La Bible en ses Traditions

Luc 2,1–52

Byz V S TR Nes

Il advint aussi, en ces jours-là, que sortit un édit de César Auguste

ordonnant de recenser tout le monde habité

Speuple en son pouvoir.

Ce fut le premier recensement, Quirinius

VQuirinus étant gouverneur de Syrie.

Et tous allaient se faire recenser

Vinscrire leur nom, chacun dans sa ville.

Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth

vers la Judée, vers la ville de David qui s’appelle Bethléem,

parce qu’il était de la maison et de la lignée

Vfamille de David,

pour se faire recenser

Vinscrire avec Marie sa fiancée,

Byz TRpromise pour être sa femme, laquelle était enceinte.

Or il advint, comme ils étaient là, que furent accomplis les jours où elle devait enfanter.

Et elle mit au monde son fils, le premier-né,

et elle l'emmaillota

Vl'enroula dans des langes 

et le coucha dans une

Byz TRla mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle.

S[là] où ils logeaient. 

Byz S TR Nes
V

Il y avait dans la région même des bergers qui vivaient aux champs et qui passaient les veilles de la nuit à veiller leur troupeau.

Il y avait dans la région même des bergers qui veillaient et qui passaient les veilles de la nuit à garder leur troupeau.

Byz V S TR Nes

Et Byz V S TRvoici, l'ange du Seigneur se tint près d'eux

et la gloire du Seigneur

Vlumière de Dieu resplendit autour d'

Ssur eux

et ils furent saisis d'une grande crainte.

10 Mais l’ange leur dit :

— Soyez sans crainte

car voici, je vous annonce la bonne nouvelle d'une grande joie, qui sera celle de tout le peuple :  

Smonde : 

11 Aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur

SSeigneur Christ, dans la cité de David.

12 Et voici pour vous le signe :

vous trouverez un nouveau-né emmailloté

Venroulé dans des langes V Neset  placé dans une

S TR la mangeoire. 

13  Et soudain il y eut

Sapparut avec l'ange une multitude de l'armée céleste

louant Dieu et disant :

14 — Gloire à Dieu dans les hauteurs

et sur la terre paix aux hommes, volonté bonne.

Nesaux hommes de sa bienveillance. 

Vaux hommes de bonne volonté.

Set bonne espérance aux hommes.  

15 Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel

que Byz TRles hommes, les bergers se disaient entre eux :

— Passons Byz TR Nesdonc jusqu’à Bethléem

et voyons cette parole qui est arrivée

Vce verbe qui est advenu

que le Seigneur V a fait advenir et nous a fait connaître

Vmontré

16 Et ils vinrent en hâte

et ils trouvèrent Marie et Joseph

et le nouveau-né placé dans la mangeoire.

17 Après avoir vu

VEn le voyant, ils firent connaître

V Nesreconnurent la parole qui leur avait été dite au sujet de cet 

Sl'enfant.

18 Et tous ceux qui les entendirent s'étonnèrent

de ce que leur disaient les bergers.

19 Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces paroles, conférant en son cœur.

20 Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu

pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu

comme il leur avait été annoncé.

21 Et lorsque furent révolus les huit jours pour sa circoncision,

S TRla circoncision de l'enfant,

il fut appelé du nom de « Jésus »

nom dont il fut appelé par l’ange avant qu’il fut conçu dans le ventre de sa mère.

22 Et lorsque furent révolus

Vaccomplis les jours pour leur

V TRsa purification, selon la loi de Moïse,

ils le menèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur

23 selon qu'il est écrit dans la loi du Seigneur 

Vque « Tout mâle ouvrant le sein sera appelé "saint" pour le Seigneur »,

24 et pour offrir en sacrifice, selon ce qui est dit dans la loi du Seigneur,

« un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. »

25 Et voici, il y avait à Jérusalem un homme du nom de « Siméon »

c’était un homme juste et Vcraignant Dieu

attendant la consolation d’Israël

et l’Esprit Saint était en lui.

26 Et il avait reçu une réponse de l'Esprit Saint

Byz S TR Nes reçu de l'Esprit Saint la révélation 

qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur.

27 Et il vint, poussé par l'Esprit, dans le Temple ;

et comme ses parents amenaient l’enfant Jésus pour faire à son égard selon la coutume imposée par la Loi

28 il le reçut dans les

Byz V S TRses bras, bénit Dieu et dit :

29 — Maintenant tu laisses s'en aller ton serviteur, Maître, selon ta parole,

Vton verbe, dans la paix

30 puisque

Vparce que Svoici, mes yeux ont vu ton salut

31 celui que tu as préparé à la face de tous les peuples,

32 lumière pour la révélation des nations et gloire de ton peuple

Vpetit peuple Israël ! 

33 Et son père

Byz S TRJoseph et sa mère étaient dans l’étonnement de ce que l'on disait de lui.

34 Et Siméon les bénit

et il dit à Marie, sa mère :

— Voici, celui-ci est établi pour la chute et le relèvement de beaucoup

Vla ruine et la résurrection d'un grand nombre en Israël

et pour être un signe en butte à la contradiction ; 

35 et toi-même, un glaive te transpercera l'âme, 

afin que d'un grand nombre de cœurs soient révélées les pensées.

36 Et il y avait une prophétesse, Anne, fille de Phanouel

VPhanuel, de la tribu d'Aser.

Elle Saussi  était fort avancée en âge.

Après avoir vécu avec son mari sept ans, depuis sa virginité,

37 elle était restée veuve, parvenue à Byz S TRenviron  quatre-vingt-quatre ans

elle ne quittait pas le Temple

servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière.

38 Elle aussi

Byz TREt elle, survenant à l'heure même,

Byz S TR Nesaprès s'être levée à l'instant même, louait le Seigneur

NesDieu

et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la rédemption de Jérusalem.

39 Et, quand ils eurent achevé tout ce qui était conforme à la loi du Seigneur,

ils retournèrent en Galilée, dans leur ville à Nazareth.

40 Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait dans l'Esprit, rempli

V Nes, rempli

Sdans l'Esprit et se remplissait de sagesse

et la grâce de Dieu était sur lui.

41 Et ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem, pour la fête

Vle jour solennel  de la Pâque.

42 Et quand il eut douze ans

comme ils étaient montés Byz V TRà Jérusalem selon la coutume de la fête,

43 une fois les jours écoulés, alors qu'ils s'en retournaient

l'enfant Jésus resta à Jérusalem

et Joseph et de sa mère

V Nesses parents ne le savaient pas.

44 Pensant qu’il était dans la caravane

ils firent une journée de chemin

et ils le recherchaient parmi leurs proches et leurs connaissances.

45 Et ne l'ayant pas trouvé,

Vne le trouvant pas,

Sils ne le trouvèrent pas et ils s’en retournèrent à Jérusalem pour le chercher.

46 Il arriva que trois jours après

ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs,

les écoutant et les interrogeant ;

47 et tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits

de son intelligence

Ssa sagesse et de ses réponses.

48 Et, le voyant, ils furent frappés d'étonnement.

Et sa mère lui dit :

— Mon enfant

V S Nesfils, que nous as-tu fait en agissant de la sorte ?

Vois, ton père et moi, c'est dans la douleur que nous te cherchons. 

Byz V S TRcherchions. 

49 Et il leur dit:

— Pourquoi me cherchiez-vous ?

Ne saviez

Ssavez-vous pas qu’il me faut être aux affaires

Sdans la maison de mon Père ?

50 Et eux ne comprirent pas la parole qu’il leur dit.

51 Et il descendit avec eux et vint à Nazareth

et il leur était soumis.

Et sa mère conservait toutes ces

Nesles paroles en son cœur.

52 Quant à Jésus, il croissait en Ssa sagesse, en taille

Ssa taille

Vâge et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Contexte

Repères historiques et géographiques

22–50 Un des lieux de l'enfance de Jésus : le Temple de Jérusalem

Le Temple de Jérusalem d'Hérode le Grand, (numérique, Jérusalem : 2022)

M.R. Fournier © BEST AISBL

Mc 11,11-12,44 ; 13,1-3 ; Mt 4,5 ; 21,12-24,2 ; Lc 2,22-50 ; 4,9 ; 19,45 ; 21,5.6.37 ; Jn 2,14-15 ; 5,14 ; 8,20 ; 10,23

Réception

Comparaison des versions

32 petit peuple  : V | Gr : peuple. Inculturation romaine ?  Alors que le texte grec emploie seulement l'alternance ethnos (nation) / laos (peuple), le latin propose la triade populi / gentes / plebs. La plebs désigne la partie inférieure du peuple, par opposition aux patriciens. L'athmosphère générale de la bonne nouvelle annoncée aux anawim, pauvres du Seigneur, n'a pas échappé à la finesse des traducteurs latins, qui savent que Dieu s'adresse plus particulièrement aux pauvres, dans son peuple. 

Frontispice de la bible Polyglotte d’Alcalà (1514-1517), (gravure sur bois) © Domaine public

Voici la traduction du décryptage allégorique imprimé au-dessus de ce frontispice montrant un écu à quinze carreaux surmontés de la croix et du chapeau cardinalice : « Les quinze carrés de cet écu représentent les quinze jours que passèrent ensemble à Jérusalem saint Pierre qui prêchait aux juifs ou à ceux de la synagogue et saint Paul, apôtre des nations. Le chiffre 7 (et en conséquence les 7 carrés de couleur de cet écu) signifie la loi antique ou Ancien Testament ; le chiffre 8 (ou les huit carrés de l'autre couleur) signifient la loi de grâce ou le Nouveau Testament. Le nombre 15 (donc les quinze carrés) les contient tous. »

Liturgie

1.16–48 Joseph FÊTE Saint Joseph Saint Joseph, le père adoptif de Jésus, est présent dans l'évangile de Luc dès l'Annonciation (Lc 1,27), au moment du recensement (Lc 2,1-5) à la Nativité (Lc 2,16), à la Présentation de Jésus au temple (Lc 2,27) ; au recouvrement de Jésus au Temple (Lc 2,48).

La messe de la Saint-Joseph, le 19 mars, est la fête liturgique en l’honneur de l’« époux de la Bienheureuse Vierge Marie ». Saint Joseph est le saint patron de l’Église universelle, des pères de famille et des travailleurs.

T'oros Roslin, Évangiles de T'oros Roslin, (encre et pigments sur parchemin, 1262, Arménie), Le songe de Joseph, 23 × 29,8 cm

W.539, fol. 17 recto, Walters Art Museum, Baltimore (USA) © Domaine public→

HISTOIRE

Calendrier

Saint Joseph est fêté le 19 mars en tant qu’époux de la Bienheureuse Vierge Marie et le 1er mai en tant qu’artisan.

Institution

La fête a été célébrée très tôt dans l’Église. Saint Joseph est mentionné dans les plus anciens martyrologes : dans le calendrier d’Eusèbe de Césarée (4e s.) et dans le Martyrologue de saint Maximin de Trèves (4e s.).

  • Au 5e s. elle était célébrée le 20 juillet dans certains monastères égyptiens.
  • En Occident on trouve une première mention de la fête le 19 mars dans le martyrologe de Rheinau aux alentours de 800. La fête apparaît aussi dans plusieurs calendriers liturgiques de l’Occident à partir du 10e siècle. Le culte de saint Joseph se développa surtout au cours des 14e et 15e s. sous l’influence des Franciscains qui avaient établi en 1399 la fête pour tout leur ordre. La fête de saint Joseph le 19 mars devient une fête d’obligation pour toute l’Église en 1621 sous Grégoire XV.

Le pape Pie IX déclara saint Joseph « Patron de l’Église universelle » le 8 décembre 1870.

  • La fête de saint Joseph artisan le 1er mai a été instituée en 1955 par le Pape Pie XII. Elle a remplacé la fête mobile du Patronage de saint Joseph instituée en 1847 et célébrée dans un premier temps le troisième dimanche après Pâques puis le mercredi de la deuxième semaine après l’Octave de Pâques à partir de 1913.

CÉLÉBRATION

Textes
19 mars : « Saint Joseph époux de la Bienheureuse Vierge Marie »
  • La première lecture de la Messe du 19 mars annonce la paternité adoptive de saint Joseph, de la maison de David, dans la bouche du prophète Samuel : « C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal. Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils » (2S 7,4-16). 
  • Le psaume 89 reprend la promesse faite à David : « J'établirai ta dynastie pour toujours, je te bâtis un trône pour la suite des âges » (Ps 89,2-29). 
  • La deuxième lecture nous fait comparer la confiance de saint Joseph à la foi d’Abraham : « Espérant contre toute espérance, il a cru » (Rm 4,13-22). 
  • L’Évangile selon saint Matthieu donne le récit de l’annonce par l’ange à saint Joseph de la naissance de Jésus (Mt 1,16-24). 
1er mai : « Saint Joseph artisan »

Le missel romain édité après la réforme de 1969 ne prévoit pas de lectures propres pour cette fête. Dans le MRE :

  • la première lecture est tirée de l’épître de saint Paul aux Colossiens et fonde la spiritualité du travail : « Quoi que vous fassiez produisez-le de cœur comme pour le Seigneur et non pas pour des hommes » (Col 3,14-24). 
  • L’Évangile selon saint Matthieu désigne ensuite saint Joseph par son métier de charpentier : « Celui-ci n'est-il pas le fils du charpentier ? Est-ce que sa mère ne s’appelle pas Marie ? » (Mt 13,54-58). 

MYSTAGOGIE

Typologie biblique

→Typologie de Jésus-Joseph dans le NT 

Les deux Joseph

  • « Le premier Joseph vendu par ses frères, et en cela figure du Christ, fut conduit en Égypte ; le second, fuyant la jalousie d’Hérode, porta le Christ en Égypte. Le premier Joseph, gardant la foi à son maître, respecta l’épouse de celui-ci ; le second, non moins chaste, fut le gardien de sa Souveraine, de la Mère de son Seigneur, et le témoin de sa virginité. Au premier fut donnée l’intelligence des secrets révélés par les songes ; le second reçut la confidence des mystères du ciel même. Le premier conserva les récoltes du froment, non pour lui-même, mais pour tout le peuple ; le second reçut en sa garde le Pain vivant descendu du ciel, pour lui-même et pour le monde entier. » Bernard de Clairvaux Hom. II Missus est 

RELIGION POPULAIRE

Saint Joseph est immensément populaire : seul être humain à qui Dieu incarné en Jésus-Christ ait pu dire « père », sa puissance d'intercession auprès de son Fils glorifié en faveur de ceux qui le prient, ne fait aucun doute pour les humbles croyants. 

Cotignac

Dans la seule apparition du père de Jésus jamais reconnue par l'Église catholique, saint Joseph est apparu à Cotignac, en Provence, en 1660. Gaspard Ricard, berger, se retrouva assoiffé au milieu d’une journée brûlante de juin. Tout à coup, un homme surgit devant lui et lui dit en montrant une pierre : « — Je suis Joseph, enlève-la et tu boiras ». Le pâtre fit basculer le lourd rocher au premier effort et trouva une source miraculeuse. Cette source coule toujours en haut de la colline du Bessillon et son eau a obtenu de nombreuses guérisons.

Inscription à la source de saint Joseph, Cotignac (Provence, France) © Domaine public→

Montréal (Québec, Canada)

L’Oratoire Saint Joseph du Mont-Royal dans la ville de Montréal, troisième plus grand oratoire au monde, attire deux millions de visiteurs chaque année. Construit sur l’initiative du saint frère André Bessette, ce sanctuaire est témoin des nombreuses grâces et guérisons obtenues par l’intercession de saint Joseph. L’huile qui brûle devant la statue de saint Joseph est distribuée en dévotion au père nourricier du Rédempteur et a provoqué de nombreux miracles.

Paolo Costa Baldi, Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, Montréal (Québec, Canada), photographie numérique © CC-BY-SA 3.0→

Les guérisons attribuées au frère André amenèrent tant d'ex-voto (béquilles, cannes, corsets) que l'Oratoire dut construire une chapelle spéciale pour les accueillir. Les pieds dans l'obscurité et le visage empreint d'une lumière céleste, saint Joseph recueille les prières de ses enfants et bénit ceux qui se confient en lui :

Au-dessus du tombeau du frère André, chapelle votive de l'Oratoire saint Joseph (Montréal), Photographie numérique, 2015 © B.E.S.T.→

La petite statuette de saint Joseph tenant l'Enfant Jésus, enfermée dans sa vitrine avec sa mèche flottant sur l'huile, est au cœur de la dévotion fondée par le frère André. Bénie personnellement par le pape Pie X en 1909, elle brûle jour et nuit depuis plus d'un siècle, et l'huile recueillie devant elle est remise aux pèlerins comme signe de foi et d'intercession.

Union artistique de Vaucouleurs, Saint Joseph et l’Enfant au bassin d’huile (plâtre et laiton, reproduction de 1957), 74,3 x 21,7 x 17,8 cm

n° 1973.212, Musée de l’Oratoire © Philippe Renault/hemis, 2021→

Santa Fe (Nouveau Mexique, États, Unis)

A Santa Fe au Nouveau Mexique, l’escalier de la chapelle de Loretto est connu pour son mystérieux artisan. Les ouvriers se sont rendu compte à la fin des travaux que le chœur situé à l’étage de la chapelle était inaccessible depuis la nef. Les Sœurs de Lorette prièrent une neuvaine à saint Joseph artisan pour obtenir une grâce. Le neuvième jour un étranger se présente comme un charpentier et propose de construire l’escalier manquant. Son ouvrage terminé il disparaît sans demander de salaire. L’escalier, construit sans clou ni colle, ne repose sur aucun support central : on l’appelle « l’escalier miraculeux ».

L'escalier miraculeux de la chapelle de Lorette, Santa Fe (USA), photographie numérique © CC BY-SA 3.0→,  

 Depuis ce temps une rumeur circule à Santa Fe que le mystérieux charpentier serait ... saint Joseph lui-même venu apporter une solution au problème des sœurs !

CULTURE POPULAIRE

Sicile et États-Unis

En Sicile, mais aussi dans des communautés Italo-Américaines, par exemple à la Nouvelle-Orléans, il est coutume de faire une grande fête pour la Saint-Joseph et de distribuer des fèves. Les fèves sont séchées, torréfiées et bénies et distribuées à la population devenant ainsi la très populaire « fève porte-bonheur ». La légende raconte aux États-Unis que posséder cette fève préserve de la faillite, ou encore que la conserver dans son garde-manger assurera d’avoir toujours à manger dans la cuisine. Cette coutume repose sur la puissante intercession de saint Joseph pour toutes les nécessités matérielles.

Dans ces mêmes endroits on érige aussi des « autels » à saint Joseph, décorés avec des bougies, des statues, des fleurs, des médailles, mais aussi des offrandes de nourriture : elles sont ajoutées à la corne d’abondance dont chacun est invité à se régaler pendant la fête.

Ces traditions siciliennes viennent de la sécheresse et de la famine que la Sicile a vécues au Moyen-Âge. Les habitants prièrent saint Joseph de faire tomber la pluie, et lui promirent une grande fête pour le remercier. La pluie étant tombée, les siciliens exaucés firent un banquet en l’honneur de saint Joseph.

Défilé avec des chevaux ornés de fleurs dans les rues de la ville pour la procession religieuse de la Saint-Joseph, (Photographie numérique, 2014)

Sicccli (Province de Raguse, Sicile, Italie) © Stocklib / agiampiccolo→

Valence (Espagne)

La fête des Fallas est la fête patronale de Valence, dont le saint patron est saint Joseph, patron des charpentiers.

Le terme falla vient du latin facula, « petite torche ». L'origine remonte au Moyen Âge : les charpentiers brûlaient à la fin de l'hiver le support en bois qui servait à accrocher leur torche, ajoutant au bûcher toutes sortes de détritus dont ils voulaient se débarrasser. Au fil du temps, ces supports furent recouverts de vieux vêtements et prirent peu à peu l'apparence de personnages reconnaissables de l'entourage des charpentiers, jusqu'à devenir des représentations satiriques.

Du 1er au 19 mars, des spectacles et défilés mêlent art éphémère, satire sociale, feu et pyrotechnie dans une célébration qui se conclut le jour de la Saint-Joseph par la cremà : l'incendie spectaculaire de toutes les fallas, précédé de nombreux actes emblématiques. Un seul ninot, choisi par vote populaire, est épargné des flammes pour rejoindre la collection du Musée des Fallas.

Rafa Esteve, L'embrasement des Fallas qui marque la fin de la plus grande fête de Valence, (Photographie numérique, 20/03/2019)

© Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International→

La fête des Fallas a été inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO le 30 novembre 2016.

Gastronomie

Les zeppole di San Giuseppe sont des pâtisseries italiennes (beignets ou choux garnis de crème) préparées le 19 mars pour la fête de Saint Joseph. Elles s’inscrivent dans la tradition des « tables de saint Joseph », où l’on offre des aliments en action de grâce et en partage avec les pauvres, en mémoire d’une famine surmontée. Par leur abondance et leur douceur, elles symbolisent à la fois la providence et la générosité associées à Saint Joseph.

Luca Sartoni, Zeppole posés sur un plat, (Photographie numérique, 2010)

© Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic→

21–40 ils le menèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur FÊTE La Présentation de Jésus au Temple La Présentation de Jésus au Temple, autrefois appelée « la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie », est la fête liturgique qui vient clore le temps de Noël, quarante jours après la naissance de Jésus.

Maître de Bagnacavallo (ca. 1278 à Imola,IT), Graduel, (tempera et encre sur parchemin), 18.6 x 14.9 cm

Présentation du Christ au Temple dans un S initial, The Met Museum, New-York (USA), © Domaine public→

HISTOIRE

Calendrier

La fête se célèbre le 2 février, soit quarante jours après le 25 décembre, respectant ainsi le délai historique de la purification prescrite par la loi mosaïque. 

Institution

Les premières traces de la célébration de la Présentation du Seigneur se trouvent en Orient, dans le journal de pèlerinage d'Égérie Itin. vers la fin du 4e s. Le rite de la procession des cierges fut probablement ajouté en 450. Cette fête s'imposa à Constantinople au 6e s. sous le nom d'Hypapantê, c'est-à-dire la « Rencontre » du vieillard Siméon et du Sauveur.

Rome reçoit d'Orient cette célébration au milieu du 7e siècle, et la célèbre sous son nom grec ou en l'appellant Obviatio (Rencontre) ou encore de « jour de saint Siméon ». Le pape Sergius Ier (687–701) institue une procession stationnale avec cierges qui fera de ce jour une fête visible et populaire.

Cette fête permet de christianiser les Lupercales qui se tenaient au mois de février : pour les romains ce mois était très important d’un point de vue religieux et symbolique, en tant que dernier mois de l’hiver. Il était dédié en particulier aux rites de purification et de fécondité, si bien que le verbe latin februare, « purifier », a donné le nom au mois.

Andrea Camassei (1602-1649), Les Lupercales (huile sur toile, ca. 1635), 238 x 366 cm

Musée du Prado, Madrid (Espagne) © Domaine public→

Au milieu du 8e siècle, une nouvelle appellation se fit jour en pays francs, celle de purificatio Sanctae Mariae. Aux 9e et 10e siècles, les deux titres se concurrencèrent, puis le second prévalut.

Seul le martyrologe de la basilique Saint-Pierre indique le nom de Présentation en Occident : Ypapanti Domini, id est obviatio seu appresentatio Domini nostri Iesu Christi secundum carnem.

En 1997 le pape saint Jean-Paul II institue le 2 février comme « Journée de la vie consacrée ». 

CÉLÉBRATION

Textes
  • La première lecture de la messe de la Présentation du Seigneur est tirée du livre du prophète Malachie qui annonce la venue du Seigneur lui-même dans son temple (Ml 3,1-4).
  • Le psaume 24 célèbre l’entrée du Roi de gloire dans son Temple en passant par les portes éternelles (Ps 24,7-10).
  • L’Évangile selon Luc livre le récit de l’événement (Lc 2,22-40).
Rites

La fête de la Présentation est marquée par une des plus importantes processions de l’année liturgique avec celle des Rameaux. Le prêtre commence par bénir les cierges déposés sur l’autel : cinq grandes oraisons étaient traditionnellement chantées pour cette bénédiction (MRE) en reprenant le symbolisme du feu divin dans l’Ancien Testament et en demandant que le feu invisible du Saint-Esprit embrase nos âmes. Après que les cierges aient été distribués au chant du cantique de Siméon commence la procession accompagnée des fidèles tenant leurs cierges allumés.

Mystagogie
La Présentation : une fête de l'obéissance
  • La Présentation du Seigneur accomplit une prescription de la loi juive du livre de l’Exode : « Consacre-moi tout premier-né, qui sort du sein maternel parmi les fils d’Israël » (Ex 13,2.11-13) : Liturgie Ex 13,1.
La Purification : une célébration de l'humilité

En évoquant la quarantaine et les rites de purification imposés aux parturientes (Propositions de lecture Lv 12,1–8), c'est l'humilité de la Vierge qu'on souligne :

  • « Le plan divin qui avait exigé que Marie fût l'épouse de Joseph, pour protéger, aux yeux du peuple, sa virginité féconde, demandait donc que cette très chaste Mère vînt comme les autres femmes d'Israël offrir le sacrifice de purification, pour la naissance du Fils qu'elle avait conçu par l'opération de l'Esprit-Saint, mais qui devait être présenté au Temple comme le fils de Marie, épouse de Joseph » Guéranger L'Année liturgique (Temps de Noël, vol. 2, la Purification de la Très Sainte Vierge).
La Chandeleur : l'entrée dans le Temple de la Lumière
  • La Présentation de Jésus au temple est aussi appelée « Chandeleur » car la procession qui précède la Messe rappelle le voyage de Marie et de Joseph montant au Temple, pour y présenter « l’Ange de l’Alliance », comme l’avait prédit Malachie : « et aussitôt viendra dans son temple le Seigneur que vous cherchez, l’ange de l’alliance que vous désirez » (Ml 3,1). 
  • Cette fête célèbre le Christ « Lumière du monde » selon le Cantique du vieillard Syméon : « lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple, Israël » (Lc 2,32). « La cire des cierges signifie la chair virginale du divin enfant, la mèche figure son âme et la flamme sa divinité » (Saint Anselme, Enarrationes in Lucam).

CULTURE POPULAIRE

Dernière fête du cycle de Noël, la Présentation du Seigneur est le jour à partir duquel on retire les crèches des églises et des maisons pour se tourner vers le mystère pascal à venir.

La dimension populaire de cette fête est représentée par des proverbes liés au passage de l’hiver au printemps, tels que : « Quand le soleil de la Chandeleur fait lanterne – Quarante jour après, il hiverne », ou « Rosée de Chandeleur, Hiver à sa dernière heure ».

La Fête de la Purification a marqué certaines coutumes populaires : par exemple, dans le village sicilien de Chiaramonte, les femmes montent au sommet la montagne le jour précédant la fête, et se purifient avec la rosée.

Il est traditionnel de faire des crêpes le jour de la Chandeleur : leur forme ronde et leur couleur dorée rappellent le Soleil de retour après les longues nuits d’hiver. Cette coutume annonçait la prospérité selon le proverbe : Si point ne veut de blé charbonneux, Mange des crêpes à la Chandeleur. Certains paysans faisaient sauter la première crêpe avec la main droite en tenant une pièce d’or dans le creux de leur main gauche. La crêpe fourrée de la pièce était gardée en haut d’une armoire pour donner la pièce d’or l’année suivante au premier pauvre de passage.

Crêpe de la Chandeleur, photographie numérique, 2005 © CC BY-SA 3.0→

Aux États-Unis et au Canada la Chandeleur est aussi le « Jour de la marmotte » : on observe une marmotte sortir de son terrier, selon qu'elle voit son ombre (par temps clair) et en est effrayée au point de rentrer derechef dans son antre, ou qu'elle ne la voit pas (par temps couvert) et se met à vaquer à ses occupations extérieres, on en infère que l'hiver durera encore six semaines ou bien est près de se finir.

Aaron Silvers, Groundhog day, photographie numérique

01/02/2005, Pennsylvanie (USA) © Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic→ 

1,31 ; 2,21 tu l'appelleras du nom de « Jésus » + il fut appelé du nom de « Jésus » nom dont il fut appelé par l'ange... — Culte du nom de Jésus en Occident

D'après Ignace de Loyola (1491-1556), Emblème IHS des Jésuites, (remastérisation numérique d'un dessin de 1541)

 version numérique : D.R. Moranski © Domaine public→ 

La croix est ici assez ornée, mais les premières représentations modernes montrent parfois une croix simple ou diverses ornementations baroques les trois clous sont parfois représentés perçant un cœur ; les rayons droits et ondulés alternés se trouvent dans les spécimens historiques, et parfois avec deux ou trois rayons droits séparant les rayons ondulés. Leur nombre est souvent de 32 comme ici, mais parfois aussi de 12, 16 ou 24. L'emblème est parfois entouré de l'inscription : et vocatum est nomen eius Iesus (Lc 2,21).

Hymnes

En occident, de nombreuses hymnes vénèrent le nom de Jésus, soit en commençant par le nom lui-même, soit en l'invoquant dans les strophes suivantes, soit dans les doxologies :

  • Hymne de Laudes de la Fête du Sacré-Coeur « Jesu, auctor clementiae, / totius spes laetitiae, / dulcoris fons et gratiae, / verae cordis deliciae -- (Jésus, auteur de la clémence, espérance de toute joie, source de douceur et de grâce, vraies délices du coeur) -- Jesu, spes paenitentibus (Jésus, espoir des repentants),  [...] Tua, Iesu, dilectio / grata mentis refectio » (Ton amour, Jésus, est l'aimable nourriture de l'âme) -- O Jesu dilectissime, / spes suspirantis animae » (O très aimé Jésus, espoir de l'âme qui aspire à toi) -- Mane nobiscum, Domine (Reste avec nous, Seigneur) -- Jesu, summa benignitas (Jésus, suprême bienveillance) -- Jesu, flos Matris virginis / qui corde fundis gratiam » (Jésus, fleur d'une vierge Mère / qui de ton coeur répands la grâce) » (Hymn. 92s).
  • Vêpres du carême en semaine « Iesu, quadragenariae / dicator abstinentiae (Jésus, toi qui as rendu sainte / l'abstinence du carême) » (Hymn. 44) ;
  • Vêpres de l'Ascension « Jesu, nostra redemptio (O Jésus, notre rédemption) » (Hymn. 71) ;
  • Complies jusqu'à l'Ascension « Iesu, redemptor saeculi (Jésus, sauveur du monde) -- Jesu, tibi sit gloria / qui morte victa praenites » (À toi, Jésus, soit la gloire / qui brilles par ta victoire sur la mort) » (63s) ;
  • Office des lectures du Christ roi de l'univers « Jesu, rex admirabilis, (Jésus, roi admirable) -- Rex virtutum rex gloriae, rex insignis victoriae, Jesu largitor gratiae (Roi des puissance, roi de gloire, roi d'un insigne victoire, Jésus, donateur de la grâce) -- Toi que les choeurs du ciel proclament / qu'il ne se lassent d'acclamer tes louanges, Jésus réjouit le monde / et nous met en paix avec Dieu. -- Jesu in pace imperat (Jésus règne dans la paix) -- Iesu, flos matris virginis (Jésus, fleur d'une Vierge mère) » (Hymn. 95s).
  • Laudes du 6 août Transfiguration du Seigneur « Dulcis Iesu memoria (Doux souvenir de Jésus) -- Rien de plus suave à chanter, / rien de plus joyeux à entendre, / rien de plus doux à méditer / que Jésus, le Fils de Dieu même) -- Iesu, dulcedo cordium / (Jésus, douceur des coeurs / source du vrai, lumière des esprits / tu surpasses toute joie / et tout désir) » (Hymn. 348) ;

De nombreuses doxologies commencent avec le nom de Jésus comme par ex. :

  • Les hymnes du temps de Noël : Vêpres de Noël « Iesu, tibi sit gloria / qui natus es de Virgine (Hymn. 26) ; Laudes de Noël idem (Hymn. 29) ; Vêpres de la Sainte Famille « Iesu, tuis oboediens / qui factus es parentibus » (Hymn. 30) ; Office des lectures « Sit tibi, Iesu, decus atque virtus » (Hymn. 32) ; Office des Lectures du 1er janvier « Iesu, tibi sit gloria / qui natus es de Virgine » (Hymn. 35) ; à partir de l'Épiphanie : Vêpres, Office des Lectures et Laudes de l'Épiphanie « Iesu, tibi sit gloria / qui te revelas gentibus » (Hymn. 37-39) ;
  • Hymnes du temps pascal : Vêpres, Complies, Office des lectures, Laudes, Tierce, None « Iesu, tibi sit gloria / qui morte victa praenites (Jésus, à toi soit la gloire) (Hymn. 62-70) ;
  • Hymnes des Vêpres, Office des Lectures du Sacré Coeur de Jésus « Iesu tibi sit gloria / qui corde fundis gratiam » et « Iesu, flos Matris virginis / amor nostrae dulcedinis » (Hymn. 91.93) ;
  • Hymnes des Vêpres, Office des Lectures du Christ Roi « Iesu tibi sit gloria / qui cuncta amore temperas », et « Iesu, flos Matris virginis / amor nostrae dulcedinis » (Hymn. 95s) ;
  • Hymnes du commun des vierges « Iesu, tibi sit gloria / qui natus es de Virgine » (257s.259).

Litanies

Traditionnel (grégorien), Litaniae Sanctissimi Nominis Jesu

Verbum gloriæ→, 2022  © Licence YouTube standard

32 Lumière pour éclairer - Antienne

Antienne « Lumen ad revelationem »

Traditionnel, Antienne - Lumen ad revelationem

Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

© Abbaye du Barroux→, Lc 2,32

Antienne chantée aux laudes de la Présentation du Seigneur le 2 février.

Arts visuels

13 Et soudain il y eut avec l'ange une multitude de l'armée céleste Les anges de Nöel

Iconographie contemporaine

Éric Mortreuil (1964 -), Les anges de Noël, (Parchemin de chevrette pigments : encres pigmentées, feuille d’or sur colle de poisson, 2023), 30 x 24,

Coll. part., France,

D.R. É. Mortreuil→ © BEST aisbl,

Enlumineur depuis 2016, É. M. s’inspire de textes bibliques et chrétiens et de la spiritualité scoute pour élaborer des compositions dans la tradition de l’enluminure occidentale, avec une préférence pour le style irlandais « insulaire » (Livre de Kells, Évangiles de Lindisfarne) et pour le gothique du 13e s.

Reprenant les versets Lc 2,13-14 et Ps 98 (ajoutés sur la photo par ordinateur), selon la traduction de l'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones (AELF), É. M. encadre ces passages d'anges musiciens. Ceux-ci louent le Seigneur. Au son du cornet à bouquin et du luth, de la chalemie et de la viole, de la voix et du psaltérion, les anges acclament Dieu.

19 elle conservait avec soin toutes ces paroles, conférant en son cœur La méditation de Marie et le rosaire dans l'art contemporain

La dévotion poppulaire ne cesse d'inspirer les artistes

François-Xavier de Boissoudy (1966-...), Marie méditait I, (lavis d'encre, 2017), 125 x 100 cm

Coll. part., © Fr-X. de Boissoudy→, Lc 2,19

Boissoudy va ici à l'essentiel : le cœur du cœur de la méditation de Marie, c'est le mystère de son fils lui-même !

Olivier-Thomas Venard (1967-), Rosarium 1, (détrempe, nacre, feuille de cuivre, encre de Chine et collage sur papier marouflé sur isorel, 2021), 100 X 50 cm,

1er étage, Musée Marabini-Martac, Menton, France © D.R. musée Marabini Martac→. Fair Use

Cette pièce médite les vingt mystères de la dévotion mariale populaire avec des moyens délibérément pauvres, combinant la matière des pigments purs avec la forme des fragments eucharistiques utilisés comme un alphabet élémentaire — l’esthétique de l’ensemble évoquant l’art de l’icône.

Philipp Schönborn (1943-), AVE, (Endura clear dans une boîte à lumière, 2023), 48 x 96 x 11 cm, édition 1/,

RdC, Musée Marabini-Martac→, Menton, France © photo O.-Th. V. pour BEST aisbl,

Musique

29–32 Dans la paix je m'en vais Un memento mori de Jean-Sébastien Bach : son Actus Tragicus (BWV 106) L'adieu paisible du vieillard Syméon joue un rôle-clé dans le finale de la cantate de Jean-Sébastien Bach nommée Actus Tragicus (BWV 106), sorte de memento mori inaugural car cette cantate est l'une des premières de Bach, composée à Mühlhausen entre septembre 1707 et juin 1708, alors qu'il était âgé d'à peine vingt-deux ans.

Johann Sebastian Bach (1685-1750), Cantate Gottes Zeit..., dite 'Actus Tragicus' - BWV 106,  1707-1708,

Enregistré le 16 mai 2015, Oostkerk, Middelburg, Pays-Bas .  Jos Van Veldhoven dir. ; Netherlands Bach Society : Dorothee Mields, soprano ; Alex Potter, alto ; Charles Daniels, tenor ; Tobias Berndt, basse) — Plus d'informations sur BWV 106 et cette production ici→ 

© Licence YouTube standard, Gn 2,17 ; Is 38,1 ; Lc 2,29-32 ; Lc 23,43 ; Ap 22,20

Sommaire (Texte et traduction complets de la cantate ici→)

0:00 Sonatine — 2:42 Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit (Chœur) — 4:49 Ach, Herr, Lehre uns bedenken (Arioso) — 7:06 Bestelle dein Haus (Aria) — 8:11 Es ist der alte Bund (Chœur et arioso) — 12:00 In deine Hände (Aria) — 14:19 Heute wirst du mit mir im Paradies sein (Arioso) — 17:55 Glorie, Lob, Ehr und Herrlichkeit (Chœur).

Un memento mori vétéro- et néo-testamentaire

Elle comprend deux parties : la première envisage la mort du point de vue de l'Ancien Testament ; la seconde, du point de vue du Nouveau. La séparation de l'ancienne et de la nouvelle alliance détermine la structure symétrique de la cantate.

  • La première partie expose l'ancienne alliance (Es ist der Alte Bund) : la mort est inévitable, l'Homme doit mourir (Mensch, du mußt sterben), au temps choisi par Dieu (zur rechten Zeit, wenn er will). L'Homme doit s'y préparer. C'est ici que la sentence d'Is 38,1 résonne avec force, comme expression caractéristique de l'antique conception de la mort : « — Mets en ordre ta maison car tu vas mourir et tu ne vivras pas » (Bestelle dein Haus, denn du wirst sterben und nicht lebendig bleiben). Cette première partie s'achève sur un appel au Messie, pris en Ap 22,20 : « — Oui, viens, Seigneur Jésus, viens ! » (Ja, komm, Herr Jesu, komm !).
  • La seconde partie expose la « nouvelle alliance ». L'exemple de la mort du Christ en croix  « — Je remets mon esprit entre tes mains » (In deine Hände befehl ich meinen Geist) - est offerte à l'homme sauvé (Du hast mich erlöset). Désormais, la mort de l'homme mène à sa résurrection au Paradis : « — Aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Heute wirst du mit mir in Paradies sein Lc 23,43). Ainsi envisagée en Jésus-Christ, la mort peut être acceptée avec paix et joie et l'homme peut faire siennes les paroles du vieillard Siméon : « — Dans la paix et dans la joie je m'en vais » (Mit Fried und Freud ich fahr dahin Lc 2,29-32).