Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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25 Et Joseph ordonna qu’on remplisse leurs récipients de blé
Sde grain
et de restituer leur argent dans le sac de chacun et de leur donner des provisions pour la route.
Et il leur a été fait ainsi.
Gen fut ainsi pour eux.
25 Prenant Siméon et le liant en leur présence
il ordonna à ses serviteurs de remplir leurs sacs de froment
et de rendre l’argent de chacun dans sa bourse après leur avoir donné en plus des provisions pour la route.
Ils firent ainsi.
26 Et ils chargèrent leur blé sur leurs ânes
Sils chargèrent leur grain sur leur âne
Gayant posé le blé sur leurs ânes et
Gils partirent de là.
26 De leur côté, transportant le blé sur [leurs] ânes, ils s'en allèrent.
27 Et l'un Sd'eux ouvrit son sac pour donner du fourrage
Slancer du foin à son âne à l'hôtellerie
et il vit son argent et voici qu'il était
Sposé dans l'ouverture de sa besace
Sson chargement.
27 Et l'un d'eux, en déliant sa besace pour donner du fourrage à ses ânes [là] où ils logeaient,
aperçut le lien [de sa bourse] d'argent et il était dans l'ouverture du sac.
27 Et l'un [d'eux], ayant ouvert son sac pour donner du fourrage à sa bête à l'hôtellerie,
vit son argent dans l'ouverture de sa bourse.
28 Et il dit à ses frères : — Mon argent a été restitué, et même, le voici dans ma besace!
S— Mon argent a été restitué et voici qu'il est à l'ouverture de mon chargement!
G— L'argent m'a été restitué, et le voici dans ma besace!
et leur coeur bondit
Sfut troublé et ils tremblèrent
Gfurent troublés
Sfurent abasourdis se disant
Sils dirent chacun à son frère
Gles uns aux autres :
— Qu'est ce que Dieu nous a fait ?
28 Il dit à ses frères :
— Mon argent a été restitué voici qu'il se trouve dans mon sac
et stupéfaits et troublés ils se dirent l'un à l'autre :
— Qu'est ce que Dieu nous a donc fait ?
29 Et ils arrivèrent chez Jacob leur père au pays
Ven terre de Canaan
et ils lui racontèrent
Grapportèrent tout ce qui leur était arrivé en disant
Set ils lui dirent :
30 — L'homme seigneur du pays nous a parlé durement
et nous a livrés
Gmis en prison
Sconsidérés comme espions du pays.
30 — L'homme seigneur de [cette] terre nous a parlé durement
et a pensé que nous [étions] des espions de la province.
31 Et nous lui avons dit
que nous étions droits
Gpacifiques et que nous n'étions pas des espions,
31 Et nous lui avons répondu :
— nous sommes pacifiques nous ne machinons aucunes embûches,
32 [Que] nous étions douze frères fils de notre père
l'un [de nous] n'est plus
et le plus petit est à ce jour avec
Sauprès de notre père au pays de Canaan.
32 nous sommes douze frères engendrés d'un même père
l'un [de nous] n'est plus
le plus petit se trouve avec notre père en terre de Canaan.
33 Et l'homme seigneur du pays nous a dit : — En cela je saurai que vous êtes droits
Gpacifiques :
Laissez l'un de vos frères
Gun frère ici avec
Sauprès de moi
et prenez [le nécessaire] pour la famine de vos maisonnées et partez.
Gpartez en prenant l'achat de distribution de blé pour vos maisonnées.
Sprenez le grain pour la famine de vos maisonnées et partez.
33 Il nous a dit : — Ainsi je vérifierai que vous êtes pacifiques :
Laissez l'un de vos frères auprès de moi
et prenez les vivres nécessaires pour vos maisonnées et partez.
34 Et amenez-moi votre plus petit
Gjeune frère
et je saurai que vous n’êtes pas des espions mais que vous êtes droits
Gpacifiques
Et je vous rendrai votre frère et vous ferez du commerce dans le pays.
34 et amenez-moi votre frère, le plus petit,
afin que je sache que vous n’êtes pas des espions
que vous puissiez récupérer celui qui est retenu dans les chaînes
et même qu'à l’avenir, vous ayez licence d’acheter ce que vous voulez.
35 Et il arriva, comme ils vidaient leur sac,
voici que chacun [avait] sa bourse d'argent dans son sac
Sà l'ouverture de son chargement et ils virent leurs bourses d'argent,
eux et leur père, et ils eurent peur.
35 Après avoir dit cela, comme chacun répandait le blé [hors de son sac]
ils trouvèrent leur argent lié à l'ouverture du sac
et tous en même temps furent terrorisés.
36 M Sam GEt leur père Jacob leur dit :
— Vous m'avez privé d'enfants
Joseph n'est plus et Siméon n'est plus et vous me prendriez
Gallez me prendre Benjamin !
Tout est
Sest ligué contre moi.
36 Leur père Jacob dit :
— Vous m'avez réduit à être sans enfant
Joseph n'est plus Siméon est retenu dans les chaînes vous allez [m']enlever Benjamin
Tous ces maux sont retombés sur moi.
37 M Sam G SEt Ruben dit à son père
Vlui répondit M Sam Gen disant :
—Tu feras mourir
G V— Fais mourir mes deux fils si je ne te l'amène
Vle ramène pas
remets-le entre mes mains
Smoi et moi je te le ramènerai.
V Srendrai.
38 Et il dit : — Mon fils ne descendra pas avec vous
car son frère est mort et lui, lui seul est resté Sà sa mère
et il lui arriverait un malheur
Gfaiblirait sur la route où vous irez
et vous feriez descendre mes cheveux blancs dans l'affliction au Shéol.
Gma vieillesse avec affliction dans l'Hadès.
38 Mais lui : — Mon fils, dit-il, ne descendra pas avec vous
son frère est mort lui seul est resté
s'il lui arrivait quelque malheur dans la terre où vous allez
vous feriez descendre mes cheveux blancs avec douleur dans les enfers.
37,2–50,26
Ici commence l'histoire de Joseph, d'un caractère nettement distinct du cycle de Jacob. Alors que ce dernier se termine au ch.35 avec l'achèvement de l'ensemble des institutions nécesssaires à la vie des tribus établies en →Terre promise, l'histoire de Joseph annonce l'Exode et le thème du Retour.
Au contraire des précédentes, cette histoire se déroule sans intervention visible de Dieu, sans révélation nouvelle, mais elle est tout entière un enseignement, exprimé en clair à la fin (Gn 50,20 et déjà Gn 45,5-8) :
De nombreux traits du récit témoignent d'une certaine connaissance des choses et des usages de l'ancienne Égypte, tels que les documents égyptiens nous les révèlent. Cependant,
37,2–50,26 Jacob préférait Joseph Joseph et ses frères - Oratorio Le cycle de Joseph occupe les quatorze derniers chapitres de la Genèse. Vendu par ses frères, esclave puis prisonnier en Égypte, il devient le second du royaume ; la famine conduit ses frères devant lui, qui ne le reconnaissent pas. Il les éprouve, les retient, les renvoie, puis se fait reconnaître. Le récit se conclut sur une parole adressée aux frères : « Vous aviez voulu me faire du mal, Dieu l’a changé en bien » (Gn 50,20).
Joseph pleure huit fois dans ce récit, souvent en cachette. Hændel puis Méhul ont écrit sur cette histoire deux œuvres qui s’attachent moins aux événements qu’aux sentiments éprouvés par les personnages.
L’opéra-comique de Méhul, sur un livret d’Alexandre Duval, est créé à Paris en février 1807. C’est l’œuvre la plus célèbre du compositeur, longtemps jouée en France et en Allemagne.
Méhul choisit la sobriété.
Aucune intrigue amoureuse, aucune épouse égyptienne : le seul rôle aigu est celui de Benjamin, chanté par une soprano. Le drame se resserre sur le père, les fils et le frère perdu.
Joseph, devenu ministre de Pharaon sous un nom égyptien, y chante le souvenir de la vallée d’Hébron et de la maison paternelle. Sa romance « À peine au sortir de l’enfance » raconte sa propre histoire à ceux qui ne le reconnaissent pas.
Siméon porte le poids de la faute. C’est lui que le remords ronge, jusqu’à l’aveu devant son père.
Étienne Nicolas (1763-1817), La légende de Joseph en Égypte, 1807
Claude Bardon (dir.), Ensemble Choral Intermezzo, Orchestre régional de Picardie: Le Sinfonietta
L’oratorio est achevé à l’été 1743 et créé à Covent Garden le 2 mars 1744, après Messiah, Samson et Semele. Le livret est de James Miller, pasteur et auteur de comédies, mort quelques semaines après la création ; il adapte en partie un drame d’Apostolo Zeno (1722).
L’œuvre ne commence pas au puits de Gn 37. Au lever du rideau, Joseph est en prison, « dans une attitude mélancolique » ; l’acte I le conduit de l’interprétation des songes de Pharaon à son mariage avec Asenath (Gn 41,45). La trahison des frères n’est jamais montrée : elle n’existe que dans les remords.
Ces remords ont un visage, celui de Siméon, rôle créé par le ténor favori de Haendel, John Beard. Dans la Genèse, Joseph le garde en otage (Gn 42,24) ; Siméon est aussi l’un des deux frères qui avaient pris l’épée à Sichem. L’acte II s’ouvre sur lui en prison, en miroir de Joseph à l’acte I, et Haendel en fait le personnage le plus tourmenté de l’œuvre. C’est la parole des frères en Gn 42,21 : « Vraiment, nous sommes coupables envers notre frère. »
Benjamin est confié à une voix d’enfant, créée par le jeune Samuel Champness. Ses airs, délicats, sont entrecoupés de nombreux silences. Dans la scène centrale, il chante sa pitié pour son père tandis que Joseph, sans se faire connaître, exprime son angoisse en apartés : un duo dont les deux voix ne se répondent pas. Ce sont les larmes de Gn 43,30, quand Joseph, bouleversé à la vue de son frère, sort en hâte pour pleurer à l’écart.
Quand les frères refusent de repartir sans Benjamin, Joseph se fait reconnaître, et l’oratorio s’achève dans la réconciliation.
Georg Friederich (1685-1759), Joseph and his brethren HWV 59, 1744
Nicholas McGegan (dir.), Philharmonia Baroque Orchestra & Chorale