Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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23 Et voici qu'en ces jours qui furent nombreux,
VLongtemps après, le roi d’Égypte mourut.
Les fils
Venfants d’Israël gémirent depuis la servitude et
Vgémissant à cause des travaux crièrent,
V poussèrent des cris
et leur appel à l'aide monta vers
Vleurs cris montèrent jusqu'à Dieu depuis la servitude.
Vleurs travaux.
23 Or, après ces nombreux jours, le roi d'Éypte mourut.
Les fils d'Israël gémirent depuis les travaux et crièrent, et leur cri monta vers Dieu depuis les travaux.
23 ...
24 Dieu entendit leurs gémissements
G Vleur gémissement
et Dieu
Vil se souvint de son alliance
Vl'alliance qu'il avait conclue avec 'Abrāhām,
GAbraam,
VAbraham, Îçḥā‘q
GIsaak
VIsaac et Iāqob.
GIakôb.
VJacob :
24 ...
25 Et Dieu
Vil vit
G Vregarda les fils d’Israël et Dieu connut.
Gse fit connaître d'eux.
Vil les reconnut.
25 ...
23 Les enfants d'Israël poussèrent des cris Le gémissement d’un peuple à double chœur La bénédiction de Jacob s’est accomplie, ses descendants se sont multipliés... et cela fait peur au pouvoir. La peur devient oppression, et l’oppression, servitude.
Haendel ouvre son oratorio sur l’Exode par ce basculement.
L’oratorio est composé en octobre 1738 et créé à Londres en avril 1739. Son texte est entièrement tiré de l’Écriture, Exode et Psaumes, et sa particularité tient au chœur : presque tout y est chanté par lui, souvent à double chœur. Le sujet n’est pas un héros, c’est un peuple.
Après une brève sinfonia, un ténor énonce en récitatif le verset de l’Exode : un nouveau roi s’est levé, qui ne connaissait pas Joseph. Händel ne met pas en musique les paroles du pharaon. La phrase suffit : l’oubli de Joseph contient déjà la peur d’Ex 1,9.
Le chœur qui suit saute aux conséquences : « Et les fils d’Israël gémirent sous la servitude, et leur cri monta vers Dieu » (Ex 2,23). L’écriture est lente, chargée de figures de soupir ; le cri passe d’une voix à l’autre avant de gagner tout le chœur.
Georg Friedrich (1685-1759), Israel in Egypt HWV 54 - Sinfonia 1. Now there arose 2. And the children of Israel, 1738
Matthias Beckert (dir.), Monteverdichor Würzburg
23 leurs cris montèrent jusqu'à Dieu Le cri qui ouvre l’opéra Le cri des fils d'Israël vers Dieu a aussi atteint Rossini. Quand il reprend son Moïse pour Paris, c’est par lui qu’il choisit d’ouvrir l’opéra.
L’opéra est créé à l’Académie royale de musique de Paris le 26 mars 1827. C’est la refonte française de Mosè in Egitto (Naples, 1818), sur un livret de Luigi Balocchi et Étienne de Jouy, et l’œuvre connut plus de cent représentations en une dizaine d’années.
Pour Paris, Rossini réécrit entièrement l’introduction. Le rideau se lève sur un camp aux portes de Memphis. Ce n’est pas un héros qui ouvre l’opéra, c’est le peuple : le chœur des Hébreux, épuisés par la captivité, se plaint et appelle Dieu à le délivrer.
Le cri vient avant toute réponse. Personne ne sait encore si Pharaon tiendra sa promesse ; le peuple ne voit que sa servitude. Moïse paraît alors, voix de basse au milieu du chœur. Il reproche au peuple son manque de foi et l’appelle à espérer. Rossini fait entendre dans la plainte une part de découragement, que le verset biblique laisse deviner.
Gioachino (1792-1868), Moïse et Pharaon, Acte I scène 1: Dieu puissant, du joug de l'impie, 1827
Fabrizio Maria Carminati (dir.), Górecki Chamber Choir, Orchestre Virtuosi Brunensis