Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 Mais toi, ô notre Dieu, tu es bon et vrai
patient et gouvernant tout avec miséricorde.
1 ...
2 Lors même que nous péchons, nous sommes à toi
connaissant ta puissance
mais nous ne pécherons pas, sachant
Vet si nous ne péchons pas, nous savons que nous sommes comptés parmi les tiens.
2 ...
3 Te connaître est la justice parfaite
et savoir Vta justice et ta force est la racine de l’immortalité.
3 ...
4 Car ni l’invention humaine d’un art mauvais ne nous a égarés
ni le travail infructueux d’un peintre
représentation barbouillée de diverses couleurs
4 Car ni l’invention humaine d’un art mauvais ne nous a égarés
ni l'ombre de la peinture, travail sans fruit
représentation sculptée de diverses couleurs
4 ...
5 dont l’aspect excite la concupiscence de l’insensé
et lui fait désirer la représentation inanimée d’une image morte.
5 ...
6 Amants du mal et dignes de telles espérances
ceux qui les fabriquent, ceux qui les aiment, ceux qui les adorent.
6 Les amants du mal sont dignes d'avoir espérance en de tels [objets]
ceux qui les fabriquent, ceux qui les aiment, ceux qui les adorent.
6 ...
7 En effet, le potier qui pétrit laborieusement la terre molle
façonne chacun pour notre usage
et de la même argile il a modelé les ustensiles domestiques des travaux purs
et les ustensiles contraires, tous pareillement
quel est l'emploi de chacun d’eux
c’est le potier qui est juge.
7 En effet, le potier qui pétrit laborieusement la terre molle
façonne chacun des ustensiles pour notre usage
et de la même argile il modèle les ustensiles qui sont purs dans l'usage
et pareillement les ustensiles qui leur sont contraires
quel est l'emploi de ces ustensiles
c’est le potier qui est juge.
7 ...
8 Et, par un mauvais travail, il façonne de la même argile un dieu vain
lui qui né de terre depuis peu
retourne bientôt d’où il a été tiré
quand on lui demandera de restituer son âme.
8 Et, par un travail, il façonne de la même argile un dieu vain
lui qui avait été fait de terre depuis peu
et retourne bientôt d’où il a été tiré
quand on lui demandera de restituer l'âme qu'il avait.
8 ...
9 Pourtant il n'a cure de ce qu'il s’épuise
ni de ce qu'il a une vie
Vque sa vie est courte
mais il rivalise avec ceux qui travaillent l’or et l’argent
il imite ceux qui travaillent l’airain
et met sa gloire à exécuter des faux
Vchoses inutiles.
9 ...
10 Son cœur est de la cendre
son espérance est plus vile que la terre
Vune terre inutile
et sa vie est plus vile que l’argile.
10 ...
11 Parce qu'il méconnaît celui qui l’a fait
qui lui a inspiré une âme active
Vqui agit
et a mis en lui
Vlui a insufflé un souffle vital.
11 ...
12 Ils pensent que notre vie est un amusement
et l'existence une foire lucrative
car il faut, disent-ils, acquérir par tous les moyens, même le mal.
12 Ils pensent que notre vie est un amusement
et la conduite de vie disposée pour le profit
et qu'il faut acquérir par tous les moyens, même le mal.
12 ...
13 Car celui-là, plus que tous, sait qu'il pèche
lui qui, de la matière terreuse, façonne des objets fragiles et des idoles.
13 ...
14 Mais ils sont tous Gtrès insensés et plus malheureux que l’âme d’un petit enfant
les ennemis de ton peuple qui l'ont dominé
Vet ceux qui le dominent.
14 ...
15 Parce qu'ils ont aussi considéré comme des dieux toutes les idoles des nations
qui n'ont pas usage de leurs yeux
Vdont la vue des yeux n'est pas pour voir
ni leurs narines pour respirer l’air
ni leurs oreilles pour entendre
ni les doigts de leurs mains pour toucher
et dont les pieds sont incapables de marcher.
15 ...
16 Car c’est un homme qui les a faites
et c’est celui à qui on a prêté le souffle qui les a façonnées.
Il n’est pas d’homme qui puisse façonner un dieu semblable à lui
16 ...
17 étant mortel il produit de ses mains iniques une œuvre morte
car il vaut mieux que ce qu’il adore
parmi eux il a vécu, mais eux jamais eue.
17 en effet, comme il est mortel, il produit de ses mains iniques une œuvre morte
car il vaut mieux que ceux qu’il adore
parce que, puisqu'il est mortel, il a vécu, mais eux jamais.
17 ...
18 Ils adorent les animaux les plus odieux
car, jugés d’après la stupidité
Vcomparés à eux stupidement, ils sont pires que les autres.
18 ...
19 Il n’y a rien de bon en eux qui les fasse désirer comme à la vue d’autres animaux
ils échappent à la louange de Dieu et à sa bénédiction.
19 Mais à leur vue, l'on ne peut rien apercevoir de bon de ces animaux
ils échappent à la louange de Dieu et à sa bénédiction.
19 ...
16,1 C’est pourquoi ils ont été justement châtiés
Vsouffert de justes tourments par des
Vleurs semblables
et tourmentés
Vexterminés par une multitude de bêtes.
1 ...
16,2 À la place de ces châtiments, tu as accordé des bienfaits à ton peuple
pour satisfaire leur désir de nourriture, c'est une saveur merveilleuse
que tu leur as préparée à manger — une caille.
2 À la place de ces châtiments, tu as accordé des bienfaits à ton peuple
auxquels tu as donné leur désir de nourriture, c'est une saveur nouvelle
que tu leur as préparée à manger — une caille.
2 ...
16,3 de sorte que les uns, désirant manger
à l’aspect répugnant de ce qui a été
Và cause de ce qui leur a été montré et envoyé
prennent en aversion même leur appétit nécessaire
tandis que les autres, après une légère privation
auraient en partage une saveur merveilleuse
Vnourriture nouvelle.
3 ...
16,4 Car il fallait qu’une disette inévitable
Vmort sans échappatoire s'abattît sur ceux-là, ceux qui oppressent
et qu’il fût seulement montré aux autres comment leurs ennemis étaient tourmentés
Vexterminés.
4 ...
16,5 En effet, lorsque la terrible fureur de bêtes sauvages arriva sur eux
et qu’ils périssaient sous la morsure de serpents tortueux
ta colère ne dura pas jusqu’à la fin
Vpour l'éternité.
5 ...
16,6 VMais en vue de leur correction, ils furent troublés pour peu de temps
ayant un signe de salut, pour leur rappeler le précepte de ta loi.
6 ...
16,7 Car qui se retournait était sauvé non par l’objet qu’il voyait
mais par toi, le sauveur de tous.
7 ...
16,8 Et en cela tu as montré à nos ennemis
que tu es celui qui délivre de tout mal.
8 ...
16,9 En effet, les morsures des sauterelles et des mouches les firent périr
et il ne se trouva pas de guérison pour leur vie
parce qu’ils méritaient d’être châtiés par de telles [bêtes]
Vexterminés de cette manière.
9 ...
16,10 Et tes fils, même les dents de serpents venimeux ne les vainquirent pas
car ta miséricorde vint à leur secours et
V, arrivant, les guérit.
10 ...
16,11 C’est pour que tes paroles leur revinssent en mémoire qu’ilsrecevaient des coups d'aiguillon et guéris
de peur que tombant dans un oubli profond ils ne fussent exclus de ta bienfaisance.
11 C’est pour que tes paroles leur revinssent en mémoire qu’ils étaient éprouvés et promptement guéris
de peur que tombant dans un oubli profond il leur soit impossible de jouir de ton secours.
11 ...
16,12 Ce ne fut ni une herbe, ni un émollient qui les soigna
Vguérit
mais ta parole, Seigneur, qui guérit tout.
12 ...
16,13 Car toi, tu as puissance sur la vie et sur la mort
tu mènes aux portes de l'Hadès
Vla mort et tu en ramènes.
13 ...
16,14 L’homme tue par sa méchanceté
mais il ne ramène pas l’esprit une fois sorti
ni ne délivre l’âme qui a été reçue.
14 L’homme tue par méchanceté son âme
mais quand l'esprit sortira il ne reviendra pas
et il ne rappelera pas l’âme qui a été reçue.
14 ...
16,15 Mais il est impossible d’échapper à ta main.
15 ...
16,16 Les impies qui prétendaient ne pas te connaître
ont été flagellés par la force de ton bras
ayant été tourmentés par des eaux extraordinaires, des grêlons et des pluies inexorables et consumés par le feu.
16 ...
16,17 Ce qui était Vle plus extraordinaire, c’est que, dans l’eau qui éteint tout le feu n’était que plus ardent
car l’univers est le défenseur
Vvengeur des justes.
17 ...
16,18 Tantôt la flamme s’adoucissait
afin de ne pas consumer les animaux envoyés contre les impies
et afin que ceux-ci, à cette vue, sussent qu’ils étaient poursuivis par un jugement de Dieu.
18 Tantôt la flamme s’adoucissait
afin de ne pas consumer les animaux envoyés contre les impies
et afin que ceux-ci, à cette vue, sussent que c'est par un jugement de Dieu qu'ils souffraient cette persécution.
18 ...
16,19 Tantôt elle brûle
Vbrûlait au milieu même de l’eau au-delà de la force du feu
afin de détruire les produits d’une nation
Vla nation d'une terre impie.
19 ...
16,20 Au lieu de cela, tu as nourri ton peuple de la nourriture des anges
et tu leur as fourni du ciel, sans travail, un pain tout préparé
pouvant avoir Ven soi tout parfum agréable
et étant approprié à tous les goûts
Vla suavité de toute saveur.
20 ...
16,21 Car cette substance tienne montrait ta douceur envers tes enfants
et s’accommodant au désir de celui qui la mangeait se changeait en ce qu’il voulait.
21 Car cette substance tienne montrait la douceur que tu as pour tes fils
et étant esclave de la volonté de chacun se changeait en ce que l'on voulait.
21 ...
16,22 La neige et la glace résistaient au
Vsoutenaient la force du feu et ne fondaient pas
afin qu’ils sussent que le feu brûlant dans la grêle et lançant des éclairs
Vs'agitant dans la pluie détruisait les fruits des ennemis
22 ...
16,23 celui-ci à nouveau, pour que les justes se nourrissent
oubliait même sa propre puissance.
23 ...
16,24 Car la créature soumise à toi son auteur se déploie
Vs'enflamme pour le châtiment contre les injustes
et se relâche
Vdevient plus douce pour procurer du bien à ceux qui se confient en toi.
24 ...
16,25 C’est pourquoi, se pliant alors à tous ces changements elle était au service de ton don, qui nourrit tout
selon la volonté de ceux qui sont dans le besoin
Vl'ont sollicité de toi.
25 ...
16,26 afin que tes fils que tu as aimés, Seigneur
apprissent que ce ne sont pas les productions de fruits
Vfruits de production qui nourrissent l'homme
mais que c’est ton discours qui conserve ceux qui croient en toi.
26 ...
16,27 Car ce qui n'était pas
Vne pouvait pas être détruit par le feu
fondait simplement
Vaussitôt, échauffé par le moindre rayon de soleil
27 ...
16,28 afin qu'il fût connu Vde tous
qu’il faut devancer le soleil pour te rendre grâces
Vta bénédiction
et te rencontrer au lever du jour.
28 ...
16,29 Quant à l’ingrat, en effet, son espérance
Vsa foi fondra comme la glace d’hiver
et s’écoulera
Vdisparaîtra comme une eau inutile.
29 ...
14,1–15,19 RELIGION Idoles dans la Mésopotamie ancienne
, idole aux yeux (sculpture sur albâtre de gypse, ca. 3700–3500 av. J.-C., Uruk moyen : idole ? offrande ?) 6.5 x 4.2 x 0.6 cm, Tell Brak, Syrie
Met Fifth Avenue, Gallery 402
Public Domain © Metropolitan Museum→, New York
Des milliers de figurines de ce type, connu sous le nom d'« idole aux yeux », en pierre avec des yeux incisés, ont été découvertes à Tell Brak, dans un bâtiment qui s'appelle maintenant le Temple de l'œil. Elles y ont probablement été dédiées comme offrandes. Beaucoup sont incisées avec plusieurs jeux d'yeux, d'autres avec des bijoux, et d'autres encore avec des représentations d'enfants — des yeux et un corps plus petits gravés sur le corps de la plus grande idole.
Ces grands yeux témoigneraient de l'attention portée aux dieux dans une grande partie de l'art mésopotamien et cependant « elles ont des yeux et ne voient pas... » (Ps 115,5-6).
L'identification de ces figures reste l'objet de débats : certains archéologues voient dans de telles statuettes non des objets rituels mais... des poids étalonnés ou des poids de métiers à tisser, voire des chenets qui auraient été disposés autour d'un foyer.
, Stèle de victoire de Narâm-Sin, roi d'Akkad (calcaire gréseux, ca. 2350-2000 av. J.-C.), 200 x 105 cm
Musée du Louvre→, département des antiquités orientales
Le roi Narâm-Sin, victorieux, représenté au sommet de la stèle, en héros deux fois plus grand que les autres humains, coiffé d'une tiare à corne : peut-être ici pour la première fois dans l'art, un homme est élevé au statut divin ? Cette stèle nous ferait ainsi assister presque en direct à la « naissance » de l'idololâtrie visuelle d'un être humain.
L'histoire de l'art reconnaît également dans cette stèle le premier exemple connu de l’introduction du paysage : une montagne dans le monde, des arbres et des disques mi-étoiles/mi-soleil qui sont peut-être une représentation des dieux.
La plaque Burney, appelée aussi La Reine de la Nuit, est un relief en terre cuite daté de la période paléo-babylonienne (sous le règne du roi Hammurabi).
, Reine de la nuit (terre cuite, découverte à Babylone, ca.1800-1750 av. J.-C.), 49,5 x 37 x 4,8 cm
British Museum→, Londres
Une femme nue portant une coiffe à cornes tient un bâton et un anneau de justice. Il s'agit peut-être de la déesse Ishtar, de la déesse Ereshkigal ou de la démone Lilith. Les orbites aujourd'hui vides étaient sans doute garnies de pierres semi-précieuses ou de verreries imitant la transparence des yeux : même alors, elle eut « des yeux et ne vit pas » (Ps 115,5-6)
Les chromatismes reconstitués suggèrent le pouvoir de fascination qu'exerçaient de telles figures :
, Reine de la nuit (terre cuite), 49,5 x 37 x 4,8 cm
British Museum→, Londres