Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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15 Et le septième ange sonna de la trompette
et l’on entendit dans le ciel des voix fortes qui disaient :
— L’empire du monde a passé à notre Seigneur et à son Christ
et il régnera aux siècles des siècles.
16 Alors les vingt-quatre vieillards qui sont assis devant Dieu sur leurs trônes
se prosternèrent sur leurs faces et adorèrent Dieu
17 disant :
— Nous te rendons grâces, Seigneur Dieu tout-puissant qui es et qui étais TRet qui viens
de ce que tu t'es revêtu de ta grande puissance et que tu règnes !
17s ; 12,10ss Liturgie latine Cantique de l'Apocalypse (NT10) chanté lors des :
1–19 — Lève-toi et mesure La mesure de toute chose La mesure du Temple (Ap 11,1) et la septième trompette (Ap 11,15).
(ca. 730-798), Commentaire sur l'Apocalypse (ca. 784), manuscrit, folio 150v
Bibliothèque Nationale de France, Paris © Domaine Public→
La sélection des scènes est simple : remise du livre, remise du bâton puis mesure de l'autel. C'est une représentation très simplifiée.
, Apocalipsis in dietsche (enluminure sur parchemin, 1401-1500), 84 x 24 cm, manuscrit, folio 12r, département des Manuscrits. Néerlandais 3
Bibliothèque Nationale de France, Paris (France) © Domaine Public→
Est-il possible de distinguer toutes les scènes ici assemblées en une même image ? Relevons simplement deux faits : sur le côté gauche, l'on semble résumer le sort des « deux témoins », de bas en haut. Quant au Temple que Jean doit mesurer, l'artiste propose peut-être de l'identifier au Christ lui-même : c'est lui le nouveau Temple que Jean semble s'atteler à mesurer !
8,1s ; 9,1.13 ; 11,15 comme il avait ouvert le septième sceau 7e sceau et Fils unique
Un imagier médiéval en fait une interprétation magistrale, avec le Christ maître du sens en (septième) sceau du Livre et « chef d'orchestre » des anges trompettistes :
, Les trompettes de l’Apocalypse (ca. 1301-1400), in L'Apocalypse de S. Jean, traduite en français (parchemin, anglo-normand), fol. 10v. détail, Ms-5214 réserve
Bibliothèque de l’Arsenal, Paris (France) © D.R. Gallica→
15–18 et l'on entendit dans le ciel des voix fortes Les cloches de la victoire La septième trompette retentit et proclame le renversement des puissances : ce qui semblait définitivement perdu bascule soudain dans la victoire. Une proclamation solennelle, grave, portée par les vingt-quatre anciens qui se prosternent et rendent grâce.
Alors que montaient les tensions avec l'impérialisme russe qui ne voulait pas reconnaître le mouvement national naissant en Ukraine, Valentin Silvestrov composa une œuvre chorale en quatre cycles, incluant chacun une variation sur l'hymne national, en écho aux événements de ce que les Ukrainiens appellent la « Révolution de la Dignité » sur la place du Maïdan à Kiev de novembre 2013 à février 2014. Musique Ap 1,1
Le 28 février 2014, le président Ianoukovytch a fui : Silvestrov compose ce premier hymne du Cycle IV dans un moment exact de bascule historique. La mélodie nationale y revient, mais transformée. Elle se déploie avec cette délicatesse solennelle et poignante caractéristique de l'écriture chorale de Silvestrov, comme si la victoire était trop grave pour être célébrée avec éclat. Les harmonies s'élargissent progressivement, les pupitres se densifient sans jamais forcer, portés par l'acoustique de la cathédrale Saint-Michel de Kiev dont les cloches ont inspiré l'œuvre entière.
Valentin (1937-...), Pavlo (paroles), Maidan 2014, Cycle IV: I. National Anthem, 2014
Mykola Hobdych (dir.), Kiev Chamber Choir © Licence YouTube Standard→
Les quatre cycles traversent l'arc complet de cette révolution, de la veille hivernale et silencieuse de janvier aux jours meurtriers de février, jusqu'à la berceuse fragile qui clôt le cycle après la victoire, comme si l'hymne national avait dû mourir et renaître plusieurs fois pour dire ce que le peuple ukrainien venait de traverser.
Comme les cantiques de l'Agneau dans l'Apocalypse, reprendre le même chant à travers les épreuves successives est un acte d'espérance, une conviction obstinée que ce qui est chanté, même dans le sang et la nuit, finira par advenir.
1,1–22,21 Allusions à l'Apocalypse