La Bible en ses Traditions

Exode 1,8–11

M G V
S Sam

8 Or

VÀ ce moment-là se leva un autre

Vnouveau roi sur l'Égypte qui ne connaissait pas Joseph 

8 ...

9 et il dit à son peuple :

— Voici, le peuple des fils d'Israël est  plus nombreux et plus fort

Gune grande multitude plus forte aussi

Vnombreux et plus puissant que nous ;

9 ...

10 allons ! Montrons-nous sages envers lui

GUsons de ruse contre eux

VAyons la sagesse de le réprimer

de peur qu'il ne devienne plus nombreux 

Gde sorte qu'il ne se multiplie pas

Vde peur qu'il ne se multiplie

 et qu'il n'advienne, si survient une guerre, 

Get, lorsque nous surviendra une guerre, 

Vet, si une guerre survenait contre nous, qu'il qu'il se joigne lui aussi

Gqu'ils ne s'ajoutent eux aussi  

Vqu'il ne se joigne à nos ennemis

et combatte contre nous et

Gqu'après nous avoir fait la guerre, ils

Vqu'après nous avoir battus, il ne monte

Gsortent

V sorte du pays.

10 ...

11 Et ils lui imposèrent 

GEt il leur imposa

VIl établit donc sur eux des chefs de corvée pour l’

G Vles humilier par des travaux forcés 

Gmaltraiter par des travaux.

 et il bâtit

GEt ils bâtirent 

Vet ils bâtirent des villes , entrepôts au

Gfortes au

Vde résidence pour le Pharaon, Gcelle de Pithôm

VPhiton, celle de

M V et Ramsès

VRamsès [Ramesses]G et celle d'Ôn, qui est la ville du Soleil.

11 ...

Réception

Comparaison des versions

11 Pithom et Ramsès : M | G : Pithom, Ramsès et On qui est la ville du Soleil

G : « On, qui est la ville du Soleil »

La version grecque ajoute Heliopolis comme troisième lieu : « celle de Pithôm, celle de Ramessê et celle d'On, qui est la ville du Soleil (Hêliou polis) ». Le but est d'aider le lecteur pour la localisation.

Targums palestiniens : « Tanis et Pelusium»

Les targums palestiniens ( →Tg. Ps.-J. et →Tg. Neof.) actualisent les anciens noms de « Pithom et Ramsès » par les noms « Tanis et Pelusium ». De nouvelles images se présentent alors à l'imagination, évoquant la puissance du Pharaon (cependant ternie, sur cette photographie, par d'indiscrets oiseaux) :

Statue colossale de Pharaon, (sculpture sur grès), Tanis (San el Hagar), Égypte

D.R. photograhie Riccardo Lufrani, 2013 © BEST AISBL

D'autres images du même site évoquent la vanité de ses grands travaux dont ne subsistent que quelques restes : 

Vestiges du pilon de Sheshonk III (837–798 av. J.-C.), (sculpture et architecture en grès), Tanis (San el Hagar), Égypte,

D.R. photographie Riccardo Lufrani, 2013 © BEST AISBL

Musique

9 Voici, le peuple des fils d’Israël est nombreux et plus puissant que nous Un peuple pour héros : Israel en Égypte La bénédiction de Jacob s’est accomplie, ses descendants se sont multipliés... et cela fait peur au pouvoir. La peur devient oppression, et l’oppression, servitude.

Haendel ouvre son oratorio sur l’Exode par ce basculement.

18e s.

L’oratorio est composé en octobre 1738 et créé à Londres en avril 1739. Son texte est entièrement tiré de l’Écriture, Exode et Psaumes, et sa particularité tient au chœur : presque tout y est chanté par lui, souvent à double chœur. Le sujet n’est pas un héros, c’est un peuple.

Après une brève sinfonia, un ténor énonce en récitatif le verset de l’Exode : un nouveau roi s’est levé, qui ne connaissait pas Joseph. Händel ne met pas en musique les paroles du pharaon. La phrase suffit : l’oubli de Joseph contient déjà la peur d’Ex 1,9.

Le chœur qui suit saute aux conséquences : « Et les fils d’Israël gémirent sous la servitude, et leur cri monta vers Dieu » (Ex 2,23). L’écriture est lente, chargée de figures de soupir ; le cri passe d’une voix à l’autre avant de gagner tout le chœur.

Georg Friedrich Händel (1685-1759), Israel in Egypt HWV 54 - Sinfonia 1. Now there arose 2. And the children of Israel, 1738

Matthias Beckert (dir.), Monteverdichor Würzburg

© License YouTube Standard→, Ex 1,8.11.13.2,23

11 pour les humilier par des travaux forcés De Pithon à La Nouvelle-Orléans Pithon et Ramsès, les villes-entrepôts de Pharaon, ont été bâties par des esclaves : « On imposa à Israël des chefs de corvée pour l’accabler de travaux » (Ex 1,11). Trois mille ans plus tard, d’autres esclaves, dans les champs de coton d’Amérique, ont reconnu leur propre histoire dans ce verset, et l’ont chantée.

20e s.

Le spiritual naît au 19e s. parmi les esclaves noirs des États-Unis. Il raconte l’Égypte au présent : « Quand Israël était au pays d’Égypte, opprimé au point de ne plus pouvoir se tenir debout. » Le refrain, Let my people go, est la parole que Dieu met dans la bouche de Moïse devant Pharaon (Ex 5,1).

Louis Armstrong l’enregistre en 1958 dans l’album Louis and the Good Book, consacré aux chants de la Bible. Né à La Nouvelle-Orléans en 1901, petit-fils d’esclaves, il chante un texte qui appartient à sa propre famille.

Sa voix est rocailleuse, lente, sans éclat. Un chœur lui répond. Le spiritual garde sa forme d’origine : un homme lance l’appel, les autres le reprennent, et la plainte devient celle d’un peuple.

Puis vient la trompette. L’instrument qui a fait la gloire d’Armstrong prend le relais de la voix, et le chant de corvée se change en annonce de délivrance.

Louis Armstrong (1901-1971), Go Down Moses, 1958

 © Licence YouTube standard→, Ex 3,18.4,1-33.5,1-23.8,1-32.7,1-25.9,1,13.17.1,11.10,1-29.13,15.17,1-16.11,1-10

Paroles

Go down, Moses, way down in Egypt land, tell old Pharaoh to let my people go. Now when Israel was in Egypt land (Let my people go) oppressed so hard they could not stand (Let my people go), so the Lord said : go down, Moses way down in Egypt land, tell old Pharaoh to let my people go. So Moses went to Egypt land (Let my people go), he made old Pharaoh understand (Let my people go), yes the Lord said : go down, Moses way down in Egypt land, tell old Pharaoh to let my people go. Thus spoke the Lord, bold Moses said, (Let my people go), if not I'll smite your firstborn dead (Let my people go), 'cause the Lord said : go down Moses way down in Egypt land, tell old Pharaoh to let my people go, tell old Pharaoh to let my people go.