Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
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19 et, si quelqu’un ôte aux paroles du livre de cette prophétie,
Byzque Dieu ôte
Nesôtera sa part de l’arbre de la vie
et de la cité sainte
qui sont décrits dans ce livre.
19 et, si quelqu’un ôte aux paroles du livre de cette prophétie
Dieu ôtera sa part du livre
Vde l'arbre de vie
et de la cité sainte
et des choses décrites dans ce livre.
19 et à quiconque ôte aux paroles du livre de cette prophétie
Dieu ôtera sa part de l'arbre de vie
et de la cité sainte
qui sont décrites dans ce livre.
20 Celui qui atteste ces choses dit :
— Oui, je viens promptement. Amen
Byz TROui viens Seigneur Jésus !
20 Celui qui porte témoignage de ces choses dit :
— Oui, je viens rapidement. Amen !
Viens, Seigneur Jésus !
20 Il dit en attestant ces choses :
— Oui, je viens bientôt.
Viens, Seigneur Jésus !
21 La grâce du
Sde notre Seigneur Jésus Christ soit avec tous les saints.
Amen.
21 La grâce du du
V TRde notre Seigneur JésusV TR-Christ soit avec TRvous tous.
Amen.
V NesICI FINIT L'APOCALYPSE DE L'APÔTRE JEAN
1,1–22,21 NARRATION Construction d'un espace qui transcende l'espace
, Patmos, (photographie numérique, 2013)
Quand l’île a un relief aussi torturé que Patmos, elle s’avère à la fois solide et fragile: trouée vers le ciel par le vent et par l’eau et en constant contact avec les enfers à travers les séismes. À Patmos, le haut et le bas, l’ici et le là-bas se mêlent; on est assez suspendu entre ciel et terre. Et de fait, il est difficile de suivre les mouvements du Voyant de l’Apocalypse et de le situer précisément au fil du récit, entre rivage et mer, montagne et désert, ciel et terre :
Il monte ensuite deux étapes :
Le voyant semble alors entre ciel et terre, entendant des voix venant du ciel (Ap 14,2.13).
Il est donc bien difficile de situer le Voyant. Finalement, le lieu où l'on est toujours le plus certain de se trouver, c’est encore la page du livre. Et justement, l'apocalypticien ne cesse de comparer le monde à un livre Procédés littéraires Ap 6,12–16 ; 20,12–15 ; 22,7–10.18s
6–20 Puis il me dit ÉNONCIATION Identification des locuteurs
6,12–16 ; 20,12–15 ; 22,7–10.18s livres MOTIF Le livre plus solide que le monde Dans Ap le livre, fruit concret de l'écriture (Procédés littéraires Ap 1,3), et le monde sont sans cesse mis en regard :
Tout se passe comme si le texte et le livre eux-mêmes constituaient, en fait, le pôle de stabilité véritable qui permet de traverser l’épreuve de l’espace et du temps de la première création dans laquelle le lecteur est encore plongé …
Divers designers contemporains, aidés de l'IA, créent des images qui donnent à voir quelque chose de ce dialogue entre livre et monde, analogue aux relations du Logos et du cosmos. En voici deux exemple ; ce n'est peut-être pas un hasard qu'ils proviennent de pays à majorités musulmanes, quand on pense à l'importance du livre en islam.
Sait , Nature voyage paysage ciel, (image numérique, 2018), Pixabay→
Chez ce designer turc, le monde du livre et le livre du monde (lui-même plat comme une page ?) communiquent, par l'intermédiaire de l'eau, sur fond de ciel.
Ahmad , Photo Manipulation Art Design, (image numérique, 2018) © D.R. Mamdoh→
Sur fond de ciel aussi, le designer égyptien contemporain rêve le monde dans le livre comme le locus amœnus qu'est un port de plaisance et une réserve inépuisable d'eau qui fait déborder la vie : du livre au monde, de l'artiste à son spectateur.
18s Colophon littéraire en forme d'imprécation ? Ce schème très ancien (Dt 4,2 ; 12,32 ; Pr 30,6 ; cf. Qo 3,14) est une manière de protéger un écrit sacré contre toute falsification. Il ressemble aux notes de copistes, extérieures à l’œuvre, qui donnant des informations sur le copiste, sur le manuscrit, etc., que la codicologie, appelle des →« colophons».
Dans la mesure où l'autothématisation du livre est constante du début à la fin de l’Apocalypse : cf. Ap 1,3 et Ap 22,7.10, où reviennent « les paroles de la prophétie de ce livre », on peut lire ces versets comme une sorte de colophon littéraire. L’auteur, ou le dernier rédacteur, aurait imité la clause par laquelle les scribes protégeaient un écrit achevé
Ce que la formule omet du colophon correspond à la manière dont le livre présente son origine et ses destinataires. En effet, le texte de l'Apocalypse se veut performatif, écrit avec de l'encre spirituelle directement dans le coeur des récepteurs-lecteurs-auditeurs ; et valable pour tous les temps car écrit par le scribe divin (l'énonciateur principal suggéré par le texte est ... le Verbe, Jésus lui-même, alpha et oméga dont la voix domine toute l'histoire à venir jusqu'à la fin.
Le titre pose une chaîne de transmission : « Révélation de Jésus Christ, que Dieu lui a donnée […] et qu’il a fait connaître par l’envoi de son ange à son serviteur Jean » (Ap 1,1). Jean écrit sur ordre (γράψον, Ap 1,11.19 ; 2-3). Le μαρτυρῶ ἐγώ de Ap 22,18 peut être attribué au Christ : le verset 20 lui donne le même verbe (ὁ μαρτυρῶν ταῦτα), et en Ap 22,16 il se présente comme l’expéditeur du message (« Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses »). Le livre le nomme « le témoin fidèle » (Ap 1,5 ; 3,14) et « le Verbe de Dieu » (Ap 19,13). L’écriture divine, elle, est réservée aux livres célestes : le rouleau scellé (Ap 5,1) et le livre de vie (Ap 3,5 ; 20,12). Le Christ parle et fait écrire ; il n’est pas présenté comme scribe.
Le livre se situe dans un temps « proche » (Ap 1,3 ; 22,10), sous l’autorité de celui qui se dit « l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin » (Ap 22,13). Daniel reçoit l’ordre de sceller son livre jusqu’au temps de la fin (Dn 12,4.9) ; Jean reçoit l’ordre inverse : « Ne scelle pas les paroles de la prophétie de ce livre » (Ap 22,10). Le livre est en même temps adressé à sept Églises d’Asie, pour des événements « qui doivent arriver bientôt » (Ap 1,1). Sa validité s’étend jusqu’à la venue.
Jean ne copie pas un modèle. Il voit et entend, et il mange le petit livre qu’il reçoit (Ap 10,8-11, d’après Ez 2,8-3,3). On peut rapprocher, hors du corpus johannique, l’écriture faite « non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant […] sur les cœurs » (2Co 3,3, d’après Jr 31,33).
La formule s’adresse à « quiconque entend ». La première béatitude porte sur « celui qui lit et ceux qui écoutent les paroles de la prophétie et gardent (τηροῦντες) ce qui y est écrit » (Ap 1,3) ; le verbe τηρέω, « observer » et « conserver », revient en Ap 22,7. Les lettres se terminent par l’appel à entendre « ce que l’Esprit dit aux Églises » (Ap 2,7 et passim), et l’épilogue fait parler l’auditeur : « Que celui qui entend dise : Viens » (Ap 22,17).
Elle porte sur l’auditeur, non sur le manuscrit. Ce qui est ajouté au livre lui est ajouté en fléaux ; ce qui en est retranché lui retranche sa part de l’arbre de vie et de la ville sainte. Le sort du lecteur est lié au livre, comme le nom du vainqueur au livre de vie, d’où le Christ promet de ne pas l’effacer (Ap 3,5).
scribe, prieur de l'abbaye en 1161, Colophon, (manuscrit sur parchemin, ca 1175–1199), en fin de SentencesBL Yates Thompson MS 17, f. 142, l’abbaye cistercienne Notre-Dame de La Charité, à Neuvelle-lès-la-Charité (Franche-Comté)
British Library, Londres, Royaume-Uni © Domaine public→,
Ce colophon latin médiéval est composé de deux distiques : une prière du copiste à Dieu, puis un avertissement aux lecteurs pour qu’ils respectent le manuscrit.
En développant les abréviations et en rétablissant la ponctuation :
Le second distique est une formule de protection des manuscrits, attestée dans d'autres codices médiévaux. Il s'agit d'une mise en garde contre les lecteurs négligents plutôt que d'une malédiction. L'association des deux distiques est intéressante : le copiste présente son travail comme une offrande à Dieu, puis demande aux lecteurs d'en respecter matériellement le résultat.
20b Oui + Amen — Dialogue et échange de consentements
21 La grâce du Seigneur Jésus soit avec vous. Genre épistolaire La conclusion d'Ap, comme son introduction Genres littéraires Ap 1,4, correspond au genre épistolaire, dans lequel l'auteur adresse ses souhaits à ses destinataires.
Ici, la forme se rapproche de celle utilisée par saint Paul (Rm 16,20; 1Co 16,23; 2Co 13,13; Ga 6,18; Ph 4,23; 1Th 5,28; 2Th 3,18, Phm 25) ainsi que par (Epître aux Corinthiens 65,2).
18s dans ce livre Un antécédent babylonien de « colophon littéraire » ? L'épilogue d'un poème babylonien (9e-8e s. av. J.-C.) imite lui aussi un colophon scribal, à l’intérieur d'une l’œuvre
On y retrouve, comme dans le passage d'Ap 22,18-19, une révélation mise par écrit et dont l’intégrité est garantie à la fin du texte.
En outre, des extraits de ce poème circulèrent aussi sur des amulettes, promettant protection aux maisons où les tablettes étaient déposées. Le texte était donc pensé comme une écriture agissante
18s Dieu lui ajoutera : Nes V TR | Byz : que Dieu lui ajoute Dans ces deux versets à la composition parallèle, Byz se distingue des autres versions en utilisant pour le verbe dont Dieu est le sujet :
20 Viens Seigneur Jésus Du memento mori à l'appel à la venue du Christ Jean-Sébastien Bach dans son Actus Tragicus (BWV 106), une des ses premières cantates, composée à Mühlhausen entre septembre 1707 et juin 1708, alors qu'il était âgé d'à peine vingt-deux ans, reprend cet appel à la charnière exacte des deux Testaments :
Johann Sebastian (1685-1750), Cantate Gottes Zeit..., dite 'Actus Tragicus' - BWV 106, 1707-1708,
Enregistré le 16 mai 2015, Oostkerk, Middelburg, Pays-Bas . Jos Van Veldhoven dir. ; Netherlands Bach Society : Dorothee Mields, soprano ; Alex Potter, alto ; Charles Daniels, tenor ; Tobias Berndt, basse) — Plus d'informations sur BWV 106 et cette production ici→
© Licence YouTube standard, Gn 2,17 ; Is 38,1 ; Lc 2,29-32 ; Lc 23,43 ; Ap 22,20
0:00 Sonatine — 2:42 Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit (Chœur) — 4:49 Ach, Herr, Lehre uns bedenken (Arioso) — 7:06 Bestelle dein Haus (Aria) — 8:11 Es ist der alte Bund (Chœur et arioso) — 12:00 In deine Hände (Aria) — 14:19 Heute wirst du mit mir im Paradies sein (Arioso) — 17:55 Glorie, Lob, Ehr und Herrlichkeit (Chœur).
Elle comprend deux parties : la première envisage la mort du point de vue de l'Ancien Testament ; la seconde, du point de vue du Nouveau. La séparation de l'ancienne et de la nouvelle alliance détermine la structure symétrique de la cantate.
1,1–22,21 Allusions à l'Apocalypse