Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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5 Auquel des anges, en effet, a-t-il jamais dit :
« — Toi, tu es mon fils, moi, aujourd’hui je t’ai engendré » ?
Et encore :
« — Moi, je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils » ?
5 ...
6 Et de nouveau, lorsqu'
Vlorsqu'une deuxième fois, il introduit le Premier-né au monde,
Vdans le cercle de la terre, il dit :
« — Qu'ils l’adorent aussi, tous les anges de Dieu ! »
6 ...
7 De plus, tandis que des
Vqu’aux anges il est dit
V dit :
« — Lui qui a fait de ses anges des vents
Vesprits et de ses serviteurs
Vministres une flamme de feu »,
7 ...
8 au FilsV, en revanche, il dit :
« — Ton trône, Dieu : pour les siècles des siècles
et c'est un sceptre de justice
Vd'équité, le sceptre de ta royauté !
8 ...
9 Tu as aimé
Vchoisi d'aimer la justice et tu as haï l’iniquité :
c’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint
d’une huile d’allégresse au-dessus de
Vdevant tes compagnons ! »
9 ...
10 Et : « — C’est toi au commencement, Seigneur, qui as fondé la terre
et les cieux sont l’ouvrage de tes mains :
10 ...
11 ils
Vquant à eux, ils périront, mais toi, tu demeures ;
Vdemeureras ;
et tous vieilliront comme un vêtement
11 ...
12 et comme un manteau tu les rouleras et comme un vêtement ils seront changés
Byz V TRet ils seront changés
mais toi tu es le même
et tes années ne s’épuiseront pas. »
12 ...
13 Et auquel des anges a-t-il jamais dit :
« — Assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis un escabeau pour tes pieds » ?
13 ...
14 Ne sont-ils pas tous des esprits ministres, envoyés pour exercer un ministère
en faveur de ceux qui vont hériter
Vrecevront l'héritage du salut ?
14 ...
6–14 auquel des anges a-t-il jamais dit : — « Assieds-toi à ma droite Bonnes manières de table De même que le Christ inverse la perspective (Dieu devient le serviteur des hommes), ici est inversée la perspective traditionnelle de la table de la Cène, avec Jésus siégeant au milieu de la table vue frontalement sur le côté de sa longueur. Maintenant, c'est un ange qui est au centre de la toile, la table est vue sur le côté de sa largeur, et le Christ siège sur le côté, étant l'objet des soins de tous. Le Serviteur est servi par les anges qu'il surpasse (Mc 1,13).
Francisco (1564-1644), Le Christ servi par les anges dans le désert (huile sur toile, 1616), 268 x 418 cm
Musée Goya - Musée d'art hispanique, Castres (France) © Domaine Public→
5s Auquel des anges...
George Frideric (1685-1759), The Messiah HWV56 'Unto which of the angels and Chorus: Let all the angels', 1741
Ivars Taurins (dir.), Rufus Müller (tenor)
Unto which of the angels Tenor Unto which of the angels said He at any time: "Thou art My Son, this day have I begotten Thee"? (He 1,5) Chorus — Let all the angels of God worship Him. (He 1,6)
Auquel des anges en effet a-t-il jamais dit : « Tu es Mon Fils, aujourd'hui je T'ai engendré. » Chœur : que tous les anges de Dieu L'adorent.
The Messiah est une des œuvres les plus populaires de avec les suites Water Music (Musique sur l'eau) et Music for the Royal Fireworks (Musique pour les feux d'artifice royaux). Désormais considérée comme le chef-d'œuvre du genre oratorio, l'œuvre est écrite pour orchestre et chœur, avec cinq solistes (soprano, mezzo-soprano, contralto, ténor et basse). Elle comprend une ouverture, une sinfonia pastorale et 51 récitatifs, airs et chœurs.
14 des esprits ministres L'artisanat angélique dans le langage musical L'épître aux Hébreux définit les anges non par leur splendeur mais par leur fonction : « Ne sont-ils pas tous des esprits au service de Dieu, envoyés en mission ? » (He 1,14). Des êtres qui ne s'appartiennent pas mais qui sont entièrement tournés vers le service du Créateur.
Dans la théologie byzantine, les anges sont les artisans invisibles de la Providence, ses ouvriers, associés au geste créateur de Dieu depuis leur propre création. Leurs intelligences sont en mouvement perpétuel, recevant la lumière d'en haut et la transmettant vers le bas sans en perdre une parcelle : un artisanat de la lumière, rigoureux et silencieux.
Michel Petrossian s'approprie cette contemplation byzantine sur les anges dans ce mouvement du cycle Chanter l'icône qui dépeint les Anges au travail. Comme celui des anges, son propre travail prosodique est un artisanat : il façonne la matière sonore syllabe par syllabe pour faire coïncider exactement le geste musical avec l'inflexion du mot, comme un enlumineur qui pose l'or feuille après feuille sans jamais déborder du trait. Le langage se fait la matière première de la musique, l'argile que les voix de l'ensemble Musicatreize pétrissent avec précision et flexibilité. Comme les anges qui coopèrent au plan du Créateur, l'artisanat du langage rejoint l'artisanat divin où chanter participe, pour un moment, à l'œuvre de la Création.
Michel (1973-...), Chanter l'icône: No. 3, Les Anges au travail, 2018
Roland Hayrabedian (dir.), Musicatreize
Chanter l'icône de Petrossian, pour douze voix mixtes et deux sistres éthiopiens, est construite comme une réanimation musicale d'une œuvre qui est à son tour l'interprétation picturale d'un hymne byzantin : l'icône « En Toi se réjouit toute la Création » écrite au 17e s. par Franghias Kavertsas.
Franghias (1590/1600–1648), Ἐπὶ σοὶ χαίρει [Epi soi chairei : « En toi se réjouit »] (tempera et or sur canevas monté sur bois, entre 1601 et 1650), 58 x 55 cm
Petit Palais, PPP04881, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (France) © Domaine public→
Trois couches de création (l'hymne, l'icône, le cycle musical) sont superposées comme si la Sagesse du livre des Proverbes avait traversé les siècles en se réincarnant à chaque fois dans une forme nouvelle. Dans l'œuvre de Petrossian, l'hymne de Jean Damascène se décline en six séquences musicales. Il est d'abord entonné en grec par les seules voix d'hommes, avec un débit vif et cursif, avant d'être repris par le chœur mixte dans un arrangement sensiblement différent ; les cinq autres séquences déploient le même matériau en vieux slave, français, anglais et guèze éthiopien, les langues se croisant comme autant de traditions qui ont cherché, chacune à sa manière, à nommer la même réalité.