Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 Et Tobit appela son fils Tobie et lui dit :
Songe, mon enfant, à la récompense pour l'homme qui t'a accompagné, car il faut l'augmenter.
1 Alors Tobie appela auprès de lui son fils et lui dit :
— Que donnerons-nous à ce saint homme qui t’a accompagné dans ton voyage ?
1 ...
2 Et il lui répondit :
Père, cela ne me gêne pas de lui donner la moitié de ce que j'ai apporté
2 Tobie répondit à son père :
— Mon père, quelle récompense pouvons-nous lui offrir ? Y a-t-il quelque chose qui soit en rapport avec ses services ?
2 ...
3 Car il m'a raméne sain et sauf et a soigné ma femme, il a apporté mon argent et t'a soigné également.
3 Il m’a conduit et ramené sain et sauf
il a été lui-même recevoir l’argent de Gabélus
il m’a fait avoir une femme, dont il a éloigné le démon
et il a rempli de joie ses parents
il m’a sauvé moi-même du poisson qui allait me dévorer
il t’a fait voir la lumière du ciel, et par lui nous avons été comblés de toutes sortes de biens.
Que pouvons-nous lui donner qui égale ce qu’il a fait pour nous ?
3 ...
4 Et le vieillard dit :
Il est juste qu'elle lui revienne
4 Mais je te prie, mon père, de lui demander
s’il ne daignerait pas accepter la moitié de tout le bien que nous avons apporté.
4 ...
5 Et il appela l'ange et lui dit :
Prends la moitié de tout ce que vous avez apporté.
5 L’ayant donc appelé, Tobie et son fils le prirent à part
et le prièrent de vouloir bien accepter la moitié de tout ce qu’ils avaient rapporté.
5 ...
6 Alors, les ayant appelé tous les deux à part, il leur dit :
— Bénissez Dieu et rendez-lui gloire, reconnaissez sa grandeur et confessez son nom devant toutes les créatures à cause de ce qu'il a fait envers vous.
Il est bon de bénir le Seigneur, d'exalter son nom, en célébrant avec honneur les œuvres de Dieu
ne tardez donc pas à chanter ses louanges.
6 Alors l’ange, seul avec eux, leur dit :
— Bénissez le Dieu du ciel et rendez-lui gloire devant tout être qui a vie
parce qu’il a exercé envers vous sa miséricorde.
6 ...
7 Il est bon de tenir caché le secret du roi, mais pour les œuvres de Dieu, il est honorable de les révéler.
Faites ce qui est bien et le mal ne vous atteindra pas.
7 Il est bon de tenir caché le secret du roi
mais il est honorable de révéler et de publier les œuvres de Dieu.
7 ...
8 La prière est bonne avec le jeûne, l'aumône et la justice.
Mieux vaut la pauvreté avec la justice que l'abondance avec l'injustice
faire l'aumône est meilleur qu'amasser de l'or
8 La prière est bonne avec le jeûne, et l’aumône vaut mieux que l’or et les trésors.
8 ...
6–20 Je suis l'ange Raphaël Comme Raphaël devant Tobie — la musique comme révélation et effacement L'ange Raphaël choisit de se révéler — puis de disparaître (Tb 12,20). Ce n'est pas un adieu ordinaire : c'est un effacement voulu, nécessaire, comme si la présence de l'ange n'avait de sens que dans son retour à l'invisible.
The Messenger de Silvestrov semble habité par cette même logique : un motif d'une simplicité désarmante s'ouvre au piano, revient, inlassablement, comme une présence qui cherche à se faire reconnaître — puis s'atténue, se voile, se retire dans le silence, jusqu'à ce que l'on ne sache plus très bien s'il est encore là ou s'il a déjà disparu. Ce qui reste, ni éclat ni climax, c'est un silence habité que l'auditeur emporte sans pouvoir tout à fait le nommer. Entre ce passage du livre de Tobie et The Messenger, c'est la même théologie du don qui se dessine — celle d'un message qui n'a pas besoin de durer pour être éternel.
Valentin Silvestrov (1937-...), The Messenger, 1996–97
Hélène Grimaud (piano), Camerata Salzburg
Valentin Silvestrov, né à Kiev en 1937, est le plus grand compositeur ukrainien vivant et l'une des figures majeures de la musique contemporaine mondiale. Son œuvre ne se cantonne pas à l'espace du concert : elle est profondément ancrée dans l'histoire et les convulsions de son temps.
Persécuté en URSS pour « formalisme », exclu de l'Union des compositeurs, il a traversé des décennies d'underground avant d'être reconnu sur les plus grandes scènes européennes. Lors de la révolution du Maïdan, en 2013-2014, il descend dans la rue et compose cinq versions successives de l'hymne ukrainien, épousant au plus près le rythme des événements — de la veille silencieuse à la colère, puis à la victoire.
Sa musique fonctionne, selon la formule qu'il reprend à la poétesse Olga Sedakova, comme un « cardiogramme de l'époque » : elle enregistre ce que la société ressent avant même de pouvoir le dire. En 2022, à 84 ans, il quitte l'Ukraine sous les bombes. Toute son existence illustre cette conviction que la beauté et la liberté sont indissociables.
Selon l'un des principaux intellectuels ukainiens, figure majeure de la résistance culturelle et intellectuelle à l'agression russe, sa musique est avant tout un acte de résistance spirituelle :