La Bible en ses Traditions

Amos 5,8–9

M V
G S

Il a fait les Pléiades

VArcturus et Orion,

il change en aurore les ténèbres,

il obscurcit

Vtransforme le jour en nuit,

il appelle les eaux de la mer et les répand sur la face de la terre,

YHWH

Vle Seigneur est son nom.

...

M
G S
V

Il fortifie la ruine sur le puissant,

et la ruine fond sur la citadelle.

...

Lui qui sourit de la ruine du fort,

et apporte la dévastation au puissant.

Réception

Comparaison des versions

8 les Pléiades et orion : M | V : Arctutus et Orion. Inculturation romaine Les noms (païens) des constellations, à l’instar de ceux des jours de la semaine, étaient déjà profondément intégrés à la culture chrétienne, en dépit de leurs connotations mythologiques. Jérôme avait conscience de cette assimilation, comme il l’explique dans son commentaire sur Amos :

  • Jerôme Comm. Amos « Lorsque nous entendons parler d’“Arcture et d’Orion”, nous ne devons pas suivre les fables des poètes et leurs mensonges ridicules et monstrueux, par lesquels ils tentent même de souiller le ciel et de placer parmi les astres la récompense de la débauche, en disant (Virgile Aen. III, 516-517) : “Arcture, les Hyades pluvieuses, les deux Trions, et Orion armé d’or, il les contemple tout autour.”Mais il faut savoir que les noms hébreux de ce qui chez eux est appelé autrement ont été traduits dans notre langue par les termes des fables païennes. Nous ne pouvons comprendre ce qui est dit qu’au moyen des mots que nous avons appris par l’usage quoique  tout imbibés d'erreur. Ainsi, dans le Livre des Rois, les Grecs ont traduit le mot hébreu raphaim par Titans, fable très célèbre chez les païens, à partir de laquelle ils composent des récits à la gloire de leurs dieux : la Gigantomachie, les armes de Typhée, et le mont Etna placé sur Encelade, dont le mouvement fait trembler la Sicile. » (CCSL 76, Commentarii in prophetas minores : In Amos II,v, p.280-281)

Jérôme savait que la nomenclature des constellations et des astres provenait de traditions païennes plutôt que de sources hébraïques. Il ne chercha toutefois ni à introduire une terminologie alternative ni à translittérer directement les noms hébreux. Ce choix correspond à son objectif principal de traducteur : transmettre avec précision le sens du texte en latin tout en en préservant la clarté et la qualité stylistique.

Dans tous ces cas, Jérôme distingue soigneusement l’utilité pragmatique de l’emploi de dénominations établies pour désigner, de manière approximative, les réalités bibliques, de leurs origines mythologiques païennes, souvent moralement répréhensibles, excluant ainsi toute adhésion implicite aux « faussetés » et autres « fables » immorales qui leur sont associées.

Frontispice de la bible Polyglotte d’Alcalà→ (1514-1517), (gravure sur bois) © Domaine public

Voici la traduction du décryptage allégorique imprimé au-dessus de ce frontispice, un écu à quinze carreaux surmontés de la croix et du chapeau cardinalice : « Les quinze carrés de cet écu représentent les quinze jours que passèrent ensemble à Jérusalem saint Pierre qui prêchait aux juifs ou à ceux de la synagogue et saint Paul, apôtre des nations. Le chiffre 7 (et en conséquence les 7 carrés de couleur de cet écu) signifie la loi antique ou Ancien Testament ; le chiffre 8 (ou les huit carrés de l'autre couleur) signifient la loi de grâce ou le Nouveau Testament. Le nombre 15 (donc les quinze carrés) les contient tous. »

Arts visuels

1,1–9,15 Vie et mort du prophète Amos

Enluminure renaissante

Anonyme (France du nord, Valenciennes ?), Dieu parlant à Amos - Mort d'Amos, (pigments en détrempe, or sur parchemin, initiale ornée du livre d'Amos , 2e1/4 16e s. ?), codex 36,6 x 25 cm

Bibliothèque municipale de Valenciennes, ms. 0007, f. 171v.

Domaine public © Photo D.R. Initiale→, Am 1-9

Amos est touché par Dieu dans son activité de berger. Selon Vies pro., Le fils d'Amasias prêtre de Béthel préside à l'exécution d'Amos, qui semble représentée comme la mort de Sisera.