La Bible en ses Traditions

2 Corinthiens 12,9

Byz V TR Nes
S

Et il m’a dit : — Ma grâce te suffit

car la

Byz TRma puissance se parfait dans la faiblesse. 

C'est donc Byz TR Nestrès volontiers que je me vanterai

Vglorifierai dans mes

Nes| | mes | faiblesses

afin qu'habite en moi la puissance du Christ.

...

Contexte

Milieux de vie

1–10 jusqu'au troisième ciel  + « dans le paradis » COSMOLOGIE Le paradis terrestre devenu céleste ?  On est ici presque à la fin de la longue histoire du paradis dans la Bible (cf. Milieux de vie Gn 2,8–3,24 : Paul identifie le « paradis » (2Co 12,4) au « troisième ciel » (2Co 12,2). À quoi fait-il référence ? Quel contraste avec la vision biblique traditionnelle du cosmos ! 

M.-R. Fournier, O.-Th. Venard, Approximation schématique d’une cosmographie biblique : le paradis, (image numérique, 2026), illustration © BEST aisbl

Dans le judaïsme

Il existait différentes idées cosmologiques concernant la structure du ciel. 

  • Cinq ciels? Dans d’autres textes encore, comme 3 Baruch apparaissent des conceptions à cinq ciels 
  • Sept ciels Dans le 2 Hénoch, il est question de sept ciels. Henoch a voyagé à travers sept ciels, jusqu’au plus haut où résidait le Seigneur même.
  • Un huitième ? Dans →l'Apocalypse d'Abraham il est question d'un huitième firmament. 
  • Dix ciels ? (Cf. A.F. Segal, « Heavenly Ascent in Hellenistic Judaism, Early Christianity and their Environment », dans Hildegard Temporini et Wolfgang Haase (dir.), Aufstieg und Niedergang der römischen Welt (ANRW): Geschichte und Kultur Roms im Spiegel der neueren Forschung, Teil II: Principat, Band 23.2: Religion (Vorkonstantinisches Christentum: Leben und Umwelt), Berlin/New York : Walter de Gruyter, 1980,1333–1394). 

Il est probable que tous les Juifs ne connaissaient pas tous ces  textes apocryphes, dans lesquels il faut plutôt voir les vestiges de croyances encore hétéroclites. 

Chez Paul : un paradis … mystique ? 

Il est impossible de déterminer à quel système Paul et son auditoire Corinthien (composé à la fois de Juifs et de païens) se référaient. D’ailleurs la description que fait Paul de sa vision est unique et pleine d’ellipse et d’énigme (ravi au ciel dans son corps ou hors de son corps ; pas capable de transmettre les mots qu’il a entendus). On peut supposer que l’Apôtre, tout à sa tâche de persuasion, s’est appuyé sur un modèle tripartite de bon sens pour souligner qu’il est parvenu au ciel supérieur (sens de la préposition éôs, jusqu’à) : 

  • Le premier ciel était l'atmosphère terrestre, le domaine visible des nuages et des êtres ailés.
  • Le deuxième ciel, le firmament ou l'espace astral, où résident le soleil, la lune et les étoiles. Certaines interprétations y voient aussi un espace de lutte spirituelle.
  • Le troisième ciel : Le domaine spirituel suprême, hors de portée de la vision humaine. Pour Paul, c'est là que se trouve le Paradis et la demeure de Dieu

Sa vision permet à Paul de situer le « paradis céleste » non plus dans un jardin terrestre perdu, mais au sommet d'une hiérarchie invisible accessible par l'Esprit

  • C’est un  lieu de révélation possible ici et maintenant, ce n'est pas seulement un lieu futur, mais une réalité actuelle où il a été « ravi » pour entendre des paroles ineffables.
  • Le troisième ciel est moins un espace physique stratosphérique, qu’une dimension qui transcende l'espace matériel.

Le croyant appartient déjà à ce monde supérieur comme à une cité céleste, faisant de lui un exilé sur la terre.

Nicolas Poussin (1594–1665), Le Ravissement de saint Paul, (huile sur toile, entre 1649 et 1650), 148 x 120 cm

INV 7288 et MR 2325, salle 826, Département des peintures, musée du Louvre, Paris (France) © Domaine public→ 

Le 10 janvier 1671, Charles Le Brun donna un admirable discours sur ce tableau, à l'Académie Royale de peinture et de sculpture, que l'on peut lire ICI→