La Bible en ses Traditions

Élection

Une grande partie de l'histoire d'Israël est l'histoire de son alliance (bᵉrît) avec Dieu. L'alliance noachique est une alliance irrévocable avec toute l'humanité et les animaux. La relation entre Dieu et Abraham a été conçue dans le cadre d'une théologie de l'alliance fondée sur le privilège, ce qui a conduit au concept de l'alliance davidique (2S 7 ; 23,5 ; Ps 89 ; 132 ; Is 55,3 ; Jr 33,17.21), dont le fondement se trouve dans l'alliance à Hébron (2S 5,1-3). Si ceux qui transgrèssent l'alliance en sont exclus, la promesse de l'alliance, quant à elle, est indestructible. 

Affirmation de l'élection d'Israël

Comme en Dt 14,2, Dieu est allé « se chercher un peuple » avec des moyens miraculeux (Dt 4,34 ; cf. Dt 4,20 ; 26,7-8).

Israël, un peuple à part dans l'AT

Cette théologie de l'élection, qui est si fortement exprimée dans le Dt, sous-tend tout l'AT où Israël est un peuple à part (Nb 23,9), le peuple de Dieu (Jg 5,13), son fils (Dt 1,31 ; 32,6 ; Ex 4,22 ; Sg 18,13 ; Is 63,16 ; Jr 31,9 ; Os 11,1 ; Ml 2,10-11), la nation de l'Emmanuel, « Dieu avec nous » (Is 8,8.10).

L'alliance avec Abraham

Les récits sur Abraham, tels qu'ils se présentent dans la Genèse, orchestrent une double promesse divine :

Ce sont les deux axes centraux autour desquels s'organise d'une manière ou d'une autre tout ce que les écrivains sacrés ont à dire sur le patriarche (Gn 12,1–25,18). C'est à ces promesses faites aux Pères, dans lesquelles Dieu a engagé sa miséricorde et sa fidélité, que le NT rattachera la personne et l'œuvre de Jésus Christ (Ac 2,39 ; Rm 4,23-25 ; 9,4-5).

L'alliance mosaïque

L'alliance fait d'Israël :

La Loi demeure en même temps « un témoin contre le peuple » (Dt 31,26), car sa transgression rend vaines les promesses et entraîne la malédiction de Dieu. Elle demeurera comme une instruction et une contrainte, préparant les âmes à la venue du Christ, qui scellera la nouvelle alliance (Mt 26,28 ; Lc 22,20 ; 1Co 11,25 ; He 7,22 ; 8,6-10 ; 9,15 ; 12,24 ; Jr 31,31-34).

Un élection appelée à s'ouvrir à toutes les nations

Cette élection fait d'Israël un peuple séparé, mais les prophètes annoncent la reconnaissance de YHWH par toutes les nations et l'universalisme du salut (Is 45,14 ; 49,6 ; Za 14,16). C'est l'ère messianique, ouverte par la venue de Jésus : →Parousie et restauration messianique.

Dans le NT, la promesse trouve sa pleine réalisation dans l' « Israël spirituel », l'→Église :