrontations de têtes en clair-obscur, et le sujet se multiplie.
Pierre Paul (1577-1640), Le Christ et le denier de César, (huile sur panneau de bois, ca. 1610-1615), 144 x 190 cm
Musée des Beaux Arts de San Francisco © Domaine Public→
Après le 17e s., le sujet se raréfie, mais il est encore traité par Philippe de Champaigne vers 1663-1665, Jordaens, John Singleton Copley en 1782 et George Hayter en 1817.