La Bible en ses Traditions

Apocalypse 4,8

Byz V S TR Nes

Ces quatre animaux ont chacun six ailes

ils sont couverts d’yeux tout à l’entour et au dedans

et ils ne cessent jour et nuit de dire :

— Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu Tout-Puissant

qui était, qui est et qui vient !

Réception

Liturgie

8 Saint, saint, saint Texte La doxologie d'Is 6,3 était déjà en usage dans le culte synagogal et elle a été reprise par les liturgies chrétiennes. La liturgie de la terre est une participation au culte éternel (v.8c « jour et nuit ») du ciel.

Giovanni Pierluigi da Palestrina (1525-1594), Missa Papae Marcelli - Sanctus, 1562

Massimo Palombella (dir.), Sistine Chapel Choir

© Licence YouTube Standard→, Is 6,3 ; Ap 4,8

Le chant du Sanctus conclut la préface et inaugure la prière eucharistique dans le rite romain. Dans une harmonie de louange, l’assemblée reprend le cri des Séraphins et proclame la gloire divine qui remplit le ciel et la terre, tandis que l’Hosanna accueille le Roi qui vient au nom du Seigneur. Le Sanctus invite chaque fidèle à entrer, avec crainte et amour, dans le mystère de la présence réelle du Christ qui s’offre en sacrifice.

4.6.8 Autour du trône Antienne In medio et in circuitu Grégorien Dominicain, antienne du commun des évangélistes (Antiphonarium O.P. (Gillet), Dominican, 1933, p. 43)

Antiphonarium O.P. (Gillet), Dominican, 1933, p. 43

Texte : In medio et in circuitu sedis Dei quattuor animalia,senas alas habentia oculis undique plena,non cessant nocte ac die dicere:Sanctus, sanctus, sanctus Dominus Deus omnipotens,qui erat et qui est et qui venturus est.

Au milieu, et à l'entour du trône de Dieu, quatre animaux,ayant chacun six ailes, pleins d'yeux de tous côtés,ils ne cessent nuit et jour de dire :Saint, saint, saint le Seigneur Dieu tout-puissant,qui était, qui est et qui va venir.

Arts visuels

1–11 et sur ces sièges vingt-quatre vieillards + chacun six ailes ... Enluminer pour rendre gloire

« À ta santé ! »

Beatus de Liébana (ca. 730-798), Commentaire sur l'Apocalypse (ca. 784, manuscrit, folio NP)

Bibliothèque Nationale de France, Paris (France) © Domaine Public→

C'est ce que semblent clamer les vingt-quatre vieillards, ne brandissant plus de couronnes mais des coupes, avec un instrument à cordes dans l'autre main.

Apocalypse now

Anonyme, Apocalipsis in dietsche (enluminure sur parchemin, 1401-1500), 84 x 24 cm, manuscrit, folio 5r, Département des Manuscrits. Néerlandais 3

Bibliothèque Nationale de France, Paris (France) © Domaine Public→

L'espace est ici plus détaillé et plus complexe, tenant tout ensemble : narration (Jean monte, aidé par l'ange) et description exhaustive (l'ange tient littéralement entre ses mains la vision, dans une mandorle). L'enlumineur achoppe aux limites du représentable.

Musique

8–11 Saint, saint, saint La sainteté qui ne se lasse pas L'Apocalypse place au cœur du ciel quatre vivants qui n'arrêtent jamais leur Sanctus, ni de jour ni de nuit, sans interruption ni fatigue Liturgie Ap 4,8. La proclamation triomphale d'un moment exceptionnel laisse transparaître la fidélité de ceux qui tiennent leur poste dans l'obscurité, avant que quoi que ce soit ne soit décidé.

21e s. 

Alors que montaient les tensions avec l'impérialisme russe qui ne voulait pas reconnaître le mouvement national naissant en Ukraine, Valentin Silvestrov composa une œuvre chorale en quatre cycles, incluant chacun une variation sur l'hymne national, en écho aux événements de ce que les Ukrainiens appellent la « Révolution de la Dignité » sur la place du Maïdan à Kiev de novembre 2013 à février 2014. Musique Ap 1,1

Tenir dans la nuit : la fidélité avant le fracas

Le 13 janvier 2014, le Maïdan, place de la résistance ukrainienne, en est encore là : une veille, une présence, une résistance qui ne sait pas encore ce qu'elle va traverser. Silvestrov compose son premier hymne dans cet entre-deux. Un hymne sobre, presque retenu, porté par une harmonie qui avance sans se presser, comme quelqu'un qui a décidé de ne pas bouger. La mélodie de l'hymne national ukrainien y est reconnaissable mais dépouillée, débarrassée de tout apparat, réduite à son geste essentiel : tenir. Comme les quatre vivants d'Ap 4 qui proclament la sainteté divine dans la répétition patiente de chaque instant, cet hymne dit que la fidélité n'a pas besoin du bruit pour être réelle, elle n'a besoin que de durer.

Valentin Silvestrov (1937-...), Pavlo Platonovich Chyubynsky (paroles), Maidan 2014, Cycle I: I. National Anthem, 2014

Mykola Hobdych (dir.), Kyiv Chamber Choir © Licence YouTube Standard→

Composition

Les quatre cycles traversent l'arc complet de cette révolution, de la veille hivernale et silencieuse de janvier aux jours meurtriers de février, jusqu'à la berceuse fragile qui clôt le cycle après la victoire, comme si l'hymne national avait dû mourir et renaître plusieurs fois pour dire ce que le peuple ukrainien venait de traverser.

Comme les cantiques de l'Agneau dans l'Apocalypse, reprendre le même chant à travers les épreuves successives est un acte d'espérance, une conviction obstinée que ce qui est chanté, même dans le sang et la nuit, finira par advenir. 

Cinéma

1,1–22,21 Allusions à l'Apocalypse

  • Ingmar Bergman, Det sjunde inseglet [« le septième sceau »] (1957).
  • Vincente Minnelli, The Four Horsemen of the Apocalypse (1961).
  • Andrei Tarkovski, Offret [« le sacrifice »] (1985).
  • Peter Jackson, The Lord of the Rings (en particulier le 3e film, 2003).