Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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23 Jésus lui dit :
— Ton frère ressuscitera.
24 Marthe lui dit :
— Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection au dernier jour.
25 Jésus lui dit :
— Moi je suis la résurrection et la vie
le croyant
V Scelui qui croit en moi même s'il est mort vivra
26 et tout vivant et croyant
V Squiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.
Crois-tu cela ?
1–44 Lazare viens dehors ! Entre le cri et le souffle — quand la musique appelle les morts Il y a dans le récit johannique de la résurrection de Lazare un détail qui échappe à la théologie : Jésus pleure (Jn 11,35). Avant le miracle, il y a les larmes — celles d'un vivant devant l'absence irréparable.
Requiem for Larissa, composé entre 1997 et 1999 à la mémoire de sa femme, traverse ces mêmes abîmes. La musique ne reste pas dans la consolation : elle ose le cri. Les cuivres s'élèvent par vagues, en crescendo déchirants, comme si la douleur refusait d'être contenue dans les formes convenues du deuil. Le chœur, d'abord murmurant, se fracture par instants en accents d'une intensité presque insoutenable — avant de retomber, épuisé, dans des nappes de cordes d'une douceur bouleversante. Cette alternance entre l'effondrement et l'apaisement, entre le cri et le souffle, c'est précisément le mouvement que décrit Jean dans ce chapitre : la stupeur devant la mort, puis la voix qui fend le silence du tombeau. Silvestrov ne compose pas un adieu — il compose une résistance, celle de l'amour qui appelle encore, longtemps après que la pierre a été roulée.
Valentin (1937-...), Requiem for Larissa,1997-1999
V. Sirenko (dir.), Kiev Philharmonic
Valentin Silvestrov, né à Kiev en 1937, est le plus grand compositeur ukrainien vivant et l'une des figures majeures de la musique contemporaine mondiale. Son œuvre ne se cantonne pas à l'espace du concert : elle est profondément ancrée dans l'histoire et les convulsions de son temps.
Persécuté en URSS pour « formalisme », exclu de l'Union des compositeurs, il a traversé des décennies d'underground avant d'être reconnu sur les plus grandes scènes européennes. Lors de la révolution du Maïdan, en 2013-2014, il descend dans la rue et compose cinq versions successives de l'hymne ukrainien, épousant au plus près le rythme des événements — de la veille silencieuse à la colère, puis à la victoire.
Sa musique fonctionne, selon la formule qu'il reprend à la poétesse Olga Sedakova, comme un « cardiogramme de l'époque » : elle enregistre ce que la société ressent avant même de pouvoir le dire. En 2022, à 84 ans, il quitte l'Ukraine sous les bombes. Toute son existence illustre cette conviction que la beauté et la liberté sont indissociables.
Selon l'un des principaux intellectuels ukainiens, figure majeure de la résistance culturelle et intellectuelle à l'agression russe, sa musique est avant tout un acte de résistance spirituelle :