Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 Et quand il eut
Vcomme il avait ouvert le septième sceau
se fit un silence dans le ciel, d’environ une demi-heure...
2 Alors je vis les sept anges qui se tiennent devant Dieu :
Vsous le regard de Dieu :
leur furent données sept trompettes
3 puis un autre ange arriva et il se tint près de
Vdevant l’autel
tenant un encensoir d’or :
on lui donna beaucoup de parfums
Vlui furent donnés de nombreux encens
pour qu’il fît offrande des
Vles ajoutât aux prières de tous les saints sur l’autel d’or qui est devant le trône.
4 Et la fumée des parfums formés des prières des saints monta
VAussitôt s'éleva la fumée des encens, depuis les prières des saints, de la main de l’ange devant Dieu ...
5 Puis l’ange prit l’encensoir, le remplit du feu de l’autel et le jeta sur la terre
et il y eut des voix, des tonnerres, des éclairs, et la terre trembla.
6 Et les sept anges qui avaient les sept trompettes se préparèrent à en sonner.
7 Et le premier
TRpremier ange sonna de la trompette :
et il y eut de la grêle et du feu mêlés de sang
qui tombèrent sur la terre
Byz V S Neset le tiers de la terre fut brûlé
et le tiers des arbres fut brûlé
et toute l’herbe verte fut brûlée.
8 Et le deuxième ange sonna de la trompette :
et une sorte de grande montagne toute en feu fut jetée dans la mer
et le tiers de la mer devint du sang
8 ...
9 et le tiers des créatures marines qui ont vie périt
et le tiers des navires fut détruit.
10 Et le troisième ange sonna de la trompette :
et il tomba du ciel une grande étoile ardente comme une torche
et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux.
11 Le nom de cette étoile est « Absinthe »
et le tiers des eaux fut changé en absinthe
et beaucoup d’hommes moururent de ces eaux parce qu’elles étaient devenues amères.
12 Et le quatrième ange sonna de la trompette :
et le tiers du soleil fut frappé ainsi que le tiers de la lune et le tiers des étoiles
pour que fût obscurci le tiers de ces [luminaires] et que le jour perdît un tiers de sa clarté et la nuit de même.
13 Puis je vis, et j’entendis un aigle
TRange qui volait au beau milieu du ciel
disant d’une voix forte :
— « Malheur ! » « Malheur ! » « Malheur ! » aux habitants de la terre
à cause des autres sonneries de trompette, celles des trois anges qui vont
Vallaient en sonner.
9,1 Et le cinquième ange sonna de la trompette
et je vis une étoile qui était tombée du ciel sur la terre
et on lui donna la clef du puits de l’abîme
Vl’abysse.
9,2 Et il ouvrit le puits de l’abîme
Vl’abysse
et il s’éleva du puits une fumée comme celle d’une grande fournaise
Byzfournaise en feu
et le soleil et l’air furent obscurcis par la fumée du puits.
9,3 De cette fumée s’échappèrent sur la terre des sauterelles
et il leur fut donné un pouvoir semblable à celui que possèdent les scorpions de la terre
9,4 et on leur ordonna de ne pas nuire à l’herbe de la terre
ni à aucune verdure
ni à aucun arbre
mais seulement aux hommes qui n’ont pas le sceau de Dieu sur le front ;
9,5 il leur fut donné non de les tuer mais de les tourmenter
Vmettre à la torture pendant cinq mois
et le tourment
Vla torture qu’elles causent est semblable au tourment causé
Và la torture causée par le scorpion quand il pique un homme :
9,6 en
Vet en ces jours-là les hommes chercheront la mort et ils ne la trouveront pas
ils souhaiteront la mort
Sdésireront mourir et la mort fuira loin d’eux.
9,7 Ces sauterelles ressemblaient à des chevaux préparés pour le combat
elles avaient sur la tête comme des couronnes d’or
Vet leurs visages étaient comme des visages d’hommes
9,8 leurs cheveux comme des cheveux de femmes
et leurs dents comme des dents de lions ;
9,9 elles avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer
et le bruit de leurs ailes était comme un bruit de chars à plusieurs chevaux qui courent au combat ;
9,10 elles ont des queues semblables à celles des scorpions
et des aiguillons dans leurs queues
le pouvoir de celles-ci : nuire aux hommes durant cinq mois.
9,11 Elles ont à leur tête, comme roi, l’ange de l’abîme
qui se nomme en hébreu « Abaddon »
en grec « Apollyon ».
11 Elles ont à leur tête, comme roi, l’ange de l’abysse
qui se nomme en hébreu « Abaddon »
en grec « Apollyon »
et en latin a le nom de « Exterminateur ».
9,12 Le premier « malheur ! » est passé
voici qu’il en vient encore deux autres dans la suite.
9,13 Et le sixième ange sonna de la trompette
et j’entendis une voix sortir des quatre cornes de l’autel d’or qui est devant Dieu
9,14 elle disait au sixième ange qui avait la trompette :
— Délie les quatre anges qui sont liés sur le grand fleuve de l’Euphrate.
14 — Délie les quatre anges qui sont liés sur le grand fleuve de l’Euphrate.
14 elle disait au sixième ange : — Tiens la trompette.
Délie les quatre anges qui sont liés sur le grand fleuve de l’Euphrate.
9,15 Alors furent déliés les quatre anges qui se tenaient prêts pour l’heure, le jour, le mois et l’année
afin de tuer la troisième partie des hommes.
9,16 Et le nombre des troupes de cavalerie avait deux myriades de myriades :
Byzdes myriades de myriades :
Vvingt milliers fois dix milliers :
j’en entendis le nombre.
9,17 Et voici comment les chevaux me parurent dans la vision
ainsi que ceux qui les montaient : ils avaient des cuirasses couleur de feu, d’hyacinthe et de soufre
les têtes des chevaux étaient comme des têtes de lions
et leur bouche jetait du feu, de la fumée et du soufre.
9,18 La troisième partie des hommes fut tuée par ces trois fléaux
par le feu, par la fumée et par le soufre qui sortaient de leur bouche.
9,19 Car le pouvoir de ces chevaux est dans leur bouche et dans leurs queues
car leurs queues, semblables à des serpents, ont des têtes et c’est avec elles qu’ils blessent.
9,20 Les autres hommes, qui ne furent pas tués par ces fléaux
ne se repentirent pas non plus des œuvres de leurs mains
pour ne plus adorer les démons et les idoles d’or, d’argent, d’airain, de pierre et de bois
qui ne peuvent ni voir, ni entendre, ni marcher
9,21 et ils ne se repentirent ni de leurs meurtres
ni de leurs enchantements
ni de leur impudicité
ni de leurs vols.
9,1.2.11 abysse (V) FRANÇAIS BIBLIQUE Terme propre « Abysse » est un terme océanographique bien attesté en français→. Il rend l’hébreu tᵉhôm (S thwm’ ) en calquant littéralement le grec et le latin : G abussos, V abyssus.
Nous le maintenons nonobstant l'évolution de la langue qui permettrait de dire « abîme » (contraction de « -isme »), d'autant plus que sa connotation inquiétante fut réactivée à la fin du siècle passé dans le titre d'un film mémorable pour ses effets spéciaux innovants :
Quant à son référent précis, voir : Milieux de vie Ap 20,1ss.
Drapeau de la francophonie→ © Domaine public
8,1s ; 9,1.13 ; 11,15 comme il avait ouvert le septième sceau 7e sceau et Fils unique
Un imagier médiéval en fait une interprétation magistrale, avec le Christ maître du sens en (septième) sceau du Livre et « chef d'orchestre » des anges trompettistes :
, Les trompettes de l’Apocalypse (ca. 1301-1400), in L'Apocalypse de S. Jean, traduite en français (parchemin, anglo-normand), fol. 10v. détail, Ms-5214 réserve
Bibliothèque de l’Arsenal, Paris (France) © D.R. Gallica→
8,6–13 le premier sonna de la trompette Quatre trompettes et plein d'enterrements
, Apocalipsis in dietsche (enluminure sur parchemin, 1401-1500), 84 x 24 cm, manuscrit, Département des Manuscrits. Néerlandais 3, folio 9r
Bibliothèque Nationale de France, Paris (France) © Domaine Public→
Cet autel se caractérise par une étonnante capacité en « âmes de ceux qui avaient été immolés » (Ap 6,9) ...
8,12s le quatrième ange sonna Obscure enluminure Une enluminure excelle à « illuminer » les pages d'un manuscrit : or il s'agit ici de représenter l'obscurcissement. Les deux « tiers » obscurcis des deux ensembles « soleil » et « lune » sont géométriquement figurés. Quant aux étoiles, quelques rosaces suffisent... La réjouissante polychromie nous éloigne de beaucoup d'une lecture très inquiétante du livre de l'Apocalypse. Ce bel aigle est pourtant en train de clamer « Malheur ! »
, Le quatrième Ange sonne de la trompette , in Beatus de l'Escorial (enluminure sur parchemin, ca. 950-955), 33,5 x 22,5 cm, Ms &.II.5, f.94v
monastère de San Millán de la Cogolla, conservé à la Bibliothèque de l'Escorial, San Lorenzo (Espagne) © Domaine public→
9,3–13 s'échappèrent sur la terre des sauterelles Montrer le monstre
(ca. 730-798), Commentaire sur l'Apocalypse (ca. 784), manuscrit, folio 145v
Bibliothèque Nationale de France, Paris (France) © Domaine Public→
Le « roi » de ces sauterelles infernales est mis en valeur, avec ses ailes d' « ange de l'abîme », la couronne d'or qui lui ceint la tête à la place des sauterelles et son sceptre, non mentionné dans le texte mais symbole adéquat du pouvoir, ici démoniaque et inversé.
9,13–21 voici comment les chevaux me parurent Une vision sans voyant ?
(ca. 730-798), Commentaire sur l'Apocalypse (ca. 784), manuscrit, 148v
Bibliothèque Nationale de France, Paris (France) © Domaine Public→
Curieusement, Jean n'est ici pas représenté alors qu'il est explicitement présent dans ce passage et que l'auteur insiste sur la vision qu'il a. Serait-ce pour nous inviter à devenir nous-mêmes voyants, gratifiés d'une vision ?
8,1 un silence dans le ciel L'eschatologie en sons — jusqu'au silence final L'Apocalypse connaît un moment vertigineux : à l'ouverture du septième sceau, toute la création retient son souffle — « il se fit un silence dans le ciel » (Ap 8,1). Avant la dernière catastrophe, avant la dernière parole, le silence.
Eschatophony — mot inventé par Silvestrov lui-même, contraction d'eschatologie et de phonie — est précisément cela : le son de la fin des temps.
Composée en 1966 dans la clandestinité soviétique, la symphonie alterne entre des sonorités scintillantes et fragmentées issues de l'écriture dodécaphonique et des passages aléatoires où le chef d'orchestre abandonne sa baguette pour diriger par gestes — comme si la musique elle-même refusait d'être entièrement maîtrisée. Le dernier mouvement bascule dans un état de paralysie, incapable de générer de nouvelles idées, jusqu'à mener au silence — non pas le silence vide, mais celui de l'Apocalypse : chargé, suspendu, habité par ce qui va venir. Ce silence final n'est pas une résolution — c'est une fracture ouverte, le bord exact où la musique bascule dans ce qui la dépasse.
Valentin (1937-...), Symphony No.3 - Eschatophony, 1965
Bruno Maderna (dir.), 1968's Darmstadt international Summer Courses for New Music orchestra
Valentin Silvestrov, né à Kiev en 1937, est le plus grand compositeur ukrainien vivant et l'une des figures majeures de la musique contemporaine mondiale. Son œuvre ne se cantonne pas à l'espace du concert : elle est profondément ancrée dans l'histoire et les convulsions de son temps.
Persécuté en URSS pour « formalisme », exclu de l'Union des compositeurs, il a traversé des décennies d'underground avant d'être reconnu sur les plus grandes scènes européennes. Lors de la révolution du Maïdan, en 2013-2014, il descend dans la rue et compose cinq versions successives de l'hymne ukrainien, épousant au plus près le rythme des événements — de la veille silencieuse à la colère, puis à la victoire.
Sa musique fonctionne, selon la formule qu'il reprend à la poétesse Olga Sedakova, comme un « cardiogramme de l'époque » : elle enregistre ce que la société ressent avant même de pouvoir le dire. En 2022, à 84 ans, il quitte l'Ukraine sous les bombes. Toute son existence illustre cette conviction que la beauté et la liberté sont indissociables.
Selon l'un des principaux intellectuels ukainiens, figure majeure de la résistance culturelle et intellectuelle à l'agression russe, sa musique est avant tout un acte de résistance spirituelle :
1,1–22,21 Allusions à l'Apocalypse