La Bible en ses Traditions

Apocalypse 19,7

Byz V S TR Nes

Réjouissons-nous, exultons et rendons-lui la gloire 

car elle sont venues les noces de l’Agneau

et son épouse s’est apprêtée

Réception

Musique

1–8 Alléluia ! Alléluia sur un visage de douceur Le quadruple Alléluia d'Ap 19 est le grand finale de l'Apocalypse, mais sa tonalité est frappante : ce n'est pas le triomphe bruyant d'une armée victorieuse. C'est la louange de ceux qui ont enfin posé les armes, qui ont survécu à la bête et au feu, et qui découvrent de l'autre côté quelque chose d'infiniment plus doux que ce qu'ils espéraient : les noces de l'Agneau, une table dressée, une épouse parée. La violence s'est retirée, et ce qui reste est d'une tendresse inattendue.

21e s.

Alors que montaient les tensions avec l'impérialisme russe qui ne voulait pas reconnaître le mouvement national naissant en Ukraine, Valentin Silvestrov composa une œuvre chorale en quatre cycles, incluant chacun une variation sur l'hymne national, en écho aux événements de ce que les Ukrainiens appellent la « Révolution de la Dignité » sur la place du Maïdan à Kiev de novembre 2013 à février 2014. Musique Ap 1,1

Quand la révolution s'endort comme un enfant

Silvestrov ferme son cycle entier de Maidan sur une berceuse populaire biélorusse. Deux minutes à peine, les voix posées l'une sur l'autre avec une économie confondante, sans vibrato, sans ornement, comme si toute l'énergie dépensée depuis janvier 2014 avait abouti à ce seul geste : bercer.

La mélodie est d'une simplicité désarmante, elle ne conclut pas, elle apaise. Après les hymnes qui tenaient, qui portaient les morts, qui intercédaient et contemplaient, cette berceuse dit ce qu'aucun des hymnes précédents ne pouvait dire : que la révolution, pour finir, rêve de paix comme un enfant rêve dans les bras de sa mère. Entre l'Alléluia d'Ap 19 et cette berceuse, c'est la même surprise : celle de découvrir que la victoire, au bout du compte, a le visage de la douceur.

Valentin Silvestrov (1937-...), Maidan 2014, Cycle IV: V. Lullaby, 2014

Mykola Hobdych (dir.), Kiev Chamber Choir © Licence YouTube Standard→

Composition

Les quatre cycles traversent l'arc complet de cette révolution, de la veille hivernale et silencieuse de janvier aux jours meurtriers de février, jusqu'à la berceuse fragile qui clôt le cycle après la victoire, comme si l'hymne national avait dû mourir et renaître plusieurs fois pour dire ce que le peuple ukrainien venait de traverser.

Comme les cantiques de l'Agneau dans l'Apocalypse, reprendre le même chant à travers les épreuves successives est un acte d'espérance, une conviction obstinée que ce qui est chanté, même dans le sang et la nuit, finira par advenir. 

Cinéma

1,1–22,21 Allusions à l'Apocalypse

  • Ingmar Bergman, Det sjunde inseglet [« le septième sceau »] (1957).
  • Vincente Minnelli, The Four Horsemen of the Apocalypse (1961).
  • Andrei Tarkovski, Offret [« le sacrifice »] (1985).
  • Peter Jackson, The Lord of the Rings (en particulier le 3e film, 2003).