La Bible en ses Traditions

Apocalypse 15,4–8

Byz V S TR Nes

Qui ne craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom ? Car toi seul es saint.

Et toutes les nations viendront se prosterner devant toi

parce que tes jugements ont éclaté. 

Après cela, je vis

TRvis et j'aperçus s’ouvrant dans le ciel le sanctuaire du tabernacle du témoignage.

Et les sept anges qui ont en main les sept plaies sortirent du sanctuaire

ils étaient vêtus d’un lin pur et éclatant

Vde pierre précieuse pure et éclatante

et portaient des ceintures d’or autour de la poitrine.

Alors l’un des quatre animaux

donna aux sept anges sept coupes d’or pleines de la colère de Dieu qui vit aux siècles des siècles.

Et le sanctuaire fut rempli de fumée par la gloire de Dieu et par sa puissance

et personne ne pouvait entrer dans le sanctuaire jusqu’à ce que fussent consommées les sept plaies des sept anges.

Réception

Arts visuels

1–4 sept anges qui tenaient en main sept plaies Chanter sous la plaie

Enluminure du 8e s. 

Beatus de Liébana (ca. 730-798), Commentaire sur l'Apocalypse (ca. 784), manuscrit, folio 177r

Bibliothèque Nationale de France, Paris (France) © Domaine Public→

Les « sept plaies » tenues en main par les sept anges sont déjà symbolisées par des coupes (alors que celles-ci n'apparaissent en tant que tel qu'au verset 7). Dans la symbolique apocalyptique, la vendange (et donc la coupe de vin) est du côté du châtiment et de la colère divine, tandis que la moisson est du côté du salut, du tri des sauvés, rassemblés comme autant de bons grains dans le grenier du Seigneur.

5–8 l'un des quatre animaux donna L'aigle ou la coupe ?

Enluminure du 8e s.

Beatus de Liébana (ca. 730-798), Commentaire sur l'Apocalypse ( (ca. 784), manuscrit, 178v, Latin 8878

Bibliothèque Nationale de France, Paris (France) © Domaine Public→

Des quatre animaux c'est évidemment l'aigle qui est choisi pour donner les coupes d'or car c'est lui qui est associé à saint Jean l'évangéliste, à qui on attribue par homonymie le livre apocalyptique.

Musique

3s le cantique de l'Agneau Reconnaissance Le cantique de Moïse et de l'Agneau est l'hymne de l'après : non pas le cri de la victoire fraîche, mais la contemplation apaisée de ceux qui ont traversé la mer de feu et qui, de l'autre côté, peuvent enfin dire : « Justes et véritables sont tes voies ». C'est un chant qui a perdu toute stridence, toute revendication. Il ne proclame plus, il reconnaît.

21e s.

Alors que montaient les tensions avec l'impérialisme russe qui ne voulait pas reconnaître le mouvement national naissant en Ukraine, Valentin Silvestrov composa une œuvre chorale en quatre cycles, incluant chacun une variation sur l'hymne national, en écho aux événements de ce que les Ukrainiens appellent la « Révolution de la Dignité » sur la place du Maïdan à Kiev de novembre 2013 à février 2014. Musique Ap 1,1

Contemplation après l'épreuve traversée

Le second hymne national du Cycle IV, composé rétrospectivement pour le 9 février 2014, porte un mouvement de retour en arrière sur ce qui vient d'être traversé. Structurellement, sa position est saisissante : placé après l'Élégie et la Prière pour l'Ukraine, il arrive comme une relecture. La mélodie nationale y revient une dernière fois, mais dépouillée de toute tension, comme si elle avait enfin posé le poids qu'elle portait depuis le Cycle I. Entre le tocsin et les douces lamentations chorales portées par quelques voix à la fois, la mélodie résonne avec ses nuances hymniques et ses structures de chant pour une contemplation pleine de reconnaissance.

Valentin Silvestrov (1937-...), Pavlo Platonovich Chyubynsky (paroles), Maidan 2014, Cycle IV: IV. National Anthem, 2014

Mykola Hobdych (dir.), Kiev Chamber Choir © Licence YouTube Standard→

Composition

Les quatre cycles traversent l'arc complet de cette révolution, de la veille hivernale et silencieuse de janvier aux jours meurtriers de février, jusqu'à la berceuse fragile qui clôt le cycle après la victoire, comme si l'hymne national avait dû mourir et renaître plusieurs fois pour dire ce que le peuple ukrainien venait de traverser.

Comme les cantiques de l'Agneau dans l'Apocalypse, reprendre le même chant à travers les épreuves successives est un acte d'espérance, une conviction obstinée que ce qui est chanté, même dans le sang et la nuit, finira par advenir. 

Cinéma

1,1–22,21 Allusions à l'Apocalypse

  • Ingmar Bergman, Det sjunde inseglet [« le septième sceau »] (1957).
  • Vincente Minnelli, The Four Horsemen of the Apocalypse (1961).
  • Andrei Tarkovski, Offret [« le sacrifice »] (1985).
  • Peter Jackson, The Lord of the Rings (en particulier le 3e film, 2003).