La Bible en ses Traditions

Apocalypse 1,8

Byz Nes
V TR
S

8 — Moi, je suis l’Alpha et l’O,

dit le Seigneur Dieu, celui qui est et qui était et qui vient, le tout puissant.

8 — Moi, je suis A et ω commencement

Vprincipe et fin

dit le Seigneur VDieu qui est et qui était et qui vient, l'Omnipotent.

8 — Moi, je suis l’alaf et le taw

dit le Seigneur Dieu, celui qui est, et qui était et qui vient, le maître de tout. 

Texte

Procédés littéraires

1,1–22,21 NARRATION Construction d'un espace qui transcende l'espace

De la terre au ciel et retour ?

Psyberartist, Patmos, (photographie numérique, 2013)

© CC BY 2.0→ Ap 6,14 ; 20,12-15

Quand l’île a un relief aussi torturé que Patmos, elle s’avère à la fois solide et fragile: trouée vers le ciel par le vent et par l’eau et en constant contact avec les enfers à travers les séismes. À Patmos, le haut et le bas, l’ici et le là-bas se mêlent; on est assez suspendu entre ciel et terre. Et de fait, il est difficile de suivre les mouvements du Voyant de l’Apocalypse et de le situer précisément au fil du récit, entre rivage et mer, montagne et désert, ciel et terre :

  • D’abord, en Ap 1,9 il est dans l’île de Patmos.

Il monte ensuite deux étapes : 

  • Ap 1,10, saisi par l’Esprit, il se retourne (transe ?) ; 
  • Ap 4,1 : il monte vers le ciel dont une porte s’est ouverte ; il y observe une liturgie grandiose avec des échanges entre ciel et terre (les sceaux ouverts Ap 6, les humains marqués Ap 7), toutes sortes de catasrophes cosmiques aux sept coups de trompette (Ap 8-11) des anges debout ou s’activant entre ciel et terre (Ap 10,6) finalement dans le ciel le signe de la femme accouchant sur la terre, son enfant menacé par le dragon mais enlevé au ciel, le dragon restant aux aguets sur le sable de la mer (Ap 12,18) d’où émerge une terrifiante bête, bientôt rejointe par une autre montée, elle, de la terre (Ap 13).

Le voyant semble alors entre ciel et terre, entendant des voix venant du ciel (Ap 14,2.13).

  • puis il se concentre à nouveau sur le sanctuaire céleste d’où sont envoyés les septs anges porteurs de coupes (Ap 16) 
  • Il est rejoint par un ange qui le transporte dans un désert pour lui montrer la prostituée Babylone (Ap 17,1), dont il déchiffre la vision, puis il voit descendre du ciel (Jn 18,1) l’ange qui annonce sa chute ; entend dans le ciel l’alleluia de la foule des élus (Ap 19,1), voit au ciel le Verbe sur son cheval blanc et ses armées (Jn 19,11) ; un ange descend du ciel avec chaîne et clef pour enfermer le dragon (Ap 20,1), puis en présence de celui qui siège sur le trône blanc (au ciel ?)

Du cosmos au Logos et retour

Il est donc bien difficile de situer le Voyant. Finalement, le lieu où l'on est toujours le plus certain de se trouver, c’est encore la page du livre. Et justement, l'apocalypticien ne cesse de comparer le monde à un livre Procédés littéraires Ap 6,12–16 ; 20,12–15 ; 22,7–10.18s

Réception

Musique

8 Je suis l'Alpha et l'Oméga

19e s.

Sir John Stainer (1840-1901, mus.), Rev. Sparrow-Simpson (texte), I Am Alpha and Omega, 1878

Robert Webb (dir.), Sheffield Chamber Choir   

© Licence YouTube standard→, Ap 1,8

Paroles

"I am Alpha and Omega; the beginning and the ending", Saith the Lord. "The Almighty, who was and is and is to come." Holy, holy, holy, Lord God of hosts; Heaven and earth are full of thy glory; Glory be to Thee, O Lord most high; Amen."

« Je suis l'Alpha et l'Oméga, le début et la fin, dit le Seigneur, le Tout-Puissant, qui est, qui était et qui vient.  Saint, saint, saint, le Seigneur Dieu des armées ; le ciel et la terre sont remplis de ta gloire ; gloire à toi, ô Dieu très haut ; amen. »

Le compositeur

L'anglais John Stainer, organiste et compositeur, écrivit en particulier l'oratorio The Crucifixion pour ténor, basse, chœur et orgue, sur un texte du révérend Sparrow-Simpson. Il fut également actif dans l'enseignement, en devenant professeur de musique à l'université d'Oxford en 1889, et fut pionnier dans la recherche sur la musique ancienne, en particulier sur les productions de Guillaume Dufay.

Cinéma

1,1–22,21 Allusions à l'Apocalypse

  • Ingmar Bergman, Det sjunde inseglet [« le septième sceau »] (1957).
  • Vincente Minnelli, The Four Horsemen of the Apocalypse (1961).
  • Andrei Tarkovski, Offret [« le sacrifice »] (1985).
  • Peter Jackson, The Lord of the Rings (en particulier le 3e film, 2003).