Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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17 Jésus arriva enfin Sà Béthanie et le trouva placé dans le sépulcre depuis quatre jours déjà.
18 Or Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades environ.
19 Beaucoup de Juifs étaient venus chez Marthe et Marie
pour les consoler au sujet de leur frère.
20 Marthe donc, quand elle entendit que Jésus venait, partit
Ssortit au-devant de lui
Marie, quant à elle, était assise à la maison.
21 Marthe dit donc à Jésus :
— Seigneur, si tu avais été ici mon frère ne serait pas mort ;
22 mais,
Nes[mais,] même maintenant, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera.
23 Jésus lui dit :
— Ton frère ressuscitera.
24 Marthe lui dit :
— Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection au dernier jour.
25 Jésus lui dit :
— Moi je suis la résurrection et la vie
le croyant
V Scelui qui croit en moi même s'il est mort vivra
26 et tout vivant et croyant
V Squiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.
Crois-tu cela ?
27 Elle lui dit :
— Oui, Seigneur.
Moi j'ai Byz TR Nestoujours cru que toi, tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir
Ves venu
Svient en ce monde.
28 Ayant
VEt comme elle avait dit cela
elle s’en alla et appela Marie sa sœur, disant en cachette
Vdiscrètement :
— Le Maître est là
Svenu et il t’appelle.
29 Dès qu'elle eut entendu
Ventendit, celle-ci
SMarie se lève
S Nesleva vite et venait
Byz V TRvient
Svint vers lui.
30 En effet, Jésus n’était pas encore arrivé dans le village
mais était V Nesencore à l'endroit où Marthe était venue à sa rencontre.
31 Alors les Juifs qui étaient avec elle dans la maison et la consolaient
voyant que
Vcomme ils avaient vu Marie s'était vite levée et était sortie
V : qu'elle s'est vite levée et est sortie,
la suivirent
Vl'ont suivie, en pensant :
Byz Vdisant
Elle
Vqu'elle va au sépulcre pour y pleurer.
32 Donc lorsque Marie vint
VAlors Marie, comme elle était arrivée là où Jésus était,
Byz S TR Nesen le voyant elle
V, tomba à ses pieds et lui dit :
— Seigneur si tu avais été ici, il ne serait pas mort, mon frère ...
33 Jésus, donc, quand il la vit en train de pleurer
et les Juifs qui étaient venus avec elle en train de pleurer aussi
se mit à frémir du fond de son esprit et se troubla.
34 Et il dit :
— Où l’avez-vous mis ?
Ils lui dirent :
— Seigneur, viens et vois.
35 V SEt Jésus pleura
Sles larmes de Jésus venaient.
36 Les Juifs disaient
Vdirent donc :
— Voyez
VVoici, comme il l’aimait !
37 Mais quelques-uns d’entre eux dirent :
— Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, faire aussi que celui-ci ne mourût pas ?
38 Jésus donc, frémissant de nouveau en lui-même, vint au sépulcre ;
Vor c’était une grotte et une pierre avait été posée dessus.
39 Jésus dit :
— Enlevez la pierre.
Marthe, la sœur de celui qui était mort, lui dit :
— Seigneur, il sent
V Spue déjà
car c'est le quatrième jour.
40 Jésus lui dit :
— Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ?
41 Ils enlevèrent donc la pierre
et Jésus leva les yeux en haut et
V , les yeux levés en haut, dit :
— Père, je te rends grâces de m'avoir
Vpuisque tu m'as exaucé ;
42 moi je savais que tu m'exauces toujours
mais c'est à cause de la foule qui m’entoure que j'ai parlé :
pour qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé.
1–44 Lazare viens dehors ! Entre le cri et le souffle — quand la musique appelle les morts Il y a dans le récit johannique de la résurrection de Lazare un détail qui échappe à la théologie : Jésus pleure (Jn 11,35). Avant le miracle, il y a les larmes — celles d'un vivant devant l'absence irréparable.
Requiem for Larissa, composé entre 1997 et 1999 à la mémoire de sa femme, traverse ces mêmes abîmes. La musique ne reste pas dans la consolation : elle ose le cri. Les cuivres s'élèvent par vagues, en crescendo déchirants, comme si la douleur refusait d'être contenue dans les formes convenues du deuil. Le chœur, d'abord murmurant, se fracture par instants en accents d'une intensité presque insoutenable — avant de retomber, épuisé, dans des nappes de cordes d'une douceur bouleversante. Cette alternance entre l'effondrement et l'apaisement, entre le cri et le souffle, c'est précisément le mouvement que décrit Jean dans ce chapitre : la stupeur devant la mort, puis la voix qui fend le silence du tombeau. Silvestrov ne compose pas un adieu — il compose une résistance, celle de l'amour qui appelle encore, longtemps après que la pierre a été roulée.
Valentin (1937-...), Requiem for Larissa,1997-1999
V. Sirenko (dir.), Kiev Philharmonic
Valentin Silvestrov, né à Kiev en 1937, est le plus grand compositeur ukrainien vivant et l'une des figures majeures de la musique contemporaine mondiale. Son œuvre ne se cantonne pas à l'espace du concert : elle est profondément ancrée dans l'histoire et les convulsions de son temps.
Persécuté en URSS pour « formalisme », exclu de l'Union des compositeurs, il a traversé des décennies d'underground avant d'être reconnu sur les plus grandes scènes européennes. Lors de la révolution du Maïdan, en 2013-2014, il descend dans la rue et compose cinq versions successives de l'hymne ukrainien, épousant au plus près le rythme des événements — de la veille silencieuse à la colère, puis à la victoire.
Sa musique fonctionne, selon la formule qu'il reprend à la poétesse Olga Sedakova, comme un « cardiogramme de l'époque » : elle enregistre ce que la société ressent avant même de pouvoir le dire. En 2022, à 84 ans, il quitte l'Ukraine sous les bombes. Toute son existence illustre cette conviction que la beauté et la liberté sont indissociables.
Selon l'un des principaux intellectuels ukainiens, figure majeure de la résistance culturelle et intellectuelle à l'agression russe, sa musique est avant tout un acte de résistance spirituelle :