La Bible en ses Traditions

Job 9,1–11

M V
G S

Job répondit et

VEt répondant, Job dit :

...

M G
S
V

— Vraiment je sais qu'il en est ainsi, comment donc un homme serait-il juste avec Dieu ?

...

— Vraiment je sais qu'il en est ainsi et que l'homme ne peut être justifié comparé à Dieu.

M V
G S

S’il lui plaisait de contester

Vveut disputer avec lui, il ne lui répondrait pas à une chose sur mille

Vpourra répondre une chose sur mille.

...

M
G S
V

Cœur sage et grande force :

qui lui résisterait et serait en paix ? 

 ...  

Il est sage de coeur et puissant de force : qui lui a résisté et a eu la paix ? 

Il déplace les montagnes et elles ne le savent pas, elles qu'il renverse dans sa colère

...

C'est lui qui a déplacé des montagnes, et ceux qu'il a renversé dans sa fureur ne s'en sont pas aperçus.

lui qui secoue la terre sur sa base, et ses colonnes sont ébranlées

...

C'est lui qui ébranle la terre sur sa base, et dont ses colonnes sont renversées.  

lui qui commande au soleil et il ne se lève pas ; quant aux étoiles, il les scelle

...

C'est lui qui commande au soleil et il ne se lève pas, et qui renferme les étoiles comme sous un sceau.

Lui seul étend les cieux, il marche sur les hauteurs de la mer.

...

C'est lui seul qui étend les cieux et qui marche sur les flots de la mer.

Il a créé la Grande Ourse, Orion, les Pléiades et la chambre du sud

...

C'est lui qui a fait Arcturus, Orion, les Hyades et les intérieures du midi.

10 Il fait des prodiges sans mesure des merveilles sans nombre.

10 ...

10 C'est lui qui a fait de grandes choses, incompréhensibles et merveilleuses qui sont sans nombre.

11 Voici, il passe près de moi et je ne le vois pas il s'en va et je ne le comprends pas

11 ...

11 S'il venait à moi, je ne le verrais pas, s'il s'en allait, je ne m'en apercevrais pas.

Réception

Comparaison des versions

9 lui qui a fait l'Ourse, Orion et les Pléiades et les chambres du sud : M | G : lui qui a fait les Pléiades et Vénus et Arcturus et les chambres du sud  | V : lui qui a fait Arcturus et Orion et les Hyades et les intérieures du sud.  INCULTURATION gréco-romaine  Un certain chevauchement dans l’usage des désignations des constellations se manifeste au sein du corpus biblique. La littérature classique présente d’ailleurs une association stéréotypée de ces trois entités célestes (cf. E. Dhorme, Job, 131).

  • Pour l'Ourse, l’hébreu emploie עָשׁ (ʿash), tandis qu’en Jb 38,32 apparaît la forme עַיִשׁ (ʿayish). On y voit parfois une désignation d'Aldebaran, étoile de la constellation du Taureau, mais les propositions demeurent nombreuses.
  • Pour Orion (le chasseur transformé par Diane en la constellation qui porte son nom), l'hébreu emploie כְּסִ֥יל (kᵉsil) et un consensus plus large y repère bien cette étoile. .
  • L’assimilation de כִימָ֗ה (ḵı̂mâ) aux Pléiades est communément admise, bien que la Vulgate retienne la désignation « Hyades »  (du grec Ὑάδες, « les pluvieuses », constellation de sept étoiles située à la tête du Taureau). Dans la mythologie grecque classique, les sept Pléiades sont présentées comme les sœurs des Hyades, poursuivies par Orion avant d’être transformées en astres par Zeus. Ce récit grec pourrait dériver d’un fonds mythologique sémitique plus ancien.

Les noms (païens) des constellations, à l’instar de ceux jours de la semaine, étaient déjà profondément intégrés à la culture chrétienne en dépit de leurs origines mythologiques. En tous ces cas, comme Jérôme prend grand soin de distinguer l’utilité d’employer des noms connus pour désigner approximativement les entités visées par la Bible, de leur origine mythologique païenne plus ou moins scabreuse, excluant ainsi tout acquiescement aux « mensonges » et autres « fables » immorales : cf. Comparaison des versions Am 5,8.

Till Credner, La constellation d'Orion vue à l'œil nu dans l'hémisphère nord. La nébuleuse d'Orion est également visible, (photographie numérique) © CC-BY-SA-3.0→ 

Frontispice de la bible Polyglotte d’Alcalà→ (1514-1517), (gravure sur bois) © Domaine publi, 

Voici la traduction du décryptage allégorique imprimé au-dessus de ce frontispice, un écu à quinze carreaux surmontés de la croix et du chapeau cardinalice : « Les quinze carrés de cet écu représentent les quinze jours que passèrent ensemble à Jérusalem saint Pierre qui prêchait aux juifs ou à ceux de la synagogue et saint Paul, apôtre des nations. Le chiffre 7 (et en conséquence les 7 carrés de couleur de cet écu) signifie la loi antique ou Ancien Testament ; le chiffre 8 (ou les huit carrés de l'autre couleur) signifient la loi de grâce ou le Nouveau Testament. Le nombre 15 (donc les quinze carrés) les contient tous. »